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jeudi 11 juillet 2013 08:00

Les pionniers du bout du monde, de Tamara McKinley

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Les pionniers du bout du monde

L'histoire :
Alice arrive en Australie pour rejoindre Jack, son fiancé. Elle va découvrir ce pays et ses conditions de vie. Les rencontres, les événements laissent pressentir que les difficultés ne font que commencer...

Mon avis :
L'histoire, ou plutôt les histoires, se déroulent entre 1795 et 1812 en Australie. Tamara Mc Kinley nous présente la vie des émigrants, volontaires ou contraints, s'établissant dans ce pays pour démarrer une nouvelle vie.

Il nous est rappelé que c'est tout d'abord une colonie pénitentiaire ou l'on expédie les opposants à l'Angleterre : les rebelles irlandais, hommes, femmes, enfants, même en bas âge. Les conditions de vie difficiles sont bien expliquées et les différences de classe sociale sont bien présentes, même si on comprend que cela a tendance, dans certains cas, à s'amoindrir.

Les prisonniers ayant purgé leur peine sont libérés et peuvent s'établir comme colons sur cette nouvelle terre où le gouvernement leur offre du terrain afin qu'ils puissent s'installer, car le retour au pays est rarement possible.

Le destin de plusieurs familles se croise, un fil conducteur les liant les unes aux autres, même si elles ne le savent pas forcément.
Entre Edward, l'aristocrate violent, imbu de lui-même, qui prend plaisir à la violence, les ex-prisonniers qui essaient de nouveau de vivre normalement, les révoltes des bagnards ou des aborigènes, tous les ingrédients d'une bonne histoire sont réunis.

L'Australie, terre à la fois accueillante et inhospitalière recèle bien des bonheurs ou des malheurs pour tous ces colons qui ont tenté l'aventure. Cette nouvelle terre permet aussi de faire fortune à force de travail.

Jack, Alice, Nell, Billy, George, tous ces personnages sont touchants et pleins de justesse. De même pour la vision des aborigènes. Le roman fourmille d'informations, de noms, de lieux et parfois il est délicat de s'y retrouver. Le reproche que je pourrais faire à l'auteur, c'est que l'imbrication des histoires les unes dans les autres est peut-être trop poussée, trop compliquée à suivre par moment. Si l'ensemble avait été plus simple, le roman aurait été, à mon sens, encore plus intéressant.
Mais n'hésitez pas, si vous aimez ce type d'histoire, car les 460 pages se lisent très facilement.

Ce livre m'a été offert par les éditions L'archipel par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Éditeur: l'Archipel
Nombre de pages: 459
ISBN:978-2-8098-1130-8

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mardi 9 juillet 2013 15:52

Sous le manteau du silence, de Claire Bergeron

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Sous le Manteau du Silence

L'histoire :
Suite à un événement (la mort d'un chanoine à l'hôpital), Rosalie Lambert va brusquement replonger dans son passé et remuer de douloureux souvenirs...

Mon avis :
Voici un livre très intéressant et bien écrit de Claire Bergeron. Les rapports entre le curé et l'infirmière de la paroisse de Saint-Mathieu-du-Nord, dans une région reculée du Québec des années 40, période où l'Église avait encore une forte emprise sur la communauté, sont très éloquents.
Le roman nous montre là une confrontation larvée, insidieuse, entre Charles-Eugène Aubert, le curé et Rosalie Lambert, l'infirmière. Tout les deux sont jeunes et arrivent à peu près à la même époque dans une région reculée du Québec.

Le roman commence en 1967, avec la mort de Charles-Eugène, dans le service de l'hôpital où exerce Rosalie, et cela va faire resurgir le passé de cette dernière. L'infirmière va replonger vingt-cinq ans en arrière pour se rappeler les circonstances de sa rencontre avec cet homme à qui elle voue une haine sans limite.

On voit l'intransigeance de certains curés vis-à-vis du dogme, face au pragmatisme du médecin ou de l'infirmière qui font de leur mieux pour aider les patients, dans ces zones reculées. On comprend bien qu'à cette époque, le prêtre était encore tout puissant, et que de nombreux actes devaient se faire avec son accord.

Rosalie aura de nombreuses désillusions au cours des deux ans passés dans son dispensaire, qu'elle finira par fuir pour d'obscures raisons. À travers ses souvenirs et sa situation, les motifs de la haine qu'elle ressent pour le curé apparaîtront, ce qui va de nouveau compliquer sa vie : elle se retrouve sur le banc des accusés, et va devoir tout faire, avec l'aide d'un vieil ami, pour faire éclater la vérité.

Le suspense est bien présent et le titre du roman correspond bien à la situation : le silence qui s'installe comme une chape de plomb sur tout le monde, malgré la connaissance de certaines choses. Cela donne par moment un sentiment d'oppression sur la vie de Rosalie, qui ne semble avoir connu que du malheur ou presque dans sa vie.

Une fois la lecture commencée, on a du mal à se détacher de l'histoire dans laquelle nous plongeons, nous souhaitons connaître la suite des événements et les pages se tournent sans même que l'on s'en rende compte.

Ce livre m'a été offert par les éditions De Borée par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 301
ISBN: 978-2-8129-0843-9

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samedi 6 juillet 2013 07:00

Une famille heureuse, d'Elisabeth Crane

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Une famille heureuse

L'histoire :
La famille Copeland et quatre générations qui se côtoient et cela provoque des étincelles. Comment gérer la famille dans de telles conditions ?

Mon avis :
Nous sommes là en présence d'une famille assez banale, Jean, la mère, Gordon le père, Priscilla, la fille et Otis le garçon de 9 ans, sans oublier Théodore le grand-père et Vivian l'arrière-grand-mère.

L'auteur nous montre des scènes de vie que l'on peut rencontrer partout sans que cela soit exceptionnel et ce sont ces petites scènes qui nous rapprochent de cette famille. Cette famille se décompose petit à petit par son impossibilité à communiquer.

Les parents se cherchent mais ne se trouvent plus, ce qui va entraîner ou plutôt précipiter une crise dans leur couple. De plus, ils doivent gérer le comportement de leur fille Priscilla, qui n'a pas de repères stables et qui ne pense qu'aux fringues et à devenir célèbre grâce à la télé-réalité. Cela semble stéréotypé, mais on en rencontre souvent autour de soi, l'image du jeune qui ne vit que sur les apparences, en pensant détenir la vérité. (Oups! Ne serait-ce pas la définition de l'ado?)

Otis, le petit garçon, a la tête sur les épaules, et cherche à comprendre le monde qui l'entoure, mais avec son regard de neuf ans. De ce fait, de nombreuses choses le laissent perplexe, surtout qu'il découvre qu'il aime bien une camarade de classe et il va faire de nombreux efforts pour arriver à ses fins, tout en hésitant sur le comment faire.

Gordon semble imbu de lui-même, décrypte absolument tout à la lumière de wikipédia, et chaque conversation est un calvaire pour son entourage qui subit toutes ses explications sur le comment du pourquoi du thème expliqué. Le plus amusant ? C'est que Gordon ne se rend pas compte de son comportement. Un événement va le faire évoluer, mais le résultat sera un grand écart par rapport à la situation initiale.

Vivian, l'arrière-grand-mère de 98 ans, est dynamique, sûre d'elle, elle veut tout régenter, elle n'arrête pas de sermonner son fils qui n'a que 77 ans.

Théodore, le grand-père, est atteint de la maladie de Parkinson, toujours dans les étoiles, continue de croire qu'il est actif en écrivant des articles pour la presse spécialisée, démonte tout ce qui lui passe sous la main, en provoquant régulièrement des catastrophes.

Quant à Jean, la mère de famille, elle cherche une bouffée d'air qu'elle a bien du mal à trouver, jusqu'au jour où... Mais le résultat sera, au départ, loin des attentes qu'elle pouvait avoir.

Toutes ses personnalités ensemble composent un cocktail explosif et nous allons découvrir que le plus stable n'est pas forcément celui que l'on pense. La méthode pour présenter les événements rend régulièrement les situations caustiques. Il y a un narrateur omniscient, qui ne l'est pas forcément, ce qui renforce les traits d'humour. Les thèmes abordés sont la famille, la déchéance, les rapports générationnels.

Éditeur: Phebus
Nombre de pages: 320
ISBN: 978-2-752-907783

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mercredi 3 juillet 2013 00:20

Délivrance, de James Dickey

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Délivrance

L'histoire :
Ce livre nous raconte l'évolution de quatre hommes qui sont partis en quête d'aventure dans un lieu sauvage afin de redonner un sens à leur vie. Cela va dépasser toutes leurs espérances et tourner au cauchemar.

Mon avis :
Ce livre est un régal!
Nous voici en compagnie de Lewis, Bobby, Drew, et Ed. Ce dernier nous raconte son périple, et petit à petit, nous nous immergeons dans l'histoire qu'il nous narre. Les quatre amis veulent se faire plaisir et tester un peu leurs limites en descendant une rivière en canoë, entre hommes, car leur vie de citadins les enferme dans une monotonie qui commence à les déranger.

Lewis est le meneur du groupe. Il veut être prêt à survivre à une destruction de la société et vivre en symbiose avec la nature. Au début, les autres suivent bon gré mal gré ses décisions.
Au cours de la descente qui commence sans trop de difficultés, nous allons voir ces personnages évoluer et se dévoiler jusqu'à découvrir des pans de leur personnalité méconnus et même connaître des sensations qu'ils ne pensaient jamais éprouver.

James Dickey entre dans les détails. Les descriptions des lieux sont très précises. On a l'impression, à travers Ed, qu'il vit la rivière en lui, qu'il en ressent le moindre soubresaut. Les états d'âme des personnages et leur remise en question sont aussi très présents. Le rythme du récit et de l'écriture est lent et cela imprime une certaine tension à l'histoire.

«Délivrance» nous livre un message, c'est une initiation, une renaissance. Il y aura bien un avant et un après à ce week-end en canoë. Les chapitres du livre montrent bien cela : Avant, 14 septembre, 15 septembre, 16 septembre, après. C'est un rite initiatique, à travers ce retour à la nature que ces hommes vont rencontrer. Après cela, leur vie ne sera jamais comme avant, c'est un traumatisme.

À côté des personnages, la rivière apparaît comme un être à part entière, quelque chose d'imprévisible, d'inéluctable, qu'on ne peut briser.

Les protagonistes se poseront de nombreuses questions, auront des doutes. À la fin, certains de ces doutes perdureront, renforçant l'impression de malaise les entourant.

Il y a le film culte de 1972, de John Boorman (où James Dickey joue lui-même le rôle du shérif vers la fin), mais après avoir lu le livre, on se rend compte qu'il n'a pas été assez approfondi : même en reprenant certaines scènes clés, il y a quand même des ellipses malvenues. De plus, l'intensité dramatique que l'on a à la lecture ne se retrouve pas dans la réalisation de John Boorman, ni à mon sens dans le personnage d'Ed, et c'est bien dommage.

Je ne saurais trop vous conseiller de lire ce roman, il ne vous laissera pas insensibles !

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallmeister dans le cadre de l'opération Masse-critique, organisée par Babelio.

Éditeur: Gallmeister
Nombre de pages: 275
ISBN: 978-2-35178-066-4

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dimanche 30 juin 2013 15:00

Un cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

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Un cantique pour Leibowitz

L'histoire :
Suite au Grand Déluge de flamme, il y a 600 ans, un homme, frère Francis de l'ordre albertien de Leibowitz, fouille dans le désert des ruines et y fait une découverte qui va bouleverser l'ordre des choses....

Mon avis :
Ce livre se compose de trois parties : Fiat homo, Fiat lux et Fiat voluntas tua. Il s'agit de trois périodes différentes s'étalant sur plusieurs siècles. Les personnages changent, mais la trame de fond reste la même : l'utilisation des armes atomique ayant détruit la civilisation, une poignée de moines décide de sauver ce qui peut l'être du savoir : sauvegarder les livres, afin de pouvoir faire perdurer l'histoire des ancêtres. Au cours de chaque partie, on avance de plus en plus dans une histoire sombre, de manigances politiques, et à nouveau de guerre. En arrière-plan, on voit l'histoire de l'abbaye de Leibowitz, qui elle, est toujours présente tout au long du livre. C'est l'élément géographique central du livre.

La première partie nous montre les balbutiements de ces prêtres, qui 600 ans après la catastrophe, essaient de faire perdurer le savoir en recopiant régulièrement les livres ou les fragments de livres qu'ils possèdent, tout en ne comprenant que rarement ce qu'ils copient.
Une découverte importante aura lieu et mettra des années à être reconnue comme telle. On comprend aussi qu'il existe des « difformes », des personnes ayant subi des mutations suite aux radiations, mais les hommes semblent avoir oublié les raisons réelles de cela, et cela ne transparaît qu'à travers le regard de la religion : le bien, le mal.

La deuxième partie est celle du renouveau : des savants, à l'aide des ouvrages du passé, font progresser le monde, mais cela ne semble quand même pas idyllique. Les nuances s'atténuent et on perçoit les tentations nouvelles de conquêtes et de pouvoir de l'homme sur ses semblables.

La troisième partie aborde de nouveau la guerre et les méthodes mises en place afin d'essayer de ne pas reproduire les erreurs du passé : l'euthanasie volontaire des malades des radiations etc, avec un énorme plaidoyer contre le suicide. On se rend compte que tout cela semble inéluctable, cyclique : on ne peut changer la nature de l'homme qui est de s'autodétruire, semble nous indiquer l'auteur.

L'ensemble de l'histoire est assez sombre, le tout avance lentement au début pour accélérer au moment du dénouement. L'antagonisme science / religion est présent, mais dans ce livre, au départ, c'est la religion qui préserve la science de l'oubli.

En plus de l'abbaye, il y a un personnage récurrent tout au long du roman, il s'agit du « juif errant », personnage qui reste une énigme. Il s'agit bien évidemment d'une allusion au personnage légendaire du moyen-âge.[1]

Il est clair que ce livre est une véritable satire de la société humaine, menée avec brio par l'auteur, même si je trouve que l'ouvrage était un peu lent.

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 450
ISBN:978-2-07-044930-9

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