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Editeur : Robert Laffont

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dimanche 5 août 2018

L’échange, de Rebecca Fleet

L’échange

L’histoire :
Grâce à un site internet, Caroline et Francis échangent, pour une semaine, leur appartement londonien, contre une maison, dans une petite ville tranquille. Ils espèrent ainsi continuer à reconstruire leur couple qui en a bien besoin.

Mon avis :
Les chapitres alternent les événements présents avec ceux qui se sont déroulés deux ans auparavant. Cette structure commence à être récurrente dans certains thrillers. L’intrigue est classique, mais bien menée (je connais pourtant ce type de structure, et au moment du basculement, je me suis dit que l’auteur m’avait bien berné). On suit essentiellement Caroline à l’époque où son couple a explosé, mais aussi Francis et la personne qui a emménagé chez eux. C’est un roman à trois voix. Le récit est addictif. Autant je comprends la position de Caroline, même si je ne l’approuve pas, autant je n’ai pas accroché avec Francis. Comment ce dernier a-t-il pu sombrer à ce point ? Je n’ai pas réussi à trouver le point de rupture.
Caroline revit sa période adultère, que beaucoup de choses dans cette maison, pourtant aseptisée, lui rappellent. Cela la trouble énormément, car pour diverses raisons, elle n’a pas tiré un trait définitif sur ce passé. Elle finit par croire que c’est son ancien amant qui a échangé sa maison. S’engage alors un dialogue assez étrange par messageries interposées. Caroline commence à paniquer, et son comportement dérape sans qu’on comprenne vraiment pourquoi.

Par petites touches, le puzzle se reconstruit. Sans oublier les périodes actuelles où Caroline tire sur les cicatrices fragiles de son couple : tension et incompréhension règnent.
La période Caroline / Carl (son collègue et amant) reflète un bonheur intense. L’amante se sent considérer et revivre. Pourtant, tout s’arrête (en même temps, pourquoi l’herbe serait-elle plus verte ailleurs ?). Caroline renoue avec Francis alors que tout les éloigne, sauf leur fils Eddie. En même temps, on sent bien qu’elle est centrée sur elle-même, et que tout doit tourner autour d’elle.
À partir du moment où la vérité se fait jour, je me suis demandé ce qu’il allait en découler. Ce fut une petite déception, car la fin n’entraîne pas de grandes surprises (ce que j’aurais préféré).

Un roman agréable, mais convenu.

Service presse numérique des éditions Robert Laffont par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: L’échange
Auteur: Rebecca Fleet
Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 336
Traduction: Cécile Ardilly
ISBN: 978-2-2212-1624-8
Date de publication: 7 juin 2018

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dimanche 4 mars 2018

Toute la vérité, de Karen Cleveland

Toute la vérité

L’histoire :
Vivian est analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, et elle cherche les agents dormants sur le territoire américain. À cetse occasion, elle découvre que son mari est peut-être un agent ennemi. À partir de ce moment-là, sa vie dérape.

Mon avis :
Ce thriller psychologique est bien ficelé. Ma lecture a été agréable. J’ai trouvé qu’il pourrait facilement être adapté en film (et c’est peut-être le but), car tous les ingrédients nécessaires sont présents : suspense, action et il y a du rythme. Le roman est addictif.

Vivian est une spécialiste du contre-renseignement, et sa découverte disloque les dix ans qu’elle vient de passer avec Matthew, cet homme qu’elle pensait connaître. Elle décide de pousser son enquête, mais cela la rend encore plus perplexe. Elle va analyser toute sa vie à la lumière de ce qu’elle a découvert et tout s’effondre. Puis, elle va faire un choix qui accentuera sa paranoïa au quotidien, et peut-être à juste raison.

L’auteur emplit son roman de faux semblants. Les manipulations diverses et variées sont monnaie courante, même au sein de la CIA. Matthew est assez particulier, car il répond sans ambages à son épouse, mais ment-il ou non ? Son comportement est ambigu. Il n’y a qu’à la toute fin que la situation s’éclaircit. J’ai trouvé l’épilogue un peu trop convenu pour ce type de roman. Il y a aussi quelques grosses ficelles, mais rien de rédhibitoire dans mon cas.

Pour information, le titre français est assez bien choisi, mais le titre original « Need to Know » (Besoin de savoir) est plus proche du contenu.

À lire !

Service presse des éditions Robert Laffont par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Toute la vérité
Auteur: Karen Cleveland
Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 384
ISBN: 978-2-2212-1494-7
Traduction: ‎Johan-Frédérik HEL-GUEDJ
Date de publication: 25 janvier 2018

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jeudi 21 juillet 2016

L'heure bleue, d'Elsa Vasseur

L'heure bleue

L'histoire :
Zoé, 17 ans, est invitée par Lise, une camarade de classe, afin de passer les vacances sur une île paradisiaque en Grèce, et en même temps, effecteuer un petit boulot. Après quelques hésitations, Zoé accepte. Une fois sur place, la jeune fille découvre quelques accrocs aux propos de Lise. L'été ne fait que commencer.

Mon avis :
C'est un court roman, découpé en trois parties, qui se lit assez rapidement. Le récit manque d'originalité, mais j'ai apprécié cette lecture. Pourtant, je n'ai pas ressenti le « suspense psychologique » qu'annonçait l'éditeur. J'ai plutôt retrouvé le même type d'ambiance que dans l'album « Cet été-là[1] ».

Zoé va se retrouver dans une famille très riche où les non-dits sont nombreux et les apparences primordiales. Au cours de cet été, elle sera le témoin du délitement complet de cette famille. La jeune fille est attachante, mais j'aurais aimé que son portrait, de même que ceux des autres protagonistes, soit plus développé. Cela aurait apporté plus de profondeur au récit.
L'héroïne traîne aussi derrière elle un poids qu'elle n'aime pas aborder, et qui entraîne certains TOC chez elle. Or, elle devra s'occuper de Ben, un enfant de cinq ans, ce qui la mettra face à certains souvenirs. Elle devra donner du sens à ce passé afin de pouvoir entrevoir l'avenir.

Comme d'autres blogueurs, je ne comprenais pas le titre de l'ouvrage, et après une petite recherche, je suis tombé sur la définition de l'heure bleue[2]. Et là, le livre prend du sens. Cet été représente la coupure de Zoé avec le monde « normal ». Il s'agit d'un intermède qui permettra à la jeune fille d'évoluer.

Un roman à lire sur la plage pour se détendre.

Service presse numérique des éditons Robert Laffont par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: L'heure bleue
Auteur: Elsa Vasseur
Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 245
ISBN: 978-2-2211-9262-7
Date de publication: 4 mai 2016

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lundi 18 juillet 2016

Les adeptes, de Ingar Johnsrud

Les adeptes

L'histoire :
Fredrik Beier, inspecteur de police, doit enquêter pour retrouver, au sein d'une secte, la fille et le petit-fils d'une femme politique très en vue. Quelques jours après, l'affaire prend une tournure dramatique avec un massacre dans la secte en question.

Mon avis :
Pour un premier roman, ce récit est une réussite. L'auteur a écrit quelque chose de complexe et de fouillé. C'est un thriller bien mené. L'intrigue conduit le lecteur des années 1930 à nos jours par un système de récits alternés. Je tiens à faire remarquer que les récits des deux époques sont intéressants, car souvent, dans ce type d'histoire, seul le passé tire son épingle du jeu. Les scènes violentes sont récurrentes. Certains pensent que c'est pour masquer le manque de profondeur de l'histoire, que l'ensemble est trop convenu. J'admets que la scène de combat entre Beier et le tueur est très tape-à-l’œil (ainsi que d'autres). On est plus dans une scène de cinéma type James Bond que dans la réalité. Mais il s'agit bien d'un roman et non de la réalité. L'auteur a donc toute latitude pour agir à sa guise et l'adaptation cinématographique l'intéresse peut-être.

Cette histoire est travaillée, manipulée avec soin. Il y a de nombreuses descriptions. Étant donné le nombre de pages, cela entraîne quelques longueurs, mais comme c'est un premier roman, il s'agit, je l'espère, d'une erreur de jeunesse. En arrière-plan, l'auteur laisse transparaître, à dessein, quelques relents nauséabonds de nos sociétés actuelles. Le racisme, le sectarisme sont certains des thèmes au menu de ce récit. Il y a aussi ceux du complot et de la machination, du terrorisme. Le romancier utilise des thèmes en lien avec l'actualité. La religion est un peu présente, mais elle sert seulement d'emballage à l'ensemble.

Le personnage de Fredrik Beier est classique. Il est torturé par certains événements de sa vie personnelle et il se comporte comme un gros beauf dans sa relation amoureuse.
Les autres personnages qui gravitent autour de lui sont soit un peu fades, comme Andreas, soit un peu plus complexes qu'il n'y paraît, comme Koss.

J'ai eu une petite déception quant à la fin. J'ai trouvé qu'il manquait certaines réponses. Ensuite, j'ai découvert qu'il s'agissait du premier tome d'une trilogie. Les réponses manquantes arriveront sans doute dans les prochains volumes.

À découvrir !

Service presse numérique des éditons Robert Laffont par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Les adeptes (Wienerbrorskapet)
Auteur: Ingar Johnsrud
Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 560
ISBN: 978-2-2211-9018-0
Traduction: Hélène Hervieu
Date de publication: 19 mai 2016

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mardi 26 janvier 2016

Coeur de Lapin, d'Annette Wieners

Coeur de Lapin

L'histoire :
Lorsqu'elle dépose des fleurs pour un enterrement, Gesine Cordes découvre qu'il s'agit de celui de sa sœur Mareike, qu'elle n'a pas vue depuis dix ans. Peu après, Gesine est soupçonnée d'avoir causé la disparition de sa soeur.

Mon avis :
La structure du roman est classique. Il y a l'histoire de l'enquête sur ce qui est arrivé à Mareike et des chapitres sous forme de flash-backs qui reviennent sur la mort de Philip, le fils de Gesine, dix ans auparavant. Il y a aussi, à la fin de certains chapitres, des feuilles de carnets où l'héroïne a noté des informations sur des plantes toxiques.

Le personnage principal, Gesine, est quelqu'un de torturé, ce qui est classique dans ce type de romans. Depuis la mort de son fils, elle n'a toujours pas remonté la pente. Elle a quitté la police pour devenir agent d'entretien de cimetière. Nouvelle carrière assez peu banale. Elle a coupé les ponts avec sa famille qu'elle juge responsable de ce qui est arrivé à son fils. Malgré son comportement parfois étrange, j'ai eu de l'empathie pour elle.

Les différents personnages ont des avis assez tranchés sur la situation. Il n'y a aucune nuance. Cela accentue les tensions. Les parents de Gesine sont insupportables. L'auteur brouille les pistes, mais malgré quelques doutes, une solution se profile, même si le mystère plane encore jusqu'au dénouement.

C'est un roman psychologique qui joue sur les sentiments contradictoires des protagonistes et qui appuie là où il faut pour accentuer le malaise. Il y a un élément un peu gros concernant les jumelles Frida et Marta. Étant donné leur jeune âge, il y a des choses qu'elles n'auraient pas dû réussir. Mais il s'agit d'un détail car le récit est prenant.

J'ai vraiment aimé cette lecture. À lire !

C'est le deuxième roman de la série « La bête noire » que je lis ( le premier étant « Tu tueras le père[1] » ) : cette collection est vraiment intéressante.

Service presse numérique reçu des éditions Robert Laffont.

Titre: Coeur de Lapin (Kaninchenherz)
Auteur: Annette Wieners
Éditeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 348
Traduction: Lucie Roignant
ISBN: 978-2-22119-120-0
Date de publication: 14 janvier 2016

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