Aller à la recherche

Editeur : Super 8 Éditions

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 21 juin 2016

Images fantômes, Elizabeth Hand

Images fantômes

L'histoire :
Cassandra Neary est une photographe sur le retour. Elle accepte un travail qui pourrait éventuellement la sortir de son marasme : interviewer Aphrodite Kamestos, une artiste photographe des années 60 qui vit recluse sur une île.

Mon avis :
Il s'agit du premier roman traduit en français d'une série, qui en compte pour le moment trois, concernant Cassandre Neary[1]. Le titre original, « Generation loss », correspond très bien au contenu du roman. Je comprends le choix du titre français, même si je trouve le titre anglais plus adapté. Mais il aurait fallu donner une explication technique pour pouvoir saisir ce choix : lorsqu'une vidéo ou une photo originale analogique est copiée, la copie subit des pertes et est d'une qualité inférieure. C'est cette dégradation qui est nommée « generation loss ». Dans ce roman, le thème principal est la photographie et de nombreux protagonistes y sont mêlés, de près ou de loin.

Le livre baigne dans une atmosphère étrange, dérangeante. Cass arrive sur une île, proche du Maine, où les habitants donnent l'impression de vivre en vase clos. Le début présente Cass Neary. On découvre le personnage, sa vie ou plutôt son manque de vie. Elle est photographe, mais cela fait de nombreuses années qu'elle enchaîne les petits boulots.
C'est quelqu'un d'antipathique, droguée, alcoolique. Elle a la cinquantaine, mais elle se comporte de la même manière que lorsqu'elle en avait vingt. Elle est totalement malsaine dans ses réactions. Son truc est de prendre en photo des morts ou des personnes en train de mourir. Elle fouille dans les affaires de tout le monde et vole ce qui l'intéresse.

Le roman est assez lent. Je n'ai pas eu d'empathie pour l'héroïne, mais pour Mackenzie. Cette dernière est complètement perdue dans ce coin isolé. Elle cherche à se raccrocher à n'importe quoi pour entrapercevoir un avenir.
L'auteur décrit une atmosphère, des sensations. Il y a un fil conducteur, mais ne vous attendez pas à une véritable enquête. Ce sont plutôt les événements qui guident Cass. D'ailleurs, l'ouvrage est vraiment centré sur cette dernière et sa passion pour la photographie morbide. Il y a bien sûr un peu d'action sur la fin, mais attendez-vous, à l'image du roman, à des explications assez glauques.

Malgré ou à cause de cela, ce livre est addictif. Est-ce parce que différents personnages, à l'instar de l'héroïne, sont assez tordus ? Ou simplement pour voir jusqu'où pouvait aller la perversité de Cassandra ? Je ne sais pas, mais le récit, dans l'ensemble, m'a plu, même si la fin est quand même assez convenue. L'auteur donne de nombreuses informations et explications sur l'art de la photographie : méthodes, techniques, supports, etc.

Ce roman est un mélange de genres, raconté à la première personne par le personnage principal. Certaines situations secondaires n'auront pas d'explications (par exemple quel est l'animal étrange que Cass voit dans un arbre), mais ce n'est pas le but premier de cette histoire.

À découvrir !

J'ai reçu ce roman des éditions Super 8 dans le cadre de l'opération « Masse Critique » organisée par Babelio.

Titre: Images fantômes (Generation Loss)
Auteur: Elizabbeth Hand
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 421
Traduction: Brigitte Mariot
ISBN: 978-2-3705-6065-0
Date de publication: 25 août 2016

Acheter « Images fantômes » sur Amazon

mardi 10 mai 2016

Gangsterland, de Tod Goldberg

Gangsterland

L'histoire :
Sal Cupertine est un tueur à gages qui officie à Chicago. Lors d'une opération, il dérape un peu (lui-même dit qu'il est allé trop loin), en éliminant des agents fédéraux. Il doit fuir.

Mon avis :
Me voici de nouveau avec un roman des éditions Super 8 et je suis encore content de ce choix. L'auteur a tiré ce roman d'une de ses nouvelles « Mitsva ». Comme Tod Goldberg l'indique dans les remerciements, l'histoire est sombre et violente. Mais la façon dont c'est raconté et le personnage principal apportent une touche d'humour.
Nous suivons Sal Cupertine dans ses pérégrinations. Il a un travail qui n'est pas de tout repos : il est tueur à gages. Malgré sa profession, je me suis rapidement attaché à lui. Il analyse toutes les situations, les possibilités, puis il agit. On sent bien qu'il n'a pas vraiment d'états d'âme et que sa priorité, c'est sa famille et lui.

Il y a un décalage entre Sal, son caractère et son d'identité d'emprunt. Le voilà parachuté dans un monde dans lequel il n'aurait jamais pensé se retrouver : pour passer inaperçu, il devient rabbin. Il a un regard acéré sur la communauté qu'il guide spirituellement. Il montre qu'on peut rapidement faire illusion avec quelques citations bien choisies (la plupart des siennes sont extraites de Neil Young ou Bruce Springsteen au lieu de la Torah, Le Talmud et le Midrash). L'implication apparente fait le reste. Cela crée des scènes amusantes. Surtout que pour lui, afin de régler un problème, il suffit de le supprimer définitivement. Enfin, il découvre vite que derrière le fonctionnement en apparence normal de la synagogue, se cache quelque chose de plus retors. Attention, au cas où des personnes se poseraient la question, l'auteur ne fait pas de critique de la religion. Dans cette histoire, il montre comment des hommes la détournent à leur profit.

La mise en place est peut-être un peu lente. C'est nécessaire afin de bien comprendre dans quel état d'esprit se trouve le personnage principal. De plus, le récit est rythmé.
Le F.B.I. n'a pas le beau rôle dans ce roman. Il est montré comme ne souhaitant pas réellement faire la lumière sur le meurtre de ses agents afin de ne pas trop perturber la population : le premier bouc émissaire venu fera un bon coupable, surtout s'il est mort.

Malgré de nombreux meurtres et de la tension, le récit reste léger et agréable à lire.

À découvrir !

Service presse numérique des éditions Super 8 par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Gangsterland (Gangsterland)
Auteur: Tod Goldberg
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 354
Traduction: Zigor
ISBN: 978-2-3705-6040-7
Date de publication: 4 mai 2016

Acheter « Gangsterland » sur Amazon

vendredi 28 août 2015

Le contrat Salinger, d'Adam Langer

Le contrat Salinger

L'histoire :
Adam Langer, petit écrivain, revoit après quelques années l'auteur célèbre Conner Joyce. Ce dernier lui fait alors de drôles de confidences.

Mon avis :
Il s'agit d'un roman qui tourne autour des livres, de ce qui pousse à la création et des mystères qui entourent parfois les auteurs. L'histoire se veut psychologique, avec des touches de légèreté. Le ton employé est percutant. L'ensemble est agréable à lire. Les livres et auteurs célèbres sont au centre de l'histoire.

L'auteur décortique un peu les relations d'un auteur avec son éditeur, surtout lorsqu'un ouvrage se vend bien. L'écrivain, lui, a parfois besoin d'un stimulant pour passer le barrage de la page blanche et quoi de mieux que de n'avoir aucune contrainte (ou presque) pour écrire un seul livre ? Le thème de la manipulation est encore à l’œuvre ici. Le romancier parvient, avec son style, à créer un suspense, jusqu'à la chute finale. Il y a des rebondissements, parfois inattendus, mais on comprend aussi, en arrière-plan, que le monde de l'édition est impitoyable.

Ce qui pousse un auteur à écrire ? Adam langer apporte sa réponse. C'est logique, implacable et totalement banal. C'est ce qui fait le charme de ce roman. Parfois, la frontière entre la réalité et la fiction est mince.
Adam Langer raconte lui-même l'histoire. Du moins, il raconte ce que lui a raconté Conner Joyce, avec par moments, ses interrogations, ses doutes et même parfois un peu de regrets.
Les relations entre Adam Langer et Conner Joyce sont intéressantes, mais semblent superficielles. J'ai trouvé que cela manquait un peu d'épaisseur. Dans l'ensemble, il manque du contenu chez les différents personnages, ce qui est dommage.

Malgré cela, j'ai suivi avec intérêt les pérégrinations des deux protagonistes. Il y a deux histoires avec peu d'interaction entre elles, sinon les rencontres des deux personnages. La fin de l'histoire est peut-être un peu trop simple, mais tout se tient.

À découvrir !

Ce livre m'a été envoyé en version numérique par les éditions Super 8.

Titre: Le contrat Salinger (The Salinger Contract)
Auteur: Adam Langer
Éditeur: Super 8 Éditions
Nombre de pages: 308
Traduction: Émilie Didier
ISBN: 978-2-3705-6029-2
Date de publication: 19 août 2015

Acheter « Le contrat Salinger » sur Amazon
Page top