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vendredi 31 janvier 2014 09:49

Elle a disparu, de Gwendolen Gross

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Elle a disparu

L'histoire :
Linsey Hart, jeune fille de dix-sept ans, se préparant à partir pour l'université, disparaît. Son entourage s'inquiète. L'émoi gagne la petite ville... Et pourtant, la vie continue...

Mon avis :
Il ne faut pas s'attendre à un livre basé sur la disparition de la jeune fille. C'est juste un fil conducteur. L'auteur s'en sert afin de brosser un portrait des habitants d'un quartier d'une petite ville américaine. Tout ce qui compte sont les apparences, et quand on dépasse ce stade, on découvre réellement les personnes, leurs travers, leur mal-être, mais parfois aussi leurs bons côtés derrière une attitude désinvolte.

En s'appuyant sur plusieurs personnes de générations différentes, Gwendolen Gross nous fait découvrir ce qui se cache derrière les faux-semblants : entre le vieil homme qui joue de la musique à longueur de journée, qui nous révèle des pans de sa vie et de la difficulté de vivre dans sa famille, la quadragénaire qui est heureuse qu'un petit jeune la trouve attirante, la mère de famille qui oscille entre le passé et la dépression suite à la disparition de sa fille, tout est pensé pour nous faire ressentir la vie de cette petite ville tranquille, où tout se sait (du moins, certains le croient), à un moment ou un autre.

Le lecteur a l'impression que tout se met à craquer, à se fissurer. Les faux-semblants paraissent s'envoler, mais on sent que même cela n'est qu'une façade, que cela ne touche que quelques personnes. Pour les autres, cette vie de façade continue. Au travers de ces portraits qui semblent anodins, l'auteur a quand même un regard critique et acide sur la « middle class » américaine dans laquelle elle vit.

Le livre est très agréable à lire, sans fioritures. Les jours s'égrènent depuis la disparition de Linsey jusqu'au dénouement. Les titres des chapitres sont les lieux où se déroule l'action.

Éditeur: Liana Levi
Nombre de pages: 288
ISBN: 978-2-86746-707-3

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lundi 27 janvier 2014 09:33

En cas de forte chaleur, de Maggie O'Farrell

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En cas de forte chaleur

L'histoire :
Été 1976, chaleur caniculaire. Robert Riordan part acheter son journal, mais ne revient pas. Gretta, sa femme, est désemparée. Elle appelle ses enfants à l'aide...

Mon avis :
Il ne s'agit pas d'un roman policier, mais de la vie quotidienne d'une famille londonienne. Maggie O'Farrel nous raconte les blessures secrètes de chaque membre de la famille. L'auteur dresse un portrait tout en profondeur d'une famille moyenne de la société anglaise, noyée en partie dans ses préjugés vis-à-vis du regard des autres, et du poids de son héritage irlandais.

Que ce soit Robert (qui a disparu), Gretta (sa femme), Michael Francis (le fils), ou Aiofe et Monica (les deux filles), tous ont des problèmes, à différents niveaux, des incompréhensions, et des rancœurs. L'animosité règne entre eux concernant certains sujets. Il y a un conflit de générations par rapport à leur mère, et aussi des conflits entre les enfants. Michael Francis essaie de faire tampon, mais il a aussi des problèmes personnels à gérer.

À partir d'éléments du quotidien et du passé qui resurgit, l'auteur nous entraîne dans les méandres de la vie, des choix que l'on fait, de toutes les questions que l'on peut se poser... Les membres de la famille vont devoir mettre certaines choses à plat entre eux, et petit à petit, aller de l'avant afin de découvrir ce qui est arrivé à Robert.

Chaque personnage a son histoire, et on s'attache à chacun d'entre eux, à des degrés divers, sauf peut-être en ce qui me concerne, à Gretta et Robert. Gretta se retranche derrière son âge et derrière des « migraines » soudaines afin de ne pas répondre aux questions de ses enfants, tout en leur reprochant par moment leurs manières de vivre. Elle a des idées très arrêtées de comment on doit gérer sa vie, mais ne regarde pas son propre comportement.

La disparition de Robert se retrouve au second plan, elle sert de fil conducteur à l'auteur pour nous raconter la vie de chacun des protagonistes. De plus, je trouve que les raisons de sa disparition sont quelque peu malsaines.

Éditeur: Belfond
Nombre de pages: 348
ISBN: 978-2-714-45435-5

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mercredi 22 janvier 2014 13:35

L'homme qui a vu l'homme, de Marin Ledun

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L'homme qui a vu l'homme

L'histoire :
Le roman débute sur un enlèvement en France, puis des scènes de torture. Quelques semaines plus tard, une famille basque lance un appel à témoin suite à la disparition d'un membre de leur famille : Joskin Sasco. Iban Urtiz se voit confier cette affaire. Il va alors découvrir un monde qu'il ne soupçonnait pas...

Mon avis :
Inspiré d'un fait réel, l'affaire Jon Anza[1] , le roman se déroule au Pays basque. Un journaliste, qui découvre la région, est chargé d'écrire un article sur la disparition d'un jeune basque survenue quelques semaines auparavant. Iban Urtiz va se heurter à une loi du silence ainsi qu'à des us et coutumes un peu étranges. Par exemple, une conférence de presse de la famille de Joskin Sasco pour annoncer la disparition du jeune homme. Pourquoi n'y a-t-il pas un simple signalement au commissariat pour disparition inquiétante ?
Avec ses gros sabots, Iban va commencer à creuser cette affaire et découvrir que ce n'est pas un cas isolé.

L'histoire est bien menée, cela ressemble à un reportage. Il ressort de cette lecture une impression de monde à part où les lois ne s'appliquent pas de la même façon. Le lecteur, comme le journaliste, va devoir apprendre à lire entre les lignes pour comprendre les tenants et aboutissants de cette enquête, où tout semble inexorable, implacable.

Plus le journaliste s'empêtre dans les difficultés, plus il s'acharne. Malgré les menaces, les pressions, il mène son enquête pendant plusieurs mois afin d'essayer de découvrir la vérité. Le style de l'auteur, dur, rugueux, accroche le lecteur au plus proche des sensations des protagonistes, cela se ressent au fur et à mesure de la lecture.

On peut éventuellement reprocher quelques ficelles utilisées, comme la relation d'Iban avec Eztia Sasco, mais le tout se tient : la théorie du complot semble émerger de cet univers qui est assez noir, et j'ai ressenti le tout comme néfaste. Quel que soit le camp dans lequel on se place, tout n'est que trahison, complots, compromission, sans qu'il ne soit tenu compte de la place de l'humain dans ce puzzle.

Un roman noir à découvrir !

Cet ouvrage m'a été offert par Babelio et les éditions Ombres Noires dans le cadre de l'opération Masse critique.

Éditeur: Ombres Noires
Nombre de pages: 463
ISBN: 978-2-0813-0808-4

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lundi 20 janvier 2014 10:03

Golden Dogs, T1: Fanny, de Griffo et Desberg

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Golden Dogs, T1: Fanny

L'histoire :
Londres, 1820.
James Orwood décide de constituer une équipe, avec trois autres personnes qu'il recrute afin de devenir le meilleur groupe de voleurs de la ville...

Mon avis :
L'histoire va se dérouler en quatre tomes qui seront tous publiés cette année. Le tome 1 s'intitule «Fanny», et c'est cette dernière qui raconte l'histoire dans ce premier volume. Fanny est une jeune prostituée recrutée par James Orwood afin de rejoindre le groupe de voleurs. Il y a aussi Lario, qui est castrat, mais aussi assassin. Enfin, est recrutée Lucrèce, qui avait été condamnée à l'exil.
Orwood souhaite qu'ils deviennent promptement le meilleur groupe de voleurs de Londres, et il donne l'impression de maîtriser tous les aspects de la situation, en décidant aussi de gravir rapidement tous les échelons pour arriver au sommet.

Les quatre personnages sont assez mystérieux, Lucrèce et Orwood apparaissant sans doute comme les plus énigmatiques et secrets dans ce tome 1.
Il s'agit essentiellement d'une mise en place des personnages et de l'intrigue. La trame du scénario peut sembler déroutante avec ses ellipses, mais on sent déjà que tout ne va pas se dérouler comme les personnages le pensent ou le souhaitent.

Cela se ressent au niveau de la narration et de l'ensemble du graphisme, qui sont assez sombres. Le résultat donne une atmosphère tendue, grave, et la physionomie des personnages accentue cette sensation.
J'ai trouvé le rendu au niveau des regards assez réaliste. Beaucoup de cases jouent sur le regard des protagonistes pour faire passer une émotion, une sensation. L'ensemble de l'histoire est prenant, le lecteur entre dans l'intrigue et se demande comment cela va se terminer.

Cette BD est orientée ado-adultes, mais sur le site de l'éditeur, il est annoncé « à partir de 12 ans ». Certaines scènes étant assez crues, je trouve que c'est trop jeune, je ne conseillerais pas cette BD à des collégiens.

À découvrir !

Le Tome 2 Golden Dogs: Orwood sortira le 23 mai 2014.

Cet ouvrage m'a été offert par Babelio et les éditions Le Lombard dans le cadre de l'opération Masse critique.

Éditeur: Le Lombard
Nombre de pages: 56
ISBN: 978-2-8036-3426-2

Voir une planche de la BD:

Golden Dogs Planche 7

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jeudi 16 janvier 2014 07:01

L'été des lucioles, de Gilles Paris

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L'été des lucioles

L'histoire :
Victor a neuf ans. Ses parents sont séparés. Chaque année, avec sa mère (Claire), sa sœur (Alicia), et Pilar, sa « seconde maman », Victor passe ses vacances au Cap-Martin. Mais cette année, les vacances seront bien différentes des précédentes...

Mon avis :
Voici un livre charmant, agréable à lire. C'est la première fois que je lis un livre de cet auteur et je ne suis pas déçu. C'est tout à la fois léger et sérieux. La vie abordée et vue par le regard d'un enfant, par moments peut-être un peu plus mature que son âge.
Victor est un petit garçon qui se pose rarement des questions sur ce qu'il doit faire, sauf en ce qui concerne les filles, mais il s'interroge beaucoup sur le fonctionnement des adultes. Il ne comprend pas pourquoi ses parents, qui s'aiment encore, ne vivent plus ensemble, pourquoi son père refuse de grandir et de venir au Cap-Martin, alors que l'appartement lui appartient.

Les habitants de la résidence sont, dans l'ensemble, assez pittoresques : entre la baronne d'un certain âge qui se prend d'affection pour Victor, la gardienne qui met son nez partout, et les parents de Justine qui vivent dans leur monde... tout cela crée un monde coloré et vivant.
Lors d'une de ses promenades, Victor rencontre des jumeaux avec qui il se lie rapidement d'amitié. Les trois garçons, accompagnés de Gaspard et Justine, vont partir à l'aventure. Cela va les entraîner plus loin qu'ils ne l'avaient imaginé, surtout Victor.

Avec une pointe de surnaturel, Gilles Paris nous emmène dans une réflexion sur la transition entre l'enfance et l'âge adulte. Dans le roman, les enfants, avec une touche d'insouciance bienvenue, semblent plus réalistes et pragmatiques que leurs parents. Il faudra attendre un déclic pour qu'il y ait une évolution chez ces derniers. Les relations entre adultes sont parfois un peu chaotiques. Victor a un regard lucide sur cette situation, ainsi que sur le comportement de sa sœur, même si par moments, il dit qu'il ne comprend pas tout, car il est trop jeune.

À lire !

Ce livre m'a été offert par Gilles Paris et les Éditions Héloïse d'Ormesson.

Éditeur: Héloïse d'Ormesson
Nombre de pages: 222
ISBN: 978-2-35087-243-8

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