24juin 2016

Les messagers des vents, T2 : Sanctuaires, de Clélie Avit

Les messagers des vents, T2 : Sanctuaires

L'histoire :
L'équipe de l'Est, composée d'Ériana, Setrian et leurs amis quittent Lapùn, la cité des terres. Rapidement, les deux amis se retrouvent séparés du reste du groupe.

Mon avis :
J'attendais avec impatience ce tome 2[1]. Il faut déjà remarquer le bon choix de l'éditeur qui a décidé de sortir la suite huit mois après le tome 1. Ma découverte de cette série étant récente, je me suis rapidement replongé dans l'histoire. On retrouve Ériana et ses amis, là où nous les avons laissés et nous allons suivre leur quête avec avidité.

Il est souvent difficile de maintenir l'attention du lecteur lors de séries. Souvent, plus on avance dans les tomes, plus les ventes diminuent, car l'auteur n'arrive plus à captiver et à faire aussi bien que le tome précédent (il y a aussi le temps d'attente entre deux volumes).
Dans « Sanctuaires », Clélie Avit fait mieux que dans le tome 1. Le lecteur va suivre différents protagonistes : Ériana, Setrian, Hajul, Gabrielle, Friyah, etc. De petits groupes se sont créés. Nous allons naviguer de l'un à l'autre et suivre avec intérêt les différents événements qui se produisent.

Les histoires vont s'entremêler. Clélie Avit nous fait découvrir de nouveaux mondes et modes de fonctionnement. Cela apporte plus de profondeur au récit.

Au début du roman, l'auteur ne fait pas traîner certaines révélations, que le lecteur pressentait au cours du volume précédent. C'est une bonne chose. Il y a quelques passages convenus, car j'ai deviné, lors de ma lecture, ce qui allait se passer (exemple: lorsque Setrian fait la rencontre du prisonnier mage des vents). Mais il y a aussi des surprises.

Il y a un juste équilibre entre les scènes d'action et les autres événements, ou réflexions des protagonistes. J'avais peur que le côté « romance » prenne un peu plus le pas sur l'histoire, mais ce n'est absolument pas le cas. Ce roman est dense, mais je n'ai pas ressenti de longueurs lors de ma lecture.

À la fin, l'auteur fait certains choix, qui sont, à mon sens, justifiés car cela apporte plus de crédibilité à son histoire. De plus, le rebondissement final prépare le tome 3, dont l'éditeur nous fait découvrir quelques pages.

À lire ! Et vivement la suite !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions du Masque.

Titre: Les messagers des vents, T2 : Sanctuaires
Auteur: Clélie Avit
Éditeur: Le Masque
Nombre de pages: 439
ISBN: 978-2-7024-4556-3
Date de publication: 8 juin 2016

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21juin 2016

Images fantômes, Elizabeth Hand

Images fantômes

L'histoire :
Cassandra Neary est une photographe sur le retour. Elle accepte un travail qui pourrait éventuellement la sortir de son marasme : interviewer Aphrodite Kamestos, une artiste photographe des années 60 qui vit recluse sur une île.

Mon avis :
Il s'agit du premier roman traduit en français d'une série, qui en compte pour le moment trois, concernant Cassandre Neary[1]. Le titre original, « Generation loss », correspond très bien au contenu du roman. Je comprends le choix du titre français, même si je trouve le titre anglais plus adapté. Mais il aurait fallu donner une explication technique pour pouvoir saisir ce choix : lorsqu'une vidéo ou une photo originale analogique est copiée, la copie subit des pertes et est d'une qualité inférieure. C'est cette dégradation qui est nommée « generation loss ». Dans ce roman, le thème principal est la photographie et de nombreux protagonistes y sont mêlés, de près ou de loin.

Le livre baigne dans une atmosphère étrange, dérangeante. Cass arrive sur une île, proche du Maine, où les habitants donnent l'impression de vivre en vase clos. Le début présente Cass Neary. On découvre le personnage, sa vie ou plutôt son manque de vie. Elle est photographe, mais cela fait de nombreuses années qu'elle enchaîne les petits boulots.
C'est quelqu'un d'antipathique, droguée, alcoolique. Elle a la cinquantaine, mais elle se comporte de la même manière que lorsqu'elle en avait vingt. Elle est totalement malsaine dans ses réactions. Son truc est de prendre en photo des morts ou des personnes en train de mourir. Elle fouille dans les affaires de tout le monde et vole ce qui l'intéresse.

Le roman est assez lent. Je n'ai pas eu d'empathie pour l'héroïne, mais pour Mackenzie. Cette dernière est complètement perdue dans ce coin isolé. Elle cherche à se raccrocher à n'importe quoi pour entrapercevoir un avenir.
L'auteur décrit une atmosphère, des sensations. Il y a un fil conducteur, mais ne vous attendez pas à une véritable enquête. Ce sont plutôt les événements qui guident Cass. D'ailleurs, l'ouvrage est vraiment centré sur cette dernière et sa passion pour la photographie morbide. Il y a bien sûr un peu d'action sur la fin, mais attendez-vous, à l'image du roman, à des explications assez glauques.

Malgré ou à cause de cela, ce livre est addictif. Est-ce parce que différents personnages, à l'instar de l'héroïne, sont assez tordus ? Ou simplement pour voir jusqu'où pouvait aller la perversité de Cassandra ? Je ne sais pas, mais le récit, dans l'ensemble, m'a plu, même si la fin est quand même assez convenue. L'auteur donne de nombreuses informations et explications sur l'art de la photographie : méthodes, techniques, supports, etc.

Ce roman est un mélange de genres, raconté à la première personne par le personnage principal. Certaines situations secondaires n'auront pas d'explications (par exemple quel est l'animal étrange que Cass voit dans un arbre), mais ce n'est pas le but premier de cette histoire.

À découvrir !

J'ai reçu ce roman des éditions Super 8 dans le cadre de l'opération « Masse Critique » organisée par Babelio.

Titre: Images fantômes (Generation Loss)
Auteur: Elizabbeth Hand
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 421
Traduction: Brigitte Mariot
ISBN: 978-2-3705-6065-0
Date de publication: 25 août 2016

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16juin 2016

Les rêves dans la maison de la sorcière, HP Lovecraft, Mathieu Sapin, Patrick Pion

Les rêves dans la maison de la sorcière

L'histoire :
Walter Gilman est un étudiant en mathématiques qui a fait le choix de vivre dans une chambre sous les combles d'une maison qui a autrefois abrité une sorcière. Au bout de quelque temps, d'étranges rêves assaillent le jeune homme.

Mon avis :
Les éditions Rue de Sèvres proposent une nouvelle fois l'adaptation d'un texte classique en bande-dessinée. Mathieu Sapin et Patrick Pion se frottent à l'univers de H.P. Lovecraft avec une nouvelle d'horreur fantastique.

Cette adaptation est assez libre. Walter se livre à un long monologue en voix off, alors que dans la nouvelle, il s'agit d'un narrateur omniscient. De plus, les auteurs ont inséré des dialogues, ainsi que le personnage de Meredith qui n'existent pas dans l'oeuvre originale. Sans oublier la fin de la nouvelle qui a été modifiée. C'est dommage car il y avait la possibilité de plonger dans une véritable horreur.

Walter explique les raisons qui l'ont poussé à faire des recherches sur Keziah Mason. Analyses mathématiques et sorcellerie sont donc au menu. La tension va monter petit à petit.
Transposé à notre époque, le récit prend une teneur différente (téléphone portable, ordinateur). J'ai ressenti un petit côté désuet, moins de charme que si le récit s'était déroulé au début du vingtième siècle.
Plus on avance dans l'histoire, plus la paranoïa du personnage principal s'accentue. Or, j'ai eu du mal à ressentir l'angoisse qui émane des images. Il y a beaucoup de texte, et à mon avis, cela atténue l'effet des dessins. Une adaptation nécessite des choix et je me demande s'il n'aurait pas fallu augmenter le nombre de pages et être plus proche de l'original pour obtenir un effet plus angoissant.

Je n'ai pas eu d'empathie pour Walter, qui ne fait rien pour changer sa situation et qui se laisse porter par les événements. On sent bien dès le départ que tout est inéluctable.

J'ai apprécié les planches qui ressemblent à des esquisses, en noir et blanc, qui racontent les cauchemars du personnage. J'ai trouvé que le dessin de Patrick Pion était bien adapté au récit. La paranoïa et la peur de Walter transparaissent nettement. Les images sont assez sombres. Le découpage des cases, sur certaines pages, ressemble aux angles bizarres que forment les murs de la chambre de l'étudiant. Je trouve aussi que la couverture est assez réussie : c'est une bonne idée de voir l'intérieur de la chambre depuis le trou dans le mur avec une queue qui dépasse.

À découvrir pour les dessins magnifiques, avec en parallèle la nouvelle originale.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Rue de Sèvres.

Titre: Les rêves dans la maison de la sorcière
Auteur: Mathieu Sapin / H.P.Lovecraft
Dessinateur: Patrick Pion
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 64
ISBN: 978-2-36981-216-6
Date de publication: 8 juin 2016

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08juin 2016

Ne mords pas la main qui te nourrit, de A.J. Rich

Ne mords pas la main qui te nourrit

L'histoire :
Morgan rentre chez elle et découvre le cadavre de son petit ami, Bennett, lacéré par ses chiens : un berger des Pyrénées et deux pitbulls. Dévastée par la situation, elle va alors découvrir que son fiancé n'était pas ce qu'il prétendait être.

Mon avis :
J'ai un avis très mitigé sur ce roman. L'intrigue est intéressante, et même si le schéma du scénario est convenu, j'ai été entraîné dans l'histoire. L'évolution est assez lente. Morgan nous fait découvrir sa vie et surtout son travail sur les prédateurs sexuels. Il y a une analyse assez fine des chiens dits « dangereux ». D'ailleurs, les chiens font partie intégrante de ce récit. Morgan est soutenue par son frère, par quelques amis, et par Billie, une jeune femme rencontrée dans un refuge pour chiens.

Or, ma lecture fut laborieuse. La jeune femme raconte l'histoire, mais elle semble beaucoup trop détachée des événements. Mon empathie pour elle a diminué au cours de ma lecture. Est-ce sa formation et sa thèse qui donnent cet effet ?
Elle semble complètement déboussolée. Pourtant, toutes ses actions sont réfléchies, analysées. Elle essaie de comprendre ce qu'elle n'a pas su repérer et ce qui a conduit à la mort de son petit ami Bennett. J'ai rapidement eu des doutes quant au responsable. Ceux-ci se sont par ailleurs confirmés ensuite, mais c'est assez bien amené.

En même temps, Morgan donne de nombreuses explications théoriques sur les sociopathes et leurs victimes. Tout cela est intéressant, mais je pense que j'aurais préféré une héroïne plus impulsive, avec plus de réactions. Elle ne se bat pas réellement pour aider ses chiens. Elle se laisse porter par l'action, puis passe à autre chose, comme si tout ce qui s'était déroulé auparavant avait peu d'importance.

Une lecture en demi-teinte.

Service presse numérique des éditions Mazarine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Ne mords pas la main qui te nourrit (The Hand That Feeds You)
Auteur: A.J. Rich
Éditeur: Mazarine
Nombre de pages: 360
Traduction: Stéphane Carn
ISBN: 978-2-8637-4360-7
Date de publication: 11 mai 2016

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04juin 2016

Truffe et sentiments, d'Émilie Devienne

Truffe et sentiments

L'histoire :
Gibus, un chien, raconte sa vie dans la famille de Rose et Julien. Il relate les péripéties que vont engendrer le divorce de ses maîtres.

Mon avis :
J'ai choisi ce livre, car l'idée d'un chien qui raconte l'histoire était intéressante. À ce niveau, ce fut une déception. Cela ressemble plutôt à un narrateur extérieur qui nous fait part de ses sentiments vis-à-vis des événements qui se produisent, et qui, de manière artificielle, essaie d'y prendre part. Venant d'un chien, je m'attendais à un autre type de récit.

Dans l'ensemble, ce roman reflète bien la réalité de nos sociétés où des personnes pensent que l'herbe est plus verte ailleurs, et ensuite n'arrivent pas à se défaire de leur passé. C'est le cas de Rose qui décide de divorcer pour retrouver une vie plus saine. Or, un engrenage s'enclenche et elle décide de combattre par tous les moyens son ex-mari pour la garde du chien.

Je n'ai pas réussi à avoir d'empathie pour Rose. C'est elle qui décide de divorcer. Ensuite, tout doit être fait selon ses souhaits et pas autrement. On ne peut pas dire qu'elle sache faire preuve de diplomatie. Julien est perturbé par les événements. Après un passage à vide, il va se remettre en cause et analyser la situation. Les enfants, Paul et Sophie, sont des adolescents typiques, qui vont essayer d'arranger la situation au mieux de leurs intérêts, car ils n'apprécient vraiment pas de voir leurs parents se déchirer.

L'auteur fait preuve de psychologie dans l'analyse de ses personnages et elle pointe avec justesse et ironie les failles de la vie amoureuse. Malgré le thème abordé, le récit est assez léger et j'ai souri lors de quelques scènes (c'était loin de l'hilarité). Il y a même, peut-être, un peu trop de recul de la part du narrateur. Celui-ci étant Gibus, le chien de la famille, on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit plus impliqué dans le récit. Or, on sent que le narrateur garde une certaine distance avec l'histoire.

Le style d'écriture est agréable à lire, sans fioritures. Le récit est rythmé. Malgré mes remarques, j'ai apprécié cette lecture. C'est un petit roman qui se lit avec plaisir et permet de passer un petit moment de détente.

Lecture commune avec La Livrophile, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

Titre: Truffe et sentiments
Auteur: Émilie Devienne
Éditeur: Pygmalion
Nombre de pages: 224
ISBN: 978-2-7564-1938-1
Date de publication: 20 avril 2016

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