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Editeur : Sonatine

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mercredi 22 février 2017

Cet été-là, de Lee Martin

Cet été-là

L’histoire :
Katie, 9 ans, disparaît un soir d’été, alors qu’elle ramène des livres à la bibliothèque. Trente ans après, entre rancœur et désespoir, les différents protagonistes reviennent sur les événements.

Mon avis :
Ce livre est empli de noirceur. C’est un roman polyphonique. Ce sont les différents protagonistes qui racontent comment les événements se sont déroulés trente ans auparavant dans cette petite ville de l’Indiana. L’intrigue est classique, mais c’est rondement mené.

Le lecteur ressent bien qu’il n’a aucune prise sur le récit. Il ne fait que subir ce qui est raconté. Comment et pourquoi la petite Katie a-t-elle disparu ?

Le roman est lent. Les chapitres changent de narrateur, et il y a un va-et-vient entre les dates du 5 et 9 juillet. C’est un puzzle qu’il faut reconstituer petit à petit. Je me suis plongé avec attention dans le récit, et j’ai été absorbé par l’ambiance étrange. En même temps, le narrateur principal, Henry Dees, n’hésite pas à interpeller le lecteur, dont il fait, par la même occasion, un voyeur.

Pendant le récit, les protagonistes omettent des éléments, qui se révèlent par la suite, et qui assombrissent encore plus l’ensemble. D’ailleurs, les différents personnages n’ont pas déclenché d’empathie chez moi (même les parents de Katie).

L’écriture est fluide. De nombreux chapitres sont très courts, donnent un petit rythme à la lecture, et il y en a deux ou trois beaucoup plus longs. L’auteur fait tout pour déclencher des sensations, un ressenti, et c’est réussi. Cette lecture a été addictive.

À lire !

Service presse des éditions Sonatine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Cet été-là
Auteur: Lee Martin
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 320
Traduction: Fabrice Pointeau
ISBN: 978-2-3558-4558-1
Date de publication: 9 février 2017

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lundi 22 août 2016

Là où les lumières se perdent, de David Joy

Là où les lumières se perdent

L’histoire :
Jacob McNeely, dix-huit ans, vit dans une région perdue des Appalaches. Il ne peut rien faire pour sortir de l’enfer dans lequel il est empêtré. Son père, Charly McNeely, dirige d’une poigne de fer le trafic de drogue local. La seule lueur d’espoir pour Jacob, c’est Maggie Jenkins, son ex-petite amie.

Mon avis :
C’est un roman noir. L’ensemble du récit est lugubre. Il y a toujours une sensation d’oppression. Les personnages sont stéréotypés. Cela accentue le malaise et les relations tendues entre les protagonistes.

Jacob voit sa vie comme une fatalité. Il n’entraperçoit aucune solution, et jour après jour, les événements l’emportent dans leur spirale infernale. Il ressent un mal être profond. L’histoire est racontée de son point de vue. Si, au début du roman, j’ai pensé: « Tu n’as qu’à partir. », j’ai vite ressenti de la compassion pour le personnage. Pour lui, la vie est noire et ne peut être qu'ainsi. Il ressasse sa situation comme un leitmotiv.
Sa mère est toxicomane. Son père un trafiquant de drogue, sans scrupules ni remords. Ce dernier est violent, misogyne. Pour Jacob, qui aide son père depuis l’âge de neuf ans, c’est génétique, et il n’y a rien à faire.
Maggie est la seule personne qui semble un peu saine, mais pour des motifs économiques, elle ne peut pas partir. Elle est un rayon de lumière au milieu de ce noir empli de fatalisme.

Jacob décrit son environnement avec de nombreux détails. L’auteur traite des thèmes de la famille, du destin, de l’amour.
La fin est en partie surprenante, mais totalement logique.

C’est un roman implacable.

À découvrir !

Service de presse numérique des éditions Sonatine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Là où les lumières se perdent (Where All Light Tends to Go)
Auteur: David Joy
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 304
Traduction: Fabrice Pointeau
ISBN: 978-2-3558-4338-9
Date de publication: 25 août 2016

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vendredi 13 mai 2016

Tout n'est pas perdu, de Wendy Walker

Tout n’est pas perdu

L'histoire :
Jenny Kramer, quinze ans, est victime d'un viol lors d'une soirée. Ses Parents (Charlotte et Tom) acceptent que leur fille reçoive un traitement afin d'effacer ses souvenirs pour qu'elle puisse se reconstruire plus facilement. Pourtant, l'état psychologique de Jenny va se dégrader.

Mon avis :
C'est un thriller psychologique. L'intrigue est intéressante et complexe. L'auteur s'appuie sur les progrès des médicaments pour soigner ou atténuer les effets post-traumatiques. Il précise dans une note à la fin de l'ouvrage que de tels médicaments sont en cours d'étude. C'est selon moi une aberration de vouloir soigner des personnes en effaçant leurs souvenirs de drames.

Le récit est prenant et intrigant. Il y a du suspense et les faits sont assez horribles. Le doute, concernant les personnages, est omniprésent. Alan Forrester est le psychiatre qui suit Jenny et ses parents. Il connaît le problème de la jeune fille, car il soigne un soldat qui a suivi le même traitement.

Je n'ai pas accroché au personnage d'Alan, ni à celui de Charlotte. Le médecin est imbu de lui-même. Il déclare à plusieurs reprises qu'il n'a échoué qu'avec un de ses patients. C'est quelque peu prétentieux. Le reste du récit abonde dans ce sens (et pour moi, ce n'est pas la fin du roman qui corrige cela).
La mère de Jenny est dans le paraître. Si les faits disparaissent, il n'y a plus de problèmes. En fin de compte, elle ne pense pas réellement au bien-être de sa fille, mais plutôt à sa petite personne.
Jenny est une adolescente complètement perdue qui veut essayer de retrouver la mémoire afin de savoir ce qui s'est réellement déroulé lors de son agression.

Tom veut retrouver l'agresseur. Cela tourne même à l'obsession (et cela peut se comprendre). Cela accentuera les problèmes au sein de cette famille. Mais il y a aussi d'autres secrets que le psychiatre va essayer de découvrir et enrayer.

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, à m'adapter au style d'écriture. C'est sans doute dû au ton condescendant du narrateur. Il faut déjà attendre le chapitre 7 pour savoir qui il est. De plus, il interpelle régulièrement le lecteur pour que ce dernier prenne son parti (ce qui a eu plutôt l'effet inverse sur moi). Sans compter qu'il fait de nombreuses digressions que j'ai trouvées inopportunes (même si cela prend sens à la fin). Ce découpage fait que j'ai ressenti de nombreuses lenteurs. J'ai eu l'impression de ne pas avancer dans l'histoire. L'auteur aurait peut-être dû sabrer dans son récit afin de donner davantage de rythme.

Service presse numérique des éditions Sonatine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Tout n’est pas perdu (All Is Not Forgotten)
Auteur: Wendy Walker
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 352
Traduction: Fabrice Pointeau
ISBN: 978-2-3558-4515-4
Date de publication: 12 mai 2016

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lundi 29 février 2016

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Celeste Ng

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit

L'histoire :
« Lydia est morte. Mais ils ne le savent pas encore. » Il s'agit des deux premières phrases de ce roman. Puis, la tension commence à monter dans la famille qui attend le retour de sa fille prodigue de seize ans.

Mon avis :
L'histoire de ce roman est lente. Si vous êtes adeptes de sensations fortes, passez votre chemin. Celeste Ng nous raconte un drame familial. Chaque protagoniste se livre à une introspection, même le personnage de Lydia. La famille Lee donne l'impression d'une famille heureuse, mais c'est loin d'être le cas. Avec leurs origines chinoises, le père et les enfants sont stigmatisés dans cette Amérique des années 60-70 où il n'y a pas de véritable intégration.

Un narrateur omniscient passe en revue les différents personnages et dresse un portrait complexe de cette famille. Pour les parents, sous l'impulsion de Marilyn (la mère), seule compte Lydia. Elle seule est apte à faire de grandes choses.

Les enfants vivent mal cette situation, qu'ils gèrent chacun à leur manière, et que l'auteur décrit avec brio. Le comportement de chacun est décortiqué, analysé, en tenant compte du passé et des événements qui ont secoué cette famille. C'est profond, travaillé.
La mère de famille se sert de sa fille Lydia comme d'un substitut, afin de vivre l'ambition qu'elle avait lorsqu'elle était étudiante. Elle pousse sa manière d'être jusqu'à l'obsession.

James (le père) a réussi ses études, mais malgré tout, son intégration dans la société est superficielle. Il voit l'évolution de ses enfants à l'aune de ce qu'il a vécu à l'école et essaie de manière maladroite d'empêcher que cela ne se reproduise.
Le drame qui secoue cette famille repose sur de nombreux non-dits et sur une certaine faiblesse patente des parents. À mon sens, ils n'ont aucune circonstance atténuante. Les enfants ne font que s'adapter à la situation.

Je me suis vite trouvé absorbé par ma lecture. Le style de l'auteur est fluide et il convient parfaitement à l'histoire racontée. Le narrateur omniscient ne rapporte que les faits, les sensations. Il ne prend pas parti. Cela renforce la sentiment d'oppression qui plane sur cette famille. Comment éduquer ses enfants ?

À lire !

Service presse numérique des éditions Sonatine par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Every Thing I Never Told You)
Auteur: Celeste Ng
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 288
Traduction: Fabrice Pointeau
ISBN: 978-2-3558-4367-9
Date de publication: 3 mars 2016

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jeudi 24 septembre 2015

Une autre vie, de S. J. Watson

Une autre vie

L'histoire :
Julia mène, à Londres, une petite vie tranquille avec son mari et son fils. Un jour, elle apprend que sa sœur, Kate, a été assassinée à Paris. S'ensuit un deuil difficile, puis des doutes sur les raisons de cette mort. Julia se met à enquêter, à sa manière.

Mon avis :
J'ai bien aimé le roman précédent de S.J. Watson (« Avant d'aller dormir[1] »), et c'est avec plaisir que je me suis lancé dans la lecture de son nouveau livre.
« Une autre vie » est une réussite. Le romancier nous livre de nouveau un véritable puzzle, qui se construit lentement et se dévoile complètement dans les dernières pages. La mise en place est lente, afin de bien ancrer Julia dans sa vie quotidienne, dans ses inquiétudes car au-delà des apparences, elle est tourmentée par son passé et le rôle qu'elle tenait auprès de sa sœur depuis la mort de leur mère.
S.J. Watson a pris son temps pour développer le caractère de Julia. Cette dernière est quelqu'un de fragile, qui a manqué d'affection pendant son enfance et cela laisse des traces dans sa façon de ressentir et de gérer les événements. La découverte du site de rencontre qu'utilisait sa sœur va modifier son comportement. Elle va mettre le doigt dans un engrenage infernal.
Les personnages secondaires, Anna, Hugh, Connor, Adrienne, Lukas sont juste comme il faut, dosés avec soin.

Adultère, machination, argent, vengeance : tous les ingrédients sont présents afin de tenir en haleine le lecteur dans ce roman psychologique. Plus la lecture avance, plus les nerfs du lecteur sont mis à rude épreuve. Pourtant, par moments, on peut se demander pourquoi Julia réagit de telle façon et pas autrement. On aurait envie de la secouer, mais l'auteur a bien amené la chose : Julia est faible psychologiquement, elle n'est pas sûre d'elle. Plus le roman avance, plus la tension est présente. Même si j'ai eu un petit doute à un moment, celui-ci a disparu pour me surprendre de nouveau sur la fin du roman.
D'ailleurs, le seul reproche que je pourrais faire à l'auteur, c'est la fin du roman. J'aurais aimé qu'il développe un peu plus la conclusion à la place de cette fin semi-ouverte.

Une version numérique de ce livre m'a été envoyée par les éditions Sonatine.

Titre: Une autre vie (Second Life)
Auteur:S.J. Watson
Éditeur: Sonatine
Nombre de pages: 432
Traduction: Sophie Aslanides
ISBN: 978-2-3558-4283-2
Date de publication: 1 octobre 2015

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