Aller à la recherche

samedi 25 octobre 2014 15:14

La mer les emportera, de Nick Dybek

Partage Partager le billet

La mer les emportera

L'histoire :
Loyalty Island, ville de pêcheurs, non loin de l'Alaska. John Gaunt, riche propriétaire, est proche de la mort. De ce fait, l'avenir de la ville est en jeu...

Mon avis :
Loyalty Island est au milieu de nulle part. Sans les Gaunt et la pêche, la ville n'existerait pas. On découvre une ville qui ne vit que par une seule activité, maintenue financièrement à bout de bras par une seule famille. Toute la ville dépend de cette manne. La mort prochaine de John Gaunt va pousser quelques hommes à faire des choix difficiles pour leur avenir. Cal va se retrouver, par inadvertance, au milieu de cette affaire, et il devra, lui aussi, faire des choix.

On voit le mode de fonctionnement de la population: tout le monde se connaît, la plupart des hommes partent des mois entiers en mer, pendant que les femmes et les enfants attendent à la maison.

Derrière une histoire simple, se cachent un drame très profond et une étude sur la nature humaine. Qu'est-ce que l'homme est prêt à faire pour survivre ? Cal Bollings raconte l'histoire qui lui est arrivée quatorze ans plus tôt alors qu'il n'était encore qu'un jeune adolescent. Il précise dès le départ que cette histoire le hante toujours. Son père, Henry, était le capitaine de l'un des bateaux de John Gaunt.

Cal est assez introverti. Il regarde ce qui se passe avec un sentiment d'impuissance. De plus, lors de sa découverte, il hésite sur la conduite à tenir, et il s'imagine régulièrement en Jim Hawkins, jeune enfant de «L'île au trésor», vivant de nombreuses aventures avec le capitaine Flint, son héros (car selon Henry, ce dernier n'a pas toujours été mauvais). Sa mère est enceinte, mais cela n'empêche pas la famille de se déchirer.

Au cours de cette période, Cal construira son identité et fera ce qui lui semblera le plus juste pour lui et ceux qui l'entourent. D'ailleurs, le nom de la ville ne doit pas être anodin. Au long du roman et avant le dénouement, quelle que soit la personne en scène, la situation est toujours ambiguë, rien n'est totalement tranché. Le lecteur, de son côté, se pose beaucoup de questions sur ce qu'il aurait fait dans cette situation. Rien n'est simple.

Le roman est bien écrit, l'auteur ne pose pas de jugement. Il énonce les faits, que j'ai trouvés glauques dans l'ensemble.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Presses de la Cité dans le cadre de l'opération Masse critique, organisée par Babelio.

Éditeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 305
ISBN: 978-2-258-10542-3

Acheter « La mer les emportera » sur Amazon

Partage Partager le billet

jeudi 23 octobre 2014 17:57

Rage Blanche, de Becky Masterman

Partage Partager le billet

Rage Blanche

L'histoire :
L'affaire du tueur en série de la Route 66 va refaire surface dans la vie de Brigid Quinn, un ancien agent du FBI. Brigid va être plongée dans son passé et va tout faire pour démêler cette affaire.

Mon avis :
C'est le personnage principal, Brigid Quinn, qui raconte l'histoire. Elle donne quelques explications sur son passé, comme agent du FBI, et comment elle en est arrivée à se marier après avoir pris sa retraite.
L'enquête concernant le tueur de la Route 66 n'avance pas beaucoup. Officiellement, Brigid n'a plus le droit d'enquêter. De plus, elle devra gérer d'autres problèmes et se retrouver bien seule face à ses anciens collègues.

Brigid est quelqu'un de tourmenté. Son caractère est creusé, elle a de l'épaisseur. On sent que son passé est lourd et que les décisions qu'elle prend, parfois au-delà de la logique, sont souvent dictées par les difficultés qu'elle a traversées. Elle joue un personnage, et cache ce qu'elle est réellement à ses proches. Ses décisions sont pragmatiques. tous les autres personnages sont à peine effleurés. Ils sont simplement un peu plus approfondis quand l'histoire le nécessite. C'est dommage, cela aurait pu rendre l'intrigue plus consistante.

Le scénario est bien ficelé, sans tomber dans la facilité, même si quelques ficelles sont un peu trop simples par moments. Il s'agit d'une lecture agréable et légère. À part quelques scènes d'actions ne vous attendez pas à du grand frisson.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions JC Lattès.

Éditeur: JC Lattès
Nombre de pages: 380
ISBN: 978-2-7096-4226-2

Acheter « Rage Blanche » sur Amazon

Partage Partager le billet

lundi 20 octobre 2014 15:24

Bullet Armors T2, de Moritya

Partage Partager le billet

Bullet Armors T2

L'histoire :
Ion, accompagné de Serena, espère toujours retrouver son père. En parallèle, il souhaite toujours devenir le plus grand breeders de tous les temps.

Mon avis :
Dans ce second volume[1], l'action prédomine. Il y a presque uniquement des combats et peu de réflexion. C'est un public jeune qui est visé, avide de sensations et d'adrénaline. Cela explique sans doute le scénario.

Ion va donc passer son temps à combattre de nouveaux personnages, dont un qui semble presque aussi jeune que lui et qui paraît très fort. Son but est d'éliminer tous ceux qui sont contre lui. De plus, nos deux héros vont devoir échapper aux Bakers, qui détestent les tremors. D'ailleurs, on ne sait toujours pas pourquoi une telle haine existe entre eux. Il n'y aura pas d'informations là-dessus dans ce volume.

On commence également à découvrir certaines capacités du tremor de Serena, mais l'histoire est toujours aussi floue. Outre les combats, la situation évolue peu. Il y a quand même, comme dans le premier volume, quelques scènes comiques, mais je suis resté sur ma faim. Les planches sont bien dessinées, mais le scénario est trop plat à mon goût, malgré le rythme donné par les combats.

Heureusement, la série ne compte que six tomes. J'espère que l'intrigue évoluera fortement dans le tome 3, sinon, cela risque d'être long... Un peu de réflexion ne ferait pas de mal...

Éditeur: Kana
Nombre de pages: 192
ISBN: 978-2-5050-6031-4

Acheter « Bullet Armors T2 » sur Amazon

Partage Partager le billet

vendredi 17 octobre 2014 17:31

La Dame de pique, d'Alexandre Pouchkine

Partage Partager le billet

La Dame de pique

L'histoire :
Lors d'une partie de cartes, un homme (Tomski) raconte que la comtesse Anna Fédotovna posséderait le pouvoir de savoir quelles cartes jouer pour gagner. Herman, qui est présent, voit dès lors son avenir sous un autre jour...

Mon avis :
Il s'agit d'un grand classique de la littérature. C'est une nouvelle fantastique. C'est un modèle du genre. Pouchkine dresse un portrait de la bonne société russe du dix-neuvième siècle.
Nous avons l'impression d'être dans une nouvelle classique, réaliste, puis nous basculons dans le fantastique après la disparition de la comtesse. La comtesse est une vieille femme, qui ne vit que dans ses souvenirs, et martyrise son entourage, dont sa pupille. Cette dernière ne semble pas très attachée à la comtesse, et vit difficilement la situation. Herman est quelqu'un de calculateur, sans scrupules. Pouchkine déroule son intrigue, et on suit son cheminement jusqu'à la chute. L'écriture est maîtrisée et fluide.
Tout au long de la nouvelle, en note, des termes sont expliqués, détaillés, exposant le contexte. C'est une très bonne chose. Cela aide vraiment à la compréhension de l'histoire.

À la suite de cette nouvelle, on trouvera un ensemble de dossiers, avec une étude de l'image, la vie littéraire russe, une étude de la Dame de pique, un groupement de textes thématique sur « Fantôme et fantasmes », un groupement de textes stylistique, une chronologie sur Pouchkine et un guide pour une fiche de lecture. Il est indiqué que la nouvelle « la Dame de pique » est recommandée pour les classes de collège.

Les documents et explications donnés sont très intéressants. Ils nous plongent vraiment dans le contexte de l'époque, mais j'ai quelques remarques à faire: Concernant l'étude de l'image, « les Vieilles » de Francisco Goya, on peut regretter la taille de la reproduction du tableau. Il aurait au moins pu faire la taille d'une page. Là, on se rapproche du timbre poste, et il n'est pas simple de lire l'analyse en regardant le tableau, à moins d'aller chercher une reproduction sur internet.

De plus, il aurait été intéressant d'expliciter le vocabulaire spécifique utilisé. Quand on emploie le terme de « chromatique », on devrait se douter que ce n'est pas forcément à la portée de tout le monde, a fortiori dans un ouvrage recommandé pour les classes de collège (et plus spécialement les élèves de quatrième, car la nouvelle fantastique est au programme). Les élèves de ce niveau sont loin d'avoir tout le bagage nécessaire à la compréhension des explications données. D'ailleurs, cette remarque peut s'étendre à tout le dossier. Le contenu n'est pas mis au niveau de collégiens. C'est, à mon sens, un dossier plus orienté Lycée (le groupement de textes stylistique renforce cette impression).

Par contre, le guide pour rendre compte de sa lecture est bien fait.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages: 112
ISBN: 978-2-07-045645-1

Acheter « La Dame de pique » sur Amazon

Partage Partager le billet

jeudi 16 octobre 2014 14:13

S comme survivre, de Lincoln Child et Douglas Preston

Partage Partager le billet

S comme survivre

L'histoire :
Gideon Crew accepte une nouvelle mission : voler, pour des raisons obscures, une page d'un manuscrit très ancien. Cela va le mener dans une quête extraordinaire qui pourrait bouleverser l'humanité.

Mon avis :
Troisième aventure de cette nouvelle série, « S comme survivre » nous permet de suivre Gideon Crew dans les missions périlleuses qui lui sont assignées. Comme pour les deux tomes précédents, je regrette le choix du titre français. Il aurait été plus judicieux de traduire simplement le titre original « The Lost Island » (L'île Perdue). Je comprends aussi que l'éditeur souhaitait garder une certaine visibilité et une cohérence à la série, mais la mauvaise traduction des titres est présente dès le premier tome. (Que fera l'éditeur français si par hasard la série dépasse les 26 tomes?) Gideon travaille toujours pour l'EES, qui a, à sa tête, Glinn, un homme se déplaçant en fauteuil roulant, et qui sait appuyer sur la corde sensible pour obtenir ce qu'il souhaite.

Le point de départ de cette nouvelle mission est de voler un manuscrit très ancien. À partir de là, les découvertes qui seront faites vont entraîner Gideon dans une quête très particulière. Si vous lisez mes deux premières chroniques[1][2] sur cette série, vous constaterez que je trouvais le résultat moyen. Or, j'ai beaucoup plus apprécié ce troisième volume, même si on peut trouver le côté mythologique de l'histoire un peu tiré par les cheveux.

L'ensemble se tient bien, l'écriture des auteurs est toujours aussi fluide et agréable à lire. Dans cette histoire, Gideon fera équipe avec une femme, Amy. Cette dernière a aussi un caractère bien trempé et semble totalement sûre de ce qu'elle fait. Pendant un bon moment, Gideon aura plus un rôle de suiveur, ce qui le ramènera à une place un peu plus humaine et moins de surhomme que l'on a pu découvrir au début de la série.

Les auteurs ne s'attardent pas trop sur le fil conducteur (Gideon a une maladie incurable), mais cela est quand même régulièrement rappelé avec les éléments nécessaires, ce qui n'oblige pas à la lecture de toute la série pour comprendre. La personnalité des protagonistes set bien développée. Les auteurs essaient d'insérer du suspense en créant une attente (au moment où le parchemin est analysé), mais j'ai trouvé cela un peu longuet pour découvrir l'information attendue.

En parallèle, les événements vont s'enchaîner avec gradation et l'action va rarement faire défaut. Le côté mythologique est bien amené et cela donne une touche fantastique à l'histoire. Après être resté un peu dubitatif là-dessus, je me suis pris au jeu, mais cela ne plaira pas forcément à tout le monde.

Comme à la fin du roman précédent, il y a une annonce de ce que sera sans doute l'intrigue du quatrième tome.

À mon sens, ce troisième volet est peut-être, actuellement, le mieux réussi de la série.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions l'Archipel par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Éditeur: l'Archipel
Nombre de pages: 362
ISBN: 978-2-8098-1574-0

Acheter « S comme survivre » sur Amazon

Partage Partager le billet

- page 116 de 154 -

Page top