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mardi 26 novembre 2013 07:00

Le printemps des enfants perdus, de Béatrice Égémar.

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Le printemps des enfants perdus

L'histoire :
Gaspard, apprenti chez Claude Dupré (parfumeur dans la ville de Paris), disparaît. La soeur de Claude, Manon, s'inquiète, et commence à tendre l'oreille sur les rumeurs d'enlèvements d'enfants qui circulent...

Mon avis :
À partir d'un fait divers qui a secoué Paris en mai 1750, Béatrice Égémar a su monter une histoire attachante et qui se lit facilement. L'auteur a déjà écrit de nombreux ouvrages pour la jeunesse, et il s'agit là de son premier roman destiné aux adultes.

L'histoire nous décrit une famille bourgeoise: la mère, le fils, et la fille qui tiennent le commerce « Au Bouquet de Senteurs ». La plus jeune fille, Marie-Anne, surnommée Manon, parfumeuse, dix-neuf ans, n'a pas l'air d'être totalement au fait des événements qui secouent Paris. Le peuple gronde et commence à se révolter suite à des enlèvements d'enfants qui semblent se multiplier à travers la ville.

Un moment sceptique, Manon va voir ces histoires d'un autre regard, lorsque l'apprenti, Gaspard, disparaît. Elle décide de faire tout son possible pour découvrir ce qui lui est arrivé.
Afin de réussir dans cette tâche, l'héroïne va avoir besoin d'aide, qu'elle va recevoir de la part d'un garde-française, Joseph Vérité. Sa famille n'apprécie pas son comportement, mais Manon n'en fera qu'à sa tête.

Entre exempts et inspecteurs corrompus, population en ébullition, et par moment candeur de Manon, tous les ingrédients sont réunis afin de nous livrer une histoire où on s'immerge facilement. L'intrigue est bien menée, et il faut le reconnaître, l'auteur a su garder le suspense jusqu'à la fin.

Plusieurs intrigues se côtoient : la disparition de Gaspard, qui en est responsable ? Les enlèvements d'enfants sont-ils liés à cela, et dans ce cas, pourquoi sont-ils la cause de la disparition de l'apprenti ? Quelles sont les personnes responsables de cette situation ?

Les personnages sont bien campés. La famille de Manon semble des plus ordinaires. Sa soeur, Catherine, mariée à un chirurgien, est centrée sur elle-même, elle s'intéresse peu à son fils Jean-Baptiste, qui est différent des autres enfants. Claude Dupré, le frère de Manon, ne pense qu'à diriger son magasin et s'intéresse peu aux événements. Madeleine, la mère de famille, semble étrangère à tout ce qui se passe.
Violette, artiste, amie de Manon, vit aux crochets de ses galants. C'est elle qui présentera l'un d'eux, Joseph Vérité, à Manon.

L'agencement de l'ensemble des ingrédients donne à ce roman une profonde cohérence, et nous donne du plaisir à la lecture.

Le roman contient de nombreux détails sur la société de l'époque, de ses travers, de son mode de fonctionnement, par exemple avec les contrats d'apprentissage.
Malgré une histoire sordide, l'ensemble reste léger, et pourra convenir à un public aussi bien adulte qu'adolescent.

Éditeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 220
ISBN:978-2-258-10238-5

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dimanche 24 novembre 2013 18:44

La charte maudite, de Jean d'Aillon

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La charte maudite

L'histoire :
Guilhem d'Ussel, en route pour Paris, face aux exactions du seigneur de Chissey, vient en aide aux vilains de la seigneurie...

Mon avis :
Il faut d'abord savoir qu'il s'agit d'une nouvelle qui fait environ 130 pages, et qui est disponible uniquement en numérique.
Cette nouvelle fait suite à « De taille et d'estoc : la jeunesse de Guilhem  d'Ussel». Nous retrouvons Guilhem en route pour Paris, avec son écuyer, Gilbert.
Arrivé dans la seigneurie de Chissey, il va découvrir que la population est brimée par le fils du seigneur local, et que la fille de ce dernier essaie tant bien que mal de contenir son frère. Des jeux de pouvoirs régissent la famille. Dans cette famille seigneuriale, les personnages ne sont pas attachants.

L'intrigue tourne autour de la charte qui régit le fonctionnement de la seigneurie vis-à-vis des vilains. Contrairement aux autres histoires de Guilhem d'Ussel, il est normal qu'il n'y ait pas d'intrigues secondaires, vu la brièveté de l'ouvrage.Guilhem décide d'intervenir, mais rien ne va tourner comme il faut. Il va se faire berner et être beau joueur face à la situation.
Cette nouvelle se déroule sur quelques jours. L'histoire est bien structurée. L'auteur arrive à maintenir le suspens jusqu'au bout. La violence apparaît comme quelque chose d'ordinaire à l'époque. On apprécie toujours autant le personnage de Guilhem.

Avec cette histoire, on comprend le fonctionnement d'une petite seigneurie et son système d'impôts et de taxes.
L'ensemble reste intéressant, toujours documenté, même si cette histoire n'apporte pas grand-chose au personnage principal de la série. Le caractère de Guilhem ayant été bien creusé dans «  De taille et d'estoc ».

Éditeur: Le Grand Châtelet
Nombre de pages: 130
ISBN: 1230000127797

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jeudi 21 novembre 2013 09:01

De taille et d'estoc, de Jean d'Aillon

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De taille et d'estoc

L'histoire :
Marseille, 1187. Nous suivons la vie difficile d'Antoine, treize ans, qui marche sur les traces de son père pour devenir tanneur, jusqu'au jour où sa vie va basculer. Il va alors devoir trouver les ressources pour survivre.

Mon avis :
Ce roman se situe avant la série « Les aventures de Guilhem d'Ussel, Chevalier troubadour ». Jean d'Aillon a décidé de raconter, à travers cette série, la jeunesse de Guilhem et comment celui-ci est devenu l'homme qu'il est. Nous découvrons donc la vie d'Antoine à Marseille. Il va venger sa mère et va devoir prendre la fuite. Le style du roman est fluide et nous sommes plongés directement dans la vie du héros, il n'y a pas de descriptions à n'en plus finir, comme cela peut arriver parfois. Les descriptions historiques sont bien mêlées à l'histoire, et on se passionne pour Guilhem, ainsi que pour les autres personnages, comme Joceran d'Oc.

Ce roman nous narre le cheminement d'Antoine, qui va aboutir à Guilhem d'Ussel. On décèle un personnage au caractère fort, qui a un sang froid hors du commun et des talents d'apprentissages importants. Ce ne sera pas simple: de nombreuses péripéties jalonneront son parcours. Il va régulièrement côtoyer la mort, et devra faire preuve d'ingéniosité pour rester en vie. Il sera prêt à tout pour survivre.

En parallèle de l'histoire d'Antoine, l'auteur nous conte aussi celle de Joceran d'Oc, de l'abbaye de Cluny, jusqu'au moment où les deux narrations se rejoignent, et que l'une des intrigues du roman trouve son épilogue. Avec Joceran, comme cela sera le cas plus tard avec Arnuphe, Guilhem va trouver un guide, un modèle en qui il pourra avoir confiance, et cela va aussi contribuer à la construction de la personnalité de note héros. Jean d'Aillon nous livre là un roman agréable à lire, dont l'histoire et les personnages sont attachants.

Éditeur: J'ai Lu
Nombre de pages: 512
ISBN: 978-2-29006-914-1

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mardi 19 novembre 2013 18:03

Les Glorieux de Versailles, de Jean-Michel Riou

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Les glorieux de Versailles Voir la chronique du tome 1: Un jour, je serai Roi
Voir la chronique du tome 2 : Le Roi noir de Versailles

L'histoire :
La construction de Versailles se poursuit, et l'année d'installation de Louis XIV en son palais approche. Les bâtisseurs sont sous pression, et l'entreprise Pontgallet va connaître bien des déboires. Jean et Amandine, les plus jeunes des familles Le Faillon et Pontgallet vont devoir faire face aux épreuves qui les attendent...

Mon avis:
Ce troisième volume de «Versailles, le palais de toutes les promesses» fait 526 pages et se lit facilement comme les deux premiers tomes. Il vient conclure les aventures de Toussaint Delaforge et de la famille Pontgallet. Comme dans le deuxième tome, nous suivons la vie des familles Pontgallet et Le Faillon à Versailles. Même s'il n'est pas nécessaire de lire les deux tomes précédents, cela reste quand même préférable pour avoir une vue d'ensemble des événements, et une meilleure compréhension de l'histoire.
Le roman couvre la période 1679-1682. De mauvaises alliances et des accidents conduiront l'entreprise Pontgallet à rencontrer des difficultés grandissantes, et les nouvelles générations, Jean et Amandine, vont devoir prendre des décisions concernant leur avenir.

À la lecture, nous avons l'impression d'une chute inexorable, d'une déchéance des deux familles, et rien ne semble pouvoir l'empêcher.
À côté de cela, les parties concernant Louis XIV, nous montre un personnage rayonnant qui va être confronté à l'affaire des poisons. Les travaux de Versailles se poursuivent, et le Roi va prendre des décisions pour obtenir ce qu'il désire au niveau des jardins. De nouveaux grands travaux seront entrepris. Les chapitres concernant la construction du château sont toujours intéressants, et l'on voit que les changements interviennent aussi en fonction de la vie amoureuse du Roi. Les architectes qui se succèdent sont là pour magnifier le Roi et son pouvoir, le reste importe peu.
Cette comparaison entre les deux mondes accentue le sentiment de chute quant aux familles d'Amandine et de Jean.

Les personnages ont vieilli, mais sont toujours attachants. Par moments, on se surprend à avoir envie de gifler Anne, la mère d'Amandine, et à s'inquiéter de leur avenir, en se disant que rien ne leur est épargné. À d'autres moments, on se dit: «Ça y est! Ils sont sauvés!» Mais un grain de sable enraye de nouveau la machine.
Cette chute ne sera arrêtée qu'avec l'apparition de Toussaint Delaforge. Le personnage n'apparaît que dans le dernier tiers du livre, tel Montechristo, pour redresser les torts. Je trouve ce choix un peu facile de la part de Jean-Michel Riou, mais l'histoire reste intéressante, et l'auteur nous donnera alors, à travers des retours en arrière, les explications nécessaires à la compréhension des passages elliptiques. Toussaint semble un autre homme, résigné, cherchant simplement à ce que sa fille soit sauvée de sa situation et soit heureuse. Je trouve un peu dommage qu'au cours des deux derniers volumes, le personnage s'efface de plus en plus. Cependant il est reste attachant.

Enfin, comme toujours, nous trouvons, au début de l'ouvrage, le nom des personnages principaux classés par catégorie, et à la fin du volume, des notes explicatives sur les choix de l'auteur pour construire l'histoire dans l'Histoire. Certaines de ces notes étaient déjà présentes dans « Le roi noir de Versailles ».

Cette grande saga familiale ayant pour cadre historique la construction de Versailles est à dévorer sans modération !

Ce livre m'a été offert par les éditions Flammarion par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Éditeur: Flammarion
Nombre de pages: 526
ISBN: 978-2-0812-9085-3

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Lectures de la semaine 45 et prévisions de la semaine 47

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La semaine écoulée a été un désastre au niveau lecture, mais ce n'est pas important. Je reporte ma liste sur la semaine 47.

Semaine 46 (récapitulatif)

  • Les glorieux de Versailles, de Jean-Michel Riou (Flammarion)
  • Le printemps des enfants perdus, de Béatrice Egémar (Presses de la cité) + enregistrement pour ma femme => commencé.

Semaine 47 (prévisions)

  • L'armure maudite, de Jean d'Aillon - nouvelle (Amazon kindle)
  • Marseille 1198, les aventures de Guilhem d'Ussel chevalier troubadour, de Jean d'Aillon (J'ai Lu)
  • Un garçon convenable, de Vikram Seth (Grasset) + enregistrement pour ma femme (suite)
  • Le printemps des enfants perdus, de Béatrice Egémar (Presses de la cité) + enregistrement pour ma femme => A finir.
  • Dragon Ball T1, de Akira Toriyama (Glénat)

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