Aller à la recherche

jeudi 5 juin 2014 09:24

L'enfant du parc, de Philippe Routier

Partage Partager le billet

L'enfant du parc

L'histoire :
Renan Jackowiak, pour se venger de sa femme, enlève Thomas (son fils de six ans), et finit par l'abandonner dans un parc, où une femme, Juliette, le trouve...

Mon avis :
La quatrième de couverture est bien faite et on sera même sans doute surpris par la tournure que prend le roman. Thomas a six ans et se retrouve seul dans un parc public. J'ai trouvé le personnage de Renan écœurant, immature. Il est, à mes yeux, totalement égoïste. Juliette a trente-sept ans, elle souhaite avoir un enfant. Lorsqu'elle découvre Thomas, elle a un comportement ambivalent : au départ, elle veut emmener le garçonnet au commissariat, puis elle décide de le garder avec elle, pour des raisons qu'elle déclare être « profondément humaines ». Les choix de Juliette vont entraîner des modifications dans la vie des personnes l'entourant, mais aussi dans celle de l'enfant. Les rapports qu'elle entretient avec son entourage vont changer.

Ce livre n'est pas trop long, se lit facilement et tient le lecteur en haleine. L'auteur présente les personnages avec justesse, sans être manichéen. Il y a du suspense, des rebondissements, mais il s'agit essentiellement d'un roman psychologique. L'auteur aborde avec finesse les rapports humains. Avec les drames survenus dans sa vie, Thomas va devoir se construire. À travers les événements, on voit son évolution, les rapports avec sa famille.

Juliette, de son côté, va s'engager dans une voie délicate et l'engrenage va sembler inexorable. On a du mal à comprendre cette fuite en avant, mais le romancier va nous éclairer par petites touches sur cette situation. Les personnages qui gravitent autour de Juliette et Thomas vont aussi avoir leur rôle à jouer.

C'est un livre touchant, qui montre ce que des personnes peuvent faire pour l'amour d'un enfant.

À lire !

Éditeur: Stock
Nombre de pages: 221
ISBN: 978-2-234-07792-8

Acheter « L'enfant du parc » sur Amazon

Partage Partager le billet

mardi 3 juin 2014 10:04

Un garçon convenable, de Vikram Seth

Partage Partager le billet

Un garçon convenable

L'histoire :
Inde, au début des années 1950, juste après la partition d'avec le Pakistan. Madame Rupa Mehra décide de marier sa fille cadette, Lata, à un garçon convenable...

Mon avis :
Vikram Seth a réalisé une véritable fresque de l'Inde du début des années 1950. Sur plus de 1200 pages, il nous brosse un portrait complet de la société : politique, économique, social et culturel. À travers les familles Mehra, Kapoor, Khan et Chatterji, qui sont plus ou moins liées entre elles, l'auteur entre dans les détails de la vie de l'époque : la modernité côtoie l'archaïsme, il est extrêmement difficile de faire bouger des siècles de traditions, malgré la bonne volonté de certains.

Les personnages sont attachants. Ils sont creusés, étudiés, décortiqués. Lata Mehra, jeune fille de dix-neuf ans, souhaite vivre dans la modernité, mais le cadre familial, et surtout sa mère, vont la tirailler. J'ai trouvé le personnage de madame Rupa Mehra totalement archaïque : le niveau social, les castes et la religion ont une extrême importance, à ses yeux, dans le choix d'un mari pour sa fille. Dès que quelque chose ne lui convient pas, elle défaille ou se met à pleurer en disant qu'on veut sa mort. Elle est ancrée dans son immobilisme.
Maan Kapoor est un jeune homme insouciant quant à son avenir. Fils du ministre du trésor du Purva Pradesh, il ne pense qu'à s'amuser. Son père, Mahesh Kapoor, mène une grande réforme agraire. Il y a de nombreux autres personnages, comme Amit Chatterji (poète), Firoz Khan (avocat et fils d'un nawab), etc.

Vikram Seth nous présente, avec de nombreux détails, la vie de ces personnes qui sont dans l'ensemble très attachantes. Le lecteur va voir les transformations qui se produisent et les choix que devront faire les différents protagonistes. L'auteur décortique aussi, et parfois trop, le fonctionnement politique, les échanges tendus à l'Assemblée législative, le déroulement des élections. En parallèle, on découvre aussi le monde économique, avec l'industrie de la chaussure: des petites boutiques artisanales aux grands groupes nationaux. L'ensemble baignant dans les fêtes religieuses omniprésentes dans le fonctionnement de l'Inde de cette époque.

C'est une fresque immense. À part quelques longueurs dans les parties politiques, j'ai apprécié cette lecture.

Éditeur: Grasset
Nombre de pages: 1224
ISBN: 978-2-2464-8261-1

Acheter « Un garçon convenable » sur Amazon

Partage Partager le billet

samedi 31 mai 2014 12:33

Les Fragmentés, de Neal Shusterman

Partage Partager le billet

Les Fragmentés

L'histoire :
Dans une société aux lois totalement bouleversées, Connor, un adolescent, découvre qu'il va être fragmenté. Il décide alors de s'enfuir pour échapper à sa funeste destinée...

Mon avis :
Après la lecture, en réfléchissant un peu, je me dis que ce livre est horrible à cause de l'histoire qu'il contient, mais très bien écrit, prenant. L'auteur immerge totalement le lecteur dans le monde qu'il a créé : le droit de fragmenter des adolescents afin d'utiliser d'organes ou d'éléments du corps qui pourraient servir à d'autres personnes.
Il s'agit vraiment d'une dystopie[1] : il y a des parents qui autorisent la « fragmentation » de leur enfant (de treize à dix-sept ans, l'avortement étant interdit), il y a des enfants qui acceptent d'être fragmentés. Pour des questions économiques, on fragmente des orphelins. Le lecteur a vraiment l'impression que la fragmentation régit ce monde.

Les personnages principaux sont Connor, Risa et Lev. Ils fuient pour échapper à la fragmentation. On s'attache rapidement à eux, même si j'ai eu plus de mal avec Lev, peut-être parce qu'il est un « décimé », c'est-à-dire que sa famille l'a éduqué dans le but d'être fragmenté volontairement. On découvre là un endoctrinement profond. C'est une société complètement déshumanisée. Il existe de nombreux camps de « collecte ». L'auteur décrit l'organisation qui préside à cette opération, de l'accord des parents, jusqu'au découpage final. Tout est fait pour que les personnages aient une épaisseur, que l'on plonge littéralement dans leur monde et que l'on suive leur destin.

Les chapitres sont rythmés par de nombreux rebondissements, ou informations inquiétantes, qui nous amènent à nous poser des questions sur ce qui va arriver. On espère que les protagonistes s'en sortiront.
À la fin de cette édition, il y a une nouvelle, « Le peuple d'Argent », qui s'attarde un peu plus sur le personnage de Lev et sur une autre partie de cet univers.

Ce livre est fascinant, alors n'hésitez pas !

Éditeur: Le Masque
Nombre de pages: 462
ISBN: 978-2-7024-4020-9

Acheter « Les Fragmentés » sur Amazon

Partage Partager le billet

lundi 26 mai 2014 10:22

Le casse du continuum, de Léo Henry

Partage Partager le billet

Le casse du continuum

L'histoire :
Sept personnes sont recrutées pour leurs capacités respectives afin de mener à bien une mission qui permettrait de sauver l'humanité...

Mon avis :
Les premiers chapitres servent à la présentation des protagonistes, mettant en scène les capacités de chacun. Rien ne semble pouvoir arrêter Vostok 17-1456, Kaboom, Brescia, Octave, Marymay, Tabitha et le Rétrominot. À la lecture, on se dit qu'une équipe comme celle-là va être dévastatrice.
L'entrée dans le roman est rapide, la lecture agréable. Le rythme est soutenu, on ne s'ennuie pas. La présentation des membres de l'équipe prend du temps, mais c'est bien fait, on souhaite savoir comment cela va évoluer. Les personnages vont faire leur choix très rapidement et décider de leur avenir. J'ai aimé découvrir ces personnages l'un après l'autre, puis les voir accomplir la mission qu'on leur a donnée ensemble. Le monde dans lequel ils évoluent est dans le style classique des space operas où cohabitent ferveur religieuse envers le NOUN et grand banditisme. Tout cela structure l'empire, dont Hermopolis Magna est la capitale. Le décor est planté.

Par contre, j'ai été un peu déçu par la deuxième partie, celle concernant le casse en lui-même. On bascule dans un monde virtuel à la «Matrix», et j'ai trouvé le déroulement un peu trop convenu, trop attendu, sans réelles surprises, même si la lecture en elle-même nous tient en halène, avec les rebondissements nécessaires. Le monde dans lequel ils évoluent n'est pas trop creusé, mais il y a l'essentiel, ce qui permet de donner une cohérence à l'ensemble. Il y a de l'action, des moments de doutes. L'auteur donne quelques orientations pour mieux nous induire en erreur. Mais la fin du livre m'a laissé sur ma faim, je m'attendais à plus. Je fondais de grands espoirs sur le devenir des protagonistes, et on peut dire que l'épilogue m'a fait totalement redescendre sur terre.

Tout cela donne, à mon avis, un roman atypique. Dans l'ensemble, j'ai passé un bon moment auprès des personnages de Léo Henry.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages: 287
ISBN: 978-2-07-045147-0

Acheter « Le casse du continuum » sur Amazon

Partage Partager le billet

jeudi 22 mai 2014 14:11

Résistances, Tome 4 Le prix du sang et des larmes, de Plumail et Derrien

Partage Partager le billet

Résistances, Tome 4 Le prix du sang et des larmes

L'histoire :
1944. Louis, qui assiste à l'hommage posthume consacré à André, replonge dans ses souvenirs, deux ans auparavant...

Mon avis :
Suite et fin des aventures mouvementées de Louis, Sonia et André. Ce qui se déroule dans ce dernier tome n'apporte aucune surprise. On retrouve un résumé des épisodes précédents au début du volume avec une question : « Mais que s’est-il passé entre décembre 1942 et août 1944 ? » C'est la réponse qui est bien sûr apportée dans ce volume.

À l'époque, arrangements, compromissions et traîtrise étaient de rigueur. Tout cela transparaît dans cette dernière partie de l'histoire, sans oublier les aller-retours entre passé, présent et futur des planches. Dans la même veine que le précédent, ce tome est tourné vers le comportement humain. On ne s'ennuie pas un instant. Les derniers mois de la guerre sont assez bien décrits, comme toujours. Les multiples actions de la résistance sont mises en avant. Les horreurs de la guerre transparaissent dans un camp comme dans l'autre. Personne ne peut dire ce qu'il aurait fait s'il avait été à la place de certains personnages. Après un temps d'hésitation, André, de retour en France, est de plus en plus téméraire dans les actions qu'il mène. Louis, lui, semble totalement désabusé, meurtri, suite aux tortures qu'on lui a infligées. Une lente descente aux enfers commence lorsqu'il découvre ce qui est arrivé à Sonia. Il se ressaisit pendant un moment, quand il apprend qui est à l'origine de l'arrestation de son amie.

Je pense que ce qui m'a le plus dérangé dans cette série, ce sont les regards. La façon dont Jean-Claude Plumail les réalise ne m'a pas satisfait. On se trouve sur un entre-deux, pas assez réaliste à mon goût, par rapport à l'ensemble, mais cela reste quand même un détail. Le titre, « le prix du sang et des larmes », repris du chant des Partisans, résume bien autant l'histoire de la Résistance que celle de nos trois personnages.

Éditeur: Le Lombard
Nombre de pages: 56
ISBN: 978-2-80363-293-0

Acheter « Résistances, Tome 4 Le prix du sang et des larmes » sur Amazon

Partage Partager le billet

- page 126 de 154 -

Page top