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samedi 10 mai 2014 14:06

L'allée du sycomore, de John Grisham

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L'allée du sycomore

L'histoire :
Clanton: Seth Hubbard est retrouvé pendu, avec un mot exposant ses dernières volontés. Quelques jours après, Jake Brigance reçoit une lettre du mort annonçant qu'il lègue toute sa fortune à sa domestique noire. S'engage alors une bataille judiciaire avec la famille du défunt...

Mon avis :
Vingt-quatre ans après avoir écrit « Non coupable » (réédité sous le titre «Le droit de tuer» qui est d'ailleurs le titre du film), John Grisham reprend le décor de la ville de Clanton et le jeune avocat Jake Brigance. Après avoir posé l'intrigue, l'auteur s'attache à nous faire découvrir ce qu'est devenu Jake Brigance, trois ans après le retentissant procès Hailey. Tout n'est pas rose dans sa vie. Cette nouvelle affaire va vite apparaître comme une solution à ses problèmes. Il va devoir défendre le testament et les choix de Seth Hubbard. La famille du défunt ne l'entend pas de cette oreille. Même Lettie Lang, la bénéficiaire principale du testament, va lui mettre des bâtons dans les roues.

John Grisham détaille avec précision, mais sans que cela soit ennuyeux, la mise en place de la procédure conduisant au procès, s'attachant à montrer le côté rapace des avocats quand il y a beaucoup d'argent en jeu. L'auteur montre le travail effectué par le cabinet de Jake. En parallèle, il montre le travail d'investigation mené par la partie adverse et les coups bas que la procédure peut permettre. Le côté relationnel du travail de Jake est mis en avant, alors que dans le camp adverse, on sent que c'est le côté pécuniaire qui l'emporte. Dès sa première lecture du testament, Jake va être troublé par certains éléments qui lui semblent importants, mais auxquels il n'a pas de réponse à apporter. Puis une trame va émerger à laquelle Jake ne donnera qu'une place secondaire.

Les deux premiers tiers du roman expliquent la mise en place du procès avec la préparation des dossiers. Le dernier tiers s'attache plus au procès en lui-même et à ses rebondissements. Même lors de la préparation du procès (ce qui peut être vu comme rébarbatif), l'auteur a su distiller assez de suspense et de rebondissements pour tenir le lecteur. Cela peut sembler assez long, mais la lecture est fluide et sans anicroche.
John Grisham mène l'ensemble d'une main de maître. La conclusion de l'histoire a été une surprise pour moi, mais somme toute logique.

À lire sans retenue !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Jean-Claude Lattès.

Éditeur: Jean-Claude Lattès
Nombre de pages: 545
ISBN: 978-2-7096-4622-2

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vendredi 9 mai 2014 19:50

Résistances, Tome 2 : le vent mauvais, de Plumail et Derrien

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Résistances, Tome 2 : le vent mauvais

L'histoire : Suite des aventures du triangle amoureux que sont Sonia, André et Louis, lors de l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale...

Mon avis : Cet album contient, comme le premier, de nombreuses informations historiques sur la période. On peut commencer par apercevoir la mise en place des lois anti-juives depuis le commandement allemand, Sonia travaillant pour le colonel Schneider.

Il y a encore, en fin d'album, un petit aperçu de la conclusion de l'histoire, avec quelques planches se déroulant en 1944, mais je ne sais pas si c'est vraiment approprié, car cela dévoile certaines choses, donc il y aura, à mon sens, moins de suspense. D'un autre côté, l'auteur nous raconte comment les protagonistes en sont arrivés là.

Dans ce deuxième tome, les personnages s'affirment, mais une nouvelle fois, ils subissent davantage les événements qu'ils ne les créent. Il y a du rythme dans cet album, mais j'ai eu l'impression que nos trois héros étaient secondaires. Le lecteur les suit, mais c'est tout ce qu'il y a autour qui semble important: par exemple, l'exposition « Le juif et la France », l'interdiction de manifester, les arrestations, etc. Les quelques actes de résistance, de la distribution de tracts à l'attentat, sont sévèrement réprimés.

Sonia travaille comme traductrice pour les Allemands, et est en partie protégée par le colonel Schneider. Louis fait du marché noir, et André semble s'implanter dans la résistance, même si ce côté-là reste encore assez obscur. J'ai trouvé le scénario de ce tome un peu plus plat. Il est beaucoup plus axé sur Sonia, le centre de ce trio amoureux. Dans ce volume, la jeune fille va évoluer et finira par prendre certaines décisions qu'elle repoussait jusque-là. On sent bien, depuis le premier tome, que les choix de vie divergent et que continue une mise en place des éléments nécessaires à la compréhension de l'évolution et des choix des personnages. Et certains de ces choix se retrouvent dans les dernières planches de ce volume.

Le style et les décors sont toujours aussi précis et réalistes. Certaines planches, sans textes, s'intègrent parfaitement dans l'ensemble, et renforcent les émotions des personnages.

J'espère que tout cela va se décanter dans le troisième tome !

Éditeur: Le Lombard
Nombre de pages: 56
ISBN: 978-2-8036-2802-5

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jeudi 8 mai 2014 19:19

Dans un dernier souffle, de Gerda Pearce

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Dans un dernier souffle

L'histoire :
Au Cap, en Afrique du sud, Gin se réveille dans une chambre d'hôpital et apprend la mort de Simon, son amant. Commence alors un long processus de reconstruction qui va entraîner Gin dans son passé.

Mon avis :
Simon est l'amant de jeunesse de Gin. Sa mort va faire resurgir le passé de la jeune femme, et à partir de ce moment-là, un long parcours d'analyse va s'enclencher, avec ses hauts et ses bas. Roman à plusieurs voix, « Dans un dernier souffle » se sert de la fin de l'Apartheid pour aborder la complexité des relations amicales et familiales. Gin, Vivienne, Michael, Hannah, Simon, Jonnie : chacun a choisi sa voie suite aux événements qui ont bouleversé leurs vies.

Les relations familiales et interraciales des protagonistes, qui vivaient en Afrique du sud, sont passées au peigne fin : pour des raisons religieuses, les familles des jeunes amants s'opposaient à leur union et la pression était forte. En toile de fond, Gerda Pearce dresse un portrait de l'Afrique du Sud de la fin de l'Apartheid et de la réconciliation, tout en laissant apparaître que de nombreuses choses sont inachevées ou dérangeantes. Les échecs ou les réussites des vies des protagonistes sont analysés de manière approfondie et cela entraîne le lecteur dans la découverte des conservatismes encore en vigueur et la dureté du régime de l'Apartheid.

C'est un roman assez noir qui laisse parfois entrevoir un avenir meilleur, mais ce dernier semblera illusoire. Cette ambiance oppressante m'a mis mal à l'aise. Derrière les apparences, la plupart des personnages sont déchirés par le passé, certains secrets liés à l'Apartheid et au non-dits de leur jeunesse. Les protagonistes ont des personnalités complexes. L'auteur alterne les événements se déroulant dans le présent et dans le passé. Ces derniers sont présentés en italique, ce qui est très pratique pour le lecteur.

Petit à petit, le lecteur découvre les éléments nécessaires à la compréhension de l'intrigue. Les rebondissements sont bien amenés et les explications à certains problèmes concernent essentiellement les relations familiales qui pourront paraître sordides.

Je récrimine souvent à propos des mauvais choix lors de l'adaptation du titre en français, mais pour une fois j'ai trouvé ce choix pertinent. À lire si vous n'êtes pas une âme sensible !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Marabout.

Éditeur: Marabout
Nombre de pages: 384
ISBN:978-2-501-08678-3

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mercredi 7 mai 2014 09:24

Le manoir des sortilèges, de Serge Brussolo

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Le manoir des sortilèges

L'histoire :
Gilles, un jeune écuyer, se retrouve brutalement au service d'un chevalier sanguinaire qui va se lancer dans une quête afin de lever la terrible malédiction qui pèse sur lui...

Mon avis: Avec «Le manoir des sortilèges», Serge Brussolo nous emporte dans un monde médiéval où superstitions et sorcières cohabitent. Gilles, par devoir, est attaché à chacun de ses maîtres, et le dernier en date ne fait pas exception. Le chevalier Foulques de Braz commet des atrocités sans nom (il dévore de jeunes enfants, suite à une malédiction) et l'écuyer fait son possible pour le protéger.

Le jeune héros a un caractère assez superstitieux. Il redoute l'enfer, mais malgré cela, il obéit aux ordres de son maître. Il oscille entre soumission et révolte, mais par peur, il repousse régulièrement cette dernière.
Foulques de Braz a une âme dévorée par le mal. Il est un guerrier impitoyable et il semble essayer de résister à la malédiction (dévorer des enfants), mais ce n'est pas possible. Il se met régulièrement en chasse, et massacre toute personne voulant l'empêcher d'accéder à son repas.
Tara est une jeune sorcière qui doit accompagner les deux hommes si elle veut retrouver la liberté. Elle est intelligente, maîtrise beaucoup de choses sur la sorcellerie, et se rend vite indispensable.

L'ambiance lugubre décrite par l'auteur, les actions du chevalier, le manoir et les événements qui s'y déroulent créent un malaise chez le lecteur. L'idée des moutons protecteurs est vraiment bien trouvée et les scènes qui en découlent sont dans la droite ligne de ce dont Serge Brussolo est capable : avec des choses anodines, saugrenues, il met en place les éléments nécessaires à son intrigue afin d'égarer le lecteur et de mieux le manipuler. Un élément est mis en avant et il semble important pour l'histoire. Puis, hop, l'auteur l'escamote avec une grande facilité, le reléguant au second plan.

Attention je dévoile certaines informations Attention informations sur l'intrigue dévoiléesMasquer Attention informations sur l'intrigue dévoilées

C'est le cas avec l'explication que donne le chevalier à Gilles : il a tué son ancien maître au combat afin de récupérer l'écuyer uniquement pour sa poudre qui fait briller les armures. Or, cette poudre va servir quelques fois sans qu'il y ait d'utilité dans l'histoire.

Il y a de nombreux rebondissements. En même temps que la recherche dans le manoir, qui est une sorte de huis clos, l'auteur nous entraîne dans les méandres de son imagination. La fin est surprenante, c'est vraiment une bonne surprise.

Un bon cru chez Brussolo !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions du Masque.

Éditeur: le Masque
Nombre de pages: 405
ISBN: 978-2-7024-4106-0

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vendredi 2 mai 2014 10:01

La mauvaise pente, de Chris Womersley

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La mauvaise pente

L'histoire :
Wild, un médecin qui fuit son procès, rencontre Lee, un jeune homme blessé par balle. Étant dans l'obligation de coopérer, ils quittent le motel où ils se trouvent pour un lieu plus sécurisé.

Mon avis :
Chris Womersley nous raconte l'histoire de deux hommes à la dérive suite aux choix qu'ils ont faits dans la vie. Lors de leur périple, d'abord distants, les deux hommes finissent par se rapprocher, puis se livrent à des confidences sur leur situation, leur vie. Le lecteur découvre leur parcours et ce qui les a poussés à en arriver là. Ils veulent reprendre en main leur vie, leur destin, mais ce n'est pas simple.
Wild, médecin généraliste, drogué à la morphine, a tout perdu : son travail, sa femme, sa fille, ses amis. Il explique cela de manière lucide. Il est parfois désespéré, et voudrait, comme son acolyte, repartir sur une base saine, mais l'addiction est toujours présente, de plus en plus forte.
Lee, un jeune homme, s'est enfui avec un peu d'argent appartenant à des truands pour lesquels il travaille. Au passage, il a pris une balle dans l'estomac. Il a déjà fait de la prison. Lui aussi semble avoir du mal à trouver sa place dans la société, et en même temps, il y a une sorte de naïveté dans ses choix, malgré des réactions déterminées et pleines de sang froid.

L'auteur nous fait découvrir les deux hommes, à travers un portrait savamment brossé. Lee et Child sont complexes, tout à la fois fragiles, perturbés, mais aussi réactifs, violents et lucides sur ce qu'ils font. Le romancier montre aussi que derrière ces deux hommes au lourd passé, il y a des familles désemparées, détruites.

Dans une telle situation, poursuit-on une chimère ? Une fois de mauvais choix faits, peut-on modifier son destin ? Peut-il y avoir rédemption ? Derrière ces questions que je me suis posées, Chris Womersley nous livre un récit implacable qui ne laissera pas insensible. L'ensemble est très fluide. Les chapitres s'enchaînent avec une grande facilité, et les rebondissements sont judicieusement placés.

Un très bon livre !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Albin Michel.

Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 331
ISBN: 978-2-226-25811-3

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