28juil.

#Bonnet, d'Eliane Girard

#Bonnet

L’histoire :
Lina Darius est une star de la radio et de la télé. Un matin, elle croise Tristan, coiffé d’un ridicule bonnet péruvien, qui lui demande une cigarette. Pour la remercier, Tristan lui fait la bise. Le lendemain, catastrophe, la photo est sur les réseaux sociaux.

Mon avis :
Il s’agit d’une critique, d’une satire des réseaux sociaux, ainsi que des médias et des dérapages qu’ils peuvent engendrer. Ce petit roman se lit facilement et il est très abordable. On vit dans une société où tout est scruté, analysé, disséqué. Si on ne fait pas attention, avec un minimum de recul, à l’utilisation des réseaux sociaux et des médias, on peut rapidement être broyé par la machine à buzz.

Ce roman est quand même plus léger que ce que le thème laisse entrevoir, il prête à sourire, mais le sujet traité est très important : les médias sont un monde sans pitié, de même que les réseaux sociaux. S’y côtoient le meilleur et le pire.

Lina Darius existe grâce aux médias et aux réseaux sociaux. Elle essaie de maîtriser l’image qu’elle diffuse, car seules les apparences comptent pour faire de l’audience.
Tristan se méfie des réseaux sociaux par principe. Il n’y voit pas trop d’intérêt. Au contraire, Clotilde (sa copine) ne vit que pour ça. Comme beaucoup de nos coreligionnaires, elle est greffée à son smartphone. De plus, elle ne réfléchit pas : c’est sur le réseau, donc c’est vrai. On se rapproche du mouton qui suit bêtement et docilement ce qu’on lui dit.
Son comportement m’a laissé perplexe. Après réflexion, et après avoir navigué quelque peu sur le net et les réseaux sociaux, je me dis que c’est monnaie courante. Les capacités de réflexion s’éloignent et on commence à faire de la téléréalité dans la vie quotidienne. La lecture de ce roman m’a fait penser à «Truman Show». Presque vingt ans après, la situation a empiré et Eliane Girard tombe juste dans son histoire. Il n’y a pas besoin de trop forcer le trait.
C’est un roman où les faux-semblants sont légion. J’ai apprécié ce récit. Cela permet de passer un bon moment pour se détendre, même si le sujet en arrière-plan est plus sérieux.

Titre: #Bonnet
Auteur: Eliane Girard
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 222
ISBN: 978-2-283-03065-3
Date de publication: 2 mars 2017

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28mar.

Mal parti, de Monique Jouvancy

Mal parti

L’histoire :
On suit le récit de la vie du fils d’une famille de province, de sa jeunesse jusqu’à sa vie d’adulte.

Mon avis :
C’est un petit roman d’un peu moins de 160 pages. Est-on prédestiné ? Reproduit-on ce qu’on a connu ? Y a-t-il un libre arbitre ? Ce sont les différentes questions que je me suis posé lors de ma lecture. Il s’agit d’un récit, essentiellement à l’imparfait.
La plupart des protagonistes ne portent pas de noms: le fils, le père, la mère, la petite. Ce sont des personnes indistinctes. Elles se fondent dans la foule, dans la masse. Cela peut être n’importe qui : un voisin, un membre de la famille, etc.

Le fils aîné est le mal aimé de la famille. Tout lui est reproché, surtout depuis la mort de son petit frère, alors que lui-même n’avait que deux ans et demi. Ses parents portent constamment un jugement négatif sur lui, et le lui font savoir. Cela est pire, à mon sens, que de la maltraitance physique. Comment se construire dans un tel environnement ? Quelle vie peut-on avoir avec une telle éducation ? L’auteur apporte ses réponses et déroule son inéluctable histoire.

Dans l’argumentaire, il est précisé que la narratrice est la jeune sœur. Or, je n’ai pas réussi à expliquer (ou à comprendre), pourquoi elle parlait d’elle à la troisième personne. Et à part l’intérêt de prendre une certaine distance par rapport aux événements, j’ai trouvé que cela alourdissait le récit, sans compter les phrases à rallonge.
Il y a un regard dénué de jugement. Aucune empathie ne se dégage du récit. Cela donne un résultat étrange. On doute que quelque chose de positif ressorte de ce récit.
Il s’agit d’un roman inhabituel qui ne plaira pas à tout le monde à cause de son style.

Titre: Mal parti
Auteur: Monique Jouvancy
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 156
ISBN: 978-2-2830-3024-0
Date de publication: 2 février 2017

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13mar.

Mountain Story, de Lori Lansens

Mountain Story

L'histoire :
Wolf, dix-huit ans, prend le téléphérique pour rejoindre le sommet d’Angel’s Peak. De manière inopportune, il rencontre trois femmes qu’il accepte de guider. Malheureusement, le groupe s’égare. Le calvaire ne fait que commencer.

Mon avis :
Wolf (Wilfred Truly) raconte, à travers une lettre à son fils, ce qui lui est arrivé dix-huit ans plus tôt. Il y a des aller-retours entre ce qui se déroule dans la montagne et le passé du narrateur. C'est un roman lent, mais j'ai été totalement immergé dans le récit. On suit le chemin de croix des quatre personnages et de leur lente agonie dans cette montagne inhospitalière. L’auteur a bien travaillé le côté psychologique des protagonistes. Le récit va permettre de découvrir, d'un côté, la jeunesse de Wolf et sa vie miséreuse avec son père, Frankie, un joueur invétéré qui vit d'expédients et de larcins. Ce dernier n’est ni agréable, ni sympathique, et on peut comprendre les relations distendues que Wolf entretient avec lui. Les passages avec Byrd sont intéressants. Ils font apparaître les motivations du jeune homme au début de l'histoire, qui, au vu des événements, va revoir petit à petit son échelle de valeur. De plus, d’une certaine manière, Byrd, sera présent aux côtés de son ami pendant cette difficile épreuve.

Nola, Bridget et Vonn sont assez étranges. Elles ont des relations complexes. Au cours de ces cinq jours, elles vont se dévoiler (qui ne le ferait pas dans une telle situation). Au départ, on se demande même ce qu’elles font là, car elles ne sont même pas toutes équipées pour une simple randonnée.
Les personnages principaux déclenchent de l'empathie. Ils sont dépeints avec justesse et précision.

Pour moi, ce sont les moments passés en montagne qui sont les plus intéressants. L’auteur a su décrire avec réalisme les différentes situations. On comprend aussi que faire une randonnée de ce type ne s'improvise pas, et que la moindre erreur est aussitôt sanctionnée. La description des lieux est réussie : les animaux, le bruit, le silence, le soleil, le froid, tout y passe, et cela ne donne qu’une envie : tourner la page pour connaître la suite.

À lire !

Service presse des éditions Denoël.

Titre: Mountain Story (The Mountain Story)
Auteur: Lori Lansens
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 403
Traduction: Lori Saint-Martin / Paul Gagné
ISBN: 978-2-2071-3348-4
Date de publication: 23 février 2017

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21fév.

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom

L’histoire :
Tom, onze ans, vit dans un mobil-home, avec sa mère, Joss, qui a vingt-cinq ans. Pour manger régulièrement, le petit garçon fait des excursions dans les jardins des voisins afin de se servir en légumes.

Mon avis :
J’ai eu accès à ce roman audio dans le cadre de l’opération « Masse Critique » organisée par Babelio. C’est un petit livre agréable à lire, qui permet de passer un bon moment de détente. C’est un roman plein de fraîcheur, de bon sens et de bienveillance.
Tom est un garçon très débrouillard pour son âge. À l’instar des tomates, le petit garçon grandit et mûrit au cours de l’histoire. On se demande même si ce n’est pas lui l’adulte de la famille. Il est très attachant. Joss est totalement immature et irresponsable, pourtant, au fur et à mesure de la lecture, je ne suis pas parvenu à la détester. Les autres personnages déclenchent l'empathie: Samy, Madeleine, la famille anglaise. Il n’y a pas de « méchants » dans l’histoire. Le roman est donc empli de grosses ficelles, et on devine rapidement où l’on va. L’histoire ressemble à un conte de fées moderne.

Je n’ai pas aimé le dernier chapitre, car arrivé à la fin, je me suis dit: « Où est la suite ? », et j’ai réécouté le chapitre en question pour voir si je n’avais pas raté quelque chose. Cela a été une déception pour moi. J’aurais préféré que l’auteur aille jusqu’au bout du raisonnement de certains personnages.

Benjamin Jungers, le lecteur, joue les personnages. Cela peut plaire, ou pas (ma femme, grande spécialiste des livres audio, a grimacé lorsqu’elle a entendu quelques extraits). De mon côté, j’ai un peu plus apprécié son jeu, sauf pour la voix de Madeleine, trop stéréotypée à mon goût.

Un bon livre lors de ma lecture, mais qui, en fin de compte, ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Titre: Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom
Auteur: Barbara Constantine
Éditeur: Audiolib
Durée: 4h03
Lecteur: Benjamin Jungers
ISBN: 978-2-36762-291-0
Date de publication: 18 janvier 2017

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26janv.

Lucky Losers, de Laurent Malot

Lucky losers

L'histoire :
Sur un coup de tête, Sean Kinsley lance un défi sportif à trois autres lycéens. Cela va le mener bien plus loin qu'il ne le pensait.

Mon avis :
J'ai découvert Laurent Malot avec « De la part d'Hannah[1] » qui avait été un coup de cœur, et dont la promotion n'a pas été assez importante à l'époque. J'ai enchaîné avec « L'abbaye blanche[2] », que j'ai trouvé moins intéressant, et ensuite « Lucky Losers ». Ce dernier est un coup de cœur. Le roman est classé jeunesse, mais il peut intéresser les adultes. L'auteur manie un certain humour avec brio et aborde des sujets importants sous des airs de légèreté. Il a habilement travaillé les situations pour nous rendre les personnages principaux attachants.

Ce roman est addictif. Une fois ouvert, il est difficile de le refermer avant la fin. L'histoire est racontée par Sean, dans un style fluide. À la suite d'un bouleversement familial, l'adolescent s'est retrouvé en première au lycée Saint-Hilaire. Le romancier joue sur le contraste entre les élèves huppés du lycée Balzac, qui, suite à l'incendie de leur établissement, se retrouvent logés dans le lycée Saint-Hilaire, composé majoritairement d'élèves de classe moyenne ou défavorisée.

Le défi va se déclencher sur fond de lutte des classes. Le lycéen va pouvoir compter sur ses trois amis: Kévin, Antoine et Rémy. Chacun va, à sa manière, apporter sa pierre à l'édifice, pour le meilleur ou pour le pire (Rémy et son cheval auraient besoin d'une analyse). Les thèmes du chômage, du divorce et de l'homosexualité sont abordés. Le regard de Sean va évoluer. Il va comprendre que tout n'est pas blanc ou noir, et que la vie aseptisée d'un lycéen est loin de la complexité de celle d'un adulte.

Le regard de Laurent Malot est parfois stéréotypé, mais il écrit ainsi afin de mieux pouvoir faire passer son message et de bien montrer que de nombreuses nuances existent.

Même si on s'attend à la fin, l'ensemble n'est pas convenu. L'auteur a su y mettre sa marque et amener habilement son propos. De plus, l'humour est omniprésent, et certains événements nous font rire, même s'il ne faudrait pas (exemple de Kévin à la piscine).

À lire !

Titre: Lucky losers
Auteur: Laurent Malot
Éditeur: Albin Michel Jeunesse
Nombre de pages: 304
ISBN: 978-2-2263-2844-1
Date de publication: 2 janvier 2017

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