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vendredi 4 octobre 2013 07:10

L'heure du thé, de Chantal Forêt

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L'heure du thé

L'histoire :
Après de longues années de séparation, Nelly doit retrouver Anne, sa sœur, dans un restaurant . Inquiète du lapin posé par Anne, Nelly décide de partir sur ses traces...

Mon avis :
Il s'agit là d'un bon roman psychologique, dans le cadre d'une demeure bourgeoise, un monde ou le temps semble s'être arrêté.

Nous sommes dans un monde d'apparences, de non-dits, ou les journées sont rythmées par l'heure du thé. Nelly veut savoir ce qu'il est arrivé à sa sœur, et cette vie aseptisée qu'elle découvre va d'abord l'étonner, puis la charmer.

Les personnages du domaine de la Boissière, Alice et Paul Maréchal, semblent coulés dans du formol. Les relations entre la mère et le fils sont exclusivement au profit de la première, qui régente absolument tout à la Boissière.

Mado, la gouvernante, est partie prenante dans cette situation de non-bouleversement des habitudes. Elle aussi se plie aux décisions d'Alice, par choix, mais surtout par habitude.

Paul Maréchal est un être effacé qui ne semble pas sûr de lui, qui subit l'emprise de sa mère depuis toujours.

Alice va prendre Nelly sous son aile, mais petit à petit, des tensions vont apparaître. Le mode de fonctionnement de la propriété et les relations entre les personnes qui y vivent (Mado, Paul et Alice) semblent artificiels. Nelly va jouer le rôle de révélateur et faire éclater au grand jour les dissensions de cette famille. Ensuite, il va se dégager une atmosphère d'angoisse sourde qui ne dit pas son nom. Cela flotte dans l'air, sans que personne ne le fasse remarquer.

Grâce à son style, l'auteur arrive à rendre palpable cette sensation de gêne, d'intrusion que les personnages peuvent ressentir. Les éléments nécessaires à la compréhension de l'histoire apparaissent petit à petit, lorsqu'ils sont nécessaires ou pour permettre à l'intrigue d'avancer. Le choix d'un narrateur omniscient pour raconter au passé est pertinent, cela ajoute une profondeur à l'histoire, une gêne supplémentaire.

À lire !

Éditeur: l'Archipel
Nombre de pages: 301
ISBN: 978-2-8098-1232-9

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mercredi 2 octobre 2013 07:01

Protocole 118, de Claire Le Luhern

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Protocole 118

L'histoire :
Suite à la mort d'Adrien Cipras, interné dans un hôpital psychiatrique, une enquête sur le décès d'une personne trente-cinq ans plus tôt est rouverte. Juliette et Patrice sont chargés de trouver des réponses, qui vont faire resurgir un passé pas forcément agréable....

Mon avis :
Voici un roman intéressant. Il s'agit du premier roman de Claire Le Luhern, et dans l'ensemble, il me semble réussi. L'auteur nous plonge rapidement dans l'univers de ses personnages. Un univers sombre.

L'intrigue est bien menée, le suspens présent. Les personnages de Juliette, Antoine, Patrice sont bien décrits. Le dénouement n'est pas attendu. Tout est bien, me direz-vous ?

Ce que je peux reprocher à ce livre, c'est que tous les personnages, sans exception, sont torturés, enfermés dans leurs tourments et addictions. À la réflexion, c'est peut-être un peu trop sombre, et je pourrais retourner la phrase utilisée dans le livre : « la vie c'est jamais ce qu'on croit ».

Pourquoi tout le monde devrait-il être aigri, désorienté, alcoolique, joueur ? On a l'impression que tous les policiers de l'histoire qui travaillent au 36 quai des Orfèvres sont tous des dépravés. C'est regrettable. En tout cas, c'est ce que j'ai ressenti.

L'histoire m'a plu, le livre se lit facilement, le style est fluide, mais je ne me suis pas attaché aux personnages, peu importe ce qui arrive. Il n'y a rien qui nous retient dans les personnages. Tous ressassent le passé quel qu'il soit, et pas un n'essaie d'aller de l'avant, alors qu'en règle générale, on admet que ce sont nos erreurs qui nous font avancer. Le plus important n'est pas la chute, mais le fait de se relever.

Il faudra attendre la fin du roman pour que l'un des personnages prenne, apparemment, conscience de cela.

Le livre aborde le thème de l'addiction, que ce soit le jeu ou l'alcool, mais comme je l'ai indiqué plus haut, on a l'impression que tout le monde est comme ces personnages. Or, dans la vie, c'est loin d'être le cas.

Éditeur: La Tengo Éditions
Nombre de pages: 380
ISBN: 978-2-354-61048-7

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lundi 30 septembre 2013 09:21

Les livres des rai-kirah, III : Le vengeur, de Carol Berg

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Le vengeur

L'histoire :
Seyonne apprend à vivre avec deux âmes et essaie de vivre normalement... Mais l'assassinat de l'empereur va de nouveau bouleverser son quotidien...

Mon avis :
Dans ce troisième et dernier opus de la série des rai-kirah, nous retrouvons tous les ingrédients qui ont fait le succès des deux tomes précédents : le livre foisonne de détails, le scénario est complexe à souhait (voire trop, par moments), les personnages sont toujours complexes eux aussi et attachants.

Au centre de l'histoire, se retrouve encore Seyonne, notre héros, qui continue à chercher des réponses au passé de son peuple. Cette quête, qui tourne à l'obsession, va le pousser dans les recoins les plus profonds de son âme, pour le meilleur et pour le pire. Il s'agit d'une véritable torture de son âme et Seyonne va se battre pour comprendre et essayer de maîtriser ce qui lui arrive.

Tous les autres personnages apparaissent réellement comme secondaires dans ce troisième volume. Ce sont à chaque fois les choix de Seyonne qui orientent directement ou indirectement le récit.

On retrouve aussi Aleksander, plus présent que dans le volume précédent, et c'est une bonne chose. Cela permet de nouveau à l'auteur d'approfondir les relations des deux amis et d'orienter son récit dans de nouvelles directions.

De nombreux bouleversements sont à prévoir, ainsi que des révélations sur le passé du peuple de Seyonne et des rai-kirah.

Du côté des reproches, comme pour le volume précédent, il y a peut-être trop de pages, des digressions dans le récit qui auraient sans doute pu être évitées, au profit de l'histoire, car à vouloir trop détailler, l'auteur a alourdi, à mon sens, le récit qui, par moments, devient trop complexe, trop psychologique. L'histoire tourne autour de l'âme et c'est un thème assez complexe et philosophique, mais je pense qu'il aurait pu y avoir des coupes dans les 780 pages de ce dernier volume.

Dans les thèmes utilisés, on a toujours l'amitié, la vengeance, la compréhension du passé, la psychologie des personnages...

Ce troisième volume est à lire ! (Et la trilogie, si besoin.)

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 780
ISBN: 978-2-07-044295-9

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dimanche 29 septembre 2013 14:11

Lectures de la semaine 39 et prévisions de la semaine 40

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Chaque dimanche, je vais essayer de mettre mes prévisions de lectures:

Semaine 39 

  • Peut-on rire de tout ? De philippe Geluck (JC Lattès)
  • Les enfants de la liberté, de Marc Levy et Alain Grand (Casterman)
  • Le vengeur, de Carol Berg (Gallimard)
  • Protocole 118, de Claire le Luhern (La Tengo éditions) + enregistrement pour ma femme.

Les chroniques des deux derniers livres cités ci-dessus sont prévues pour cette semaine.

Semaine 40 (prévisions)

  • L'heure du thé de Chantal forêt (l'Archipel) + enregistrement pour ma femme.
  • Dans les griffes de la ligue de Jean d'Aillon (Flammarion)
  • Un jour je serai roi de Jean-Michel Riou (Flammarion)
  • La Bible selon le chat (Casterman)

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vendredi 27 septembre 2013 09:40

VIII, de Harriet Castor

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VIII

L'histoire :
La vie d'un jeune homme talentueux, plein d'ambition, surnommé Hal qui deviendra Roi d'Angleterre.

Mon avis : Voici un roman bien fait concernant la vie d'Henri VIII, de sa jeunesse à sa mort. On peut suivre son parcours et ses choix politiques. On découvre surtout son tempérament. C'était un homme cultivé. Il avait été éduqué comme un cadet de famille non-destiné à régner, donc mis un peu à l'écart.

L'auteur nous le présente comme une personne ayant des visions qui le tourmentent dès son plus jeune âge. Visions qui joueront un rôle tout au long de sa vie et de ses choix. Il interprète ses visions comme un signe de Dieu: c'est lui qui doit diriger le royaume et il aura un avenir glorieux.

De réussites en déceptions, ses accès de fureur liés à ses visions le conduiront à des délires concernant la politique et sa vie personnelle.

Harriet Castor nous donne de nombreux détails sur la vie de ce roi, son caractère, sur la vie de l'époque, et les alliances qui se font et se défont au gré des événements. Alliances qui, souvent, auront un impact sur le ressentiment du roi. Elle nous brosse un véritable portrait psychologique de ce roi.

Ce livre se lit facilement, l'histoire est racontée par Hal lui-même, ce qui nous met au plus près de l'action, de sa psychologie et de la manière dont il appréhende son entourage. Tout est captivant dans le récit, même les accès de folie du roi.

Nous apprenons de nombreuses choses sur la vie politique, le fonctionnement du royaume, et sur cet homme cultivé, mais perturbé et que je qualifierais de schizophrène après la lecture de ce roman.

Nous retrouvons aussi, à la fin de l'ouvrage, quelques questions-réponses de l'auteur sur son travail de préparation du roman et ses choix dans la rédaction de l'histoire, ce qui nous permet de mieux comprendre sa démarche. C'est une bonne chose.

Ce livre m'a été offert par MA éditions par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: MA Éditions
Nombre de pages: 415
ISBN: 978-2-822-401890

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