Aller à la recherche

mercredi 24 juillet 2013 14:30

Yoko Tsuno T1, le trio de l'étrange, de Roger Leloup

Partage Partager le billet

Yoko Tsuno, t1 : Le trio de l'étrange

L'histoire :
Un soir, Vic Vidéo et Pol Pitron terminent l'enregistrement d'une émission de télé et rentre chez eux lorsqu'ils surprennent une activité suspecte sur un chantier : une personne s'introduit dans un immeuble. Ils décident de la suivre et découvrent une Asiatique, appuyée contre un bureau. Une collaboration va alors naître de cette rencontre...

Mon avis :
Ce premier album de 47 pages date de 1972, et met en place les personnages principaux de la série : Yoko Tsuno, Vic vidéo et Pol Pitron. Vic et Pol travaillent pour la télévision. Yoko, elle, est une spécialiste en électronique, sportive et pleine de ressources.
Vic est assez posé, calme. Pol est un peu le clown de service qui apporte une touche humoristique à certaines scènes.

Yoko, japonaise, est la tête pensante du trio, qui n'hésite pas à prendre les choses en main. La constitution de ce trio, c’est un peu la rencontre de deux cultures : orientale et occidentale.

L'histoire commence par la rencontre, par hasard entre Yoko et ses deux futurs amis, dans les circonstances particulières expliquées un peu plus haut. Acceptant l'offre de travail de Vic, Yoko et ses nouveaux amis partent explorer d'un gouffre pour découvrir la résurgence d'un cours d'eau sous-terrain et enregistrer une émission de télévision. À partir de ce moment-là, la découverte qu'ils feront sera stupéfiante.

L'album bascule à ce moment dans la science-fiction et nous présente un peuple extra-terrestre qui vit sous terre depuis des milliers d'années. Une partie est en hibernation, le temps pour les autres de travailler à rendre habitable le nouveau lieu de vie.
On accroche assez vite à l'histoire et nous sommes rapidement pris dans l'aventure des trois compagnons.

Un petit reproche à faire : les trois personnages ne sont pas trop choqués, et sont à peine surpris par la découverte d'une vie extra-terrestre sur terre (de plus les personnages sont bleus). Ils s'adaptent très vite à la situation. Au-delà de cela, le scénario est classique: il y a un méchant qui va vouloir éliminer ces gêneurs de terriens, et nos trois héros vont devoir mettre tout en œuvre pour empêcher que cela arrive. Le lecteur est guidé lors de la lecture des planches, il y a régulièrement un récitatif[1], pour renforcer ou compléter l'image.

L'auteur, Roger Leloup[2], a beaucoup travaillé la technologie des Vinéens, ces extra-terrestres bleus. L'ensemble est cohérent et leur avance technologique sur la terre, 40 ans après la sortie de ce premier album est toujours d'actualité, et on relit cette histoire avec toujours autant de plaisir et parfois en remarquant des détails, au niveau du dessin, auxquels on n'avait pas fait attention la première fois, ou bien j'étais un peu trop jeune à l'époque pour repérer tous les détails mis en place. (Ma première lecture de ce tome remonte à plus de 25 ans.) Les décors sont parfaitement maîtrisés.
La mise en page des cases est classique, le dessin dans un style réaliste (Roger Leloup a travaillé pendant quinze ans pour Hergé).

Les thèmes principaux abordés dans ce volume sont la science-fiction et l'amitié. L'amitié qui se lie entre nos trois héros et aussi avec le peuple Vinéen. C'est un appel à l'acceptation de la différence et à l'ouverture d'esprit.
La science-fiction tient une grande place dans la série de Yoko Tsuno[3] et je vous recommande la découverte ou redécouverte de ce classique de la bande dessinée: il ne faut donc pas hésiter à relire ces ouvrages, car on y prend toujours autant de plaisir, en tout cas c'est mon cas.

Éditeur: Dupuis
Nombre de pages: 47
ISBN:978-2-8001-0666-3

Acheter « Yoko Tsuno, t1 : Le trio de l'étrange » sur Amazon

Partage Partager le billet

lundi 22 juillet 2013 16:11

Fugue vénitienne, de Marie-Claude Gay

Partage Partager le billet

Fugue vénitienne

L'histoire :
La vie familiale et conjugale d'un homme et d'une femme mariés depuis 20 ans, vivant à Lyon, avec deux adolescents rebelles de dix-sept ans. Jusqu'au moment où Clarisse, la mère, se mette à douter de la fidélité de son mari...

Mon avis :
Clarisse a donc deux adolescents jumeaux, Arthur et Léa, qui sont exécrables. Au cours de l'histoire, on comprend que c'est à cause (et c'est patent dans le roman) de parents trop permissifs, qui s'occupent davantage de leur petite personne que de leur progéniture.

Olivier, le père, subvient financièrement aux besoins de la famille et préfère ensuite s'occuper de ses maîtresses, c'est plus pratique. Selon lui, petit à petit, sa femme l'a délaissé physiquement. De son côté, Clarisse nous fait comprendre que son éducation et son caractère font qu'elle ne prend pas de plaisir lors de l'acte amoureux et trouve cela répugnant, ce qui a créé un fossé dans le couple au cours du temps. Il n'y a pas de discussions, l'un ou l'autre botte toujours en touche, alors que c'est pourtant la base d'un couple: pouvoir discuter et clarifier les situations.

On découvre une Clarisse désabusée, enlisée dans sa situation familiale où elle se complaît et se morfond en même temps. On l'a voit tiraillée, se doutant de l'adultère de son mari, mais voulant lui faire confiance. Elle sera hésitante pendant longtemps sur la marche à suivre et elle se prendra réellement en main dans la dernière partie du roman. Avant, elle tergiverse sur ce qu'elle doit faire, même si elle a pris l'initiative de trouver un emploi, afin de devenir indépendante.
Les amis du couple qui gravitent autour, l'encouragent, surtout Laura, sa meilleure amie. Celle-ci pratique l'adultère allègrement, et justifie cela en argumentant que c'est la norme, et que « tant que cela ne se sait pas, cela ne peut pas faire de mal ». Elle encourage son amie à faire de même.
À travers le roman, on explique à l'héroïne, qui se pose de nombreuses questions sur sa vie de famille et sur l'attitude de son mari, qu'il est normal que son mari la trompe, que c'est dans l'ordre des choses, qu'il ne faut pas en faire tout un plat, même sa mère s'y met.

Clarisse navigue a vue pendant pratiquement tout le roman, et les quelques aventures qu'elle a sont souvent désastreuses. On la sent mal dans sa peau, souhaitant se révolter, mais n'y arrivant pas ou n'en ayant pas la force.

Sur la quatrième de couverture, il est noté: « un roman à l'humour féroce qui égratigne les travers de la gent masculine ». Je cherche encore où se trouve cet humour...

Cela fait quelques romans de ce type que je lis, et je n'arrive pas à m'y faire. Vit-on réellement dans une société de l'adultère permanent ? Dans ce cas, à quoi sert un mariage, un divorce ? Je n'accroche pas à ce thème de l'adultère bien pensant ou présenté comme tel.

Ce livre m'a été offert par les éditions De Borée par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 285
ISBN: 978-2-8129-0842-2

Acheter « Fugue vénitienne » sur Amazon

Partage Partager le billet

vendredi 19 juillet 2013 17:50

Lire la bande dessinée, de Benoît Peeters

Partage Partager le billet

Lire la bande dessinée

Mon avis:
Aujourd'hui, je vais sortir des romans pour parler BD (Il n'y a pas encore de chronique sur ce genre, mais cela ne devrait plus tarder.) et je vais présenter l'ouvrage de Benoît Peeters « Lire la bande dessinée » (édition 2002).

J'ai toujours été intéressé par la bande dessinée, au sens large du terme (BD, Mangas, Comics...) et afin d'approfondir mes connaissances, j'ai commencé à lire, il y a des années, des ouvrages spécialisés sur l'étude de ce genre (et aussi sur le dessin animé).

Benoît Peeters[1] est l'une des références dans ce domaine. Cet essai est vraiment bien fait, même s'il s'adresse, à mon sens, plutôt à un public de connaisseurs. Il s'agit d'une réédition de Case, planche, récit. Comment lire une bande dessinée, publié chez Casterman en 1991, puis 1998. C'est une édition révisée.
Cette première approche pourra par la suite être complétée par d'autres lectures afin d'approfondir certains thèmes ou orientations de la bande dessinée.

À travers son étude, l'auteur nous dresse l'historique du neuvième art et la façon dont les auteurs, comme Rodolphe Töpffer[2], ont évolué dans leur conception des pages et de la perception de ces images. Le subtil mélange texte, image évolue, afin de faire passer énormément d'informations.

Chaque auteur a sa propre vision de la bande dessinée : davantage de textes pour celui-ci, davantage d'images pour cet autre. L'auteur nous dresse un panorama de grands auteurs pour étayer son propos, même si on se doute qu'il ne peut pas citer tout le monde et qu'il a ses préférences.

On comprend alors, si on ne le savait pas déjà, qu'il y a non une bande dessinée, mais des bandes dessinées, et que les genres et styles se mélangent d'une BD à l'autre, voire d'une page à l'autre.

Benoît Peeters essaie une approche à la fois théorique et pratique de la bande dessinée, et il y parvient assez bien, même si certains passages sont un peu trop théoriques, voire philosophiques à mon goût.

L'avantage de cet ouvrage est de faire le point sur ses connaissances, ce qui permet de mettre à plat le tout et de clarifier certaines choses ou de mettre des noms sur des procédés que l'on a déjà repérés inconsciemment lors de nos lectures.

La lecture de la bande dessinée est un long apprentissage. Le regard que l'on porte sur cet art évolue au cours des années et de nos découvertes.

Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 193
ISBN: 978-2080800534

Acheter « Lire la bande dessinée » sur Amazon

Partage Partager le billet

mardi 16 juillet 2013 15:00

L'héritage de saint Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

Partage Partager le billet

l'héritage de saint Leibowitz

l’histoire :
Poney Brun, cardinal, souhaite que le schisme qui affecte l’Église, se termine. Pour cela, il faut combattre l’empire Texark de Hannegan VII. Il doit donc composer avec les peuples nomades. Pour cela, il fait appel, pour des raisons obscures, à Dent-Noire, un prêtre traducteur. Les aventures de Dent-Noire vont alors commencer...

Mon avis :
Nous voici avec la suite d’« Un cantique pour Leibowitz ». Ce roman a été écrit et publié 40 ans après le premier volume. L’auteur étant bloqué dans l’écriture de son livre, il a fait appel à un autre écrivain pour terminer le travail. Cette personne, Terry Bisson, explique en postface le travail effectué sur l’œuvre de Walter M. Miller Jr.

Je reprends ici mon cheval de bataille sur la traduction des titres en français : le titre original de l’auteur étant : « Saint Leibowitz and the Wild Horse Woman » (Saint Leibowitz et la Femme-Cheval-Sauvage) allusion aux peuples nomades, qui sont très présents dans l’histoire, pourquoi avoir traduit par « L’héritage de Saint Leibowitz », cela n’a pas de sens.

Ce deuxième volume raconte essentiellement l’histoire du frère Dent-Noire Saint-Georges, qui appartient à l’ordre albertien de Leibowitz. Donc contrairement au premier volume, qui s’étalait sur des siècles, celui-ci couvre la vie d’un homme. L’ouvrage fait 700 pages et reprend les ingrédients qui ont fait la réussite du premier volume : complots, politique et religion sont extrêmement liés. Suite au schisme provoqué dans « un cantique pour Leibowitz », l’Église cherche à retrouver son pouvoir et un unique pape.
Suite à l’holocauste nucléaire, la vie a évolué au milieu du désert, avec des populations nomades. L’auteur s’est appuyé sur la vie indienne pour créer tous ses peuples : leurs noms (Dent-Noire, Poney-Brun), les shamans... Mais contrairement aux Indiens, dans ces tribus le pouvoir appartient aux femmes, qui ont droit de vie et de mort sur les hommes et les chefs de clans.

Poney-Brun, cardinal en charge de la Secrétairerie aux Questions Ecclésiastiques Extraordinaires (SQEE), va utiliser Dent-Noire comme traducteur, mais ce dernier va vite se rendre compte que son maître cache des choses et qu’il se prépare des événements à même de bouleverser l’empire Texark et de redonner la prédominance à l’Église. Il est accompagné par Wooshin, un ex-bourreau de l’empereur, tueur professionnel, chargé de sa protection.

Poney-brun est présenté comme quelqu’un qui sait où il va et qui s’adapte facilement à toutes les situations. Il doit composer avec les diverses sensibilités des peuples nomades, même ceux qui connaissent peu la religion catholique, dans le seul but d’avoir des alliés face à l’empereur Hannegan VII.
Par contre, Dent-Noire doute beaucoup de lui-même et de son devenir comme prêtre. À de nombreuses reprises, il voudra être défait de ses vœux. Sur la fin de l’ouvrage, on verra une évolution de son comportement, à partir du moment où, semble-t-il, il trouve sa voie.
On retrouve aussi, à un moment, le personnage du juif errant, égal à lui-même.

L’histoire est complexe, lente comme dans le premier volume. Chaque chapitre commence par une règle de Saint-Benoît. Cette complexité et les lenteurs, ainsi que les retournements de situations sont intéressants, mais le livre en devient, à mon sens, trop long, beaucoup trop long. Les longues digressions sur les coutumes nomades, même si elles sont plaisantes, n’apportent rien à l’histoire principale qui est de battre l’empire Texark pour que l’Église reprenne sa place. Je pense qu’il aurait fallu élaguer largement dans l’ouvrage et retirer au minimum 200 pages, afin de lui donner plus de rythme, mais l’auteur étant décédé avant la publication, difficile, à mon avis, pour Terry Bisson de tailler dans le vif du scénario.

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 709
ISBN: 978-2-07-044929-3

Acheter « l'héritage de saint Leibowitz » sur Amazon

Partage Partager le billet

samedi 13 juillet 2013 11:25

Traquée, de Melinda Leigh

Partage Partager le billet

Traquée

L'histoire:
Beth s'enfuit après que son mari a essayé de l'assassiner. Elle tente d'échapper aux hommes lancés à sa poursuite depuis maintenant presque un an... Jusqu'au jour où elle rencontre Jack...

Mon avis :
Le début de l'histoire est intéressant et pourrait laisser penser à un thriller, s'il n'était classé dans la catégorie « suspense romantique ». Et là, vous vous en doutez, l'histoire devient vite assez banale. Beth, en fuite, se retrouve employée chez Jack, un ex-policier blessé, qui vient d'hériter du ranch d'un membre de sa famille. Le flic va vite se rendre compte que quelque chose cloche chez Beth, ainsi que dans le comportement de ses deux enfants, Ben et Karie. Ceux-ci sont d'ailleurs effrayés par les hommes.

Petit à petit, Jack va essayer d'amadouer sa belle intendante et ses enfants afin de pouvoir percer leur secret et de tout faire pour les aider...%%Vous l'aurez compris, nous sommes dans du style collection Harlequin et le suspense est réduit au strict minimum avec deux histoires imbriquées : celle d'un tueur en série et celle de Beth, dont l'auteur nous laisse entendre, afin de renforcer le suspense bien sûr, qu'elles sont même peut-être liées !

Ce livre se lit facilement, l'écriture est fluide, mais le déroulement est prévisible, on en devine les ficelles assez facilement. Il s'agit davantage de l'évolution des relations entre Beth et Jack, mais même là, il n'y a pas de suspense. Au cours du déroulement de l'histoire, quelques meurtres sont commis et on voit le tueur se rapprocher de Beth et choisir d'en faire sa victime. Quant à Beth, elle prend de plus en plus de plaisir dans sa nouvelle vie, même si elle est toujours sur le qui vive. le dénouement de tout cela ne sera guère surprenant.

À lire pour se détendre.

Ce livre m'a été offert par MA éditions par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Ma éditions
Nombre de pages: 360
ISBN: 978-2-822-402033

Acheter « Traquée » sur Amazon

Partage Partager le billet

- page 148 de 154 -

Page top