Bandes dessinées, mangas

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13août

Streamliner, Tome 1: Bye-bye Lisa Dora, de 'Fane

Streamliner,Tome 1: Bye-bye Lisa Dora

L’histoire :
La station-service Lisa Dora se trouve le long de la route 666, dans une zone désaffectée. Cristal y vit avec son père, Evel O’Neil. Un jour, un loubard du nom de Billy Joe débarque et les ennuis commencent.

Mon avis :
Autant le dire tout de suite, je ne connaissais pas 'Fane avant la lecture de cet ouvrage. Et je ne connais « Joe Bar Team » que de nom, car a priori cette série ne m’intéresse pas, mais après la lecture de « Streamliner », il va falloir que je me penche dessus et que je comble cette lacune.

Là, pas de série, mais un récit en deux tomes, dont le premier fait 158 pages, découpé en huit chapitres. C’est donc dense, mais j’ai pris un grand plaisir à cette lecture. L’histoire se déroule en plein désert, le long de la route 666. Je sais que c’est un clin d’oeil à la route 66 aux États-Unis, mais il s’agit aussi du nombre de la Bête et je doute que ce soit une coïncidence. Ce n’est pas clairement indiqué, mais quelques indices, comme le récit d’Evel O’Neil pendant la guerre, montrent que 'Fane a placé son récit dans une uchronie. D’ailleurs, j’ai moins apprécié ce passage avec les avions, mais il explique la présence du bombardier et le nom de la station-service.

Voitures customisées pour la vitesse, grosses cylindrées, macho et gros durs en tous genres, sans oublier les femmes qui ne s’en laissent pas conter, on sait d’avance que l’histoire ne se fera pas dans la dentelle et c’est le cas ! Il y a du mouvement, de l’action, et en même temps, je me suis attaché à certains personnages : Cristal, son père, Joe, etc. Cristal donne l’impression d’être une jeune fille un peu perdue par rapport aux événements qui se profilent, mais on sent que c’est quelqu’un de solide qui va donner du fil à retordre à son entourage.

Les personnages sont un peu stéréotypés (gros durs, voyous sur les bords, etc.), mais cela cadre parfaitement avec le récit. L’un des méchants, recherché pour meurtre, est William Boney[1], un autre personnage, Jane « calamité », comme dit Billy Joe page 115. L’auteur ancre vraiment son histoire dans un western moderne.
Cette première partie est axée sur la préparation de la course qui se déroulera dans ce coin de désert. Cela permet de découvrir les personnages, l’intrigue, les enjeux, et des tas de bolides aussi différents les uns que les autres.
Le dessin et la mise en page rendent le tout fluide. Il y a du rythme, c’est efficace. J’ai lu sur Ligne Claire[2] que 'Fane aurait préféré sortir son ouvrage en noir et blanc. Je trouve que la mise en couleur d’Isabelle Rabarot est très réussie, et j’ai du mal à imaginer ce que cela pourrait rendre en noir et blanc.

Le déroulement de cette course hors normes ne sera pas tout rose. J’ai hâte de découvrir le tome 2.

À découvrir !

Titre: Streamliner, Bye-bye Lisa Dora
Auteur: 'Fane%%Dessinateur: 'Fane
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 158
ISBN: 978-2-36891-555-6
Date de publication: 19 avril 2017

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20juil.

Le château des étoiles, Vol 3, Les chevaliers de Mars , d'Alex Alice

Le château des étoiles , vol 3, Les chevaliers de Mars

L’histoire :
Après la conquête de la Lune, Séraphin et ses amis se cachent en Bretagne. Ils expérimentent et préparent l’Éthernef à un nouveau voyage. Mais tout ne se déroule pas comme prévu.

Mon avis :
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les protagonistes de la série[1][2] dans ce nouveau cycle en deux tomes. Séraphin, Hans et Sophie sont de retour pour notre plus grand bonheur. Comme les précédents volumes, cet album a bénéficié d’une publication en avant-première sous forme de trois gazettes : l’île des spectres volants, Mars prussien et le fantôme de l’éther. C’est ce découpage que reprend l’album.

Au début, se trouve un résumé des tomes précédents sur une page. Cela permet de reprendre plus facilement le récit (il y a aussi la possibilité de relire les volumes antérieurs). Je me suis immergé rapidement dans la suite de cette histoire: ce mystère de l’éther et de la conquête spatiale. Il y a toujours un suspense ambiant et les rebondissements sont réguliers. Le scénario est solide, les dessins subliment le tout. Alex Alice mélange intelligemment personnages réels (Bismark, la princesse Sissi) et fictifs, leur donnant des rôles sur mesure.

Séraphin et ses amis se préparent à poursuivre leur quête et surtout à échapper aux différents services secrets qui les poursuivent. Ils vont continuer leur aventure: bien des péripéties les attendent. Séraphin évolue quelque peu au cours du récit. L'imagination de l’auteur fourmille d’idées. Les angles de vue, les couleurs, le texte, tout apporte quelque chose à cette série, et album après album, la qualité ne baisse pas.

J’ai trouvé la dernière page magnifique. De plus, elle annonce une suite très intéressante.

À lire !

Titre: Le château des étoiles , vol 3, Les chevaliers de Mars
Auteur: Alex Alice
Dessinateur: Alex Alice
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 64
ISBN:2-3698-1471-9
Date de publication: 26 avril 2017

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11juin

Le travailleur de la nuit, de Matz et Chemineau

Le travailleur de la nuit

L’histoire :
La vie d’Alexandre Jacob, qui aurait influencé Maurice Leblanc dans la création d’Arsène Lupin (ce que l’auteur de ce personnage a toujours nié).

Mon avis :
Il s’agit d’un récit complet en 126 pages (128 avec la postface) basé sur une histoire vraie. J’ai apprécié la découverte de ce personnage hors norme qu’a été Alexandre Jacob. L’album est découpé en cinq parties : une jeunesse en mer, l’illégaliste, Les travailleurs de la nuit, la guillotine sèche, Je me suicide un samedi...

L’album commence lors du procès d’Alexandre Jacob en 1905. Il s’ensuit une série de flashbacks pour nous relater la jeunesse du personnage, son évolution et ce qui l’a conduit au bagne. Ensuite, le lecteur l’accompagne jusqu’à la fin de sa vie.
Le récit est rythmé et intéressant. Alexandre Jacob est quelqu’un de révolté. La vie a fait de lui ce qu’il est devenu. D’ailleurs, il le dit lors de son procès, c’est la société inhumaine de l’époque qui l’a créé.
Alexandre Jacob avait une certaine éthique concernant ses vols : il ne s’attaquait qu’à ceux qu’il considérait comme des profiteurs : le clergé, les riches, mais pas les travailleurs, même s’ils avaient fait fortune. Il était très proche des milieux anarchistes et le récit montre bien la violence de l’époque.

Cet album est un véritable récit d’aventure, peut-être un peu idéalisée. Il s’agit aussi d’une autre époque, très difficile, où très jeune, on pouvait déjà être au travail (onze ans en ce qui concerne le personnage). J’ai trouvé que les auteurs avaient tendance à magnifier le personnage, et j’ai vraiment aimé cette lecture, mais pour ne pas être arrêté, Alexandre Jacob est allé jusqu’à tuer, ce qui, à mon sens, ne se justifie pas. D’un autre côté, le récit étant raconté par le protagoniste lui-même, difficile de faire autrement.

J’ai aussi apprécié le style des dessins, ainsi que la mise en couleur. Je trouve que cet album est une réussite.

Titre: Le travailleur de la nuit
Auteur: Matz%%Dessinateur: léonard Chemineau
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 128
ISBN:978-2-36981-273-9
Date de publication: 19 avril 2017

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07juin

Yin et le dragon T2 : les écailles d’or, de Richard Marazano et Xu Yao

Yin et le dragon T2 : les écailles d’or

L’histoire :
Dans Shanghai occupée, Yin et son grand-père continuent de prendre soin du dragon d’or (Guang Xinshi), mais il est très difficile de rester discret dans un pays en guerre.

Mon avis :
Dans ce deuxième volume de la trilogie[1], on retrouve les mêmes protagonistes que dans le précédent : Yin et son grand-père, le capitaine japonais et la bande d’enfants, sans oublier le dragon d’or. Les auteurs mêlent toujours fiction et faits historiques, ce qui apporte plus de profondeur au récit.

Le dessin est au même niveau que sur le premier tome. Les scènes maritimes sont plus sombres, car se déroulant essentiellement de nuit et avec Xi Quong, le dragon noir. La présence de ce dernier pèse sur tout l’album, et crée un suspense par son approche lente mais bruyante qui annonce l’apocalypse.

Au cours de l’album, on découvre les relations qui existent entre les deux dragons et les raisons qui les poussent à s’affronter. Le capitaine japonais dévoile ses intentions (et sa culture) et Yin va de nouveau agir à sa guise, même si elle est confrontée à la réalité de l’occupation japonaise (certaines scènes sont assez dramatiques). C’est peut-être même cette découverte qui pousse la petite fille à agir.

Un album agréable, mais plus sombre. J’émettrais un petit bémol : à part les informations mythologiques sur les deux dragons, j’ai eu l’impression de ne pas avancer dans l’histoire, et pourtant, le combat approche. J’aurais aimé encore plus d’action et d’autres rebondissements. J’ai attendu pendant tout l’album l’affrontement des deux dragons, tout en sachant que cela ne viendrait sans doute que dans le dernier tome.

Il faudra attendre la fin de l'histoire pour assouvir ma soif.

Titre: Yin et le dragon T2 : les écailles d’or
Auteur: Richard Marazano
Dessinateur: Xu Yao
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 60
ISBN:978-2-36981-177-0
Date de publication: 26 avril 2017

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09mai

Paysage après la bataille, de Éric Lambé et Philippe de Pierpont

Paysage après la bataille

L’histoire :
Une femme observe une toile dans un musée. Elle est totalement absorbée dans la contemplation de cette scène de bataille jonchée de morceaux de corps. Peu de temps après, elle arrive dans un camping isolé.

Mon avis :
Il s’agit d’un ouvrage assez intrigant : il fait environ 400 pages, et il y a très peu de texte. Il faut donc s’attacher aux dessins pour comprendre l’histoire. Au cours de ces pages, nous suivons Fany. Cette dernière semble complètement perdue. Elle va s’isoler dans un petit camping pour séjours de longue durée où seules quelques personnes résident. D’ailleurs, les autres habitants (Pierrot, Jean, Gina, Jean-Louis) donnent l’impression d’être aussi perdus qu’elle.

Ce qui ressort de cette lecture, c’est la solitude, ainsi que les méandres de la conscience terrassée par les événements. À travers ce récit, chaque personnage devra trouver sa voie.

Le graphisme est assez simple. Les auteurs se sont surtout attachés à l’analyse des idées, des émotions. On se doute assez rapidement des raisons qui poussent Fany à fuir. Car il s’agit bien d’une fuite. Elle reste ancrée dans son passé, elle n’arrive pas à tourner la page. Cela peut se comprendre, mais ce faisant, elle se coupe de la personne qui pourrait l’aider et la soutenir. De plus, même une lecture attentive des pages ne permet pas de saisir toutes les nuances que les auteurs ont voulu faire passer. J’ai trouvé que cela rendait cette histoire assez incompréhensible. J’ai saisi la trame principale, mais je n’ai absolument pas compris la présence de certaines pages. Représentation d’une âme morcelée ? Métaphores métaphysiques ? Aucune idée et c’est assez dommage. Cet ouvrage ressemble plus, à mon sens, à une expérience comme « Fin de la parenthèse [1]» de Joann Sfar, et je crois que je ne suis pas fait pour ça.

Service presse des éditions Actes Sud par l'intermédiaire de Lecteurs.com.

Titre: Paysage après la bataille
Auteur: Philippe de Pierpont
Dessinateur: Éric Lambé
Éditeur: Actes Sud Éditions
Nombre de pages: 420
ISBN:978-2-3300-6998-8
Date de publication: 19 octobre 2016

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