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mardi 11 mars 2014 20:04

Le Horla, de Guillaume Sorel

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Le Horla

L'histoire :
Le narrateur vit tranquillement dans sa demeure, lorsqu'il commence à faire des cauchemars et que des événements surnaturels se produisent. Débute alors une lente descente dans la folie...

Mon avis :
Guillaume Sorel[1] adapte la nouvelle de Guy de Maupassant[2], plus précisément, la deuxième version (la plus longue): «Le Horla»[3]. Si on se base sur le récit au sens strict, l'auteur a dû faire des choix, en ne développant pas certaines scènes, plus longues dans la nouvelle (exemple: la scène de l'hypnose de la cousine du personnage principal qui se prolonge le lendemain) et en ajoutant le chat, pour donner, à mon sens, une connotation supplémentaire de surnaturel.

Que dire de cela ? Eh bien, je trouve que c'est très réussi. Tout d'abord, nous avons là un bel objet. L'objet « livre » a, selon moi, son importance en BD, et là, c'est pleinement justifié par la couverture et la qualité des pages. Guillaume Sorel a réussi à rendre sur 64 pages, à travers ses dessins, l'ambiance qu'on ressent à la lecture de la nouvelle. Les éléments clés sont bien présents et la sensation d'angoisse bien retranscrite. Nous vivons l'évolution et la transformation du narrateur.

Ensuite, les dessins sont magnifiques. Il s'agit là d'un style réaliste aux traits fins et précis. On voit une ambiance et un personnage sereins, et petit à petit, l'angoisse apparaît. Les traits du personnage se crispent. Cela se remarque surtout au niveau du regard, mais le décor, ou parfois le manque de décor, amplifie cette sensation d'inéluctable : sur certaines planches, le décor devient plus fuyant et les couleurs, par moments, deviennent plus sombres. On sent vraiment un être irréel, impalpable, et pourtant bien présent, dans les représentations du Horla. On sent le narrateur plonger dans la folie et ne pouvoir s'en extraire, malgré les efforts qu'il réalise. On voit aussi l'évolution, montrée par son regard qui est de plus en plus apeuré, angoissé. Le rendu en quelques cases, au niveau de la scène de la rose, est vraiment réussi.

Page 39, j'ai vu un clin d' œil à Renoir[4], et plus généralement, dans certaines planches, à certaines représentations des peintres de l'époque. La vue générale de la ville de Paris page 31 pourrait être un tableau à elle seule. Et il y a sans doute d'autres références que je n'ai pas remarquées. L'auteur[5] nous immerge, de cette manière, plus profondément dans cette fin de dix-neuvième siècle.

N'hésitez pas à découvrir cette BD !

Ce livre m'a été offert par Rue de Sèvres par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 64
ISBN: 978-2-36981-011-7

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samedi 8 mars 2014 19:26

Le sabre de sang,1, de Thomas Geha

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Le sabre de sang,1

L'histoire :
Tiric Sherna est un Shao dont le peuple vient d'être vaincu par les Qivhviens. Devenu esclave, Tiric décide qu'il fera tout pour venger son peuple...

Mon avis :
Il s'agit d'une histoire en deux volumes. Dans ce premier tome, la narration est faite à la première personne. Tiric Sherna nous raconte son histoire. Le lecteur plonge assez rapidement dans son monde, même si au début, de nombreux termes inconnus apparaissent. Le lexique en fin d'ouvrage est d'une aide précieuse pour mieux assimiler cet univers des sept royaumes, mais on peut éventuellement s'en passer.

Le livre se lit assez vite, les chapitres sont assez courts et rythmés. Tiric est un personnage attachant, mais complexe, torturé, qui se pose de nombreuses questions. Il n'est pas irréprochable, mais il est prêt à de nombreuses compromissions pour arriver à ses fins. Thomas Geha présente le monde qu'il a créé par petites touches, tout au long de l'histoire. Les Qivhiens, société matriarcale au sein de laquelle des conflits politiques existent, dominent les autres royaumes par la force. Le lecteur peut s'imprégner de l'atmosphère de ce monde, et petit à petit, ressentir la naissance d'une tragédie.Le décor, les animaux, tout apparaît au bon moment sans pourtant alourdir le récit. Tiric se lie d'amitié avec son compatriote Kardelj. Sur leur chemin, se placeront Kahrzoa (une Qivhvienne), et Apeô (un ancien armurier Snadien). Tous ces personnages sont attachants et sont moins torturés que Tiric, sauf Apeô qui porte sur ses épaules un lourd passé qu'il essaie d'expier à sa manière.

Le combat est omniprésent, car Tiric et Kardelj sont par nature des guerriers, mais il y a aussi de la divination et de la magie qui transparaissent au travers de l'intrigue. Il y a une accélération du récit sur la fin de l'ouvrage pour terminer de façon « cliffhanger », afin de nous donner envie de lire le deuxième tome et c'est réussi !

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages: 291
ISBN: 978-2-07-045512-6

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mardi 25 février 2014 10:35

Les enquêtes de monsieur de Mortagne, bourreau: Le tour d'abandon, d'Andrea H. Japp

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Le tour d'abandon

L'histoire :
Afin d'aider Mahaut de Vigonrin, Hardouin cadet-Venelle accepte une nouvelle enquête : retrouver l'enfant d'un notable qui a été enlevé...

Mon avis :
Il s'agit du troisième tome de « Les enquêtes de M. de Mortagne, bourreau ». Les deux précédents étaient « Le brasier de justice[1]» et « En ce sang versé[2] ». Nous retrouvons notre bourreau favori, Hardouin Cadet-Venelle, qui poursuit son enquête, afin de faire innocenter Mahaut de Vigonrin, accusée d'enherbement. Au début de l'ouvrage, il y a un rapide résumé des deux tomes précédents: cela explique l'évolution de l'histoire pour les personnes n'ayant pas lu ces tomes, ou les ayant lus il y a longtemps.

L'intrigue se met lentement en place. L'auteur présente d'une manière ou d'une autre tous les protagonistes. L'ensemble est toujours dans le même style, avec de nombreuses notes, que l'on peut heureusement souvent se passer de lire, car ce qu'elles expliquent a déjà été rencontré dans les volumes précédents. L'histoire connaît peu de rebondissements et est linéaire.

Comme à chaque fois, il y a l'intrigue locale, mais aussi les intrigues de cour au niveau du royaume. Dans ce volume, ces dernières sont réduites au minimum, la romancière se concentrant sur ce qui va intéresser le lecteur : résoudre les disparitions d'enfants et voir le bourreau à l'oeuvre. De plus, les résultats de l'enquête auront des répercussions au sommet du royaume. Quant aux personnages, Hardouin Cadet-Venelle est égal à lui-même, ses interrogatoires sont même un peu plus musclés et sanglants, car ce qui se passe touche des enfants, et il se sent encore plus concerné par la situation. Il fera à nouveau preuve de mansuétude dans certaines situations et d'intransigeance dans d'autres.

Andrea H. Japp, introduit aussi dans ce volume, deux personnages de la série « Les mystères de Druon de Brévaux » : le mire Jehan Fauvel et le bailli de Nogent-le-Rotrou, Louis d'Avre. Ces deux personnages joueront un rôle conséquent dans l'histoire : l'un faisant appel à Hardouin cadet-Venelle pour mener une enquête, l'autre en l'aidant à résoudre sa quête de vérité. C'est ce que l'on peut lire dans « In anima Vili[3] », lorsque le bourreau vient au secours d'Héluise Fauvel.

Il y a une brève annexe historique en fin de volume concernant les personnages de l'époque, puis un glossaire, expliquant et développant certains termes utilisés.

Ce livre m'a été offert par les éditions Flammarion par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 382
ISBN: 978-2-0812-7837-0

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mercredi 19 février 2014 07:01

Le suaire écarlate, de Serge Brussolo

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Le Suaire écarlate

L'histoire :
Wallah, jeune archère, quitte le seigneur pour lequel elle travaille, et retrouve la troupe de baladins avec qui elle vivait auparavant. Ceux-ci préparent une arnaque. La jeune fille décide de les aider. Mais cela ne se déroule pas comme prévu...

Mon avis :
Il s'agit du deuxième tome de « La fille de l'archer ». Le prologue, pendant lequel on voit Jôme le noir procéder, nous plonge dans l'attente de la suite, et nous appâte. Connaissant l'auteur, on s'attend à du lourd. Or, peu après, j'ai déjà eu un regret. Dans le premier volume, on découvrait que Wallah avait reçu un don : si elle pensait très fort à sa cible, elle pouvait la tuer d'une flèche. En échange, elle perdait un an de sa vie. Dans «Le suaire écarlate», en quelques pages, ce don n'existe plus, alors que c'était une part importante de l'histoire. Cette situation était peut-être un peu trop difficile à gérer pour l'auteur...

Avec « Le suaire écarlate », on se retrouve donc dans une histoire un peu plus banale, mais très agréable à lire, se déroulant au Moyen-Âge. Wallah est redevenue une personne normale, et elle se pose des questions sur ses véritables compétences puisqu'elle gagnait de l'argent grâce à son don. On a l'impression qu'elle subit davantage l'histoire qu'elle ne la contrôle. Il n'y a que dans la dernière partie du récit qu'elle reprend le dessus.

Le reste du temps, j'ai eu l'impression qu'elle était perdue. Il n'y a plus rien de magique en elle, elle redevient une simple jeune fille. Elle rencontre un nouveau mentor en la personne de Masaki, qui regarde les événements se dérouler avec détachement. On retrouve Bézélios, qui dirige la troupe, égal à lui-même: il est toujours roublard, cherche à tirer parti de chaque situation. Si Javotte et ses filles sont partie prenante dans la première partie du roman, elles s'effacent au second plan par la suite.

C'est à ce moment que resurgit le talent de Serge Brussolo avec les idées les plus intéressantes, et quittant le Moyen-Âge au sens strict. Il y a de la démesure dans les événements qui se déroulent avec « Les frères du saint isolement ». Un autre reproche que je ferai, c'est que Jôme le Noir apparaît peu dans l'ouvrage. C'est bien dommage, car il s'agit d'un fanatique, à l'instar des frères du saint isolement, et à mon sens, il aurait pu avoir une plus grande place.

Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 294
ISBN: 978-2-265-09788-9

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lundi 17 février 2014 18:23

Mémoire classifiée, de Sylvain Blanchot

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Mémoire classifiée

L'histoire :
Frank Paramont sort de prison, car son ex-employeur a besoin de lui : il est l'un des meilleurs extracteurs de mémoire qui existe. Afin d'être réhabilité plus rapidement, Frank accepte la mission...

Mon avis :
Il s'agit d'un livre de science-fiction avec une enquête sur un meurtre.
Le personnage principal, Frank, est extracteur de mémoire, c'est-à-dire qu'il est spécialisé dans la connexion aux cerveaux d'autres personnes afin de sonder directement les souvenirs. Ce procédé est très efficace pour mener une enquête et de nombreuses entreprises y ont recours pour surveiller leurs employés et concurrents. Nous sommes dans un monde où la paranoïa est au sommet de la pyramide: il faut protéger les secrets industriels, dans le seul but de faire plus d'argent. Il y a de grands consortiums qui dirigent la planète et qui semblent avoir tous les pouvoirs.

Après avoir sondé une mémoire, Frank va voir des souvenirs resurgir concernant la mort de sa femme. Il va décider d'enquêter afin de savoir ce qui est réellement arrivé, car il pense qu'elle a été assassinée. Petit à petit, il va se rendre compte qu'il est surveillé, et il va tout faire pour se sortir de cette situation. Il se sent oppressé, et certains événements semblent s'être déjà passés, ce qui le perturbe fortement.

Le suspense est bien présent. Le lecteur s'attache à ce personnage sympathique. Le scénario se déroule sans anicroche. On n'a pas envie de refermer le livre avant la fin.
Le décor planté par Sylvain Blanchot est totalement crédible et assez détaillé, car tout ce qu'il nous présente (puce sous la peau pour des paiements sans contact, pour décliner son identité, etc) pourrait réellement exister à moyen terme au vu des avancées technologiques. L'idée de la conservation des morts (ici moyennant rétribution, bien sûr), m'a fait penser à « Ravage » de René Barjavel.

Ce livre apporte une réflexion sur la société, sur l'avenir que l'on souhaiterait pour celle-ci. Les entreprises doivent-elles avoir tous les pouvoirs au détriment des personnes ? Sommes-nous manipulés ? Je vous conseille donc la lecture de ce roman.

Éditeur: Le Masque
Nombre de pages:445
ISBN: 978-2-7024-4016-2

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