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samedi 16 mars 2013 15:31

Le siècle de Dieu, de Catherine Hermary-Vieille

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Le siècle de Dieu

L'histoire :
Anne-Sophie arrive à Paris en 1665, pour son mariage, à l'âge de seize ans. Elle va découvrir la réalité du monde.

Mon avis :
Ce roman se lit facilement, sans grandes difficultés, le style est fluide.
À travers Anne-Sophie, Viviane (sa cousine), et quelques autres personnes, Catherine Hermary-Vieille nous dresse un portrait de la société de Louis XIV: dissensions, famines, émeutes, guerres, évolution des mœurs, évolution économique...
La vie d'Anne-sophie sert juste de faire valoir aux différents portraits que nous dresse l'auteur : Versailles, le Roi, Madame de Maintenon, Jeanne Guyon etc.
Je pense que c'est le principal reproche à faire à ce roman : la romancière a voulu brosser un portrait complet de la société et de son évolution sur soixante-dix ans, de ce fait, l'histoire d'Anne-Sophie et de Viviane apparaît secondaire, alors que l'on attend le contraire.
Tout est raconté avec un certain détachement, comme si cela n'avait pas grande importance pour elles. Les fastes de Versailles, où la noblesse se retrouvait coupée du peuple, occupée à festoyer et obtenir des charges diverses afin de maintenir ou d'améliorer sa position et train de vie.

Toutes les grandes périodes du règne de louis XIV sont passées en revue : la révocation de l'Edit de Nantes, avec l'emprisonnement, la condamnation aux galères ou la conversion forcée de nombreux protestants, la guerre de succession d'Espagne, les grandes famines dues aux hivers rigoureux, etc. Les conséquences sont également évoquées : le royaume ruiné à la mort du souverain, le système économique de Law etc. À vouloir dresser un portrait concernant une longue période, on se retrouve avec une sorte d'empilement des événements. À mon sens, le roman aurait pu être plus développé mais sur une période plus courte. Après la lecture, je reste avec une impression d'inachevé. Il aurait été plus agréable que l'auteur ait davantage détaillé la vie des deux femmes dans leur quotidien. Ce n'était apparemment pas son but. Dans ce cas, il aurait été préférable de ne pas mettre sur la quatrième de couverture des choses du style « L'une voulait l'or et la gloire. L'autre ne demandait que l'amour de Dieu. » puisque les deux personnages ne sont là que pour permettre de brosser le portrait et l 'évolution de la société de l'époque.

Ce livre m'a été offert par les éditions Albin Michel par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 357
ISBN: 978-2-226-24522-9

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dimanche 10 mars 2013 16:15

Alicia n'est pas rentrée, d'Hervé Giliénine

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Alicia n'est pas rentrée

L'histoire:
Après neuf ans de prison, Thomas Vogèle décide de découvrir les raisons de la disparition, cinq ans plus tôt, d'Alicia Mangano, sa protégée...

Mon avis :
La structure du livre alterne des paragraphes concernant le présent avec d'autres nous ramenant dans le passé, ou dans les pensées de Thomas. Certains débuts de phrases sont écrits en majuscule et en caractères gras, mais on n'en voit pas trop l'utilité. Le style est fluide, mais par moments, on se perd un peu dans les retours dans le passé qui parfois ne font qu'une ligne ou deux.
J'ai un autre reproche : le grand-père d'Alicia n'a jamais parlé correctement le français, il a gardé un accent, et cet accent est retranscrit à l'écrit : « tou » pour « tu » « lé » pour « le » etc. Au cours de la lecture, c'est un peu lourd, surtout si comme moi, on lit à haute voix pour enregistrer l'ouvrage pour sa femme.

Après neuf ans passés derrière les barreaux, Thomas sort de prison et rentre à Vaux, dans la maison familiale. Il y revient pour une seule raison : découvrir ce qui est arrivé à Alicia, sa voisine, cinq ans plus tôt.
On découvre un jeune homme précis, méthodique, qui petit à petit, va essayer de s'acclimater à la liberté. Thomas retrouve ses amis d'enfance, qui suite à son incarcération, l'ont laissé tomber, mais il comprend que la situation et les années changent les personnes. De plus, Thomas n'est là que pour résoudre l'énigme de la disparition d'Alicia, le reste lui importe peu.

Son entourage ne sait pas trop comment s'y prendre avec lui, mais peu lui importe : il reste calme, posé. On comprend qu'il veut tourner la page et qu'il est là pour clôturer un chapitre de sa vie.
Son enquête débute tout doucement: il glane des informations auprès de ses amis d'enfance et afin de bien comprendre la situation, il note ses idées et ses réflexions dans un cahier pour analyser au mieux son ressenti.

Le passé est fort présent et on sent bien que Thomas le ressasse. Les événements qui l'ont conduit en prison reviennent régulièrement à travers ses pensées qui vagabondent, et petit à petit, on en découvre un peu plus.
Les anciens amis de Thomas sont bien représentés. On voit aussi leurs hésitations pour aborder Thomas et essayer d'être « comme avant ». Mais la vie a continué et il s'est écoulé neuf ans... Ces personnages apportent leur pierre à l'histoire, il ne sont pas plats, bien que certains soient un peu effacés. L'intrigue est bien menée, on veut connaître la suite, malgré quelques ficelles un peu simple : un témoin clé vient donner des informations importantes à Thomas alors que cinq ans auparavant, il ne l'a pas fait auprès de la police... Un autre découvre par hasard qu'il a été témoin d'événements en rapport avec la disparition d'Alicia. Tout cela est un peu gros et on se dit « Et la police, il y a cinq ans, qu'a-t-elle fait ? ».

Pendant toute sa quête, Thomas reste extrêmement calme, malgré certaines révélations et il va aller de découverte en découverte au sujet de la mort de son père (un ancien policier), d'Alicia, de ses amis. Tout cela va le rapprocher de la vérité sur la disparition de la jeune fille.
Même si a partir d'un moment, je me suit dit, c'est untel le responsable, le roman est agréable à lire, La fin est logique, on s'y attend.

Ce livre m'a été offert par les éditions Prem'Edit 77 dans le cadre de l'opération Masse-critique, organisée par Babelio.

Éditeur: Prem'Edit 77
Nombre de pages: 365
ISBN: 979-1-09-132106-8

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mercredi 27 février 2013 23:30

Froid mortel, de Johan Theorin

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Froid mortel

L'histoire:
Jan Hauger, jeune puériculteur de 20 ans, arrive à se faire embaucher dans une maternelle jouxtant un hôpital psychiatrique pour adulte : « la clairière » qui dépend de l'hôpital psychiatrique de « Sainte-Barbe ». En faisant cela, Jan a une idée en tête... Mais il ne sait pas jusqu'où cette idée le mènera...

Mon avis:
Nous retrouvons ici un très bon livre de Johan Theorin, un bon polar psychologique. Jan Hauger s'est fixé un but dans la vie, il veut tout faire pour l'atteindre, et tout cela se dévoile petit à petit avec l'alternance de chapitres sur le présent, écrits au présent et d'autres nous racontant son passé, écrits essentiellement au passé simple et à l'imparfait.
Cette structure se prête bien à l'histoire que nous fait découvrir le romancier et c'est un choix judicieux. L'intrigue est bien menée et au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, l'auteur nous guide là où il le désire afin de nous surprendre le plus possible.

Le personnage principal, Jan Hauger est quelqu'un de jeune, tourmenté et attachant. Il nous est rapidement sympathique, mais son comportement nous amène, au cours de la lecture, à nous poser quelques questions sur sa façon d'agir mais cela ne nuit en rien à l'histoire : Même derrière ses improvisations constantes, Jan a toujours la même idée en tête : retrouver Alice Rami et aider les enfants.
Son adolescence obsède Jan Hauger et, à travers ce personnage, Johan Theorin essaie de nous faire comprendre combien les événements qui peuvent survenir pendant l'enfance influent sur le devenir de la personne, parfois même au-delà de ce que l'on peut imaginer.

Le passé et le présent s'entremêlent et avancent lentement, nous obligeant à poursuivre la lecture afin de savoir comment chaque histoire évolue : le lecteur ne veut pas en manquer une miette.
Les personnages de l'histoire sont bien campés, crédibles : Lilian, Hanna, Marie-Louise... Tout est fait pour qu'ils aient l'épaisseur nécessaire afin de renforcer les situations et d'expliquer les, événements. De plus, tout cela fait bien ressortir le personnage principal, Jan, qui semble très bien sous tout rapports, mais que l'on découvre miné de l'intérieur par sa quête et son passé.

Certaines ficelles utilisées sont visibles et logiques, mais elles sont bien amenées et la suite de l'histoire reste mystérieuse. Par exemple, le prologue, que l'on oublie une fois plongé dans l'histoire, a pourtant son importance, mais on y repense seulement vers la fin, et on se dit : « dès le début, l'auteur avait annoncé la couleur ».
Mais on avance pas après pas jusqu'au bouquet final et l'orientation de l'histoire peut surprendre, mais cela prouve que l'auteur a atteint son but : nous immerger totalement dans son histoire.

Ce nouveau Johan Theorin est à lire, même si la fin pourra éventuellement décevoir certains lecteurs, mais ce ne sera pas la première fois que l'auteur nous surprend.

Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 442
ISBN: 978-2-226-24526-7

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dimanche 17 février 2013 15:00

Les mâchoires du passé, de Bernard Boudeau

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Les mâchoires du passé

L'histoire :
Nous retrouvons Jean-Pascal Gontier, professionnel du renseignement dans le milieu de l'entreprise dans une nouvelle enquête. Comme dans «Le marionnettiste» (que je vous conseille fortement), notre enquêteur accepte de rendre service à des connaissances afin d'élucider une disparition.

Mon avis :
Henri (Haritz), un basque a disparu quelques années auparavant, laissant femme et enfants.
Contrairement au marionnettiste, j'ai trouvé l'intrigue assez plate, rien n'avance. Il y a plus de scènes d'action et moins de psychologie, pourtant, c'est ce qui faisait la force de l'ouvrage précédent. A un moment de l'enquête Jean-Pascal décide d'arrêter, étant dans une impasse, mais il rappelle à sa cliente, que son contrat n'a pas de date de validité et que donc il pourra reprendre son enquête plus tard. Cette ficelle est assez grosse, on se doute que l'enquête suivante va le ramener sur la piste d'Henri. La chance de retrouver la trace d'Henri dans une enquête d'un autre domaine est de l'ordre du quasiment impossible et pourtant cela arrive dans ce livre.

En arrière-plan, l'auteur nous fait découvrir le pays Basque à travers une série de clichés censés renforcer le côté polar du roman : milieu où les gens sont secrets, où la loi a du mal à avancer, ne s'applique pas de la même manière qu'ailleurs, où les informations sont très difficile à obtenir. Son fils a disparu ? Son père ne veut rien dire qui puisse éventuellement ternir la réputation de la famille... On discute en basque devant les étrangers afin d'entretenir l'opacité et le mystère.

La deuxième enquête, qui est là pour nous relancer sur la piste d'Henri, est mieux montée, plus intéressante et aurait peut-être pu être plus approfondie comme la trame d'une histoire principale alors que celle d'Henri aurait été secondaire. Malheureusement l'auteur en a décidé autrement.

Dans celui-ci, il y a pas mal de scènes de violences, qui nous donne aussi le cliché du truand : il frappe d'abord et ensuite, éventuellement, il discute. On a l'impression d'une violence gratuite pour simplement nous faire comprendre que c'est un monde dangereux dont il ne faut pas s'approcher, mais que notre enquêteur, lui, va le faire, sans forcément le savoir. En même temps, un enquêteur se frotte à de gros truands, sans que cela ne le gêne outre mesure.
On voit rapidement venir la suite et on en devine les grandes lignes au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire. Je n'ai guère eu de surprises lors de la révélation finale. Tout cela est bien dommage. A mon sens, il aurait même pu y avoir deux livres : un pour chaque enquête, en développant plus pour chacun, les interactions des protagonistes. Là, on se retrouve sur un mélange qui nous laisse quand même sur notre faim.

Il s'agit donc d'un polar des plus banal, classique. Ce livre m'a déçu vu le grand plaisir que j'avais eu à lire le précédent.

Éditeur: In octavo éditions
Nombre de pages: 417
ISBN: 978-2-84878-131-0

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dimanche 3 février 2013 23:30

De tempête et d'espoir, Saint-Malo, de Marina Dédéyan

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De tempête et d'espoir

L'histoire:
Anne de Montfort, décide de retrouver son frère, disparu aux Indes. Mais la route est semée d'embûches pour une jeune fille noble...

Mon avis:
Il s'agit d'un tome 1.
Marina Dédéyan nous emmène dans le Saint-Malo de la fin du XVIIIe siècle et de ses armateurs, qui ont fait fortune grâce au commerce maritime.

L'héroïne est Anne de Montfort, issue d'une noblesse pauvre, qui assiste à la déchéance de sa famille, et qui, ensuite, décide de retrouver son frère, sa seule famille proche, disparu aux Indes.
Anne de Montfort est une forte personnalité. Elle nous raconte son histoire. Le livre alterne entre des chapitres longs, consacrés à la progression d'Anne pour arriver à ses fins dans ce monde qu'elle découvre, ses doutes, ses espoirs; et des chapitres courts aux noms des lieux qui jalonnent son parcours.
Le roman nous explique comment la jeune fille progresse dans cet univers et présente aussi les difficultés pour les armateurs de l'époque de monter une expédition aux Indes : le coût, la politique vis à vis de la guerre qui fait rage contre les Anglais, les manœuvres diverses pour obtenir de l'argent et l'hypocrisie de la bourgeoisie et de la noblesse de l'époque. On comprend aussi que le jeu en vaut la chandelle : ceux qui réussissent font fortune.

On voit le combat qu'Anne mène, mais en arrière-plan, on voit toute l'expédition prendre forme avec des réussites et des échecs. Le personnage central évolue en partie au cours du roman, mais son but unique est de retrouver son frère qui s'en est allé cinq ans auparavant. On découvre aussi la façon de vivre de l'époque, les mariages arrangés afin d'obtenir de l'argent ou de nouveaux appuis.

Les personnages sont attachants, même Jean-Baptiste Christy de la Pallière dont les réactions sont, par moment, imprévisibles, mais on découvre un homme aux multiples facettes qui sait très bien où il va et ce qu'il fait.
Il y a de nombreux détails sur l'équipement des bateaux, le nombre d'hommes qu'il faut pour les manoeuvrer, ainsi que toute l'intendance nécessaire pour vivre de longs mois sur les mers.
Tout est fait pour nous faire « respirer » le Saint-Malo de l'époque, ses ruelles, ses remparts, sa vie très codifiée au sein des riches et des nobles de la ville, qui ne doivent pas se « mélanger » aux gens de basse extraction : cela est bien montré dans le livre par l'exemple de Corentin, l'ami de jeunesse d'Anne et de Jean de Montfort.
Anne applique régulièrement la devise d'Anne de Bretagne « non mudera » (je ne changerai pas). Elle ne changera pas de but, mais sa perception des choses évoluera.

Je trouve qu'il y a beaucoup de descriptions dans cet ouvrage : les lieux, les demeures, les bateaux etc. Mais cela se lit bien. Les chapitres courts sont au présent et les longs au passé simple, ce qui donne un style relevé à l'ensemble. Je conseille la lecture de ce livre, qui attend sa suite afin de savoir si Anne de Montfort atteindra son but : retrouver son frère.

Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 400.
ISBN: 978-2-0812-6165-5

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