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Le Horla, de Guillaume Sorel

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Le Horla

L'histoire :
Le narrateur vit tranquillement dans sa demeure, lorsqu'il commence à faire des cauchemars et que des événements surnaturels se produisent. Débute alors une lente descente dans la folie...

Mon avis :
Guillaume Sorel[1] adapte la nouvelle de Guy de Maupassant[2], plus précisément, la deuxième version (la plus longue): «Le Horla»[3]. Si on se base sur le récit au sens strict, l'auteur a dû faire des choix, en ne développant pas certaines scènes, plus longues dans la nouvelle (exemple: la scène de l'hypnose de la cousine du personnage principal qui se prolonge le lendemain) et en ajoutant le chat, pour donner, à mon sens, une connotation supplémentaire de surnaturel.

Que dire de cela ? Eh bien, je trouve que c'est très réussi. Tout d'abord, nous avons là un bel objet. L'objet « livre » a, selon moi, son importance en BD, et là, c'est pleinement justifié par la couverture et la qualité des pages. Guillaume Sorel a réussi à rendre sur 64 pages, à travers ses dessins, l'ambiance qu'on ressent à la lecture de la nouvelle. Les éléments clés sont bien présents et la sensation d'angoisse bien retranscrite. Nous vivons l'évolution et la transformation du narrateur.

Ensuite, les dessins sont magnifiques. Il s'agit là d'un style réaliste aux traits fins et précis. On voit une ambiance et un personnage sereins, et petit à petit, l'angoisse apparaît. Les traits du personnage se crispent. Cela se remarque surtout au niveau du regard, mais le décor, ou parfois le manque de décor, amplifie cette sensation d'inéluctable : sur certaines planches, le décor devient plus fuyant et les couleurs, par moments, deviennent plus sombres. On sent vraiment un être irréel, impalpable, et pourtant bien présent, dans les représentations du Horla. On sent le narrateur plonger dans la folie et ne pouvoir s'en extraire, malgré les efforts qu'il réalise. On voit aussi l'évolution, montrée par son regard qui est de plus en plus apeuré, angoissé. Le rendu en quelques cases, au niveau de la scène de la rose, est vraiment réussi.

Page 39, j'ai vu un clin d' œil à Renoir[4], et plus généralement, dans certaines planches, à certaines représentations des peintres de l'époque. La vue générale de la ville de Paris page 31 pourrait être un tableau à elle seule. Et il y a sans doute d'autres références que je n'ai pas remarquées. L'auteur[5] nous immerge, de cette manière, plus profondément dans cette fin de dix-neuvième siècle.

N'hésitez pas à découvrir cette BD !

Ce livre m'a été offert par Rue de Sèvres par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 64
ISBN: 978-2-36981-011-7

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