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mardi 25 février 2020 22:09

Collectif Blackbone, T1 : Coltan Song, de Manu Causse

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Collectif Blackbone, T1 : Coltan Song

L’histoire :
Marie Forget, 18 ans, vient de perdre sa mère dans un accident. Lorsqu’elle nettoie l’appartement de location, elle a une étrange conversation via Internet. Ce contact doute de la mort accidentelle de sa mère.

Mon avis :
Il s’agit d’un roman écrit à plusieurs (quatre personnes : Manu Causse, Maylis Jean-Préau, Marie Mazas, Emmanuelle Urien), premier tome d’une nouvelle série voulant aborder des thèmes forts et actuels. Celui-ci aborde la fabrication des téléphones portables, et il faut dire que cela fait froid dans le dos. Le début du roman met tout de suite dans l’ambiance avec une scène dramatique. Les premiers chapitres alternent entre le passé et le présent pour raconter les vingt dernières années d’Irène.

L’histoire ressemble plus à une enquête journalistique. Marie est une jeune fille brillante, bouleversée par la mort inattendue de sa mère. Afin d’obtenir des réponses aux questions qu’elle se pose, un trio se met en place avec Léo, un jeune hacker, et Andrea, journaliste chevronnée. Léo est un peu trop stéréotypé, presque caricatural, et c’est dommage.
Quelques scènes se déroulent en Afrique, et là, on change de monde. Le lecteur n’imagine pas que ce qu’il lit est réel, tout en sachant que c’est le cas : des populations sont exploitées par des trafiquants, et les sociétés occidentales ferment les yeux, car elles y trouvent leur compte.

J’ai aimé les protagonistes, même si je peux regretter qu’ils ne soient pas assez développés à mon goût, et il y a quelques facilités dans le scénario, mais pour un premier tome, c’est largement excusable. Les événements s’enchaînent avec fluidité, et j’ai apprécié cette lecture.

Ce roman appelle aussi à réfléchir sur notre société et l’avenir qu'on souhaite, mais à moins de très gros bouleversements, je ne suis pas certain qu’il y ait une véritable prise de conscience des enjeux et de la viabilité du système en place. On sent bien le gros travail de documentation effectué avant l’écriture.
Des thèmes forts sont abordés. Ici, il s’agit principalement des conditions d’extraction des minerais rares pour la fabrication de composants électroniques, avec aussi, en arrière-plan, quelques traces de racisme : Marie est métisse, elle vit dans une petite zone rurale où la différence fait peur.

À découvrir.

Titre: Collectif Blackbone, T1 : Coltan Song
Auteur: Manu Causses
Éditeur: Nathan
Nombre de pages: 352
ISBN: 978-2-0925-9108-6
Date de publication: 9 janvier 2020

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lundi 24 février 2020 20:40

Parée pour percer, d’Angie Thomas

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Parée pour percer

L’histoire :
Brianna, adolescente noire de seize ans, essaie de percer dans le Hip-Hop en participant à son premier «battle», une joute au cours de laquelle deux candidats s’affrontent en improvisant sur un rythme donné.

Mon avis :
J’ai lu ce roman en une journée. Le quartier que dépeint Angie Thomas laisse une certaine amertume en bouche. Nous n’en sommes pas encore là en France, mais rien ne dit que cela n’arrivera pas. Quartiers mal famés aux mains des gangs, établissements scolaires protégés par des vigiles, racisme latent et omniprésent, rien n’est épargné à une partie de la jeunesse américaine.

Le lecteur découvre ce monde à travers Brianna. Cette dernière, que ses proches appellent Bri, rêve de devenir célèbre en rappant, et ainsi, faire fortune pour sortir de ce quartier où elle vit.
C’est une adolescente comme les autres, qui a un caractère bien trempé, mais elle est noire, et cela change tout dans sa vie quotidienne. Que ce soit dans le quartier ou au lycée, rien n’est simple. Autour de la jeune fille, gravitent aussi ses amis d’enfance: Sonny et Malik. Le quotidien est difficile, la famille de Bri gagne difficilement sa vie, et de nombreux impayés s’accumulent.
Brianna, soutenue par sa tante, rêve de devenir célèbre, la musique étant toute sa vie. L’adolescente découvrira que les difficultés, qu’elle n’occultait pas, sont encore plus complexes qu’elle ne le pensait.

Les relations familiales sont au coeur de ce roman. Bri doit composer avec son frère (Trey), sa mère (Jay), ainsi que sa tante (Pooh), cette dernière étant membre d’un gang.

La romancière maîtrise bien le sujet. Son récit est ancré dans le réel. Elle développe de manière approfondie son personnage principal. Brianna est toute en nuances, loin des stéréotypes, mais a un côté rebelle (qu’on peut comprendre) qui lui cause régulièrement des soucis.

Le récit est rythmé. De nombreux thèmes sont abordés : le racisme, la famille, l’amitié, l’amour, l’homosexualité, ainsi que le sexisme.

À lire.

Service presse des éditions Nathan.

Titre: Parée pour percer
Auteur: Angie Thomas
Éditeur: Nathan
Nombre de pages: 494
Traduction: Nathalie Bru
ISBN: 978-2-0925-8971-7
Date de publication: 2 janvier 2020

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dimanche 23 février 2020 21:47

Le journal de Claire Cassidy, d’Elly Griffiths

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Le journal de Claire Cassidy

L’histoire :
Claire Cassidy est professeur d’anglais dans la campagne anglaise, au sein d’un collège, ancienne demeure de R.M. Holland, écrivain du XIXe siècle qui a écrit «L’inconnu», une nouvelle devenue un classique. Or, un meurtre survient, et il y a un lien avec la nouvelle.

Mon avis :
C’est un roman à plusieurs voix. Le lecteur suit donc Claire, Georgia (sa fille), Harbinder (le lieutenant de police). Cela apporte différents points de vue sur les événements, et les redondances ne m’ont pas dérangé. Les personnages principaux sont développés, nous cernons parfaitement leur psychologie. L’auteur parsème son roman d’extraits de « l’inconnu ».

Claire anime un atelier d’écriture, et R.M. Holland est son principal centre d’intérêt. Sa vie privée n’est pas des plus réussies, mais elle fait tout pour s’occuper de sa fille. En même temps, elle tient, depuis son adolescence, un journal intime. Elle se retrouve au coeur de l’affaire suite au premier meurtre.
Georgia est une adolescente comme les autres. Elle a un petit copain plus âgé, et participe à un atelier d’écriture, sans que sa mère le sache.
Le lieutenant Harbinder Kaur est une jeune trentenaire, d’origine indienne, qui vit encore chez ses parents. Elle est vive et dynamique.

Je n’ai pas trouvé que les personnages étaient stéréotypés, ce qui est une bonne chose. Il y a de nombreux non-dits. Claire ne communique pas vraiment avec sa fille, mais ce problème de communication se retrouve aussi chez les autres protagonistes. Certains ne souhaitent pas que certains secrets soient révélés, ce qui crée des ambiguïtés, des doutes.
Plus le livre avance, plus l’inquiétude de Claire augmente (et on peut le comprendre). La romancière joue de manière subtile avec nos nerfs, et cela s’accentue à chaque rebondissement. Même si le dénouement n’est pas exceptionnel, un peu trop convenu, j’ai trouvé l’ensemble réussi, et j’ai apprécié cette histoire.

Ma lecture a été fluide. La romancière a un style agréable et clair, sans fioritures.

À lire.

Service presse numérique des éditions Hugo Roman par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Le journal de Claire Cassidy
Auteur: d’Elly Griffiths
Éditeur: Hugo Roman
Nombre de pages: 444
Traduction: Elie Robert-Nicoud
ISBN: 978-27-556-4706-8
Date de publication: 2 janvier 2020

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dimanche 16 février 2020 11:49

Préférer l’hiver, d’Aurélie Jeannin

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Préférer l’hiver

L’histoire :
Une mère et sa fille vivent seules dans la forêt, en plein hiver, éloignées de tout. Tant bien que mal, elles essaient de survivre.

Mon avis :
Un petit roman bien écrit, mais étrange. Je n’ai pas réussi à comprendre où voulait en venir l’auteur. À la fin, je ne suis pas plus avancé qu’au début. En toile de fond, je comprends la souffrance de ces deux femmes, mais tout n’est pas expliqué, détaillé. J’ai trouvé cela assez sommaire.

On ne connaît pas le nom des deux femmes, il s’agit d’un long monologue, décousu, sans véritable fil conducteur, une sorte de journal intime de la fille. Il n’y a aucun dialogue. C’est très lent. Les deux personnages ont connu des drames dans leur vie, mais la manière dont c’est raconté ne crée aucune compassion pour les protagonistes. C’est assez facile de s’éloigner de tout pour essayer d’oublier, mais le peut-on réellement ? La narratrice décrit son environnement, les animaux, mais là non plus, je n’ai pas accroché, mon imagination n’a pas pris le relais. J’aime avoir des explications, des solutions, mais là, il n’y a rien de tangible, juste des ressentis, et cela ne fait pas tout.

Je ne conseille pas ce roman, sauf en connaissance de cause.

Service presse numérique des éditions HarperCollins par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Préférer l’hiver
Auteur: Aurélie Jeannin
Éditeur: HarperCollins France
Nombre de pages: 240
ISBN: 979-1033-90447-2
Date de publication: 8 janvier 2020

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jeudi 30 janvier 2020 11:35

Les portes célestes, de Jean-Michel Ré

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Les portes célestes

L’histoire :
Des clones de combat attaquent l’Empire. Le chaos s’installe. L’empereur décide de reprendre en main la situation grâce à une arme secrète. Pendant ce temps, maître Kobayashi suit une formation spirituelle auprès de l’Enfant.

Mon avis :
Ce deuxième tome est la suite directe du précédent[1]. Il reprend l’action au même moment. Cela évitait peut-être d’avoir un livre trop imposant si les trois volumes avaient été regroupés.

Les personnages manquent encore d’épaisseur, mais cela n’a pas été rédhibitoire. L’auteur continue avec l’utilisation de différents points de vue. Les anarchistes de Fawdha Anarchia souhaitent détruire le pouvoir central, le seigneur de Latroce veut annihiler l’empereur, l’Enfant, on ne sait pas vraiment ce qu’il cherche. L’ensemble est complexe, et l’action très présente. Le récit prend un côté politique où la structure et le mode de fonctionnement de l’empire sont détaillés. Les divers protagonistes, pour différentes raisons, font peu de cas de la vie humaine. Le contrôle de la population est une priorité.

Le comportement de l’Enfant est un peu agaçant. Il donne l’impression d’être au-dessus de tout, de tout maîtriser. Ses paroles sur l’utilisation de la Voie sont empreintes de concepts philosophiques, et il ne parle que de possibilités, non de ce qu’il cherche à atteindre.
J’ai aimé cette suite, même si j’aurais apprécié voir développer certains côtés de l’histoire (du côté de Fawdha Anarchia, par exemple), mais ce n’est pas le choix de l’auteur.

Le final est abrupt. Je vais attendre avec impatience le troisième tome.

À lire !

Service presse des éditions Albin Michel.

Titre: Les portes célestes
Auteur: Jean-Michel Ré
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 294
ISBN: 978-2-226-44237-6
Date de publication: 30 octobre 2019

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