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mercredi 5 novembre 2014 19:17

Un livre, un arbre et des emmerdes, de Julien Simonet

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Un livre, un arbre et des emmerdes

L'histoire :
Juliette vivait, avec Gui, une vie qu'elle pensait idéale. De son côté, Axel Leyrat vient d'écrire un livre et veut se faire publier. Pour arriver à ses fins, il semble prêt à tout...

Mon avis :
Le roman alterne les chapitres consacrés à Axel et ceux consacrés à Juliette. Il y a une double-narration. On entre rapidement dans le vif du sujet pour Axel. Cela est un peu plus long pour Juliette, mais c'est voulu. Les histoires de ces deux personnages se déroulent et finissent par se croiser. L'auteur nous fait découvrir par petites touches les raisons qui ont poussé Axel à se lancer dans l'écriture. En parallèle, il nous dévoile la vie de Juliette, ainsi que ses désillusions.

Les deux personnages vont avoir des problèmes de couple. On pourrait s'attendre à un scénario convenu, mais ce n'est pas le cas, Julien Simonet arrive à nous surprendre. Axel et Juliette veulent absolument réaliser leurs rêves. Mais cela ne se déroule pas comme ils le pensaient.

Axel va découvrir les joies du parcours de l'écrivain débutant. Il devra faire des choix draconiens. Juliette pense qu'elle a raté sa vie et veut à tout prix rectifier le tir dans les plus brefs délais. À travers ce roman, il y a aussi une découverte de ce qu'est la vie de couple et ce qu'on attend de l'autre. Les motivations et le comportement des protagonistes sont tour à tour sérieux, anecdotiques, amusants. Ce qu'ils font par moments peut être considéré comme dramatique, mais la façon dont c'est abordé nous fait plutôt sourire. Cela fait un roman qui, sous couvert de légèreté, évoque des sujets importants, comme le choix de vie que l'on fait.

Par contre, je pense que le style d'écriture entre les deux personnages n'est pas assez tranché. Une ou deux fois, je me suis dit: « Tiens, c'est bien Juliette qui parle, là ? », et j'ai vérifié rapidement le titre du chapitre. C'est un peu dommage. Mais il s'agit d'un détail et le style de l'auteur est très fluide et agréable, sans difficulté. De plus, je me suis bien amusé à enregistrer ce livre pour ma femme.

À découvrir !

Éditeur: Scrineo
Nombre de pages: 287
ISBN:978-2-3674-0169-0

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samedi 1 novembre 2014 15:01

Renaissance, de Jean-Baptiste Dethieux

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Renaissance

L'histoire :
Jean Malenc essaie de retrouver sa femme et sa fille qui ont disparu. Après un accident, il a des troubles de la mémoire, mais il veut faire la lumière sur ce qui est arrivé à sa famille.

Mon avis :
Petit roman qui ressemble beaucoup à une nouvelle, « Renaissance » nous emmène dans les profondeurs du cerveau, entre illusions et réalité. Le narrateur, qui est le personnage principal, nous raconte sa quête. Il déprime, il dépérit depuis la disparition de sa femme et de sa fille. Il veut savoir où elles sont. À partir de souvenirs qui remontent à la surface, d'étranges photos qu'il reçoit par e-mail, il va suivre un parcours initiatique qui lui permettra de découvrir ce qu'il cherche.
Le personnage de Jean est assez perturbé. Des allusions disséminées au cours de l'histoire montrent qu'il est toujours à la frontière entre deux mondes.

Le style est soutenu et agréable à lire. J'ai quand même trouvé le récit un peu trop long par moments. Cela est sans doute dû à la lenteur et à la situation précaire de Jean.Les personnages qui gravitent autour du protagoniste principal entretiennent l'ambiguïté de la situation. On a vraiment l'impression qu'on essaie de le ménager, mais on n’en saisit pas totalement les raisons.

Les traumatismes de l'enfance ressurgissent parfois lors d'un choc plus récent: c'est ce qui arrive ici. Certaines choses laissent des traces. Même si je n'ai pas été surpris par le dénouement, celui-ci est bien amené.

À découvrir !

Éditeur: Taurnada Éditions
Nombre de pages: 186
ISBN:978-2-37258-000-7

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vendredi 31 octobre 2014 12:47

Les yeux plus grands que le ventre, de Jô Soares

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Les yeux plus grands que le ventre

L'histoire :
Rio de Janeiro, fin des années 1930. Des femmes très grosses sont assassinées. Le commissaire Noronha est chargé de l'enquête. Il va être aidé dans cette tâche par Esteves, un ancien policier portugais...

Mon avis :
Il s'agit d'un roman sans prétention, qui se déguste comme une bonne pâtisserie : on passe un agréable moment. Dès le départ, on connaît le meurtrier et on suit l'évolution des meurtres, avec en parallèle l'enquête de la police, mais on ne ressent pas l'oppression que l'on trouve dans les thrillers.

Il y a de l'humour dans ce roman, souvent du second degré. L'équipe des enquêteurs est assez improbable, entre l'ex-policier portugais devenu pâtissier, le commissaire assez strict, l'adjoint de police qui semble introverti, mais qui révélera des côtés insoupçonnés et pour finir la journaliste intrépide qui vit à cent à l'heure.

L'arme du crime est déjà un événement à elle seule : la nourriture ! L'ensemble du récit est décalé. Le tueur est un véritable psychopathe, mais son comportement prête à sourire. C'est la même chose pour les autres personnages, comme Esteves qui peut être loufoque ou sérieux, ou alors quelque chose d'incongru vient perturber l'ensemble et rend le récit plus léger.

Le contexte historique n'est pas simple, puisque le pays est sous une dictature et que l'Allemagne Nazie continue son expansion. Cependant, on ne se sent pas oppressé lors de la lecture. Les anecdotes amusantes, par exemple les publicités radiophoniques, aident à faire passer les informations, tout en faisant sourire. Au cours du récit, on découvre les motivations du tueur, le travail des enquêteurs (qui, honnêtement, semble léger) et le récit s'imbrique jusqu'au dénouement.

Dans le récit, il y a quelques pauses, avec des événements qui n'ont rien à voir avec l'enquête, mais c'est, à mon avis, pour mieux montrer l'absurdité de la situation et du décalage qui existe entre le ressenti sur les meurtres par la population et la vie qui continue comme si de rien n'était.

À déguster sans retenue pour passer un bon moment de détente !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages: 314
ISBN: 978-2-07-045608-6

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jeudi 30 octobre 2014 14:37

La ferme, de Tom Rob Smith

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La ferme

L'histoire :
Daniel habite Londres. Il reçoit un appel inquiet de son père qui habite en Suède, car sa mère a quitté l'hôpital psychiatrique où elle est internée. Daniel, surpris, se prépare à partir lorsque sa mère l'appelle...

Mon avis :
Il s'agit d'un thriller psychologique. Daniel va recevoir sa mère et cette dernière va lui raconter ce qui lui est arrivé. Dans les deux premiers tiers du roman, elle explique ce qu'elle a découvert et le complot ourdi contre elle pour la faire taire. Entre vérité et paranoïa, la frontière est parfois mince.

Toutes les familles ont des secrets. C'est le cas ici. D'un côté, Daniel n'a pas parlé de sa vie privée à ses parents. De l'autre, ses parents cachent aussi des choses. Le héros va tout faire pour essayer de démêler la vérité et de se forger sa propre opinion quant à sa situation. Lors de ma lecture des deux premiers tiers du roman, j'ai eu la même réaction que lui. Il est dans une position délicate, ne sachant qui croire de son père ou de sa mère. Cela peut détruire sa famille. De plus, il va se rendre compte qu'il ne connaît pas réellement ses parents. Il y a beaucoup de choses qu'il ignore. (C'est sans doute ainsi dans toutes les familles.)

L'auteur s'est basé sur son histoire personnelle afin d'écrire un roman autour de ce sujet. La lecture est addictive, mais j'ai davantage apprécié la fin du roman que le début, où par moments, j'aurais souhaité mettre des claques à la mère de Daniel. D'ailleurs, toute cette partie est, à mon avis, trop lente. C'est fait pour faire monter la tension, mais je me disais: « Abrège! Où veux-tu en venir ? ». Cela bouge un peu plus par la suite, sans doute parce que des réponses sont apportées à nos interrogations.

Le dénouement n'est pas surprenant. Ce livre montre que les non-dits et les douleurs du passé peuvent prendre une grande place et influer fortement sur la psychologie d'une personne. L'histoire se lit très facilement, l'auteur maîtrise bien la structure et les effets se trouvent aux bons endroits.

À lire !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Belfond.

Éditeur: Belfond
ISBN: 978-2-7144-5720-2

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mercredi 29 octobre 2014 12:32

Le syndrome indigo, de Clemens J. Setz

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Le syndrome indigo

L'histoire :
Clemens Setz, jeune enseignant, arrive dans un institut où les personnes sont atteintes d'une maladie très particulière : le syndrome indigo. Ce syndrome crée des malaises et des nausées dans l'entourage. Suite à certaines pratiques étranges, Clemens Setz décide d'approfondir ses connaissances sur le devenir des élèves et le syndrome indigo.

Mon avis :
Ce livre est très troublant. Il est même incompréhensible. Lors de la lecture, on trouve la structure très étrange, mais on pense que l'histoire va avancer. Or, plus on avance, plus c'est incompréhensible. Il y a bien la trame d'une histoire, avec quelques points de liant, mais tout autour, c'est totalement décousu. Les personnages sont tous cinglés, cyniques, incompréhensibles. De nombreuses pistes sont ouvertes, mais il n'y aura pas de réponses.

Le personnage de Robert semble, à un moment, cohérent, puis ça part en vrille du style : «Robert avait la sensation d'avoir bu un sirop épais par les yeux.» . Clemens Setz (le personnage), semble lui aussi sacrément atteint. Il alterne entre des phases de lucidité et d'autres où ce qu'il dit, voit, ressent est totalement irréaliste. Toute la société semble atteinte par le syndrome, mais il n'y a aucune explication. Seule, sa femme, semble être capable de le contrôler et de le canaliser, toujours sans explications. On voit apparaître une trace de complot, puis cela n'aboutit à rien. Certaines scènes sont loufoques, d'autres, totalement incompréhensibles.

Je me suis même demandé ce que l'auteur avait pris comme substance pour avoir écrit comme cela... En tout cas, elle devait être forte! Lors de la lecture, on a l'impression qu'il va y avoir une éclaircie, que l'on va enfin comprendre, mais on déchante rapidement quand on devine que cela ne sera pas le cas. À la fin du roman, à part les effets du syndrome indigo, on n'en sait pas plus. La quatrième de couverture explique que l'auteur joue avec les psychoses contemporaines... Lesquelles ? Celles de côtoyer des gens malades ? Il y aurait aussi des traces d'épouvante, mais hormis des choses incompréhensibles et du glauque, je n'ai rien vu de tel.

Une belle déception, comme c'est le cas pour d'autres (j'ai un peu cherché sur le net pour voir si le problème de compréhension ne venait pas de moi), j'ai l'impression que l'auteur est un peu trop au-dessus (ou au-dessous, au choix) de nous...

Je ne conseille pas ce roman (ou en connaissance de cause).

Éditeur: Jacqueline Chambon
Nombre de pages: 459
ISBN: 978-2-330-03437-5

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