25avr. 2017

Ne dites jamais jamais, de Nathalie Stragier

Ne dites jamais jamais

L’histoire :
Pierrick se retrouve propulsé dans le futur, un monde hostile pour les hommes. Andrea et Pénélope, accompagnées d’Antares, décident de tout faire pour le retrouver et le sauver d’un désastre.

Mon avis :
Ce troisième tome clôture la série « La fille du futur[1][2] » avec brio. Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans le futur. Andrea se retrouve transférée dans une époque qu’elle ne connaît pas et à l’instar de Pénélope dans les tomes précédents, elle doit s’adapter. C’est à son tour de tâtonner dans une société dont elle ne maîtrise pas les codes. Il y a des passages amusants, légers, mais le ton reste sérieux.

Il y a de l’action, un peu de suspense, et la fin n’est pas surprenante en soi. Je m’y attendais un peu.
C’est un roman à plusieurs voix : Pénélope, Andrea, et parfois Pierrick. On suit les pensées des protagonistes avec intérêt. Je trouve que dans ce volume, c’est Andrea qui évolue le plus et qui gagne encore en maturité.

Nathalie Stragier apporte les réponses aux différentes questions soulevées dans les tomes précédents. J’ai trouvé que l’une de ces réponses était un peu trop simpliste, mais cela cadre avec le récit. Par contre, il est dommage qu’elle n’ait pas développé la théorie d'Andrea à propos de Rosalind. Cela aurait été intéressant. Ces remarques ne sont que des détails à côté du plaisir que j’ai eu à lire ce troisième volume. C’est fluide, rythmé, et toujours agréable.

Cette trilogie se lit avec une grande facilité, sans pour autant tomber dans la simplicité. À travers son récit, l’auteur aborde, avec un regard mordant, les inégalités et les clichés qui sévissent dans nos sociétés : sexisme, écologie, pollution, etc. Et cela fait le plus grand bien.

À lire sans modération.

Service presse des éditions Syros par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Titre: Ne dites jamais jamais
Auteur: Nathalie Stragier
Éditeur: Syros
Nombre de pages: 496
ISBN: 978-2-74-852317-1
Date de publication: 6 avril 2017

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20avr. 2017

Infinity 8, tome 3 : L'évangile selon Emma, de Lewis Trondheim, Olivier Balez et Fabien Vehlmann

Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma

L’histoire :
Emma Ô-Mara est un marshall en vacances sur l’Infinity 8. Elle est réquisitionnée afin de mener la mission d’exploration de la nécropole qui bloque le vaisseau. Or, tout dérape immédiatement.

Mon avis :
Une des premières remarques concernant ce troisième tome, c’est qu’il y a très peu d’humour contrairement aux précédents. Dans ce reboot, ce sont les religions et l’appât du gain qui sont les thèmes principaux. L’ensemble est toujours kistch et conforme au reste de la série.
Les personnages principaux ont peu d’empathie pour leurs congénères. Parmi les personnages secondaires, il y a toujours Robbie, le robot, présent sous une nouvelle forme.

Dans ce récit, une bande de mercenaires s’est regroupée afin de piller la nécropole, chacun ayant un but bien précis : faire fortune, collectionner certains objets, mettre la main sur des preuves prouvant la véracité de la religion Tholman.

Emma Ô-Mara est très pieuse. Elle n’agit que pour et par sa religion. Dans notre vie quotidienne, on la considérerait comme une fanatique. Cela rend son personnage intéressant, car on ne sait pas trop comment elle va réagir suivant les événements. Par contre, elle agit toujours avec calme et sérénité. Les autres personnages sont des psychopathes dans l’âme. On ne sait jamais d’où le coup va partir, et les rebondissements sont inattendus. Cet album ressemble un peu à un conte philosophique, religion et argent ne font pas bon ménage.

C’est un album très coloré. Il y a beaucoup d’aplats. Pour le personnage principal, comme Fabien Vehlmann l’indique en fin d'ouvrage, ils se sont inspirés d’Emma Peel[1]. Pour preuve, elle change constamment de tenue, ces dernières sont toujours taillées avec goût, et sa coiffure est toujours impeccable.

Un troisième tome un peu plus sombre, mais néanmoins intéressant.

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre: Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma
Auteur: Lewis Trondheim / Fabien Vehlmann
Dessinateur: Olivier Balez
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 96
ISBN:978-2-36981-261-6
Date de publication: 16 mars 2017

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18avr. 2017

Wake up America t3, 1663-1665, de John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell

Wake up America T3: 1963-1965

L’histoire :
1963-1965. John Lewis devra faire des choix, parfois contre son propre camp, afin de faire avancer ses convictions, et espérer, avec l’aide des autres organisations pro droits civiques, obtenir le droit de vote des noirs.

Mon avis :
Ce tome 3 fait 254 pages. C’est le plus gros de la trilogie[1][2]. Il couvre la période septembre 1963 – 6 août 1965 avec la ratification de la loi sur le droit de vote. Les pages sont toujours en noir et blanc et le résultat est superbe. La noirceur et la violence sont habilement rendues et on ne peut pas rester insensible à ces images, surtout lorsqu’on sait que c’est une histoire vraie. De plus, comme je l’ai déjà indiqué dans les chroniques précédentes de cette trilogie, il y a toujours des relents nauséabonds de ce type dans nos sociétés actuelles.

Le récit se complexifie car les événements sont de plus en plus nombreux et violents. La tension continue de monter. Une chose frappe lors de la lecture : c’est l’abondance du récit, des dialogues.
John Lewis raconte avec justesse les tenants et aboutissants de cette lutte pour les droits civiques, et en même temps, il ne cache pas les dissensions qui s’accentuent au sein même de son propre camp. Les attentats, les assassinats, la répression dont sont victimes les noirs sont racontés avec précision et détails et on découvre que la société américaine de l’époque se moquait royalement de ce qui pouvait se dérouler dans les états du sud, tant que leur petit quotidien n’était pas bouleversé.
Il y a tellement d’action qu’il faut faire attention à ne pas perdre le fil des événements.

Au cours de l’album, il y a toujours quelques pages concernant le jour de l’investiture de Barack Obama, qui tranchent avec le reste du récit beaucoup plus sombre.

Une trilogie à l’histoire très actuelle. D’ailleurs, c’est ce que confirme la dédicace au début de l’ouvrage : « Aux anciens enfants du mouvement et à ceux à venir ».
À lire, à relire et à faire découvrir.

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre: Wake Up América T3: 1963-1965
Auteurs: John Lewis, Andrew Aydin
Dessinateur: Nate Powell
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 254
Traduction: Matz
ISBN: 978-2-36981-045-2
Date de publication: 22 février 2017

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14avr. 2017

Parmi les vivants, de Charlotte Farison

Parmi les vivants

L’histoire :
Arturo, la trentaine, obtient un poste dans une grande société. Il prend la place d'une jeune femme, Lise Marshal. Or, l'entreprise est assez sibylline sur les motifs du remplacement de la jeune femme.

Mon avis :
J’ai un avis très mitigé sur ce roman. Le début est très lent, et j’ai eu du mal à voir le lien entre les deux intrigues, qui se dévoile seulement au plus du tiers de l’ouvrage. Ensuite, je me suis vraiment plongé dans l’histoire, et j’ai suivi avec intérêt ce qui arrive à Arturo d’un côté, et à Shula de l’autre. Par contre, vers la fin du récit, j’ai été déçu par un rebondissement que j’ai trouvé totalement incongru.

Chaque protagoniste raconte son histoire. Les chapitres alternent entre Arturo et Shula.
Arturo est un jeune homme qui ne fait pas grand-chose de sa vie et qui se retrouve embauché dans un grand groupe, ce qui est une grande surprise pour lui. Il y a de nombreuses digressions le concernant, ce qui entraîne quelques longueurs. En même temps, on découvre petit à petit le passé du jeune homme.
Shula est une call-girl qui accepte un dernier contrat, avant de changer d’air. La jeune femme ne se dévoile pas vraiment. Il y a du mystère autour de sa personne. Je me suis demandé, pendant tout le roman, pourquoi elle agissait ainsi, car elle semble avoir un but précis.

Des personnages secondaires (Victor, Richard etc) gravitent autour des deux protagonistes, et apportent un peu plus d’épaisseur au récit.
L’histoire racontée par l’auteur n’est pas totalement vraisemblable, mais on s’y laisse prendre. L’écriture est agréable et fluide. J’attendais le dénouement avec impatience. Or à la fin, que ce soit pour Arturo ou Shula, j’estime ne pas avoir eu de réponses à mes questions, ce qui est dommage.

Titre: Parmi les vivants
Auteur: Charlotte Farison
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 608
ISBN: 978-2-3705-6083-4
Date de publication: 2 mars 2017

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28mar. 2017

Mal parti, de Monique Jouvancy

Mal parti

L’histoire :
On suit le récit de la vie du fils d’une famille de province, de sa jeunesse jusqu’à sa vie d’adulte.

Mon avis :
C’est un petit roman d’un peu moins de 160 pages. Est-on prédestiné ? Reproduit-on ce qu’on a connu ? Y a-t-il un libre arbitre ? Ce sont les différentes questions que je me suis posé lors de ma lecture. Il s’agit d’un récit, essentiellement à l’imparfait.
La plupart des protagonistes ne portent pas de noms: le fils, le père, la mère, la petite. Ce sont des personnes indistinctes. Elles se fondent dans la foule, dans la masse. Cela peut être n’importe qui : un voisin, un membre de la famille, etc.

Le fils aîné est le mal aimé de la famille. Tout lui est reproché, surtout depuis la mort de son petit frère, alors que lui-même n’avait que deux ans et demi. Ses parents portent constamment un jugement négatif sur lui, et le lui font savoir. Cela est pire, à mon sens, que de la maltraitance physique. Comment se construire dans un tel environnement ? Quelle vie peut-on avoir avec une telle éducation ? L’auteur apporte ses réponses et déroule son inéluctable histoire.

Dans l’argumentaire, il est précisé que la narratrice est la jeune sœur. Or, je n’ai pas réussi à expliquer (ou à comprendre), pourquoi elle parlait d’elle à la troisième personne. Et à part l’intérêt de prendre une certaine distance par rapport aux événements, j’ai trouvé que cela alourdissait le récit, sans compter les phrases à rallonge.
Il y a un regard dénué de jugement. Aucune empathie ne se dégage du récit. Cela donne un résultat étrange. On doute que quelque chose de positif ressorte de ce récit.
Il s’agit d’un roman inhabituel qui ne plaira pas à tout le monde à cause de son style.

Titre: Mal parti
Auteur: Monique Jouvancy
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 156
ISBN: 978-2-2830-3024-0
Date de publication: 2 février 2017

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