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dimanche 16 septembre 2018 22:46

Un dieu dans la machine, d’Alexis Brocas

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Un dieu dans la machine

L’histoire : Le protagoniste principal ne porte pas de nom. Il est divorcé, démoralisé, et vit d’expédients. Un jour, on lui propose un travail étrange.

Mon avis : Le roman se découpe en deux parties et un épilogue. L’auteur s’appuie sur le thème de l’intelligence artificiel pour développer un court récit (180 pages) intéressant et prenant. J’y ai trouvé un parallèle avec la série « Person of Interest ». Alexis Broca tourne autour de notre relation avec les réseaux (ici plus particulièrement les jeux réseaux) et leur influence sur nous.
Une partie du récit est consacrée à Emma, la fille de notre protagoniste. Cette dernière a six ans au début de l’histoire. Elle se découvre une passion pour les jeux vidéos et un en particulier. Son père, lui, est prêt à tout pour son enfant.

Qui dirige ? Nous ou la machine ? À l’ère du Big Data, peut-on prédire l’avenir grâce aux machines ? Connaît-on bien ses enfants ? C’est bien écrit, fluide et rythmé.

À lire !

Service presse des éditions Phébus dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babélio.

Titre: Un dieu dans la machine
Auteur: Alexis Broca
Éditeur: Phébus
Nombre de pages: 181
ISBN: 978-2-7529-1169-8
Date de publication: 23 août 2018

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lundi 3 septembre 2018 19:54

Jusqu’ici, tout va bien, de Gary D. Schmidt

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Jusqu’ici, tout va bien

L’histoire :
À la suite du licenciement de son père, la famille de Doug Swieteck doit déménager du jour au lendemain.

Mon avis :
Il s’agit d’un roman très intéressant sur le passage à l’âge adulte, mais aussi sur la famille, dans cette Amérique profonde des années 1970. Doug vit mal son déménagement à Marysville. Il nous raconte son histoire, et la ponctue de remarques, parfois acerbes.
Grâce à quelques personnes (Lil, monsieur Powell, etc.), ses relations avec autrui vont évoluer. Le jeune garçon est un personnage attachant, conscient de sa situation familiale (très modeste). Il ne voit pas d’échappatoire à cela.
Le père de Doug est un abruti fini, et je pèse mes mots. (Pour moi, les événements de la fin du roman ne rattrapent pas le reste.) L’un des frères de Doug, Christopher, est un petit imbécile qui traîne avec des personnes peu recommandables. Son grand frère, Lucas, est engagé dans la guerre du Vietnam.

Les premiers mois dans cette nouvelle ville vont permettre à l’adolescent de faire de nouveaux choix (bons et mauvais) et de découvrir que sa vie ne s’arrête pas au cercle familial. Il a une scolarité chaotique, et il faudra attendre un enseignant plus perspicace pour faire un constat de ses lacunes. Tout n’est pas rose, mais Doug, qui a du potentiel dans certains domaines (comme le dessin), essaie de rester positif, même s'il a des hauts et des bas. La fin montre bien que la vie est difficile, mais qu’il faut continuer à en profiter.

Ce n’est pas un roman gai, mais il est plein de bon sens, et il y a une petite lueur d’espoir pour l’avenir.

L’auteur aborde de nombreux thèmes : la guerre du Vietnam et le retour difficile des combattants (parfois handicapés), les relations avec les autres (professionnelles, familiales, amicales, amoureuses, etc.).

À lire !

Service presse des éditions l'école des loisirs.

Titre: Jusqu’ici, tout va bien
Auteur: Gary D. Schmidt
Éditeur: l'École des loisirs
Nombre de pages: 366
ISBN: 978-2-211-21713-2
Traduction: Caroline Guilleminot
Date de publication: 4 octobre 2017

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jeudi 30 août 2018 22:11

Le goût amer de l’abîme, de Neal Shusterman

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Le goût amer de l’abîme

L’histoire :
Caden Bosch a quinze ans. Il profite de sa jeunesse, comme tous les adolescents, mais un mal-être s’installe. C’est le début d’une spirale infernale.

Mon avis :
Je connais Neal Shusterman grâce à sa magnifique série « Les Fragmentés[1] ». Ici, il s’est appuyé sur les problèmes mentaux rencontrés par son fils pour écrire ce roman. Je tiens à signaler que l'adaptation du titre en français cadre avec le contenu (j'ai souvent tendance à critiquer les mauvais choix pour les titres, donc quand c'est bien fait, il faut le dire). Le début est étrange, puis petit à petit, les éléments se mettent en place pour livrer leur terrible réalité. On comprend rapidement que Caden est un peu (beaucoup, énormément) paranoïaque. Réalité et hallucination se mélangent. L’état de Caden s’aggrave au fil du temps, jusqu’à un point de non-retour.

Dans la deuxième partie du roman, les événements se déroulant sur le bateau commencent à faire sens. Pourtant, ce qui s’y déroule est souvent absurde, sombre et déroutant.
L’auteur aborde le sujet des problèmes mentaux de façon posée, sans démagogie. Il ne porte aucun jugement, il expose la situation telle qu’elle est, et on ressent bien que la famille du malade est complètement désemparée face à une telle situation. Pour moi, le héros ne déclenche pas vraiment d’empathie, mais on veut comprendre ce qu’il a et s’il va s’en sortir. Je pense que c’est voulu afin que le lecteur garde une certaine distance afin d’appréhender la situation.
Neal Shusterman fait découvrir l’enfer qu’engendre la schizophrénie et le long travail à effectuer pour tenter d'apprivoiser cette dernière. La conclusion de l’histoire est à la hauteur du récit.

À lire !

Service presse des éditions Nathan.

Titre: Le goût amer de l’abîme
Auteur: Neal Shusterman
Éditeur: Nathan
Nombre de pages: 408
ISBN: 978-2-0925-7675-5
Traduction: Lilas Nord
Date de publication: 30 août 2018

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jeudi 23 août 2018 12:29

POV : Point of View, de Patrick Bard

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POV : Point of View

L’histoire :
Lucas, un adolescent, est accroc au cyberporno depuis plusieurs années. Cela est devenu une véritable addiction. Il est plongé dans sa routine et ne pense pas que cela puisse changer.

Mon avis :
C’est un roman très intéressant qui parle des addictions chez les adolescents. L’auteur a choisi le cybersexe pour aborder le sujet. De nombreux adolescents ont des idées tronquées sur la relation amoureuse, avec toutes les images qu’ils peuvent côtoyer sur Internet et cela devient, sans se voiler la face, un problème de société.

Le processus d’addiction est bien décrit, les images sont crues, directes, réalistes, et ont un côté dérangeant, totalement voulu. C’est une bonne chose, car cela bouscule les préjugés, et pousse à nous faire réfléchir sur ce type de situation. Le roman se découpe en deux parties. La première se termine sur un point de rupture important, violent, auquel je ne m’attendais pas (donc bien amené par le romancier, et après réflexion, totalement logique). On suit la vie quotidienne de Lucas qui tourne exclusivement autour de son addiction, et les conséquences que cela entraîne : vie sociale inexistante, résultats scolaires catastrophiques, etc.

La deuxième partie traite le problème d’un point de vue médical, car à ce niveau, il s’agit d’une maladie psychologique. Il n’y a pas de jugement de valeur sur Lucas. Ce dernier se culpabilise lui-même, et ne peut s’empêcher de recommencer. On voit que c’est un lent processus, comme toute addiction. L'auteur maîtrise bien le sujet, et il l'aborde avec brio.

À travers ce roman, on découvre un manque de communication dans cette famille (et aussi un manque de surveillance sur les activités de Lucas lorsque celui-ci était plus jeune, puisqu’il était en sixième lorsqu’il a commencé à regarder régulièrement des vidéos pornographiques). Les parents sont complètement dépassés par la situation, et cela influe également sur leur couple.

Le roman se lit très facilement, et lui aussi est addictif.

À lire !

Note: Ma femme n'arrête pas de me dire qu'il y a des ressemblances avec «Héro, mon amour», d'Anna Onichimowska, qu'elle a ajouté d'autorité dans ma PAL.

Service presse des éditions Syros par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Titre: POV : Point of View
Auteur: Patrick Bard
Éditeur: Syros
Nombre de pages: 235
ISBN: 978-2-74-852521-2
Date de publication: 23 août 2018

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dimanche 19 août 2018 21:56

La ferme aux maléfices, d’Édouard Brasey

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La ferme aux maléfices

L’histoire :
Géraldine hérite de manière inopinée d’une maison en Haute-Provence, inhabitée depuis 90 ans. Jean-Louis, son mari, voit en cela un nouveau départ, d'autant plus que Géraldine est enceinte. Ils abandonnent leur travail, et partent vers leur nouvelle vie.

Mon avis :
Au cours de ma lecture, j’ai eu peur que le paranormal ne soit trop présent. Or, ce n'est pas le cas, et c’est une bonne chose. Je pense que le roman aurait gagné en densité en éliminant ce côté paranormal. Par contre, j’ai rapidement deviné certains éléments, et cela a diminué la surprise, mais peut-être était-ce voulu.
L’auteur livre un récit glaçant du massacre perpétré en 1928. Cela fait froid dans le dos, surtout lorsqu’on sait que cela est réellement arrivé. L’alternance classique passé-présent est un plus dans ce roman. On découvre les différents éléments, et c’est prenant. J’ai moins accroché au côté paranormal. Est-ce dû à la manière de l’intégrer, ou bien comme je le pense, le récit ne s’y prête pas vraiment ?

J’ai trouvé Géraldine faible, pas sûre d’elle, et parfois immature. Je me suis même dit qu’elle était totalement stupide. Au vu de certains événements, une personne normalement constituée serait partie sans se retourner. Son couple part en morceaux, elle en fait le constat, et elle continue sur sa lancée.

Jean-Louis est quelqu’un d’orgueilleux. Dès le début, je ne l’ai pas apprécié. La suite du récit a confirmé mes sensations. Max est un jeune homme plein d’entrain, mais un brin bipolaire dans son comportement, et cela ne dérange pas Jean-Louis, et peu Géraldine (du moins au début).

Les personnages secondaires, comme Sauveur et Marguerite, sont intéressants. J’aurais aimé que leur rôle soit un peu plus exploité et explicité. Les habitants du village sont assez exécrables. Selon eux, la ferme de Géraldine porte malheur, donc tous tournent le dos aux propriétaires. C’est assez dérangeant en France au vingt et unième siècle. J’ai eu l’impression d’un retour en arrière de plusieurs siècles.
À mon sens, sans le côté vaudou, c’est un bon roman du terroir.
Il est très agréable à lire, j’ai tourné les pages avec plaisir. Le rythme est lent, afin de mettre le lecteur dans l’ambiance du lieu et de faire monter la tension.

À découvrir.

Titre: La ferme aux maléfices
Auteur: Édouard Brasey
Éditeur: De Borée
Nombre de pages: 490
ISBN: 978-2-8129231-8-0
Date de publication: 19 avril 2018

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