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mercredi 30 mai 2018 21:30

Le tigre et les pilleurs de Dieu, de Philippe Grandcoing

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Le tigre et les pilleurs de Dieu

L’histoire :
Hippolyte Salvignac, antiquaire, est recruté par Georges Clemenceau, président du conseil, afin de débusquer des trafiquants d’oeuvres d’art, qui pillent les églises de différentes régions de France.

Mon avis :
L’intrigue dans l’ensemble est bien menée. L’écriture de l’auteur est fluide. Je remercie d’ailleurs ce dernier pour la dédicace en début d’ouvrage. Nous sommes donc en présence d’un roman historique se déroulant au début du vingtième siècle. L’époque est assez bien dépeinte et documentée. Philippe Grandcoing maîtrise le sujet, sans oublier les œuvres d’art religieuses.

Il met en scène un duo : Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet. Ce dernier est un inspecteur de police. Les deux hommes sont intelligents et pragmatiques. Leur équipe est équilibrée, chacun apporte ses compétences, et il n’y a pas de dissensions.
Pour donner plus de poids à l’histoire et rendre les principaux protagonistes sympathiques, le romancier dresse un portrait de leur vie, de leur blessure de jeunesse. Ce côté du portrait psychologique n’est peut-être pas assez creusé. J’aime bien quand toutes les facettes d’un personnage sont explorées, mais ce n’est pas rédhibitoire que ce ne soit pas le cas, car il s’agit du premier volume d’une nouvelle série.

Comme je l’ai indiqué lors de ma chronique sur le premier tome de la série « Victor Dauterive[1] », je n’aime pas trop certaines ellipses : Hippolyte Salvignac se retrouve en mauvaise posture et la page d’après, on le retrouve plus tard. À ce moment-là, on apprend comment il est sorti de cette situation, c’est un peu dommage.
L’enquête est intéressante. On découvre les balbutiements de la police scientifique, ainsi que le fonctionnement des services d'enquêtes criminelles qui cherchent à se moderniser.

Il y a quelques rebondissements qui permettent de tenir le lecteur en haleine, mais il y a aussi quelques passages plus creux, à mon sens, comme celui du dénouement, ce qui est dommage. Malgré cela, l’ouvrage reste un bon divertissement, et c’est ce qu’on demande.

À découvrir !

Service presse des éditions De Borée.

Titre: Le tigre et les pilleurs de Dieu
Auteur: Philippe Grandcoing
Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 303
ISBN: 978-2-8129-2282-4
Date de publication: 15 mars 2018

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samedi 21 avril 2018 22:00

La disparue de Saint-Maur, de Jean-Christophe Portes

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La disparue de Saint-Maur

L’histoire :
Les compétences de Victor Dauterive commencent à s’ébruiter, et l’un de ses supérieurs lui demande d’enquêter sur la disparition de la fille d’un de ses anciens amis de régiment. Victor, tout heureux qu'on fasse appel à lui, se rend sur place, mais il déchante rapidement.

Mon avis :
Après un tome deux[1] que j'ai trouvé très réussi, je me suis lancé avec plaisir dans le troisième. La structure de la trame évolue quelque peu. Il y a toujours deux intrigues, mais cette fois, elles sont totalement distinctes. Il y a d'abord l’affaire de la disparue de Saint-Maur, et en parallèle, le marquis de La Fayette qui entraîne notre héros dans une nouvelle intrigue politique. Les deux histoires sont finement menées, et l’auteur apporte toujours de nombreux éléments historiques par l’intermédiaire de son récit.

Des personnages récurrents sont présents (Olympe de Gouges, le commissaire Charpier, Joseph…). Olympe et Charpier vont prendre une place un peu plus importante et parfois surprenante (n’hésitez pas à lire les tomes précédents si ce n’est pas déjà fait).
Dans ce volume, Victor mûrit encore. Il est toujours un brin naïf en se frottant à la dure réalité de cette vie d’adulte, mais il apprend vite, et il ne lâche pas prise, quelle que soit la situation. Pourtant, par moments, il est un peu plus irascible dans sa vie personnelle.

Pour l’affaire de la disparue de Saint-Maur, Victor rencontre une famille aristocrate pauvre et assez fermée, qui désire qu’on la laisse en paix. En même temps, les parents ne font pas grand cas de la disparition de leur fille.
L’autre affaire concerne l’élection à la mairie de Paris. Victor doit trouver des éléments compromettants sur l’un des candidats. À partir du moment où cela touche à la politique, les malversations sont courantes et les coups bas sont légion. Victor va l’apprendre à ses dépens. Les deux histoires sont rythmées, et on passe facilement de l’une à l’autre, sans oublier les relations de Victor avec Joseph, le petit orphelin.
Le livre regorge d'informations sociologique et culturelles. Le décor et le contexte sont très bien rendus. Par exemple, lorsque Victor se rend au couvent, l'auteur en profite pour expliquer comment les familles aisées se débarrassaient de certains problèmes.

Comme les deux précédents romans, celui-ci se déroule en 1791, mais sur les mois de novembre et décembre. On côtoie un monde politique en effervescence où chacun place ses pions pour avoir la maîtrise de l’Assemblée nationale et le pouvoir. Je n’ai pas ressenti de longueurs lors de ma lecture, et pourtant, il s’agit d’un pavé de 500 pages. On trouve encore, à la fin de l’ouvrage, quelques informations sur le travail mené par le romancier pour écrire son histoire, ainsi que les remerciements (que je lis toujours).
Ce roman est pour moi le plus réussi des trois. La barre commence à être haute pour le quatrième que je n’hésiterai pas à lire.

À lire !

Service presse des éditions City.

Titre: La disparue de Saint-Maur
Auteur: jean-Christophe Portes
Éditeur: City Éditions
Nombre de pages: 526
ISBN: 978-2-8246-1099-3
Date de publication: 15 novembre 2017

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vendredi 23 février 2018 22:27

L’affaire de l’homme à l’escarpin, de Jean-Christophe Portes

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L'affaire de l'homme à l'escarpin

L’histoire :
Paris. 1791. De nuit, un jeune homme court à travers les rues pour échapper à ses poursuivants. Il veut atteindre la Garde nationale qui sera, le pense-t-il, son refuge. Malheureusement, il n’arrivera jamais à destination. Quelque temps plus tard, le marquis de La Fayette propose une nouvelle mission à Victor Dauterive.

Mon avis :
Après ma lecture du premier tome des enquêtes de Victor Dauterive, j’avais un avis mitigé[1]. J’ai décidé de lire le deuxième volume de la série, et bien m’en a pris : l’auteur a su bonifier son récit, et je n’ai pas retrouvé les écueils du tome 1 (certaines ellipses m’avaient dérangé). Le décor étant déjà planté, l’intrigue débute plus rapidement: Victor est vite appelé sur une nouvelle affaire délicate.

Le schéma du roman fonctionne de la même façon : deux intrigues finissent par se recouper et avoir des origines similaires. L’auteur a également glissé une petite intrigue secondaire avec Garat l’Américain. L'écrivain place son roman en pleine révolution française, après la fuite à Varennes.
Victor est un personnage attachant, sûr de lui. Il prend un peu plus d’épaisseur dans ce volume, ce qui n’est pas plus mal. Il va de nouveau risquer sa vie pour satisfaire son mentor, La Fayette.

L'histoire est bien menée. Il y a suffisamment de rebondissements, et cela foisonne d’informations sur cette période importante de notre histoire. Le côté complot ressort bien et amène la tension nécessaire au récit. Le romancier aborde un peu le thème de l’homosexualité et du traitement qui lui était réservé, mais aussi de manière bien secondaire, l’esclavage. Il montre bien les guerres de pouvoir entre les différentes factions qui existaient au sein de l’Assemblée nationale.
Par contre, un petit bémol: j’ai vu plusieurs coquilles lors de ma lecture, et je trouve cela dommage. On trouve, bien sûr, à la fin de l’ouvrage, des explications sur l’Histoire, ainsi que sur certains choix effectués par Jean-Christophe Portes.

À découvrir !

Service presse des éditions City.

Titre: L’affaire de l’homme à l’escarpin
Auteur: jean-Christophe Portes
Éditeur: City Éditions
Nombre de pages: 430
ISBN: 978-2-82460-862-4
Date de publication: 09 novembre 2016

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dimanche 31 décembre 2017 21:01

Les Collèges fantômes, de Jean d’Aillon

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Les collèges fantômes

L’histoire :
Paris, juillet 1625, Maître Girardin passe du vin en fraude pour pouvoir le revendre sans payer de taxes. Afin de développer son activité, il va sceller une association de circonstance avec Bernardo Bianchi. Octobre 1625. Louis Fronsac retourne au collège de Clermont pour poursuivre ses études.

Mon avis :
J’ai découvert Jean d’Aillon[1] à travers sa série autour de « Guilhem d’Ussel », puis j’ai lu un roman de la série « Les aventures d’Olivier Hauteville » (il faut que je lise les autres). C’est donc la première fois que je lis un roman autour de Louis Fronsac, mais je connais le style de l’auteur et j’apprécie ses récits.
Une fois encore, j’ai trouvé que le résultat était à la hauteur de mes attentes. L’auteur travaille toujours son décor et il maîtrise suffisamment son sujet afin de rester historiquement crédible. Les intrigues politiques et criminelles sont habilement menées, s’insérant avec justesse dans le récit. Cela m’a permis d’être rapidement absorbé dans ma lecture.

Dès le début, on apprend que Bernardo Bianchi a déjà eu affaire à Louis et Gaston, et qu’il en garde un souvenir amer. J’ai découvert un Louis Fronsac jeune, téméraire, intelligent. Et il n’est pas seul. Gaston de Tilly ne le quitte pas d’une semelle. Ils forment un duo soudé et complémentaire que les études n'effraient pas. Les personnages secondaires sont aussi travaillés, qu’ils soient gentils ou bien du côté des méchants, ce qui est une force dans ce type d’histoire.

Je n’ai pas ressenti de longueur. J’ai aimé les périodes de calme entre les différents événements : le romancier creuse un peu plus les protagonistes et cela permet d’avoir un récit rythmé.
Louis, avec ses maigres moyens, va essayer d’influer sur les circonstances, ce qui ne sera pas sans conséquences.
Fraude sur le vin, tentative d’insurrection, prémices du siège de La Rochelle qui commence à transparaître, personnages et contexte historique crédibles, ce roman a tout pour plaire.

J’ajoute cette nouvelle série dans ma liste de lecture.

À lire !

Service presse des éditions Presses de la Cité.

Titre: Les collèges fantômes
Auteur: jean d'Aillon
Éditeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 474
ISBN:978-2-258-14337-1
Date de publication: 24 août 2017

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mercredi 22 novembre 2017 22:56

Au bal des muscadins, de Sylvain Larue

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Au bal des muscadins

L’histoire :
Février 1849. Léandre Lafforgue accompagne le président Bonaparte à une soirée mondaine place Vendôme. Au cours de la fête, une macabre découverte va donner l’occasion à Léandre d’enquêter.

Mon avis :
J’avais un peu d’appréhension en débutant la lecture de cette deuxième enquête de Léandre Lafforgue, car le tome 1 m’avait laissé un avis mitigé[1]. Cette fois-ci, j’ai beaucoup aimé le roman. Je l’ai même lu sur une journée tellement j’étais absorbé par le récit.

Il ne faut pas longtemps pour se plonger dans l’intrigue. Cette dernière est bien menée, l’auteur maîtrise son sujet. Les rebondissements sont bien placés et permettent de tenir le lecteur en haleine. Les meurtres sont plus sanglants (par décapitation), mais Sylvain Larue manie avec habileté les descriptions de ces scènes. Le côté politique est bien moins présent. Les livres tiennent une place importante dans l’histoire. Le mystère qui plane autour de ces ouvrages rares m’a fait cogiter et la réponse est plus tordue que ce que je pensais.

On retrouve les personnages secondaires qui gravitent autour de Léandre : Charles Leterrier et son supérieur Rodolphe Issy-Volny, mais aussi Eustache et d’autres. À part Issy-Volny et la tante de Léandre, les proches du héros sont tous agréables.
Le rapport aux femmes de notre agent spécial est toujours le même : il profite de l’attirance qu’il génère et son comportement n’est pas vraiment réfléchi vis-à-vis du sexe opposé. Cela le poussera à faire des choix, pas forcément judicieux.
Un deuxième tome que j’ai trouvé bien au-dessus du premier, et dont je conseille la lecture. C’est un roman historique réussi.

Titre: Au bal des muscadins
Auteur: Sylvain Larue
Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 434
ISBN:978-2-8129214-7-6
Date de publication: 24 août 2017

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