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dimanche 27 janvier 2013 21:00

Confusion, de Cat Clarke

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Confusion

L'histoire:
Grâce Carlyle, une adolescente, décide un soir de se suicider. Dans le parc où elle a prévu de passer à l'acte, elle rencontre Ethan. Elle s'effondre peu après, ivre, et se réveille enfermée dans une pièce...

Mon avis:
Après quelque temps passé dans cette pièce aseptisée, Grace décide de se mettre à écrire et d'écrire sa vie de tous les jours à travers ses souvenirs. Tous les jours ou presque, Ethan, son geôlier, lui apporte vêtements et nourriture et l'interroge sur son bien être.

J'ai plongé rapidement dans l'histoire. Elle se lit facilement et rapidement, mais ne laisse pas indifférent. D'ailleurs, le sous-titre sur la couverture (« La vie est un beau mensonge ») résume assez bien l'ouvrage.
En lisant le récit de Grace Carlyle, raconté à la première personne, on découvre une fille au caractère bien trempé, mais qui derrière cette façade est mal dans sa peau, et qui même à sa meilleure amie, Sal, ne dévoile pas tous les pans de sa vie familiale. Par exemple, elle n'aborde jamais la disparition de son père quelques années auparavant.
Petit à petit, on découvre le mal être de Grace derrière les apparences heureuses : son père est mort, sa mère ne s'intéresse pas à elle, elle est livrée à elle-même depuis plusieurs années et dérape dans l'alcool et le sexe, comme si tout cela était tout à fait normal.
Nath, son petit ami, et Sal, sa meilleure amie, sont là autour d'elle et tout pourrait aller pour le mieux si la vie n'était pas aussi compliquée pour Grace.
On s'attache rapidement à l'héroïne, malgré ses défauts. D'autre part, la structure du livre, ces allers-retours entre le moment présent dans cette pièce blanche et l'histoire qui s'enfonce peu a peu dans son passé apportent une profondeur supplémentaire au livre.
L'histoire s'enfonce dans les méandres de la vie de Grace, à travers ses souvenirs. Ses états d'âme ressurgissent comme des vagues qui viennent nous secouer, de même que ses interrogations et de ses réactions. La détresse des adolescents qui souffrent est bien expliquée au travers de cette histoire, qui, au demeurant, est très classique.

Ce livre laisse transparaître une chose : les parents doivent parler avec leurs enfants, sans tabous, sans non-dits, sinon certaines situations peuvent totalement déraper, ce qui aurait pu être évité quand on réfléchit à l'histoire. En conclusion, je dirais que même si par moments, on devine la suite de l'histoire, voire une partie de la chute, ce livre est à lire.

Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 418
ISBN:978-2221127179

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mardi 22 janvier 2013 07:02

Chambre froide, de Tim Weaver

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Chambre froide

L'histoire:
David Raker est un détective, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Un jour, après quelques hésitations il accepte, d'aider Mary, une cliente à enquêter sur son fils Alex, mort un an plus tôt. Il n'aurait sans pas dû...

Mon avis:
Le narrateur est David Raker, ancien journaliste reconverti dans la recherche de personnes disparues. David est tourmenté suite à la mort de sa femme un an plus tôt. Il se retrouve entraîné dans une affaire qui va le pousser dans ses retranchements.

David enquête sur Alex, un jeune homme qui est mort un an auparavant dans des conditions étranges, mais dont la mère maintient l'avoir vu dans la rue quelques mois auparavant. Les débuts de l'enquête n'apporte pas de réponse, mais ensuite des doutes s'insinuent dans les résultats et les incohérences que l'enquêteur découvre. La tension monte et David se sent oppressé.
La mort de sa femme, d'un cancer, y est pour quelque chose. David a du mal à vivre sa situation : il ne dort plus dans sa chambre, laisse la télé allumée quand il est à la maison. Pendant son enquête, les idées de David se rapportent, en arrière-plan, souvent à sa femme. Il se pose beaucoup de questions sur sa situation, sur le pourquoi il fait cela, alors qu'apparemment plus rien ne le retient.
L'histoire le ramène dans ce qu'il aime faire : fouiner, débusquer les informations comme lorsqu'il était journaliste. David va même découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité pendant l'enquête et les découvertes glauques qu'il fait. Il semble qu'il soit en quête de rédemption bien que l'on se demande pourquoi et cette idée de la rédemption à sa place dans l'ouvrage, mais pas forcément là où on le croit.

L'intrigue est bien menée et ne traîne pas. Arrivé vers la troisième partie, je me suis dit: « hum ce ne serait pas x le responsable ? », ce qui c'est confirmé à la fin. Mais c'est peut-être qu'à la lecture de thrillers, Comme ceux de Serge Brussolo, je commence à avoir les idées tordues...
Les rebondissements sont bien amenés, apportant la tension nécessaire à l'intérêt du lecteur au moment de la lecture. mais comme souvent dans ce type d'ouvrage après quelques jours, on se pose des questions sur la crédibilité de certaines situations : Un journaliste peut-il être plus résistant que des hommes entraînés au combat ? Les analyses ADN n'existaient-elles pas en 2003 ? Si on ne s'attache pas à ces détails sur le réalisme de l'histoire, ce livre est à lire.

Éditeur: Ma Éditions
Nombre de pages: 415
ISBN: 978-2-822-401968

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vendredi 18 janvier 2013 07:02

Nous étions faits pour être heureux, de Véronique Olmi

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Nous étions faits pour être heureux

L'histoire :
Véronique Olmi nous raconte une histoire d'adultère, la destruction des couples et nous dévoile petit à petit ce qui a mené à cette situation.

Mon avis :
Certains chapitres, au passé composé, présentent le point de vue de Suzanne; d'autres, au présent, celui de Serge.
Suzanne, la quarantaine, est accordeuse de piano. Sa vie de couple semble heureuse et bien réglée, même si ils n'ont pu avoir d'enfants. Tout semble montrer que Suzanne n'était pas prédestinée à avoir une relation extra-conjugale et que d'ailleurs elle ne pense qu'à sa vie quotidienne qui devient quand même monotone. Cette relation avec Serge, va lui ouvrir les yeux sur sa vie actuelle et sur ce qu'elle veut réellement. L'auteur nous montre une femme qui se libère petit à petit de ses entraves et s'envole vers la liberté, même si elle ressent parfaitement que Serge n'est pas très clair avec elle : elle lui sert de confidente et apparemment à travers sa relation avec elle, il essaie d'éclaircir les points noirs de sa vie.

Le centre du roman ? Serge et sa famille. Tout tourne autour du premier. Il a, semble-t-il, des problèmes avec son rôle de père : il n'arrive pas à trouver sa place et ne sait pas comment s'y prendre avec ses enfants.
Tout au long du livre, on voit son cheminement, la souffrance qu'il ressent dans sa vie de couple et l'événement accélérateur, quand il tombe amoureux de cette inconnue, croisée par hasard.
C'est lui qui prend l'initiative, sur un coup de tête, de trouver cette femme qui lui plaît. C'est lui, qui lui parle de son enfance, de la culpabilité qu'il ressent face aux événements. Des événements dont il n'a jamais osé parler à sa femme, à qui il a raconté une version tronquée, édulcorée. Il est totalement nombriliste, il ne pense qu'à lui et se préoccupe peu des souffrances qu'il inflige autour de lui et aux deux couples (le sien et celui de Suzanne) qu'il détruit. Cette vie de non-dits mine petit à petit le modèle familial des siens. Tout cela n'est pas viable, un couple ne pouvant fonctionner, sur le long terme sur des mensonges et des choses cachées. D'ailleurs, à un moment Serge ne pense qu'à une chose : fuir. Il veut partir, sa souffrance étant trop forte, et lui n'arrivant pas à la partager avec sa famille, se sentant exclu du cercle familial, surtout à partir du moment où sa femme découvre qu'il a une maîtresse. Cela le perturbe et il est pris entre deux feux : il veut revoir cette femme, mais pas vraiment parce qu'il l'aime, mais seulement pour continuer à lui raconter sa vie. On voit au fur et à mesure Serge s'enfoncer de plus en plus malgré l'impression qu'il se sent mieux suite à ses révélations. Les traumatismes de l'enfance sont trop forts pour lui permettre, tout simplement, de vivre avec ses enfants.

Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 230
ISBN: 978-2226242976

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lundi 14 janvier 2013 07:02

Mouche', de Marie Lebey

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Mouche'

L'histoire :
Marie Lebey nous dresse le portrait d'une mère qui entretien des relations particulières avec sa fille...

Mon avis :
La narratrice nous parle de sa mère à travers une série de tableaux de différentes époques, un peu pêle-mêle : La naissance de sa mère, ses enfants, la vie familiale, son cancer qui l'a amené a réfléchir sur sa vie.

Les scènes décrites se veulent à la fois mordantes, ironiques, mais laissent transparaître l'amour que la fille, porte à sa mère, même à travers ses critiques.
Le livre nous explique la vie de la mère, sa manière de fonctionner, d'élever ses enfants. Cette mère qui a perdu son mari et une fille cherche à vivre et l'auteur laisse transparaître un manque d'affection de la mère envers ses enfants, ou plus précisément une grande difficulté à communiquer avec eux après le drame vécu.

À travers ses histoires, la fille nous raconte sa construction d'adulte et le long cheminement pour y arriver, nous expliquant même à un moment que « ce sont mes enfants qui m'ont élevée ».
Malgré tout cela, il n'y a pas de règlements de comptes, juste une ode à l'amour de sa mère qui est intéressante. Mais même si le texte est agréable à lire, on reste un peu sur sa faim et le contenu est vite oublié, ce qui est un peu dommage. (Je l'ai enregistré il y a une quinzaine de jours pour ma femme et il a fallu que je le relise avant de faire ma chronique.) Pour se détendre en peu de temps, ce livre est parfait.

Éditeur : Léo Scheer
Nombre de pages: 125
ISBN : 978-2756-10417-1

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jeudi 10 janvier 2013 07:02

Carnets secrets, de Jean-Luc Delarue.

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Carnets secrets

L'histoire:
Il s'agit du témoignage de Jean-Luc Delarue sur sa vie.

Mon avis:
Le livre couvre sa vie, de petit garçon jusqu'à l'âge de 48 ans.
Ce sont des fragments de ses pensées, de ses sentiments, et de ses réactions qu'il a couchés sur des carnets et dont certains passages sont repris dans le livre.
Il y a une certaine structure, on va de la naissance à la mort, mais c'est un peu fouillis à l'intérieur des chapitres, l'auteur revenant régulièrement sur des sujets lui tenant à cœur, comme les relations avec sa mère, son ex-femme et ses amis.

Jean-Luc Delarue a un regard critique sur sa vie, enfant et adolescent, puis adulte qui laisse transparaître un manque d'amour familial. Mais il est aussi critique vis-à-vis de lui-même, de la manière dont il a laissé sa vie dériver, entre alcool et drogue et de sa propension à ne pas reconnaître ses véritables amis.

On découvre un homme torturé, meurtri depuis la plus tendre enfance, qui nous livre son point de vue sur ses relations avec sa mère et le reste de sa famille qui sont très difficile, se surnommant lui-même « l'invité carte bleue » quand sa famille organise un repas et l'invite. Tous ses récits sur sa famille laissent un sentiment de malaise.

Son arrestation en 2010 est pour lui le déclencheur qui lui permet de prendre conscience de sa situation et de tout faire pour changer de cap. Le soutien de son amie, qui va devenir sa femme, lui donne la force de tout faire pour essayer de survivre, pour son fils, pour elle, pour la vie...

Ce livre est touchant et ne tombe pas dans l'auto-apitoiement. Je conseille fortement sa lecture qui ne laisse pas indifférent, même si on sent que l'auteur s'est quand même retenu... Je pense que l'ouvrage aurait pu être beaucoup plus cinglant et cynique...

Éditeur: l'Archipel.
Nombre de pages: 240.
ISBN:980-2-8098-1024-9.

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