15oct.

Le proscrit, de Sadie Jones

Le proscrit

L’histoire : Angleterre, Waterford, années 1950. Lewis, 19 ans, rentre chez lui après deux ans de prison. Sans étonnement, l’accueil qu’il reçoit est assez froid.

Mon avis : Ce roman dégage une ambiance malsaine. Lewis est de retour chez lui après deux ans de prison et rien ne semble avoir changé dans cette bourgade.

On découvre petit à petit la vie du protagoniste et ce qui l’a conduit à commettre un acte insensé. On voit alors un jeune homme ayant été fortement perturbé psychologiquement dans son enfance, que personne n’a souhaité aider en ignorant totalement ses problèmes. C’est le cas de Gilbert, son père. J’ai trouvé que ce dernier était un personnage irrécupérable, et d’ailleurs, ce n’est pas l'unique cas dans cette petite ville où seules les apparences comptent et où l’hypocrisie règne en maître.

Avoir vu sa mère se noyer alors qu’il n’avait que dix ans a traumatisé Lewis (et qui ne le serait pas ?). Ensuite, son père le délaisse, au prétexte qu’il doit être fort, ne pas aborder le sujet et oublier (car il est bien connu que si on ne parle pas d’un problème, c’est qu’il n’existe pas).

Afin de combler son manque d’affection, Lewis bascule dans des addictions : alcool, scarifications. Plus la lecture avance, plus on éprouve de l’empathie pour le jeune homme. D’ailleurs, dans cette petite ville, les seuls refuges que les habitants peuvent trouver sont la boisson et la violence. En même temps, il est plus facile de rejeter la faute sur les autres et de se complaire dans l’hypocrisie que de regarder la réalité en face.

Dans les personnages secondaires qui gravitent autour de Lewis, seule la jeune Kit semble le comprendre. Elle est la cadette de la famille la plus importante de la région. Sa soeur aînée, Tamsin, est plus ambiguë dans ses relations avec le jeune homme, et c'est assez malsain.

C’est un roman psychologique puissant et juste, mais pas larmoyant.

À découvrir !

Titre: Le proscrit
Auteur: Emmanuel Vaillant
Éditeur: Buchet Chastel
Traduction:Vincent Hugon
Nombre de pages: 378
ISBN: 978-2-2830-2364-8
Date de publication: 8 janvier 2009

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28juil.

#Bonnet, d'Eliane Girard

#Bonnet

L’histoire :
Lina Darius est une star de la radio et de la télé. Un matin, elle croise Tristan, coiffé d’un ridicule bonnet péruvien, qui lui demande une cigarette. Pour la remercier, Tristan lui fait la bise. Le lendemain, catastrophe, la photo est sur les réseaux sociaux.

Mon avis :
Il s’agit d’une critique, d’une satire des réseaux sociaux, ainsi que des médias et des dérapages qu’ils peuvent engendrer. Ce petit roman se lit facilement et il est très abordable. On vit dans une société où tout est scruté, analysé, disséqué. Si on ne fait pas attention, avec un minimum de recul, à l’utilisation des réseaux sociaux et des médias, on peut rapidement être broyé par la machine à buzz.

Ce roman est quand même plus léger que ce que le thème laisse entrevoir, il prête à sourire, mais le sujet traité est très important : les médias sont un monde sans pitié, de même que les réseaux sociaux. S’y côtoient le meilleur et le pire.

Lina Darius existe grâce aux médias et aux réseaux sociaux. Elle essaie de maîtriser l’image qu’elle diffuse, car seules les apparences comptent pour faire de l’audience.
Tristan se méfie des réseaux sociaux par principe. Il n’y voit pas trop d’intérêt. Au contraire, Clotilde (sa copine) ne vit que pour ça. Comme beaucoup de nos coreligionnaires, elle est greffée à son smartphone. De plus, elle ne réfléchit pas : c’est sur le réseau, donc c’est vrai. On se rapproche du mouton qui suit bêtement et docilement ce qu’on lui dit.
Son comportement m’a laissé perplexe. Après réflexion, et après avoir navigué quelque peu sur le net et les réseaux sociaux, je me dis que c’est monnaie courante. Les capacités de réflexion s’éloignent et on commence à faire de la téléréalité dans la vie quotidienne. La lecture de ce roman m’a fait penser à «Truman Show». Presque vingt ans après, la situation a empiré et Eliane Girard tombe juste dans son histoire. Il n’y a pas besoin de trop forcer le trait.
C’est un roman où les faux-semblants sont légion. J’ai apprécié ce récit. Cela permet de passer un bon moment pour se détendre, même si le sujet en arrière-plan est plus sérieux.

Titre: #Bonnet
Auteur: Eliane Girard
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 222
ISBN: 978-2-283-03065-3
Date de publication: 2 mars 2017

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28mar.

Mal parti, de Monique Jouvancy

Mal parti

L’histoire :
On suit le récit de la vie du fils d’une famille de province, de sa jeunesse jusqu’à sa vie d’adulte.

Mon avis :
C’est un petit roman d’un peu moins de 160 pages. Est-on prédestiné ? Reproduit-on ce qu’on a connu ? Y a-t-il un libre arbitre ? Ce sont les différentes questions que je me suis posé lors de ma lecture. Il s’agit d’un récit, essentiellement à l’imparfait.
La plupart des protagonistes ne portent pas de noms: le fils, le père, la mère, la petite. Ce sont des personnes indistinctes. Elles se fondent dans la foule, dans la masse. Cela peut être n’importe qui : un voisin, un membre de la famille, etc.

Le fils aîné est le mal aimé de la famille. Tout lui est reproché, surtout depuis la mort de son petit frère, alors que lui-même n’avait que deux ans et demi. Ses parents portent constamment un jugement négatif sur lui, et le lui font savoir. Cela est pire, à mon sens, que de la maltraitance physique. Comment se construire dans un tel environnement ? Quelle vie peut-on avoir avec une telle éducation ? L’auteur apporte ses réponses et déroule son inéluctable histoire.

Dans l’argumentaire, il est précisé que la narratrice est la jeune sœur. Or, je n’ai pas réussi à expliquer (ou à comprendre), pourquoi elle parlait d’elle à la troisième personne. Et à part l’intérêt de prendre une certaine distance par rapport aux événements, j’ai trouvé que cela alourdissait le récit, sans compter les phrases à rallonge.
Il y a un regard dénué de jugement. Aucune empathie ne se dégage du récit. Cela donne un résultat étrange. On doute que quelque chose de positif ressorte de ce récit.
Il s’agit d’un roman inhabituel qui ne plaira pas à tout le monde à cause de son style.

Titre: Mal parti
Auteur: Monique Jouvancy
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 156
ISBN: 978-2-2830-3024-0
Date de publication: 2 février 2017

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13mar.

Mountain Story, de Lori Lansens

Mountain Story

L'histoire :
Wolf, dix-huit ans, prend le téléphérique pour rejoindre le sommet d’Angel’s Peak. De manière inopportune, il rencontre trois femmes qu’il accepte de guider. Malheureusement, le groupe s’égare. Le calvaire ne fait que commencer.

Mon avis :
Wolf (Wilfred Truly) raconte, à travers une lettre à son fils, ce qui lui est arrivé dix-huit ans plus tôt. Il y a des aller-retours entre ce qui se déroule dans la montagne et le passé du narrateur. C'est un roman lent, mais j'ai été totalement immergé dans le récit. On suit le chemin de croix des quatre personnages et de leur lente agonie dans cette montagne inhospitalière. L’auteur a bien travaillé le côté psychologique des protagonistes. Le récit va permettre de découvrir, d'un côté, la jeunesse de Wolf et sa vie miséreuse avec son père, Frankie, un joueur invétéré qui vit d'expédients et de larcins. Ce dernier n’est ni agréable, ni sympathique, et on peut comprendre les relations distendues que Wolf entretient avec lui. Les passages avec Byrd sont intéressants. Ils font apparaître les motivations du jeune homme au début de l'histoire, qui, au vu des événements, va revoir petit à petit son échelle de valeur. De plus, d’une certaine manière, Byrd, sera présent aux côtés de son ami pendant cette difficile épreuve.

Nola, Bridget et Vonn sont assez étranges. Elles ont des relations complexes. Au cours de ces cinq jours, elles vont se dévoiler (qui ne le ferait pas dans une telle situation). Au départ, on se demande même ce qu’elles font là, car elles ne sont même pas toutes équipées pour une simple randonnée.
Les personnages principaux déclenchent de l'empathie. Ils sont dépeints avec justesse et précision.

Pour moi, ce sont les moments passés en montagne qui sont les plus intéressants. L’auteur a su décrire avec réalisme les différentes situations. On comprend aussi que faire une randonnée de ce type ne s'improvise pas, et que la moindre erreur est aussitôt sanctionnée. La description des lieux est réussie : les animaux, le bruit, le silence, le soleil, le froid, tout y passe, et cela ne donne qu’une envie : tourner la page pour connaître la suite.

À lire !

Service presse des éditions Denoël.

Titre: Mountain Story (The Mountain Story)
Auteur: Lori Lansens
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 403
Traduction: Lori Saint-Martin / Paul Gagné
ISBN: 978-2-2071-3348-4
Date de publication: 23 février 2017

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21fév.

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom

L’histoire :
Tom, onze ans, vit dans un mobil-home, avec sa mère, Joss, qui a vingt-cinq ans. Pour manger régulièrement, le petit garçon fait des excursions dans les jardins des voisins afin de se servir en légumes.

Mon avis :
J’ai eu accès à ce roman audio dans le cadre de l’opération « Masse Critique » organisée par Babelio. C’est un petit livre agréable à lire, qui permet de passer un bon moment de détente. C’est un roman plein de fraîcheur, de bon sens et de bienveillance.
Tom est un garçon très débrouillard pour son âge. À l’instar des tomates, le petit garçon grandit et mûrit au cours de l’histoire. On se demande même si ce n’est pas lui l’adulte de la famille. Il est très attachant. Joss est totalement immature et irresponsable, pourtant, au fur et à mesure de la lecture, je ne suis pas parvenu à la détester. Les autres personnages déclenchent l'empathie: Samy, Madeleine, la famille anglaise. Il n’y a pas de « méchants » dans l’histoire. Le roman est donc empli de grosses ficelles, et on devine rapidement où l’on va. L’histoire ressemble à un conte de fées moderne.

Je n’ai pas aimé le dernier chapitre, car arrivé à la fin, je me suis dit: « Où est la suite ? », et j’ai réécouté le chapitre en question pour voir si je n’avais pas raté quelque chose. Cela a été une déception pour moi. J’aurais préféré que l’auteur aille jusqu’au bout du raisonnement de certains personnages.

Benjamin Jungers, le lecteur, joue les personnages. Cela peut plaire, ou pas (ma femme, grande spécialiste des livres audio, a grimacé lorsqu’elle a entendu quelques extraits). De mon côté, j’ai un peu plus apprécié son jeu, sauf pour la voix de Madeleine, trop stéréotypée à mon goût.

Un bon livre lors de ma lecture, mais qui, en fin de compte, ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Titre: Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom
Auteur: Barbara Constantine
Éditeur: Audiolib
Durée: 4h03
Lecteur: Benjamin Jungers
ISBN: 978-2-36762-291-0
Date de publication: 18 janvier 2017

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