25sept. 2016

Fin de la parenthèse, de Joann Sfar

Fin de la parenthèse

L’histoire :
Seabeartsein accepte de quitter l’île où il vit pour accomplir une nouvelle mission : s’enfermer quatre jours avec des mannequins afin de revivre les meilleurs tableaux de Dali, dans le but de réveiller ce dernier, qui est cryogénisé.

Mon avis :
Je ne connaissais pas Joann Sfar. J’ai voulu découvrir cet auteur à travers son travail en bande dessinée. Ma femme m’avait prévenu que le romancier était assez spécial, que je devrais me méfier, car le résultat ne me plairait sûrement pas. Réponse : elle avait raison. J’ai eu beaucoup de mal lors de la lecture de cet album.

L’histoire est assez plate. Il y a beaucoup de réflexions mystiques, philosophiques. Le scénario n’a parfois aucun sens, sans doute dû aux champignons hallucinogènes pris par les protagonistes. L’essentiel de l’histoire se déroule à huis-clos et les cinq personnages finissent par ne plus supporter cette situation. Je sais que c’est le scénario, mais il n’y a pratiquement que des scènes de nus. J’ai ressenti Seabearstein comme un véritable illuminé. Le récit est totalement surréaliste.

Il y a aussi, dans les premières pages, une planche avec des dialogues en anglais, sans traduction. C’est dommage, car la compréhension n’est pas forcément à la portée du lecteur.

Cet album est fait pour rendre hommage à Salvador Dali, mais en fin de compte, il n’est pas à la portée de tout le monde, et je crois bien que je suis passé à côté.

Service de presse des éditions Rue de Sèvres par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Titre: Fin de la parenthèse
Auteur: Joann Sfar
Dessinateur: Joann Sfar
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 128
ISBN: 978-2-36981-316-3
Date de publication: 14 septembre 2016

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19sept. 2016

De beaux jours à venir, de Megan Kruse

De beaux jours à venir

L’histoire :
Après dix-neuf ans de mariage, Amy quitte son mari violent avec sa fille en laissant derrière elle son fils aîné. Pourtant, cela lui déchire le coeur, et l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.

Mon avis :
Il s’agit d’un récit à trois voix. Il y a celle d’Amy, la mère de famille, de Lydia, sa fille, et celle de Jackson, son fils. Le roman aborde les violences familiales ainsi que la lente reconstruction qui suit quand on décide de partir.
C’est un roman psychologique lent. On suit l’évolution des personnages. Tous trois sont perturbés. L’histoire est sombre, mais pleine d’espoir. Certains chapitres se déroulent quelques années auparavant, mais la plupart couvrent quelques mois de 2010. Il y a un langage cru concernant la sexualité de Jackson. Ce n’est pas rédhibitoire, mais gênant. Je n’ai pas réussi à définir pourquoi l’auteur a fait ce choix. Ce langage a-t-il été utilisé parce que le garçon a juste dix-huit ans ou pour un autre motif ? Mystère. Malgré son comportement au début du roman, c’est le personnage que j’ai préféré, car il se reconstruit seul.
Lydia a treize ans. Elle se retrouve complètement déracinée. Elle essaie de comprendre qui sont ses parents et pourquoi sont père est ainsi. De plus, elle ne peut vivre sans son frère.
Amy vit avec la peur au ventre. Elle va faire une introspection pour comprendre comment elle a pu en arriver là.
Gary est quelqu’un d’assez malsain. Et les bribes d’informations données par l’auteur n’ont fait que confirmer mon opinion.

Lors de ma lecture, j’ai eu l’impression qu’il n’y avait aucun avenir pour les trois personnages. L’auteur décrit des lieux, des paysages, parfois magnifiques, mais où il n’y a rien. Cela ressemble à des déserts ruraux où la pauvreté est omniprésente et les habitants n’ont pas d’avenir au-delà des limites de la ville. Dans un sens, cela m’a fait penser à « Là où les lumières se perdent », de David Joy.

Les thèmes de la violence, de l’alcool, de la drogue, de l’homosexualité et de son acceptation sont abordés. Le roman pourra sembler long à certains, car il n’y a pas d’action, mais moi, j’ai bien aimé.

À découvrir !

Titre: De beaux jours à venir (Call Me Home)
Auteur: Megan Kruse
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 372
Traduction: Héloïse Esquié
ISBN: 978-2-207-13289-0
Date de publication: 25 août 2016

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11sept. 2016

Ainsi fleurit le mal, Julia Heaberlin

Ainsi fleurit le mal

L’histoire :
Tessa a survécu à un tueur en série lorsqu’elle avait seize ans. Elle a été retrouvée agonisante sur un tas d’ossements avec un cadavre à ses côtés. Se trouvaient aussi sur place de très nombreuses marguerites noires aux yeux jaunes. Vingt ans après ce drame, Tessa doit replonger dans ses souvenirs. Dans peu de temps, le meurtrier doit être exécuté et il est peut-être innocent.

Mon avis :
Je me suis d’abord intéressé à ce livre pour sa couverture et son titre, qui attirent le regard et ensuite pour son résumé. Bien m’en a pris. Il s’agit du troisième roman de l’auteur. Il se compose de trois parties de taille inégale. Les chapitres abordent le personnage de Tessa (trente-six ans) et celui de Tessie (Tessa lorsqu’elle avait seize ans). C’est un thriller psychologique. Il s’agit d’une très lente progression vers la vérité. Il ne faut pas espérer de nombreux rebondissements, mais plutôt une ambiance tendue. Je m’attendais à quelque chose de plus noir encore.

Je me suis posé des questions sur l’état mental de Tessa (mais qui ne s’en poserait pas vu le traumatisme qu'elle a subi étant jeune). J’ai trouvé que Tessie était plus sûre d’elle, tellement sûre d’elle qu’on doute de son rôle dans l’histoire. Il y a aussi l’omniprésence de Lydia dans le récit. Celle-ci est la meilleure amie de Tessie. La manière de raconter l’histoire m’a fait douter de la réalité des choses. Cette confusion est sans doute voulue par Julia Heaberlin. Lors de la deuxième partie, l’ensemble a pris une autre tournure.

Les personnages principaux ont de la profondeur. Au cours de la lecture, j’ai échafaudé deux théories, qui se sont révélées fausses. La romancière a donc réussi son récit.
Il y a quelques indices pour aiguiller le lecteur vers le ou la coupable, mais on ne perçoit ce lien qu’après coup.
Tessa veut prouver l’innocence de Terrel, qui attend dans le couloir de la mort. Le processus des recours et du fonctionnement de l’application de la peine de mort est peu développé. C’est normal car Julia Heaberlin semble avoir voulu approfondir le côté psychologique des victimes d’un tueur en série. Suspense et manipulation sont au centre de ce récit.

Je pense que le récit aurait encore gagné en qualité, si l’auteur avait accentué la tension. Oui, cette tension est palpable, mais sans plus. Je trouve que le côté des Marguerite n’est pas assez développé. Cela aurait pu renforcer le côté glauque de l’histoire et donner une présence plus réelle au meurtrier. Cela aurait également permis de supprimer quelques longueurs.

Malgré cela, je recommande ce roman.

À lire!

Service presse numérique des éditions Presses de la cité par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Ainsi fleurit le mal (Black-Eyed Susans)
Auteur: Julia Heaberlin
Éditeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 560
Traduction: Cécile Leclère
ISBN: 978-2-25813-530-7
Date de publication: 8 septembre 2016

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06sept. 2016

Le pactole, Cynthia d'Aprix Sweeney

Le pactole

L’histoire :
À quelques mois de toucher leur héritage, Melody, Jack et Bea découvrent qu’il ne reste pas grand-chose. Ils attendent des explications de la part de leur frère Leo.

Mon avis :
L’auteur nous présente des personnes qu’on pense unies. Mais rapidement les nombreuses failles apparaissent. La romancière dresse un portrait précis de cette famille qui implose. Je pense qu’il y a un problème d’éducation dans cette fratrie. Chacun gère sa vie économiquement, comme s’il avait déjà touché leur héritage (le pactole), alors que ce n’est pas le cas. Ils vivent tous, ou presque, au-dessus de leurs moyens. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait quelques déconvenues.

Chaque chapitre aborde la vie de l’un des personnages et décortique leurs choix et leurs souhaits. Melody est une mère de famille qui veut que ses filles (des jumelles) réussissent à tout prix leurs études, mais qui, finalement, ne prend pas en compte les aspirations de Nora et Louisa. Ces deux jeunes filles déclenchent facilement de l’empathie chez le lecteur.
Leo est quelqu’un de totalement immature. Je n’ai pas réussi à m’attacher à lui. Je n’ai rien trouvé chez lui de positif.
Jack est un peu comme son frère, mais il semble plus effacé. Il veut bien faire, mais s’y prend mal.
Bea est la plus effacée du groupe. Elle vit selon un petit train-train immuable. Elle a l'impression d'avoir manqué quelque chose dans sa vie.

La romancière montre comment ces différents personnages vont évoluer après l’annonce de la perte du Pactole et ce qu’ils vont faire ou non pour essayer de retomber sur leurs pieds.

C’est un roman juste, lent et addictif. Lors de ma lecture, j’ai pris plaisir à suivre les différents personnages.

À lire.

Lecture commune avec La Livrophile, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

Service presse numérique de Fleuve Éditions par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Le pactole (The Nest)
Auteur: Cynthia D'APRIX SWEENEY
Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 432
Traduction: Anne Damour
ISBN: 978-2-2651-1453-1
Date de publication: 8 septembre 2016

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31août 2016

Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac

Séduire Isabelle A.

L’histoire :
Pierre Réveillon vit avec Isabelle Axilette. Avant d’accepter la demande en mariage de Pierre, elle lui explique qu’il doit rencontrer sa famille. Cette dernière est un peu particulière, et c’est peu dire.

Mon avis :
J’ai un avis mitigé. La lecture a été agréable. J’ai passé un bon moment avec cette famille haute en couleurs. Mais les personnages ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Toute la famille Pettigrew est loufoque. De la grand-mère aux petits-enfants, aucun ne semble dans la norme attendue par Pierre. Et c’est sans doute ce que je reproche à ce roman : il est trop dans l’excès. La famille de Pierre est très formatée, celle d’Isabelle ne l’est pas du tout. C’est blanc ou noir, il n’y a pas de gris, c’est dommage.

Au début de l’ouvrage, il y a un lexique avec la dynastie des Pettigrew détaillant les quatre générations de la famille afin d’aider le lecteur à s’y retrouver, mais ce n’est pas tout le temps évident.

Il est vrai qu’il n’est pas simple de s’intégrer dans une nouvelle famille. Des efforts doivent être faits des deux côtés. Le roman laisse transparaître que c'est à Pierre de faire tout le travail d’adaptation.
Il y a aussi quelques histoires d’adultère. Certains expliquent que c’est normal et que cela renforce le couple (même si l’un des deux n’est pas au courant de la tromperie). On lit beaucoup de choses de ce style dans les romans, et je trouve cela dommage.
La famille Pettigrew est très soudée. Tout le monde se plie aux règles (comme d’aller sur une plage nudiste). En fin de compte, ils ne sont pas très libres de leurs choix. Tout est dicté par le fonctionnement de cette famille autour des grands-parents d’Isabelle.
Pour Isabelle, tout doit être comme elle le souhaite. Elle est assez dirigiste. Elle n’essaie pas vraiment de comprendre les difficultés que rencontre Pierre. Un couple est composé de deux personnes et chacun fait des compromis. Là, ce n’est pas le cas.

Une lecture détente.

Service de presse numérique des éditions JC Lattès par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Séduire Isabelle A
Auteur: Sophie Bassignac
Éditeur: JC Lattès
Nombre de pages: 234
ISBN: 978-2-7096-5603-0
Date de publication: 31 août 2016

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