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mardi 29 avril 2014 21:41

Une ombre au tableau, de Joseph Hone

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Une ombre au tableau

L'histoire:
À la mort de sa mère, Ben Contini rencontre Elsa Bergen. Selon le père de cette dernière, Ben doit lui délivrer un secret... L'enquête commence.

Mon avis :
Le thème de l'ouvrage (les spoliations nazies) est intéressant. Cependant, attention: vous risquez une grosse déception en lisant ce roman. Il est centré sur la quête de Ben et Elsa, qui décident de faire la lumière sur l'affaire du tableau de Modigliani découvert par hasard. Les deux personnages sortent d'une douloureuse rupture amoureuse (Katie pour Ben, Martha pour Elsa), et cherchent une échappatoire. Ben décide de trouver l'origine de ce tableau coûte que coûte, car il pense que cela l'éclairera quant à la solution.

L'intrigue est légère, les ficelles sont grosses, trop grosses même. Le suspense n'est pas vraiment présent. J'ai du mal à ressentir de l'empathie pour les personnages qui semblent très mal dans leur peau, pas du tout sûrs d'eux. À un moment, tout d'un coup, Ben se révèle quelqu'un de très efficace avant de sombrer de nouveau dans la fadeur. Il paraît être une véritable girouette, sans épaisseur.

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sa petite amie s'est suicidée il y a quelques jours, sa mère est morte, et dès qu'il voit une jeune femme qui ressemble à Katie, il en tombe amoureux. À la fin il se verrait bien faire sa vie avec Martha...

Le caractère des deux personnages est peu creusé à mon goût. L'intrigue principale est délaissée pendant un long moment, au profit d'une intrigue secondaire déclenchée par un long voyage en péniche, ce qui devrait permettre à l'auteur d'approfondir les protagonistes, mais il n'en est rien. Si les événements qui conduisent à ce voyage peuvent s'expliquer, les découvertes sur la péniche et ce qui arrive ensuite sont des rebondissements discutables, car peu crédibles. Il aurait été plus intéressant de rester centré sur l'intrigue principale.

Même si ce roman est bien écrit, je n'ai pas accroché à cette histoire. Dommage.

Cet ouvrage m'a été envoyé par les éditions Baker Street.

Éditeur: Baker Street
Nombre de pages: 344
ISBN: 978-2-917559-41-3

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samedi 26 avril 2014 11:27

Pour quelques milliards et une roupie, de Vikas Swarup

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Pour quelques milliards et une roupie

L'histoire :
Sapna, une jeune femme, se voit proposer un étrange marché : elle peut hériter d'une immense fortune. En échange, elle doit juste réussir sept épreuves...

Mon avis :
L'action se passe en Inde. Nous découvrons donc la vie quotidienne de la population de ce pays. Entre une Inde passéiste dans certaines régions et tournée vers l'avenir dans d'autres. À la lecture, j'ai quand même ressenti la pauvreté ambiante qui règne dans une grande partie du pays.

Sapna, suite à la mort de son père, a dû prendre en main l'avenir de sa famille et cesser ses études pour travailler. Suite aux différents drames survenus, il y a des incompréhensions, des non-dits, entre elle et Neha, sa sœur, mais aussi avec sa mère. Même si elle se situe en arrière-plan, la religion tient une place importante, et on remarque également que les traditions, même rétrogrades, ou illégales ont la vie dure.

Sapna se retrouve embarquée dans une situation qui la dépasse. Elle va tout faire pour se sortir de là. Pleine de bons sentiments, elle veut absolument aider son prochain, sans tenir compte de la réalité du pays. Dans certains cas, elle est même un peu utopiste. Sans le savoir au départ, l'héroïne enchaîne des épreuves de plus en plus compliquées, mais petit à petit, elle s'enhardit.

Les personnages sont creusés. Acharya, le milliardaire, semble mégalomane. Neha paraît totalement frivole et attachée à son apparence. Sapna a l'air d'avoir la tête sur les épaules, et quand elle perd pied, elle peut compter sur son ami, Karan, qui veille régulièrement sur le bien-être de la petite famille. Pour notre plus grand plaisir, il y a de nombreux rebondissements, et le suspense est bien présent, jusqu'à la fin. Les différents thèmes traités derrière une légèreté apparente (comme la corruption, la vengeance, la pauvreté, la richesse, la célébrité), s'imbriquent parfaitement pour former un tout cohérent. La lecture est simple et fluide. Le découpage en sept parties est un choix judicieux dans le cadre des sept épreuves.

À lire absolument pour un bon moment de détente !

Éditeur: Belfond
Nombre de pages: 404
ISBN: 978-2-7144-5417-1

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jeudi 24 avril 2014 10:55

Chiens de la nuit, de Kent Anderson

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Chiens de la nuit

L'histoire :
La vie quotidienne d'un flic, Hanson, vétéran du Vietnam, dans un quartier défavorisé de Portland. Il essaie tant bien que mal de faire son métier.

Mon avis :
Ce roman est assez dur, dans la réalité quotidienne qu'il décrit. Hanson est totalement désabusé de la vie et du quartier dans lequel il travaille. Il reste profondément marqué et tourmenté par les événements qu'il a vécus au Vietnam. Hanson semble faire ce métier parce pue c'est la seule chose qui ressemble à ce qu'il a appris à faire : la guerre, le combat.

Kent Anderson nous livre une vérité crue, parfois amère, quant à la vie quotidienne de ces quartiers et des flics qui y exercent. La scène la plus banale peut tourner à l'émeute et les flics ne sont pas vraiment appréciés. Ils emploient régulièrement des méthodes peu orthodoxes.

Le racisme réciproque entre les blancs et les noirs est bien montré, surtout lorsque les blancs sont des policiers dans un quartier noir. Hanson, comme ses collègues, se voit comme un chien de garde chargé de limiter la casse et de faire respecter l'ordre. On découvre aussi que, comme dans tout métier, les policiers ne s'entendent pas forcément entre eux, et que cela entraîne des rivalités houleuses.

À la lecture, j'ai ressenti que le personnage principal n'arrivait pas à tourner la page, les réminiscences du passé étant régulières et nombreuses. Hanson est ambivalent : d'un côté, il fonctionne comme ses collègues, tout en refusant de trop les fréquenter, et d'un autre côté, il est par moments écoeuré par les méthodes employées, alors que lui-même les applique. Cette ambiguïté se retrouve également dans sa vie privée : il n'arrive pas à savoir ce qu'il veut.

Le personnage principal est bien creusé, analysé, l'auteur lui a donné du volume. Il en est de même pour le contexte historique et sociologique. Drogue, violence, désespoir : la réalité, racontée de manière simple, brute, donne à l'ensemble un sentiment de malaise. Après ce livre, on comprend bien que la vie américaine n'est pas forcément celle à laquelle on pensait avant la lecture.

Un livre bien écrit, mais dérangeant.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 628
ISBN: 978-2-07-045436-5

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mercredi 23 avril 2014 12:19

Yoko Tsuno, Tome 4 : aventures électroniques, de Roger Leloup

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Yoko Tsuno, Tome 4 : aventures électroniques

L'histoire :
Dans ce quatrième volume de la série, nous retrouvons Yoko Tsuno qui laisse libre cours à ses talents, à travers plusieurs petites aventures...

Mon avis :
Il s'agit d'un recueil de six petites histoires, ayant pour personnage principal Yoko Tsuno. Elles ont été publiées dans le Journal de Spirou entre 1970 et 1971, puis regroupées dans cet album. On découvre donc Yoko avant la série.
Ces histoires sont très inégales. Il y a beaucoup de haute technologie, et l'ensemble se lit sans problème, mais certaines (comme « L'ange de Noël ») me laissent dubitatif quant à leur raison d'être (c'était déjà le cas lorsque je l'avais lu étant plus jeune, il y a environ trente ans).

C'est le côté téméraire, impulsif, de Yoko et tous les éléments de science-fiction qui sont mis en avant, comme dans « La Belle et la Bête » ou « l'araignée qui volait ». Ce sont des éléments clés que nous retrouvons dans la série. Mais là, l'ensemble est bien fade. Le tout est trop simple, car les histoires n'ont pas été développées à cause du format choisi. Il aurait peut-être été intéressant d'en reprendre complètement une ou deux et d'en faire un véritable album, plutôt que cette simple juxtaposition d'histoires courtes.

Certains personnages récurrents dans ces petites histoires, comme le commissaire de police, disparaissent de la série, alors que l'on voit Pol seulement dans une histoire. Sans parler de certaines invraisemblances... Exemple: « Cap 351 » où l'auteur a voulu mettre son héroïne en avant. Malgré un graphisme qui donne déjà une idée précise de ce que sera la série, cet album est très décevant.

Éditeur: Dupuis
Nombre de pages: 48
ISBN: 978-2-8001-0669-4

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lundi 21 avril 2014 12:02

De la part d'Hannah, de Laurent Malot

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De la part d'Hannah

L'histoire :
1961, dans un petit village de Dordogne, Hannah (bientôt onze ans), rentre chez elle après trois ans passés dans un sanatorium. Elle retrouve son père et ses grands-parents. Elle va faire une découverte sur elle-même et sur sa mère disparue huit ans plus tôt...

Mon avis :
Voici une histoire bien construite, un scénario simple, mais accrocheur. L'histoire d'Hannah est prenante et le lecteur suit avec attention la vie quotidienne de cette fillette. Hannah découvre des secrets de famille et commence à voir son regard évoluer, en pleine guerre d'Algérie. Le contexte a son importance dans ce récit : une dizaine d'années après la fin de la seconde guerre mondiale, dans un petit village qui tarde à s'ouvrir au monde extérieur.

Les non-dits, les aigreurs, les mégères ont leur place dans ce récit, que le langage simple d'Hannah vient dédramatiser. Son regard, son attitude, sa façon de parler sont criants de vérité.
La présence d'un bordel au village est un drame sans nom pour les bien-pensantes de la communauté, tout comme la présence de la mère d'Hannah au sortir de la guerre. On découvre les regards étriqués, je dirais même la jalousie, qui émanent de ces personnes qui ont besoin de montrer qu'elles existent. Les grands-parents d'Hannah sont en avance sur leur temps, d'une certaine manière : ils vivent tous les deux dans le même village, mais dans des maisons différentes, car ils ne se supportent plus. Le père d'Hannah, lui, est étrange : il est autoritaire, mais fuit devant ses responsabilités. Il donne l'impression de ne pas être au bon endroit et de ne pas comprendre le monde qui l'entoure.

L'ostracisme, la différence, et même d'une certaine manière, l'indifférence, sont les ingrédients de ce roman que nous conte une fillette qui a un caractère bien trempé. Cette lecture, sans drames à outrance, fait vraiment du bien.

Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 225
ISBN: 978-2-221-13554-9

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