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jeudi 11 décembre 2014 12:44

Le vieux qui lisait des romans d'amour, de Luis Sepúlveda

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Le vieux qui lisait des romans d'amour

L'histoire :
Un vieil homme, Antonio José Bolivar Proaño vit tranquillement dans un village au cœur de la forêt amazonienne. Il voue une passion à cette forêt qu'il connaît si bien, ainsi qu'à la lecture de romans d'amour.

Mon avis :
C'est un petit livre qui se lit très facilement. C'est une sorte de conte écologique. Luis Sepúlveda nous présente, à travers le personnage d'Antonio José Bolivar Proaño, la forêt amazonienne et l'écosystème qui la régit. Le personnage principal, au travers des événements qu'il vit, raconte les souvenirs de toutes ses années passées dans ce lieu qu'il faut respecter. Antonio José Bolivar Proaño est profondément humain. Il respecte la nature. Il exècre le comportement immature des gringos qui viennent régulièrement s'amuser sans discernement.

Au cœur de ce milieu hostile, dans ce village misérable, le personnage principal, mémoire vivante des lieux, lit des romans d'amour, ce qui est peu commun. Il est humble et analyse toutes les possibilités avant d'agir ou de parler.
Ce livre est un hommage à la nature. Le récit est lent, mais c'est voulu, afin de bien faire comprendre l'atmosphère qui se dégage de ce lieu. L'homme doit avancer au rythme de la nature et pas l'inverse. Il faut savoir que l'auteur écrit à chaque fois le nom complet des personnages principaux, ce qui peut déranger certains lecteurs, mais cela a son charme. Le récit est poignant et ne laissera pas indemne.

L'interprétation de Féodor Atkine est juste. Son débit de lecture est adapté au récit. Sa voix convient parfaitement, à mon sens, pour rendre l'atmosphère voulue par l'auteur. Il change légèrement sa voix en fonction des personnages, sans en faire trop et prononce les noms propres avec l'accent espagnol. Le comédien nous montre une fois de plus l'étendue de son talent.
De plus Féodor Atkine, il faut le souligner (je le sais pour l'avoir rencontré au Salon du livre avec ma femme après une émission radio), est une personne chaleureuse et très abordable malgré un emploi du temps assez chargé.

À la fin de l'ouvrage se trouve "Court roman d'un roman court" où l'auteur explique la genèse de son roman, puis son parcours.

Je vous recommande la découverte de ce livre culte en audio.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib

Titre: Le vieux qui lisait des romans d'amour
Auteur: Luis Sepúlveda
Éditeur: Audiolib
Lecteur: Féodor Atkine
Durée: 3h21
ISBN: 978-2-35641-714-5

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mardi 9 décembre 2014 13:48

Un homme effacé, d'Alexandre Postel

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Un homme effacé

L'histoire :
Damien North est professeur d' université. Sa vie bascule le jour où il est arrêté pour possession d'images illicites mettant en scène des enfants...

Mon avis :
Il s'agit d'un premier roman. Ce livre a un côté dramatique. Damien North ne vit que pour son travail et n'a plus de vie sociale depuis la mort de sa femme. Il n'a pas d'épaisseur, et les apparences, qui sont primordiales dans notre société, ne sont pas sa tasse de thé. Alors, le jour où l'engrenage fatal se met en route, Damien est dépité. On découvre un homme qui ne sait quelle attitude adopter face à ce qui lui arrive. L'auteur, avec des mots justes, montre comment les apparences et un manque de combativité peuvent mettre à mal une personne.

Le protagoniste principal se lance dans une introspection: il essaie de comprendre son comportement et ce qui se passe autour de lui. Le personnage est faible, peut-être imbu de lui-même, mais à part penser au passé, il ne veut rien entendre ni comprendre. Il ne vit pas dans le même monde. Le lecteur ne sympathise pas avec le personnage. Ce dernier subit la situation, et ne semble pas se rendre compte de la réalité. Il se recroqueville, se renferme. D'ailleurs, les dernières pages me laissent perplexe, rien n'indique que l'histoire va aller dans la direction que le romancier nous raconte. C'est étrange.

Le style d'Alexandre Postel est fluide, clair, il y a un narrateur omniscient. Le livre se lit très facilement. Le lecteur ne vit pas la situation, il la voit se dérouler devant lui sans pouvoir interagir et c'est peut-être ce qui est frustrant, car le personnage principal est assez passif. Les différents thèmes sont juste effleurés, il aurait été intéressant d'approfondir certains côtés, mais je pense que l'auteur s'est attaché à démontrer l'importance des conventions et des apparences dans notre société, et que cela prime sur la réalité.

À découvrir !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard

Titre: Un homme effacé
Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages:263
ISBN: 978-2-07-045955-1
Date de publication: 9 octobre 2014

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lundi 8 décembre 2014 16:54

La Chica Zombie, de Laura Fernández

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La Chica Zombie

L'histoire :
Erin Fancher est élève au lycée Robert-Mitchum, dans la ville d'Elron. Un matin, elle se réveille et constate qu'elle est morte. Elle commence à se putréfier et doit quand même aller en cours.

Mon avis :
Ce qui m'a intéressé dans ce roman, c'est qu'il était annoncé comme déjanté et jubilatoire. Je ressors en partie déçu de ma lecture. L'auteur analyse le comportement des adolescents et l'obligation du paraître qui règne à cet âge-là, et plus généralement dans la société. À la suite d'une déconvenue, Erin se découvre morte et elle doit continuer à vivre comme les autres. À côté de cela, le monde des adultes n'est pas mieux. Ils sont tous complètement à la masse, et si c'est ça devenir adulte, je comprends qu'Erin ait quelques petits problèmes de compréhension de l'univers dans lequel elle évolue.

L'auteur montre aussi que les adolescents peuvent être narcissiques, égocentriques, méchants, simplement afin de se faire bien voir de certains de leurs camarades. Si on arrive à comprendre entre les lignes qu'Erin n'est pas bien dans sa peau, la raison profonde de cette situation est donnée à la fin de l'ouvrage, mais on ne voit pas d'évolution au cours du roman. On ne voit pas de phase de reconstruction. On passe directement du point A au point E, sans pratiquement d'intermédiaire.

Les enseignants, comme Velma Ellis, ou le directeur du lycée (Rigan Sanders), sont aussi torturés mentalement que les élèves que nous découvrons dans le livre. On a l'impression qu'ils n'ont jamais réussi à s'insérer dans la société. On se demande comment ils ont fait pour en arriver là, car ils ont davantage leur place dans un asile que dans un lycée.

Je comprends les idées que Laura Fernández a souhaité faire passer autour d'Erin, mais pour les adultes, je cherche encore. La caricature est telle que ce n'est même pas amusant, cela en devient navrant. Et je ne parle pas des onomatopées redondantes qui alourdissent encore plus la situation, car déjà signalées dans la narration.

Le style de l'auteur est facile à suivre, sans difficulté, sauf parfois car les pensées des protagonistes n'ont pas l'air cohérentes. Je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus caustique. Ce livre me laisse un goût d'inachevé.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël

Titre: La Chica Zombie
Éditeur: Denoël
ISBN: 978-2-207-11668-5
Nombre de pages: 363
Traduction: Isabelle Gugnon
Date de publication: 06 novembre 2014

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vendredi 5 décembre 2014 16:35

Le Trône de fer, tome 1, de George R.R. Martin

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Le trône de fer

L'histoire :
Lord Eddard Stark, seigneur de Winterfell, vit tranquillement dans son château avec sa famille. Un jour, après avoir exécuté un déserteur de la Garde de Nuit, il découvre de jeunes loups-garous que ses enfants prennent en charge.

Mon avis :
Je n'ai jamais vu la série TV et a priori, celle-ci ne m'intéressait pas. J'ai eu l'occasion de lire le tome 1 en audio, alors pourquoi ne pas essayer ? J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. L'alternance des lieux et des personnes brouille un peu le récit, mais petit à petit, les rapprochements se font, et la compréhension suit. Il existe actuellement cinq tomes en version originale, qui pour des raisons obscures (économiques sans aucun doute) ont été découpés en quinze tomes en France. J'aurais préféré que l'éditeur français respecte l'oeuvre originale. L'auteur nous plonge dans un monde médiéval où les légendes sur les loups-garous et autres espèces tiennent une grande place. De plus, les saisons peuvent durer des années.

L'histoire est complexe. Chaque chapitre correspond à un personnage sur lequel le récit est centré. Il s'agit de guerres de pouvoir, d'intrigues politiques, de complots. On suit essentiellement la vie de Lord Eddard Stark et de sa famille, mais il y a de nombreux protagonistes. Les personnages sont creusés, profondément humains (ce ne sont pas des surhommes). Ils ont leurs doutes, leurs certitudes et ils évoluent constamment. Dans ce tome 1, il y a peu de fantasy. On découvre un monde sombre, difficile, où la vie est impitoyable pour les plus faibles. On voit les enfants Stark évoluer dans ce monde. Eux aussi ont leurs forces et leurs faiblesses. La plupart sont attachants, mais on ne sait pas ce qu'il va advenir d'eux. La famille des Lannister semble corrompue au possible, sans parler de l'inceste... Tyrion, le nain, est intéressant, mais il semble terriblement fourbe.

Le style de l'auteur n'est pas évident à appréhender, il y a de longues descriptions et le récit est lent, très lent. Les intrigues avancent peu. Le sexe tient une bonne place dans le récit, expliquant aussi certaines intrigues. Les scènes à ce niveau sont rares, mais certaines personnes pourraient penser qu'il y en a trop, car par moments, on n'en voit pas l'utilité. «Le trône de fer» est une grande fresque palpitante, qui, j'espère, aura une fin et ne traînera pas indéfiniment.

J'ai aimé l'interprétation de Bernard Métraux. Elle est juste, adaptée à ce type de récit. Il crée des voix pour chaque personnage. Je sais que cela ne plairait pas à tout le monde, mais de mon côté, cela ne m'a pas dérangé, sauf une fois ou deux où j'ai trouvé la voix trop exagérée. Le changement de voix donne, à mon sens, une identité plus forte aux personnages.

Éditeur: Gallimard
Durée: 17h
ISBN: 978-20701-4369-6

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lundi 1 décembre 2014 08:56

Les ailes d'émeraude, d'Alexiane de Lys

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Les ailes d'émeraude

L'histoire :
Cassiopée doit, le jour de ses dix-huit ans, quitter l'orphelinat où elle vit depuis la mort de sa mère. Elle commence une nouvelle vie faite de petits boulots. Étrangement, elle se sent épiée.

Mon avis :
Il s'agit du premier roman de cette jeune auteur. C'est un livre de fantasy. Il faut dire tout de suite que l'histoire qui se déroule est un grand classique, sans vraiment beaucoup de suspense. Une jeune fille découvre un monde et des êtres aux capacités surhumaines où deux clans s'affrontent.

C'est l'héroïne qui raconte son histoire. La jeune fille semble à la fois solide, sûre d'elle, et par moments, elle est totalement mièvre dans ses réactions vis-à-vis des garçons, ou stupide face au danger. Malgré cela, elle est attachante. Le récit est rythmé, il y a régulièrement des scènes d'action.

Le monde qu'Alexiane de Lys décrit est intéressant. Les deux clans (Myrmes et Narques), se livrent une guerre dont les motifs sont assez flous. Les capacités sensorielles que possèdent ces êtres sont assez bien expliquées, et à l'instar du monde d'Harry Potter, il y a des cours pour les apprentis. Cassiopée va découvrir ses nouvelles capacités et son nouveau monde. Elle se posera aussi beaucoup de questions.

J'ai dit que l'histoire était un grand classique (des êtres dotés de pouvoirs extraordinaires vivent secrètement en marge de la société), mais dans le déroulement de l'intrigue, il y a au moins un rebondissement que je n'avais pas vu venir, le reste étant totalement prévisible. Il y a de nombreux personnages, comme Camille, Gabriel, Tiphaine, Marlène, etc. J'aurais aimé que tous ceux qui gravitent autour de Cassiopée aient un peu plus d'épaisseur, mais cela reste, dans l'ensemble, assez léger et mystérieux (peut-être est-ce voulu ?).

Comme toujours, dans ce type d'ouvrage, il y a du romantisme qui, il faut le reconnaître, est parfois un peu niais et totalement prévisible. Il faut ajouter à cela de l'action et de l'humour de la part de l'héroïne avec des références culturelles télévisuelles ou cinématographiques (de «Maya l'abeille» à «Grey's anatomy», en passant par les «X-Men»). La fin reste en partie ouverte et d'ailleurs l'auteur prépare une suite[1].

Le style est agréable. On sent peut-être un peu de manque de maturité dans l'écriture. Mais lors de ma lecture, les 700 pages se sont enchaînées très facilement, sans lassitude de ma part. Je fais des reproches, mais ce livre fut quand même un véritable plaisir et un bon moment de détente. Chose rare: je l'ai terminé une nuit à plus de deux heures du matin, alors que j'ai pour principe d'éviter de perdre trop d'heures de sommeil.

Donc, si vous aimez ce type d'intrigue et d'histoire, n'hésitez pas !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Nouvelles Plumes par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur. Nouvelles Plumes
Nombre de pages: 698
ISBN: 978-2-298-06870-6

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