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lundi 31 mars 2014 10:37

Schroder, de Amity Gaige

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Schroder

L'histoire :
Un homme raconte l'histoire qui a mené à l'enlèvement de sa fille et à sa fuite à travers le pays.

Mon avis :
Voici un roman psychologique. Le personnage principal nous raconte sa vie, ses pensées, ses états d'âme. Il a subi une enfance tourmentée et veut réussir son intégration dans son nouveau pays, les États-Unis. Pour se faire accepter dans un camp de vacances, il change de nom est devient Eric Kennedy. Quoi de mieux, pour s'intégrer, que de changer d'identité ?

Eric va donc se bâtir une nouvelle identité et une nouvelle vie, mais un jour, tout éclate. Va suivre une lente descente aux enfers que rien ne semble pouvoir arrêter. Le personnage d'Eric est complexe. Il a des réactions, par moments, que je qualifierais de tordues, comme le passage sur le renard. Le lecteur suit son cheminement, même si il n'est pas toujours compris. Eric est tourmenté entre son passé qui refait surface et Meadow, sa fille de six ans, qu'il ne veut pas quitter. Le lecteur se rend compte que la situation entre Eric et son père, Otto, n'est pas très nette. Eric semble vouloir effacer cette partie de sa vie. Le personnage semble, par moments, peu mature: Meadow, la petite fille, ayant, semble-t-il, plus la tête sur les épaules que lui. Quand le passé remonte à la surface, la personnalité qu' Eric s'est construite se lézarde complètement.

À un moment, j'ai pensé: « Il aurait besoin d'un psy, c'est un névrosé ! ». Son récit est une sorte d'analyse, de justification de ses actes, et il estime qu'il a agi pour le mieux. La seule chose dont le lecteur est sûr, c'est qu'Eric aime, à sa manière, sa fille, et qu'il fera tout pour la garder près de lui. Il est égocentrique, tout tourne autour de lui. Cela se retrouve dans les actions qu'il entreprend et les reproches qu'il fait à son entourage.

L'écriture est fluide. Le personnage principal fait des digressions. Une fois entré dans le livre, j'ai eu du mal à le refermer. La confession nous met mal à l'aise.

Éditeur: Belfond
Nombre de pages: 343
ISBN: 978-2-7144-5453-9

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jeudi 27 mars 2014 21:41

La bête des Saints-Innocents, de Jean d'Aillon

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La bête des Saints-Innocents

L'histoire :
1590, Paris. Les Espagnols sont présents, La Sainte Ligue dirige la ville avec l'appui du Duc de Mayenne. Avec le siège de l'armée d'Henri IV qui approche, la situation devient difficile et la famine guette. Le pire peut arriver...

Mon avis :
Jean d'Aillon nous a habitués à de gros ouvrages et c'est encore le cas ici avec un roman de plus de 560 pages. Le décor de l'histoire est de nouveau la Sainte Ligue et Paris assiégée. Le lecteur va donc retrouver les aventures d'Olivier Hauteville, même si l'auteur prend son temps pour le faire apparaître dans la trame narrative.

Jean d'Aillon commence l'histoire avant la fin de celle de « Dans les griffes de la ligue[1] » afin de bien planter le décor, et à un moment, les événements se croisent, permettant à Olivier Hauteville de faire son apparition. Le lecteur découvre la situation dramatique de Paris, ainsi que des cas de cannibalisme à travers lesquels on décèle les traces du démon.

En s'appuyant sur les nombreux faits historiques de l'époque, le romancier nous plonge dans une histoire forte en émotions et développe le tout avec habileté, mélangeant avec dextérité les personnages fictifs et réels. Au cours de l'histoire, il va y avoir une succession d'intrigues qu'Olivier Hauteville et ses amis vont essayer de déjouer, avec comme fil conducteur l'affaire de « la Bête des Saints-Innocents » et l'histoire du siège de Paris.

Certains personnages, comme le commissaire Louchart, sont retors; d'autres, comme Charreton, sont animés de l'envie de faire triompher le roi. De son côté, Olivier Hauteville est égal à lui-même : courageux, intelligent, un combattant ayant une grande expertise dans ce domaine, rien ne semble pouvoir lui résister. Est-ce une bonne chose ? Le lecteur s'attache au personnage principal ainsi qu'aux personnages secondaires comme Reynière et Yohan de Vernègues, sur qui Olivier pourra s'appuyer.

L'histoire est agréable, même si je trouve l'ensemble complexe. J'ai eu parfois un peu de mal à suivre l'intrigue historique, même si celle-ci est expliquée avec talent par Jean d'Aillon.

Malgré ce petit reproche, je vous recommande la lecture de cet ouvrage.

Ce livre m'a été offert par les éditions Flammarion par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 570
ISBN: 978-2-0813-1628-7

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jeudi 20 mars 2014 22:26

Les jeunes mariés, de Nell Freudenberger

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Les jeunes mariés

L'histoire :
Amina vit aux États-Unis. Le lecteur découvre sa vie quotidienne avec George, suite à leur rencontre sur Asianeuro.com.

Mon avis :
Il y a dans ce livre la rencontre de deux cultures qui essaient de se comprendre, mais les non-dits pèsent lourd dans la balance. J'ai eu du mal à entrer dans le roman, et la fin m'a laissé perplexe. Amina vit cette nouvelle vie aux États-Unis dans un seul but : faire venir ses parents du Bangladesh et quitter les difficultés rencontrées au pays.

Un narrateur omniscient nous raconte la vie des principaux protagonistes à travers le point de vue d'Amina. Le lecteur suit l'évolution de leur situation et les réflexions qu'apportent les événements à la jeune femme. Celle-ci se pose de nombreuses questions sur ses choix. Elle a des hésitations. Elle découvre la réalité de la culture américaine qu'elle ne connaissait qu'au travers de séries américaines. Elle découvre aussi que cette vie ne sera pas aussi simple qu'elle le pensait au début.

George, lui aussi, a l'air étrange. Il est assez renfermé sur lui, et ne laisse pas trop transparaître ce qu'il ressent à moins d'y être acculé. J'ai trouvé les mentalités des personnages assez étriqués dans l'ensemble. On sent qu'Amina n'aime pas George, il s'agit juste d'une porte de sortie pour un avenir apparemment meilleur. Ses parents l'ont éduqué dans ce but. Eux aussi ont des réactions étranges, ils ont également le culte du secret sur certains événements qui surviennent, et le lecteur découvre qu'ils ne sont pas totalement innocents quant à l'origine des ennuis qu'ils ont. La vie au Bangladesh vu par nous, occidentaux, semble relever d'un autre temps, de mœurs et de méthodes arriérées.

Pour George et sa famille, il n'y a pas trop de différences avec Amina. Sa famille semble apprécier et accepter Amina, mais pas pour d'honnêtes raisons. George, lui aussi, ne se marie pas par amour. Même s'il dit le contraire, on sent bien que ce n'est pas le cas. Je n'ai pas trouvé cette situation saine, surtout lorsque le lecteur découvre la réalité des choses. Il y a peut-être un point de basculement positif en fin de roman, mais étant donné la teneur de l'histoire, je suis assez dubitatif.

Éditeur: Quai Voltaire
Nombre de pages: 427
ISBN: 978-2-7103-7026-0

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lundi 17 mars 2014 21:47

La chambre d'Hannah, de Stéphane Bellat

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La chambre d'Hannah

L'histoire:
Pierre Descarrières et Hannah Klezmer ont onze ans. L'un vit à Paris en 1992, l'autre en 1942. Malgré cet écart de temps, les deux enfants vont se rencontrer...

Mon avis :
Cette histoire de rencontre entre deux enfants permet à l'auteur de raconter la réalité de la vie des juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Pierre vit en 1992 dans une famille au bord de l'implosion. Il ne supporte plus le comportement de ses parents. Hannah vit en 1942. Elle est juive et a du mal à supporter sa situation. Avec une touche de fantastique, l'auteur les fait se rencontrer.

L'histoire est racontée par Pierre. Cela renforce les sentiments que le lecteur peut avoir vis-à-vis d'Hannah, lorsque celle-ci raconte les nouveaux malheurs qui la frappent. De son côté, Pierre sent sa vie bouleverser par des événements sur lesquels il n'a pas de prise. Il ressort une impression de force chez les enfants. Ceux-ci semblent plus matures que les parents. Pierre et Hannah vont apprendre à se connaître et le petit garçon va petit à petit découvrir la réalité de la vie d'Hannah. Il va ensuite, accompagné de son ami Maxime, faire des recherches pour mieux comprendre la situation. Maxime n'est pas un simple personnage secondaire, il forme un véritable tandem avec Pierre. Les enfants sont attachants, ainsi que la plupart des personnages secondaires. Concernant les parents de Pierre, je les ai trouvés plus creux, moins consistants.

Dans un style simple et limpide, Stéphane Bellat pointe du doigt la réalité de la question juive pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l'évolution inexorable qui a eu lieu, et nous rappelle au passage que certains Français ont mis beaucoup de zèle dans l'exécution des décisions.

C'est un livre touchant. Même si certaines ficelles utilisées sont un peu trop simples, ce roman est très agréable à lire et prenant. On a du mal à le refermer.
À la fin de l'ouvrage, le lecteur trouvera un appendice reprenant chronologiquement les lois anti-juives promulguées à l'époque, avec quelques explications très instructives.

À découvrir !

Ce livre m'a été offert par MA Éditions par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: MA Éditions
Nombre de pages: 255
ISBN: 978-2-822-402972

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vendredi 14 mars 2014 17:43

Un été au château, de Marie Husson-Robert

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Un été au château

L'histoire :
Solène Maurevel, vingt-et-un ans, découvre qu'elle hérite de la toute la fortune d'une grand-mère. La seule condition: vendre le domaine familial, La Drouille Noire. En attendant la vente, Solène décide de s'installer au château.

Mon avis:
Ce roman se lit facilement, il n'y a pas de difficultés, c'est fluide. Il faut reconnaître que j'ai pris plaisir lors de la lecture, mais je suis resté sur ma faim. L'histoire de Solène Maurevel est un conte de fées : elle a perdu ses parents jeune et elle hérite d'une énorme fortune, mais une ombre rôde. Elle va tout faire pour découvrir la vérité, ce qui semble être un secret de famille. Solène va vite prendre en main sa vie de châtelaine. Elle invite des amis à venir passer quelque temps avec elle. Il y a là, dans cette demeure familiale, une recherche de souvenirs, un rapprochement avec le passé, du côté de son père disparu. Cela m'a rappelé la lecture de « Chuuut !!! », de Janine Boissard. Est-ce une bonne chose ? Pas certain, car je n'y ai pas retrouvé la même qualité. Les moments où l'héroïne se plonge dans le souvenir des histoires de son père ne sont pas assez développés, et ne permettent pas assez au lecteur de s'immiscer dans sa vie. Cela semble trop abstrait.

À un moment, la jeune femme croit devenir folle, complètement paranoïaque, suite à certains événements, mais cela semble s'envoler aussi vite que c'est apparu.
De même, ses réflexions sont intéressantes, mais les choix effectués ensuite ne sont pas cohérents. Les ficelles employées sont assez grosses : un accident grave et pas d'enquête sérieuse ? L'héroïne tombe amoureuse du premier venu, aussi simplement ? Certaines choses ne sont absolument pas crédibles. Assez rapidement, on pressent qui est le coupable et quel va être le dénouement de l'histoire.
De plus, on rencontre quelques tournures maladroites, qui à mon sens auraient dû être détectées et corrigées lors de relectures avant publication.

Cet ouvrage m'a été offert par les éditions Lucien Souny et Babelio dans le cadre de l'opération Masse critique.

Éditeur: Lucien Souny
Nombre de pages: 251
ISBN:978-2-84886-432-7

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