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mercredi 22 novembre 2017 22:56

Au bal des muscadins, de Sylvain Larue

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Au bal des muscadins

L’histoire :
Février 1849. Léandre Lafforgue accompagne le président Bonaparte à une soirée mondaine place Vendôme. Au cours de la fête, une macabre découverte va donner l’occasion à Léandre d’enquêter.

Mon avis :
J’avais un peu d’appréhension en débutant la lecture de cette deuxième enquête de Léandre Lafforgue, car le tome 1 m’avait laissé un avis mitigé[1]. Cette fois-ci, j’ai beaucoup aimé le roman. Je l’ai même lu sur une journée tellement j’étais absorbé par le récit.

Il ne faut pas longtemps pour se plonger dans l’intrigue. Cette dernière est bien menée, l’auteur maîtrise son sujet. Les rebondissements sont bien placés et permettent de tenir le lecteur en haleine. Les meurtres sont plus sanglants (par décapitation), mais Sylvain Larue manie avec habileté les descriptions de ces scènes. Le côté politique est bien moins présent. Les livres tiennent une place importante dans l’histoire. Le mystère qui plane autour de ces ouvrages rares m’a fait cogiter et la réponse est plus tordue que ce que je pensais.

On retrouve les personnages secondaires qui gravitent autour de Léandre : Charles Leterrier et son supérieur Rodolphe Issy-Volny, mais aussi Eustache et d’autres. À part Issy-Volny et la tante de Léandre, les proches du héros sont tous agréables.
Le rapport aux femmes de notre agent spécial est toujours le même : il profite de l’attirance qu’il génère et son comportement n’est pas vraiment réfléchi vis-à-vis du sexe opposé. Cela le poussera à faire des choix, pas forcément judicieux.
Un deuxième tome que j’ai trouvé bien au-dessus du premier, et dont je conseille la lecture. C’est un roman historique réussi.

Titre: Au bal des muscadins
Auteur: Sylvain Larue
Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 434
ISBN:978-2-8129214-7-6
Date de publication: 24 août 2017

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lundi 14 août 2017 20:38

Mado, Retour de l’Enfer, de Chérif Zananiri

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Mado, Retour de l’Enfer

L’histoire :
Août1914. Jeunes mariés, Madeleine dite Mado, et Gilbert doivent se séparer car ce dernier est mobilisé. À partir de ce moment, Mado doit prendre sa vie en main.

Mon avis :
J’ai un avis mitigé sur ce roman. L’idée de départ est intéressante, même si de nombreux écrivains ont déjà dû aborder ce sujet. Comment se débrouillaient les femmes de soldats tandis que leurs maris étaient dans les tranchées ? L’auteur développe son récit en s’appuyant sur la famille Heurtebize. Rapidement, Mado prend des décisions qui lui permettent de vivre. Elle décide de rouvrir la cordonnerie et de faire appel à l’ancien propriétaire pour la former. On suit donc l’évolution quotidienne de la jeune femme. Elle va devoir prendre en charge sa soeur Marguerite, enceinte, et comme on peut en douter quand on la découvre, cette dernière ne sera pas fiable.

À travers les quelques lettres que Gilbert envoie du front, le lecteur découvre la vie dans les tranchées et l’évolution du conflit au cours du temps entre 1914 et 1916. En même temps, on perçoit les changements qui s’opèrent chez Gilbert pendant l’enlisement du conflit. Cela laisse une trace indélébile qui est difficile à bien comprendre pour quelqu'un qui ne l'a pas vécu. De plus, les deux permissions de Gilbert en deux ans renforcent cette évolution. Quand il rentre, il voit que la vie a continué sans lui et il se sent inutile. Il a du mal à comprendre la place que tient sa femme, même s’il est fier de sa réussite.

J’ai trouvé que le récit était superficiel. J’aurais apprécié quelque chose de plus approfondi sur Mado, sur son caractère au quotidien, les difficultés rencontrées et les efforts réalisés. Lors de ma lecture, je n’ai pas ressenti cela : Mado décide d’ouvrir la cordonnerie, et hop, elle le fait en apprenant petit à petit le métier, mais l’auteur ne développe pas, ce qui est dommage. Cela aurait pu donner plus d’épaisseur à son récit. Je trouve qu’il y a trop d’ellipses. Par exemple, il y a dix pages pour raconter le Noël 1914 de Mado, et ensuite on passe à une lettre de Gilbert du 22 février 1915. Mais entre-temps, mystère. La vie continue, c’est sûr, mais justement, ce sont ces moments-là qui sont intéressants. Cela aurait permis d’ancrer plus fortement les personnages dans le réel. C’est pour cela que mon avis est mitigé.

Titre: Mado, Retour de l’Enfer
Auteur: Chérif Zananiri
Éditeur: Marivole Éditions
Nombre de pages: 322
ISBN: 978-2-36575-400-2
Date de publication: 16 mars 2017

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vendredi 14 juillet 2017 23:48

L’oeil du goupil, de Sylvain Larue

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L’oeil du goupil

L’histoire :
1848. Léandre Lafforgue, jeune provincial, se rend à Paris à la recherche de ses origines. Il va rapidement se retrouver au coeur d’une série de morts suspectes et il va finir par mener l’enquête.

Mon avis :
J’ai un avis mitigé sur ce roman. Comme tout ouvrage de ce type, l’histoire mélange personnages réels et fictifs. Cela est fait habilement. Il y a un gros travail de documentation: l’auteur apporte beaucoup d’explications, de précisions, mais parfois trop.
Le récit est rythmé, mais je regrette quelques digressions sur des personnages secondaires. J’ai trouvé que cela était superflu. Le thème central est l’enquête de Léandre Lafforgue, mais au second plan, on découvre l’accession de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République en 1848.

L’intrigue policière est très intéressante et le personnage principal mène l’enquête avec brio. L’ensemble est bien mené avec les rebondissements nécessaires. Je voulais connaître le fin mot de l’histoire. Cela a sans doute éclipsé la partie historique qui m’a peu intéressé. De même que les digressions autour de certains personnages. Je voulais revenir à l’enquête et la poursuivre.
Léandre Lafforgue est parfait, peut-être trop. Il est assez jeune, mais on a l’impression qu’il connaît tout et maîtrise totalement ce qui l’entoure. À un moment, il précise même que la lecture lui a apporté beaucoup de choses. C’est un peu trop caricatural, tout comme le comportement de certains personnages secondaires comme Issy-Volny. D’un autre côté, le romancier voulait sans doute créer une ressemblance avec les romans policiers du XIXe, en écrivant « à la manière de », comme le montrent les titres des chapitres.

Le style de Sylvain Larue est assez travaillé, mais cela ne m’a pas posé de soucis. Ce qui m'a gêné, c'est que le décor ne me semble pas assez bien planté. J'ai l'habitude d'auteurs comme Andrea H. Japp ou Jean d'Aillon qui décrivent très bien une époque au quotidien, et ce faisant, immergent le lecteur dans cette époque.

Titre: L’oeil du goupil
Auteur: Sylvain Larue
Éditeur: Éditions De Borée
Nombre de pages: 399
ISBN: 978-2-8129-1980-0
Date de publication: 22 septembre 2016

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dimanche 8 janvier 2017 21:04

L’oiseau des tempêtes, de Serge Brussolo

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L'oiseau des tempêtes

L’histoire :
Le baron Artus de Bregannog, après de grands succès aux Amériques, vit reclus en Bretagne. Son médecin personnel, Alexandre, sur les conseils du baron, a pris pour épouse Marie-Laurence, et se retrouve à devoir élever Marion, la fille de cette dernière.

Mon avis :
Comme souvent, il ne faut absolument pas lire la quatrième de couverture, ce qui est désolant. Quand les éditeurs comprendront-ils que l’on doit appâter le lecteur et non lui raconter toute l’histoire (car dans ce cas, quel est l’intérêt de lire le roman?).
Même si j’ai lu moins de romans de l’auteur que La Livrophile[1] (plus d’une centaine à son actif), je sais (merci à elle), que Marion fait partie des prénoms récurrents que l’auteur utilise dans différents romans historiques.

Serge Brussolo est très prolifique[2], et il nous présente, cette fois-ci, un roman d’aventures qui se déroule à l’époque moderne, sous le règne de louis XIV. Le lecteur suit les péripéties de Marion, seize ans.
La jeune fille n’a pas de prises sur les événements. Tout au long de l’histoire, elle réagit selon ce qui lui a été dicté, et pas par elle-même (sauf à un moment). Il s’agit donc d’un personnage ordinaire que rien ne prédisposait à ce genre d’aventures, et c’est ce qui fait la force du roman. Le personnage de l'adolescente est travaillé. Le lecteur a rapidement de l’empathie pour elle.

Serge Brussolo maîtrise suffisamment les faits et la vie de l’époque pour rendre crédible son histoire et nous immerger dans son récit. L’ensemble du récit est assez sombre, mais la lecture est rendue agréable par le style et la patte de l’auteur, ainsi que par ses nombreuses idées[3]. Grâce à cela, on souhaite entrevoir une lueur d’espoir dans la vie de Marion.
Le roman se termine avec une fin ouverte, ce qui laisse la possibilité d’avoir une suite.

N’hésitez pas à essayer ce livre ou tout autre de l’auteur, car une fois découvert, un Serge Brussolo ne se lâche plus.

Titre: L'oiseau des tempêtes
Auteur: Serge Brussolo
Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 399
ISBN: 978-2-265-09736-0
Date de publication: 10 novembre 2016

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lundi 5 décembre 2016 22:47

Le fléau de Dieu, À l ‘ombre du diable, de Andrea H. Japp

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À l ‘ombre du diable

L’histoire :
Septembre 1348, Les Loges-en-Jolas. Gabrielle d’Aurillay et Adeline Musard ont quitté Paris afin de s’éloigner de la peste et de se mettre à l’abri. Leur repos sera de courte durée, et les deux femmes vont de nouveau devoir faire des choix difficiles.

Mon avis :
J’ai retrouvé dans ce tome le même souffle que dans le précédent[1]. En début d’ouvrage, il y a un résumé succinct du précédent, pour ceux qui ne l’ont pas lu, ou tout simplement, pour se remettre l’histoire en mémoire. La peste est toujours présente en arrière plan. Le lecteur suit donc l’évolution de la maladie, mais aussi les aventures de Gabrielle et d’Adeline. Cette dernière prend davantage d’importance dans ce deuxième tome. Il faut reconnaître que la part belle est faite aux femmes : Adeline, Gabrielle, Marthe de Rolittret, Jeanne de France. Les hommes sont au second plan, et certains tirent les ficelles dans l’ombre.

Gabrielle évolue et prend de l’assurance. Elle possède toujours le diptyque, mais n’a pas conscience de son importance. Il y a un peu plus d’action et les événements s’enchaînent avec rythme.
Par moments, il y a encore des passages concernant Gisèle. On se demande toujours quel rôle elle tient dans l'histoire. L’intrigue n’avance pas vraiment concernant le diptyque, mais les différents protagonistes continuent de tisser leur toile : certains pour essayer de protéger Gabrielle, d’autres pour la mettre à mort et récupérer le tableau.
Marthe de Rolittret est quelqu’un de sombre, machiavélique. Elle joue sur plusieurs tableaux, mais on ne sait pas quelle finalité elle cherche. Contrairement au premier volume, je n’ai pas ressenti de lenteurs lors de ma lecture. J’apprécie particulièrement le style de l’auteur dans ses romans historiques, même si je pourrais m’élever contre la profusion de notes : cela fait partie de la marque de fabrique de la romancière.

On retrouve l’habituelle brève annexe historique en fin de volume concernant les personnages de l'époque, ainsi qu’un glossaire, expliquant et développant certains termes utilisés.

Une lecture très agréable. Vivement le troisième tome.

Service presse des éditions Flammarion par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Titre: À l ‘ombre du diable
Auteur: Andrea H. Japp
Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 329
ISBN: 978-2-0813-7522-2
Date de publication: 2 novembre 2016

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