17mai 2016

Dent d'ours T3 : Werner, de Yann et Alan Henriet

Dent d'ours T3 : Werner

L'histoire :
25 avril 1945, Hanna Reitsch atterrit dans une rue de Berlin, assiégée par les armées soviétiques. Elle transporte un haut dignitaire nazi.

Mon avis :
Contrairement à ce que j'avais dit à la fin de ma chronique du tome 2[1], les auteurs ne concluent pas l'histoire avec ce tome 3. Ils ont décidé de poursuivre l'aventure avec un nouveau cycle. Il y aura des réponses, mais pas toutes. Cela m'a un peu déçu.

Ce troisième tome s'attache au personnage de Werner. Hannah, accompagnée de Werner / Max, s'entraîne pour une dernière mission secrète. L'album suit la même structure que les précédents. Il mélange toujours personnages et événements réels et fictifs. On y voit la fin du IIIe Reich et l'état de la ville de Berlin en ce mois d'avril 1945. Il y a quelques flashbacks qui font la lumière sur ce qui est arrivé à Max et Werner dans leur jeunesse. Il y a aussi quelques informations sur le triangle amoureux que formaient les trois enfants.

Le personnage d'Hannah m'est toujours antipathique. Elle reste ancrée sur ses positions. Werner est taciturne, en retrait. On ne sait pas trop ce qu'il pense.
Le récit est aussi rythmé qu'auparavant. L'aviation y tient encore une place importante, mais pas centrale. Pourtant, j'ai ressenti de la lassitude à la lecture de ce volume. À part un rebondissement important au cours de l'album, je n'ai pas eu l'impression d'avancer.

Le dessin reste classique. Le travail effectué sur les avions est très précis. L'ambiance sombre, tendue est bien rendue par les couleurs employées.

Titre: Dent d'ours T3 : Werner
Auteur: Yann
Dessinateur: Alain Henriet
Éditeur: Dupuis
Nombre de pages: 48
ISBN: 978-2-8001-6290-4
Date de publication: 7 mai 2015

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13mai 2016

Tout n'est pas perdu, de Wendy Walker

Tout n’est pas perdu

L'histoire :
Jenny Kramer, quinze ans, est victime d'un viol lors d'une soirée. Ses Parents (Charlotte et Tom) acceptent que leur fille reçoive un traitement afin d'effacer ses souvenirs pour qu'elle puisse se reconstruire plus facilement. Pourtant, l'état psychologique de Jenny va se dégrader.

Mon avis :
C'est un thriller psychologique. L'intrigue est intéressante et complexe. L'auteur s'appuie sur les progrès des médicaments pour soigner ou atténuer les effets post-traumatiques. Il précise dans une note à la fin de l'ouvrage que de tels médicaments sont en cours d'étude. C'est selon moi une aberration de vouloir soigner des personnes en effaçant leurs souvenirs de drames.

Le récit est prenant et intrigant. Il y a du suspense et les faits sont assez horribles. Le doute, concernant les personnages, est omniprésent. Alan Forrester est le psychiatre qui suit Jenny et ses parents. Il connaît le problème de la jeune fille, car il soigne un soldat qui a suivi le même traitement.

Je n'ai pas accroché au personnage d'Alan, ni à celui de Charlotte. Le médecin est imbu de lui-même. Il déclare à plusieurs reprises qu'il n'a échoué qu'avec un de ses patients. C'est quelque peu prétentieux. Le reste du récit abonde dans ce sens (et pour moi, ce n'est pas la fin du roman qui corrige cela).
La mère de Jenny est dans le paraître. Si les faits disparaissent, il n'y a plus de problèmes. En fin de compte, elle ne pense pas réellement au bien-être de sa fille, mais plutôt à sa petite personne.
Jenny est une adolescente complètement perdue qui veut essayer de retrouver la mémoire afin de savoir ce qui s'est réellement déroulé lors de son agression.

Tom veut retrouver l'agresseur. Cela tourne même à l'obsession (et cela peut se comprendre). Cela accentuera les problèmes au sein de cette famille. Mais il y a aussi d'autres secrets que le psychiatre va essayer de découvrir et enrayer.

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, à m'adapter au style d'écriture. C'est sans doute dû au ton condescendant du narrateur. Il faut déjà attendre le chapitre 7 pour savoir qui il est. De plus, il interpelle régulièrement le lecteur pour que ce dernier prenne son parti (ce qui a eu plutôt l'effet inverse sur moi). Sans compter qu'il fait de nombreuses digressions que j'ai trouvées inopportunes (même si cela prend sens à la fin). Ce découpage fait que j'ai ressenti de nombreuses lenteurs. J'ai eu l'impression de ne pas avancer dans l'histoire. L'auteur aurait peut-être dû sabrer dans son récit afin de donner davantage de rythme.

Service presse numérique des éditions Sonatine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Tout n’est pas perdu (All Is Not Forgotten)
Auteur: Wendy Walker
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 352
Traduction: Fabrice Pointeau
ISBN: 978-2-3558-4515-4
Date de publication: 12 mai 2016

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10mai 2016

Gangsterland, de Tod Goldberg

Gangsterland

L'histoire :
Sal Cupertine est un tueur à gages qui officie à Chicago. Lors d'une opération, il dérape un peu (lui-même dit qu'il est allé trop loin), en éliminant des agents fédéraux. Il doit fuir.

Mon avis :
Me voici de nouveau avec un roman des éditions Super 8 et je suis encore content de ce choix. L'auteur a tiré ce roman d'une de ses nouvelles « Mitsva ». Comme Tod Goldberg l'indique dans les remerciements, l'histoire est sombre et violente. Mais la façon dont c'est raconté et le personnage principal apportent une touche d'humour.
Nous suivons Sal Cupertine dans ses pérégrinations. Il a un travail qui n'est pas de tout repos : il est tueur à gages. Malgré sa profession, je me suis rapidement attaché à lui. Il analyse toutes les situations, les possibilités, puis il agit. On sent bien qu'il n'a pas vraiment d'états d'âme et que sa priorité, c'est sa famille et lui.

Il y a un décalage entre Sal, son caractère et son d'identité d'emprunt. Le voilà parachuté dans un monde dans lequel il n'aurait jamais pensé se retrouver : pour passer inaperçu, il devient rabbin. Il a un regard acéré sur la communauté qu'il guide spirituellement. Il montre qu'on peut rapidement faire illusion avec quelques citations bien choisies (la plupart des siennes sont extraites de Neil Young ou Bruce Springsteen au lieu de la Torah, Le Talmud et le Midrash). L'implication apparente fait le reste. Cela crée des scènes amusantes. Surtout que pour lui, afin de régler un problème, il suffit de le supprimer définitivement. Enfin, il découvre vite que derrière le fonctionnement en apparence normal de la synagogue, se cache quelque chose de plus retors. Attention, au cas où des personnes se poseraient la question, l'auteur ne fait pas de critique de la religion. Dans cette histoire, il montre comment des hommes la détournent à leur profit.

La mise en place est peut-être un peu lente. C'est nécessaire afin de bien comprendre dans quel état d'esprit se trouve le personnage principal. De plus, le récit est rythmé.
Le F.B.I. n'a pas le beau rôle dans ce roman. Il est montré comme ne souhaitant pas réellement faire la lumière sur le meurtre de ses agents afin de ne pas trop perturber la population : le premier bouc émissaire venu fera un bon coupable, surtout s'il est mort.

Malgré de nombreux meurtres et de la tension, le récit reste léger et agréable à lire.

À découvrir !

Service presse numérique des éditions Super 8 par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Gangsterland (Gangsterland)
Auteur: Tod Goldberg
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 354
Traduction: Zigor
ISBN: 978-2-3705-6040-7
Date de publication: 4 mai 2016

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08mai 2016

La loi du silence, d'Anita Terpstra

La loi du silence

L'histoire :
Au cours d''une sortie scolaire lors d'un week-end, Sander, onze ans, disparaît, alors que le camarade qui l'accompagnait est retrouvé mort. La famille de Sander va alors vivre de longues années difficiles.

Mon avis :
Le titre français de ce roman est bien choisi. Je le précise car j'ai tendance à être mécontent quand l'adaptation du titre ne correspond pas au titre original ou au contenu du livre. Il s'agit du quatrième roman d'Anita Terpstra. Il est totalement maîtrisé. C'est un bon thriller. L'intrigue est angoissante. Au cours de la lecture, le lecteur se pose de nombreuses questions et l'auteur le mène là où elle le souhaite.

La famille Meester a vécu un drame horrible lorsque Sander a disparu. Cela a grandement modifié la vie des parents, Alma et Linc, ainsi que d'Iris, la fille aînée. La réapparition du fils prodigue va faire resurgir des blessures du passé qu'il va falloir surmonter.
Alma a toujours pensé qu'elle reverrait son enfant un jour. Elle a tout fait pour cela. Elle n'agit pas dans la nuance, elle est toujours dans l'excès quand il s'agit de son fils. Cela a toujours entraîné des frictions avec sa fille et cela recommence.
Iris a un comportement ambivalent. Elle est complètement perdue malgré les airs qu'elle se donne.
Linc semble beaucoup plus posé, réfléchi. Il essaie d'inculquer des choses à ses enfants, mais Alma bloque toujours ses initiatives.
Sander est perturbé, mais sans plus. Pour lui, le passé, c'est le passé. Il ne faut pas s'appesantir dessus. Son comportement évoluera, ce qui amènera sa famille à se poser des questions. Leur fils a beaucoup changé. Mais quoi de plus normal après un enlèvement de six ans ? Les personnages cachent des informations sur les événements qui se sont déroulés six ans plus tôt.

Par petites touches, en distillant certaines informations, et avec quelques retours en arrière, la romancière brosse un portrait assez angoissant de la jeunesse d'Iris et de Sander.
L'ambiance du roman est de plus en plus oppressante. Le récit est rythmé. J'ai eu de l'empathie pour la plupart des personnages, sauf Alma et Sander auxquels je n'ai pas accroché.
On se fait des idées, on a des théories, mais Anita Terpstra cache bien son jeu et arrive encore à nous surprendre.
Manipulations et mensonges sont les principaux ingrédients de ce roman.

À lire !

Titre: La loi du silence (Anders)
Auteur: Anita Terpstra
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 354
Traduction: Emmanuèle Sandron
ISBN: 978-2-207-13095-7
Date de publication: 22 avril 2016

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07mai 2016

101 nanars, une anthologie du cinéma affligeant mais hilarant, de François Forestier

101 nanars, une anthologie du cinéma affligeant mais hilarant

L'histoire :
François Forestier présente 101 films, qui selon lui, sont des nanars.

Mon avis :
J'ai été intrigué par ce livre. François Forestier[1] est journaliste et il est également nègre[2]. C'est un spécialiste du cinéma. À travers sa vision décalée et un humour parfois décapant, il revisite une centaine de films à sa façon. Certains sont des horreurs absolues, d'autres sont mauvais sur les dialogues ou tout simplement datés.

Dans la préface, l'auteur précise qu'il a un peu retouché la liste de films proposés. Pourquoi en avoir supprimé certains ? Il ne l'explique pas et c'est dommage.
De plus, sur la quatrième de couverture, plusieurs films sont cités, dont la plupart ne se trouvent pas dans l'ouvrage. Après quelques recherches, j'ai l'impression que c'est en grande partie la quatrième de couverture du volume 2 « Le retour des 101 nanars » qui a été reprise, et non celle du volume 1 qui est ici réédité.
Doublement dommage (j'aurais bien aimé lire la chronique de « La soupe aux choux » ou « Independence Day »).

Les chroniques sont inégales, ce qui n'est pas une surprise pour un ouvrage de ce type. Ensuite, suivant les films présentés, on peut avoir un avis différent (exemple pour moi avec « Love Story » et quelques autres), mais souvent, on rit de bon coeur. Sa présentation de « Top Gun » me fera désormais voir ce film sous un autre angle. Pendant ma lecture, je me suis demandé comment certains de ces films avaient pu être financés.

Du côté des ovnis, il y a selon moi « Terror of tiny Town », dont les acteurs sont exclusivement des nains (on peut trouver de longs extraits sur le net, cela vaut son pesant de cacahuètes).

Que l'on soit d'accord ou non avec François Forestier, pour les cinéphiles, c'est un livre à avoir près de soi, afin de piocher et lire une chronique de temps à autre. Cela permettra de se détendre et de passer un bon moment.

Je ne peux terminer cette chronique sans vous mettre un petit extrait pris parmi ceux qui m'ont fait le plus rire:
« Le premier (et, on l'espère ardemment, dernier) western chantant entièrement joué par des nains. (...) Un type de taille normale arrive sur scène: il présente cette « saga des grands espaces » et entend inculquer quelques centimètres de respect au spectateur médusé: « Les nains sont des gens comme les autres », dit-il, alors que tout le film, dans son imbécillité abyssale, démontre le contraire.»

À découvrir !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

Titre: 101 nanars, une anthologie du cinéma affligeant mais hilarant
Auteur: François Forestier
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 373
ISBN: 978-2-207-13190-9
Date de publication: 14 avril 2016

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