18mai 2017

Little girl gone, d'Alexandra Burt

Little girl gone

L’histoire : Estelle Paradise est secourue après un grave accident. À l’hôpital, elle découvre qu’elle est soupçonnée d’avoir fait disparaître Mia, sa fille de sept mois. Une longue angoisse commence.

Mon avis : Le thème utilisé est classique. Estelle est fortement perturbée et a peu de soutien dans son entourage. Comme elle a perdu la mémoire, elle accepte, sous la pression de son mari, de se faire interner dans un hôpital psychiatrique. De cette manière, elle pourra sans doute faire la lumière sur les événements qui ont conduit à la disparition de son enfant.

L’auteur s’appuie sur la psychologie d’Estelle afin de développer un suspense assez prenant. Cette mère de famille est instable, et les éléments donnés par l’héroïne ne plaident pas en sa faveur. On découvre qu’elle fait une dépression post-partum et les idées quelle a vis-à-vis de sa fille sont assez dérangeantes.

En même temps, elle vit un cauchemar éveillé. L’anxiété est son mode de vie avant et après la disparition de Mia. C’est un véritable puzzle qui va se remettre en place, de manière lente, très lente. D’ailleurs, il ne faut pas s’attendre à un rythme soutenu, l’auteur prend son temps. J’ai été aspiré par l’histoire, mais malgré cela, j’ai ressenti quelques longueurs lors de certains passages. Il y a aussi l’incapacité de la police à mener une enquête digne de ce nom. Mais le thème central est celui de cette mère dépressive qui veut savoir ce qu’il est arrivé à son enfant.

Titre: Little girl gone
Auteur: Alexandra Burt
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 430
Traduction: Santiago Artozqui
ISBN: 978-2-207-13358-3
Date de publication: 13 avril 2017

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09mai 2017

Paysage après la bataille, de Éric Lambé et Philippe de Pierpont

Paysage après la bataille

L’histoire :
Une femme observe une toile dans un musée. Elle est totalement absorbée dans la contemplation de cette scène de bataille jonchée de morceaux de corps. Peu de temps après, elle arrive dans un camping isolé.

Mon avis :
Il s’agit d’un ouvrage assez intrigant : il fait environ 400 pages, et il y a très peu de texte. Il faut donc s’attacher aux dessins pour comprendre l’histoire. Au cours de ces pages, nous suivons Fany. Cette dernière semble complètement perdue. Elle va s’isoler dans un petit camping pour séjours de longue durée où seules quelques personnes résident. D’ailleurs, les autres habitants (Pierrot, Jean, Gina, Jean-Louis) donnent l’impression d’être aussi perdus qu’elle.

Ce qui ressort de cette lecture, c’est la solitude, ainsi que les méandres de la conscience terrassée par les événements. À travers ce récit, chaque personnage devra trouver sa voie.

Le graphisme est assez simple. Les auteurs se sont surtout attachés à l’analyse des idées, des émotions. On se doute assez rapidement des raisons qui poussent Fany à fuir. Car il s’agit bien d’une fuite. Elle reste ancrée dans son passé, elle n’arrive pas à tourner la page. Cela peut se comprendre, mais ce faisant, elle se coupe de la personne qui pourrait l’aider et la soutenir. De plus, même une lecture attentive des pages ne permet pas de saisir toutes les nuances que les auteurs ont voulu faire passer. J’ai trouvé que cela rendait cette histoire assez incompréhensible. J’ai saisi la trame principale, mais je n’ai absolument pas compris la présence de certaines pages. Représentation d’une âme morcelée ? Métaphores métaphysiques ? Aucune idée et c’est assez dommage. Cet ouvrage ressemble plus, à mon sens, à une expérience comme « Fin de la parenthèse [1]» de Joann Sfar, et je crois que je ne suis pas fait pour ça.

Service presse des éditions Actes Sud par l'intermédiaire de Lecteurs.com.

Titre: Paysage après la bataille
Auteur: Philippe de Pierpont
Dessinateur: Éric Lambé
Éditeur: Actes Sud Éditions
Nombre de pages: 420
ISBN:978-2-3300-6998-8
Date de publication: 19 octobre 2016

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02mai 2017

Récidive, de Sonja Delzongle

Récidive

L’histoire :
Hiver 2014, Saint-Malo. Erwan Kardec retrouve la liberté après vingt-cinq ans de prison pour avoir tué sa femme. Il ne veut qu’une seule chose : retrouver sa fille qui l’a dénoncé à l’époque.

Mon avis :
Sonja Delzongle aime bien les psychopathes, et ça se voit. Au cours de la lecture, on suit quelques personnages : Hanah qui fait des cauchemars et qui va être rattrapée par son passé. Erwan Kardec, qui veut absolument se venger. Il y aussi Yvan Maurice, gendarme, qui dirige la brigade de recherche de Saint-Malo.

On découvre la jeunesse d’Hanah et ce qui l’a conduite à être profileuse. Son pendule est toujours présent, mais ne sert que très peu (on apprend comment elle l’a obtenu). Hanah subit davantage les événements qu’elle ne les provoque.

Yvan Maurice doit gérer sa vie privée: au vu de sa situation, ce n’est vraiment pas simple lorsqu’on est gendarme. Un choc lui permettra de clarifier ses choix. Erwan Kardec est très particulier, et ceci est un doux euphémisme. Pourtant, je n’ai pas réussi à le détester. Avec lui, le lecteur aura du glauque, et c’est du lourd.

Dans ce roman, l’auteur aborde les relations entre parents et enfants. Cela ne laisse pas indifférent, permettant à la romancière de dresser des portraits complexes des principaux protagonistes.

Au début, il y a un décalage entre les périodes des récits (un ou deux mois d’écarts). Cela oblige à avoir une certaine gymnastique afin de bien suivre le fil des événements, mais c’est une bonne chose pour ce récit. Cela tien le lecteur en haleine. J’ai décelé certains faits avant qu’ils ne se produisent et je n’ai pas aimé le dénouement principal, car j’ai trouvé que cela manquait d’explications et de cohérence avec le reste du livre, ce qui est dommage. Mais ces petites déceptions n’ont pas nui à ma lecture.

Même si le roman est bon dans l’ensemble, je trouve qu’il est en dessous de « Quand la neige Danse[1] », ce qui ne m’empêchera pas de lire « Dust », son premier roman avec Hanah Baxter.

À découvrir !

Service presse des éditions Denoël.

Titre: Récidive
Auteur: Sonja Delzongle
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 416
ISBN: 978-2-2071-3562-4
Date de publication: 6 avril 2017

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25avr. 2017

Ne dites jamais jamais, de Nathalie Stragier

Ne dites jamais jamais

L’histoire :
Pierrick se retrouve propulsé dans le futur, un monde hostile pour les hommes. Andrea et Pénélope, accompagnées d’Antares, décident de tout faire pour le retrouver et le sauver d’un désastre.

Mon avis :
Ce troisième tome clôture la série « La fille du futur[1][2] » avec brio. Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans le futur. Andrea se retrouve transférée dans une époque qu’elle ne connaît pas et à l’instar de Pénélope dans les tomes précédents, elle doit s’adapter. C’est à son tour de tâtonner dans une société dont elle ne maîtrise pas les codes. Il y a des passages amusants, légers, mais le ton reste sérieux.

Il y a de l’action, un peu de suspense, et la fin n’est pas surprenante en soi. Je m’y attendais un peu.
C’est un roman à plusieurs voix : Pénélope, Andrea, et parfois Pierrick. On suit les pensées des protagonistes avec intérêt. Je trouve que dans ce volume, c’est Andrea qui évolue le plus et qui gagne encore en maturité.

Nathalie Stragier apporte les réponses aux différentes questions soulevées dans les tomes précédents. J’ai trouvé que l’une de ces réponses était un peu trop simpliste, mais cela cadre avec le récit. Par contre, il est dommage qu’elle n’ait pas développé la théorie d'Andrea à propos de Rosalind. Cela aurait été intéressant. Ces remarques ne sont que des détails à côté du plaisir que j’ai eu à lire ce troisième volume. C’est fluide, rythmé, et toujours agréable.

Cette trilogie se lit avec une grande facilité, sans pour autant tomber dans la simplicité. À travers son récit, l’auteur aborde, avec un regard mordant, les inégalités et les clichés qui sévissent dans nos sociétés : sexisme, écologie, pollution, etc. Et cela fait le plus grand bien.

À lire sans modération.

Service presse des éditions Syros par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Titre: Ne dites jamais jamais
Auteur: Nathalie Stragier
Éditeur: Syros
Nombre de pages: 496
ISBN: 978-2-74-852317-1
Date de publication: 6 avril 2017

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20avr. 2017

Infinity 8, tome 3 : L'évangile selon Emma, de Lewis Trondheim, Olivier Balez et Fabien Vehlmann

Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma

L’histoire :
Emma Ô-Mara est un marshall en vacances sur l’Infinity 8. Elle est réquisitionnée afin de mener la mission d’exploration de la nécropole qui bloque le vaisseau. Or, tout dérape immédiatement.

Mon avis :
Une des premières remarques concernant ce troisième tome, c’est qu’il y a très peu d’humour contrairement aux précédents. Dans ce reboot, ce sont les religions et l’appât du gain qui sont les thèmes principaux. L’ensemble est toujours kitsch et conforme au reste de la série.
Les personnages principaux ont peu d’empathie pour leurs congénères. Parmi les personnages secondaires, il y a toujours Robbie, le robot, présent sous une nouvelle forme.

Dans ce récit, une bande de mercenaires s’est regroupée afin de piller la nécropole, chacun ayant un but bien précis : faire fortune, collectionner certains objets, mettre la main sur des preuves prouvant la véracité de la religion Tholman.

Emma Ô-Mara est très pieuse. Elle n’agit que pour et par sa religion. Dans notre vie quotidienne, on la considérerait comme une fanatique. Cela rend son personnage intéressant, car on ne sait pas trop comment elle va réagir suivant les événements. Par contre, elle agit toujours avec calme et sérénité. Les autres personnages sont des psychopathes dans l’âme. On ne sait jamais d’où le coup va partir, et les rebondissements sont inattendus. Cet album ressemble un peu à un conte philosophique, religion et argent ne font pas bon ménage.

C’est un album très coloré. Il y a beaucoup d’aplats. Pour le personnage principal, comme Fabien Vehlmann l’indique en fin d'ouvrage, ils se sont inspirés d’Emma Peel[1]. Pour preuve, elle change constamment de tenue, ces dernières sont toujours taillées avec goût, et sa coiffure est toujours impeccable.

Un troisième tome un peu plus sombre, mais néanmoins intéressant.

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre: Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma
Auteur: Lewis Trondheim / Fabien Vehlmann
Dessinateur: Olivier Balez
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 96
ISBN:978-2-36981-261-6
Date de publication: 16 mars 2017

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