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Editeur : Marabout

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mercredi 25 avril 2018

Laisse-moi en paix, de Clare Mackintosh

Laisse-moi en paix

L’histoire :
Noël approche. Pour Anna Johnson, il ne s’agit pas d’un bon moment. Deux ans auparavant, son père s’est suicidé et sa mère a fait la même chose un an après le premier drame. Anna tente tranquillement de se reconstruire, lorsqu’elle reçoit une carte avec dessus : « Un suicide ? Détrompe-toi ». L’équilibre précaire de la jeune femme vacille de nouveau.

Mon avis :
Ce nouveau roman de Clare Mackintosh est réussi. L’auteur alterne les chapitres concernant Anna, racontés à la première personne, et d’autres concernant Murray, à la troisième personne. Le roman se découpe en trois parties. Les rebondissements sont placés à bon escient.
J’ai eu des doutes, vite dissipé, et à la fin, je me suis dit: « zut, c’est ce que j’avais pensé au début, et la romancière a réussi à me berner! ». C’est un thriller psychologique assez lent dans la mise en place. Il n’y a pas beaucoup d’action, mais cela n’a pas été gênant pour moi.

Anna a vingt-six ans. Elle est fortement perturbée par le décès de ses parents qu’elle n’a jamais compris. Le message qu’elle reçoit lui fait penser à des meurtres déguisés. C’est aussi une jeune mère, soutenue par Mark, son compagnon.

Murray est un policier à la retraite. Il continue à être volontaire pour travailler au commissariat. Il accueille le public. L’affaire que lui présente Anna l’intéresse, car ses vieux instincts le travaillent. C’est un personnage attachant, dont on suit la vie personnelle avec intérêt.
Les personnages secondaires (comme Mark, Laura, Billy, Sarah) sont intéressants, même si moins travaillés. J’ai une nette préférence pour Sarah. Ils apportent réellement un peu plus d’épaisseur à l’histoire.
Maintenant, après « Te laisser partir » et celui-ci, il faut absolument que je lise « Je te vois ».

À lire !

Service presse des éditions Marabout dans la cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babelio.

Titre: Laisse-moi en paix
Auteur: Clare Mackintosh
Éditeur: Marabout
Nombre de pages: 426
ISBN: 978-2-501-12265-1
Traduction: Françoise Smith
Date de publication: 21 mars 2018

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mardi 15 mars 2016

Te laisser partir de Clare Mackintosh

Te laisser partir

L'histoire :
Un soir de pluie, à Bristol, une mère laisse son fils de sept ans lui échapper. Dans la foulée, celui-ci est tué par une voiture dont le conducteur prend la fuite. La souffrance de la mère est indicible.

Mon avis :
Ce livre comporte deux parties. Chacune délivre une ambiance différente. C'est un roman à plusieurs voix, trois pour être exact. Deux à la première personne et une à la troisième personne. L'alternance des points de vue donne un très bon thriller psychologique, et pourtant, c'est très classique, comme procédé. Les chapitres sont courts et cela donne du rythme à l'histoire. Or, dans la première partie, on se demande presque où est le thriller. Clare Mackintosh se concentre sur comment se reconstruire après le drame et sur l'enquête. Elle prend son temps. Elle creuse ses personnages et on a rapidement de l'empathie pour Jenna, Ray, Kate.

On voit bien que la romancière connaît le fonctionnement d'un commissariat et d'une enquête. Il y a Ray, le vieux routard, qui connaît tous les rouages de la machine, et Kate, qui débute plus ou moins dans le métier et qui veut tout réussir. Le lecteur découvre les méandres de la vie de couple d'un policier pris par son travail et qui se pose des questions sur l'éducation de ses enfants.

Jenna, de son côté, essaie tant bien que mal de reprendre sa vie en main. Étant donné le drame qu'elle a vécu, c'est extrêmement difficile. J'ai lu que certains lecteurs avaient eu quelques soucis, s'ennuyant, car trouvant cette première partie trop lente. Cela n'a pas été mon cas. Je me suis attaché à cette tentative de reconstruction de Jenna. Les différents protagonistes (sauf un) sont profondément humains avec leurs forces et leurs faiblesses. C'est pour montrer cela et aussi pour détourner le lecteur du but principal de l'auteur qu'il y a quelques digressions secondaires.

L'histoire prend réellement sens au cours de la deuxième partie. C'est même devenu addictif et j'ai eu du mal à fermer le livre avant de l'avoir terminé (ce qui raccourcit le temps de sommeil). Du côté psychopathe, on est servi. Un personnage est vraiment retors.

À un moment, j'ai trouvé que l'auteur allait trop dans la surenchère, mais ça passe bien, surtout pour un premier roman. De plus, elle maîtrise correctement l'ensemble, et le mécanisme de basculement de son intrigue est une véritable réussite.

À lire !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Marabout.

Titre: Te laisser partir (I Let You Go)
Auteur: Clare Mackintosh
Éditeur: Marabout
Nombre de pages: 450
Traduction: Mathieu Bathol
ISBN: 978-2-501-09633-1
Date de publication: 3 février 2016

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jeudi 8 mai 2014

Dans un dernier souffle, de Gerda Pearce

Dans un dernier souffle

L'histoire :
Au Cap, en Afrique du sud, Gin se réveille dans une chambre d'hôpital et apprend la mort de Simon, son amant. Commence alors un long processus de reconstruction qui va entraîner Gin dans son passé.

Mon avis :
Simon est l'amant de jeunesse de Gin. Sa mort va faire resurgir le passé de la jeune femme, et à partir de ce moment-là, un long parcours d'analyse va s'enclencher, avec ses hauts et ses bas. Roman à plusieurs voix, « Dans un dernier souffle » se sert de la fin de l'Apartheid pour aborder la complexité des relations amicales et familiales. Gin, Vivienne, Michael, Hannah, Simon, Jonnie : chacun a choisi sa voie suite aux événements qui ont bouleversé leurs vies.

Les relations familiales et interraciales des protagonistes, qui vivaient en Afrique du sud, sont passées au peigne fin : pour des raisons religieuses, les familles des jeunes amants s'opposaient à leur union et la pression était forte. En toile de fond, Gerda Pearce dresse un portrait de l'Afrique du Sud de la fin de l'Apartheid et de la réconciliation, tout en laissant apparaître que de nombreuses choses sont inachevées ou dérangeantes. Les échecs ou les réussites des vies des protagonistes sont analysés de manière approfondie et cela entraîne le lecteur dans la découverte des conservatismes encore en vigueur et la dureté du régime de l'Apartheid.

C'est un roman assez noir qui laisse parfois entrevoir un avenir meilleur, mais ce dernier semblera illusoire. Cette ambiance oppressante m'a mis mal à l'aise. Derrière les apparences, la plupart des personnages sont déchirés par le passé, certains secrets liés à l'Apartheid et au non-dits de leur jeunesse. Les protagonistes ont des personnalités complexes. L'auteur alterne les événements se déroulant dans le présent et dans le passé. Ces derniers sont présentés en italique, ce qui est très pratique pour le lecteur.

Petit à petit, le lecteur découvre les éléments nécessaires à la compréhension de l'intrigue. Les rebondissements sont bien amenés et les explications à certains problèmes concernent essentiellement les relations familiales qui pourront paraître sordides.

Je récrimine souvent à propos des mauvais choix lors de l'adaptation du titre en français, mais pour une fois j'ai trouvé ce choix pertinent. À lire si vous n'êtes pas une âme sensible !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Marabout.

Éditeur: Marabout
Nombre de pages: 384
ISBN:978-2-501-08678-3

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lundi 7 avril 2014

Entre dans ma vie, de Clara Sanchez

Entre dans ma vie

L'histoire:
Veronica a une mère hyper protectrice. Il y a toujours des moments de tension au sein de sa famille, jusqu'au jour où elle découvre qu'elle a eu une sœur, Laura...

Mon avis :
L'auteur a pris le parti de faire une narration à deux voix : un chapitre raconté par Veronica, puis un raconté par Laura. Le lecteur voit grandir les deux jeunes filles et suit en parallèle l'évolution des deux familles. Aucune des deux familles n'est conventionnelle : l'une est obsédée par la disparition d'un enfant, et l'autre a peur que l'on découvre son secret. En fin de compte, aucune des deux enfants n'a la vie saine et équilibrée que l'on pourrait attendre d'une famille.

C'est surtout l'évolution psychologique de Betty qui est racontée, sa lente descente aux enfers suite à la perte de sa fille, malgré la présence de ses deux autres enfants. On ressent sa détresse, son mal-être, sa solitude. Veronica finit par entrer dans le monde de sa mère pour comprendre ce qui se passe et décide de poursuivre la quête de vérité que sa mère a entreprise. Les découvertes qu'elle fera la laisseront dubitative, dans un premier temps, puis elle comprendra les raisons qui ont poussé sa mère à agir comme cela.

Laura semble avoir une vie meilleure, sans problèmes financiers dans sa famille. Mais elle a une grand-mère très possessive, tandis que sa mère est très volage et ne pense qu'à s'amuser. La jeune fille ne s'intéresse pas trop aux quelques incohérences de sa vie afin de ne pas ennuyer sa mère. J'ai eu l'impression qu'elle était prisonnière de sa vie, de son milieu.

Le style de l'auteur est clair et simple, la lecture est fluide. Le livre est découpé en trois parties et cette structure est cohérente avec l'histoire racontée. On s'attache aux deux jeunes filles et on suit avec intérêt leur émancipation. Le thème du roman s'inspire du scandale d'État sur les enfants volés en Espagne des années 1950 à la fin des années 1980[1].

Ce livre m'a été offert par les éditions Marabout par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Éditeur: Marabout
Nombre de pages: 472
ISBN: 978-2-501-08304-1

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vendredi 16 août 2013

Jumelles, de Saskia Sarginson

Jumelles

L'histoire :
Deux jumelles, Isolte et Viola, se penchent sur leur passé qui les a éloignées l'une de l'autre. Leurs souvenirs croisés tissent l'histoire de leur jeunesse...

Mon avis :
Il s'agit du premier roman de Saskia Sarginson. L'histoire est intéressante, peut-être un brin trop lente, mais les pages se tournent assez facilement quand même.
La structure du livre, classique, alterne le point de vue des soeurs, avec des retours en arrière récurrents. Au cours d'une conversation, d'une pensée, un souvenir resurgit les amenant à se remémorer les événements de leur jeunesse.

Elles ont passé une partie de leur enfance dans le Sufolk, un endroit où leur mère souhaitait refaire sa vie. Les souvenirs des deux sœurs forment vraiment un puzzle: petit à petit, tout cela s'agence et nous permet de reconstituer l'histoire, de comprendre comment elles en sont arrivées là où elles sont.
On comprend aussi que le temps a éloigné les deux sœurs. Il y a une incompréhension totale entre les deux, un manque de communication flagrant. Isolte est apparemment épanouie, alors que Viola est anorexique et que rien ne semble pouvoir l'aider. La psychologie des personnages est bien creusée. On s'attache rapidement aux héroïnes, davantage à Viola qui apparaît comme la plus faible des deux. De plus, les jumelles sont tiraillées par le passé: le roman est bien noir par moment, et même, pendant quelques instants, je me suis attendu à bien plus que ce que l'auteur nous raconte, mais elle n'a pas osé. Pourtant, il aurait peut-être été intéressant d'aller dans ce sens plus atroce et de rendre ainsi ce roman encore plus oppressant.

Ce roman est aussi le cheminement, une quête, même si elles ne s'en rendent pas forcément compte, de deux jeunes filles qui cherchent leur place dans la société.

D'un autre côté, les retours dans le passé nous montrent que le comportement de leur mère semble lié aux opportunités qui se présentent, au plus grand désarroi des jumelles, et cela se présente comme un élément déclencheur d'un changement de comportement des deux sœurs.

Ce livre est agréable. À lire.

Éditeur: Marabout
Nombres de pages: 382
ISBN: 978-2-501-08169-6

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