Aller à la recherche

Editeur : Le Cherche Midi

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 3 novembre 2018

Rituels, d’Ellison Cooper

Rituels

L’histoire :
L’agent spécial du FBI, Sayer Altair, hérite d’une affaire étrange. Lors d’une perquisition, un policier est grièvement blessé par une explosion. De plus, dans la cave, un cadavre de jeune fille, déshydraté, est découvert dans une cage suspendue, en compagnie d’un chiot.

Mon avis :
Il s’agit d’un thriller très classique, que ce soit au niveau des codes utilisés ou de la structure. L’intrigue est intéressante, et il faut reconnaître que les motivations du tueur sont quelque peu angoissantes. Il y a des morts et de nombreux rebondissements. L’auteur entre directement dans le vif du sujet. Le contexte, ainsi que la profondeur des personnages sont un peu mis de côté, ce qui est dommage. Cependant, comme il s’agit d’une nouvelle série, on peut s’attendre à quelques développements dans les prochains tomes.

L’agent Sayer Altair est le stéréotype de l’agent fédéral. Elle est psychologiquement perturbée et très impulsive. Elle est spécialisée en neurosciences et mène une étude sur le cerveau des criminels afin de pouvoir les repérer plus facilement dans le futur (ce qui est quelque peu utopique). On découvre aussi sa vie privée, ce qui est une bonne chose, même si son emploi lui prend énormément de temps.
L’enquête va être longue et sinueuse. J’ai apprécié le côté scientifique, même si je n’y accorde pas une grande valeur, car il apporte plus de crédibilité à l’histoire, sauf sur certains points (exemple, le collègue de Sayer, gravement blessé, qui se retrouve à l’hôpital et apporte quand même son aide, c’est tiré par les cheveux).

Malgré mes quelques bémols, il s’agit d’un véritable page turner. Il m’a été difficile d’arrêter ma lecture avant de l’avoir terminée. D’ailleurs, il serait facilement adaptable pour le cinéma ou la télévision. Par contre, pour gagner en maturité, le second tome devrait s’attacher un peu plus au contexte.

À lire !

Service presse des éditions le Cherche midi par l'intermédiaire de l'agence de communication LP Conseils.

Titre: Rituels
Auteur: Ellison Cooper
Éditeur: Cherche Midi
Nombre de pages: 431
Traduction: Cindy Colin Kapen
ISBN: 978-2-7491-5768-9
Date de publication: 4 octobre 2018

Acheter « Rituels » sur Amazon

lundi 27 février 2017

Le cri du corps mourant, de Marcel Audiard

Le cri du corps mourant

L’histoire :
En sortant du collège, Puce va chercher son petit frère, François, dix ans, à la sortie de l’école. Une fois sur place, elle découvre que son frère a été enlevé par le père de celui-ci sous un motif fallacieux. L’adolescente décide rapidement de prendre les choses en main.

Mon avis :
Je ne peux pas commencer cette chronique sans préciser que Marcel Audiard est le petit-fils de Michel Audiard, ce dernier étant, à mon sens, le plus grand dialoguiste du cinéma français du vingtième siècle («Les Tontons flingueurs», «Le Pacha», etc). Quand on a passé une partie de son enfance sur les plateaux, dans le milieu du cinéma, cela laisse des traces.

J’ai été attiré par ce livre pour son titre et sa couverture. J’ai bien aimé le style du romancier, fortement influencé par l’héritage familial. Certains pourront trouver ça un peu lassant à la longue, mais de mon côté, j’ai apprécié, malgré le fait que le style alourdisse la fin de l’histoire et rende les derniers chapitres un peu trop lents pour moi. Il n’y a pas de gros rebondissements, mais j’ai pris plaisir à suivre les différents personnages, et surtout Puce et ses camarades.

Puce a quatorze ans et est anorexique. Mourad, Blanche, Louis et Castille l’accompagnent dans ses péripéties. Les enfants décident d’enquêter sur la disparition de François, car ils ont une confiance très limitée en les forces de l’ordre.
Raoul, le père de François et beau-père de Puce, est un alcoolique notoire. Il ne vit que pour et par la boisson.
Odile, la mère de Puce, donne l’impression d’être totalement à côté de la plaque. Son fils a été enlevé, mais elle continue à travailler et à se renseigner uniquement le soir pour savoir s’il y a eu des nouvelles. C’est un comportement somme toute étrange.
François est un enfant débrouillard (peut-être trop, vu son âge).
Les méchants sont rodés au niveau de leur magouille, mais ils sont un peu stupides sur les bords. Les policiers n’ont pas le beau rôle, et passent, dans ce premier volume, pour des abrutis.
Il y a beaucoup de choses peu crédibles dans ce roman, mais je me suis laissé prendre au jeu des intrigues (les différents enlèvements, les liens entre eux, les motifs de Raoul, et les liens qu’il y a avec Odile Volponi).

La fin m’a laissé sur ma faim. Après quelques recherches, j'ai constaté que l’auteur, dont c’est le premier livre, précise, dans quelques articles de presse, qu’il s’agit d’une trilogie. Cela explique mieux la situation et les non-réponses à de nombreuses questions.

À découvrir, en espérant que les autres volumes ne tardent pas trop.

Service presse des éditions Le Cherche Midi par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Le cri du corps mourant
Auteur: Marcel Audiard
Éditeur: Le Cherche Midi
Nombre de pages: 400
ISBN: 978-2-74915-414-5
Date de publication: 2 février 2017

Acheter « Le cri du corps mourant » sur Amazon

jeudi 18 août 2016

Là où elle repose, de Kimberly McCreight

Là où elle repose

L’histoire :
Près de l’université de Ridgedale, le corps d’un nouveau-né est découvert. Molly Sanderson, journaliste débutante, est envoyée sur place pour écrire un article. La prise de conscience de la présence d’un corps de nourrisson la secoue, car elle a fait une dépression à la suite d’une fausse-couche. Molly décide quand même de poursuivre l’enquête.

Mon avis :
J’ai découvert ce livre grâce à la chronique de La Livrophile[1] et j’ai été attiré par l’histoire. Bien m’en a pris, car j’ai lu un bon thriller.
L’histoire se déroule dans une petite ville de province qui semble bien saine, mais derrière les apparences, se cachent de vilains petits secrets. Chaque chapitre adopte le point de vue d’un protagoniste : Barbara, Molly, Jenna, Sandy.
Même si j’ai eu quelques doutes, et deviné certaines réponses (mais pas toutes, loin de là), l’auteur maîtrise complètement son récit et nous entraîne dans son sillage.

Dans ce roman, ce sont les femmes qui sont mises en avant. Elles sont toutes en souffrance à des degrés divers. L’auteur montre leur psychologie et leur évolution (et ce n’est pas toujours dans le bon sens). Je me suis attaché à certains personnages, comme Molly et Sandy et beaucoup moins à d’autres (Barbara pour ne citer qu’elle).
Barbara se voit en mère parfaite, elle est imbue d’elle-même. Même la fin du roman ne la fait pas remonter dans mon estime. Molly parle souvent de sa fausse-couche. Cela revient comme un leitmotiv qui accentue les émotions qu’elle éprouve vis-à-vis du nourrisson mort. Cela lui permet de reprendre confiance en elle.

Il y a aussi des hommes dans ce roman, mais je vous laisse les découvrir.
Avec Kimberly McCreight, les apparences sont trompeuses. Elle met aussi en avant le fonctionnement trouble des enquêtes internes aux universités américaines qui, pour éviter des scandales, étouffent certaines affaires.

À lire !

Service de presse des éditions Le Cherche Midi.

Titre: Là où elle repose (Where They Found Her)
Auteur: Kimberly McCreight
Éditeur: Le Cherche Midi
Nombre de pages: 409
Traduction: Élodie Leplat
ISBN: 978-2-7491-4873-1
Date de publication: 18 août 2016

Acheter « Là où elle repose » sur Amazon

vendredi 1 juillet 2016

Ma fille, de Jane Shemilt

Ma fille

L'histoire :
Naomi, quinze ans, disparaît. Un an plus tard, sa mère cherche toujours des réponses.

Mon avis :
Ce roman se découpe en deux parties. Le récit est assez lent. Il alterne entre présent et passé. C'est Jenny, la mère de famille, qui raconte les événements qui se sont déroulés un an plus tôt. Elle analyse tout selon son point de vue, mais elle n'évolue pas beaucoup. A priori, il s'agit d'une famille idéale, mais on se rend assez vite compte que c'est loin d'être le cas. Petit à petit, on découvre les différentes fissures qui existent dans cet environnement. Cette famille cache de nombreux petits secrets. La grande question de ce livre est : que sait-on vraiment de nos enfants ?

Jenny se comporte de façon étrange. Elle pense être parfaite dans son rôle de mère. Elle est aux petits soins pour ses enfants. Mais ces derniers ne semblent pas le voir de la même façon.
Naomi est distante avec les siens. Son comportement vis-à-vis de ses parents est incompréhensible. Ted, le père de famille, semble évoluer dans son propre monde. D'ailleurs, les parents passent plus de temps au travail que chez eux.

Je n'ai pas réussi à avoir d'empathie pour les différents personnages, sauf un peu pour Theo.
Le lecteur se demande ce qui a pu arriver à Naomi et aussi le pourquoi. Autant vous prévenir, ce dernier item n'aura pas de réponse. C'est l'un des reproches que je fais à ce roman. La fin peut paraître surprenante, mais elle m'a laissé sur ma faim.

Le style de l'auteur est fluide, agréable. Mais cela ne fait pas tout. Jenny ressasse sa situation. Elle se torture mentalement. De plus, l'auteur utilise une ficelle un peu trop convenue la concernant.

Une lecture assez mitigée.

Titre: Ma fille (Daughter)
Auteur: Jane Shemilt
Éditeur: Le Cherche Midi
Nombre de pages: 395
ISBN: 978-2-7491-4506-8
Traduction: Karine Lalechère
Date de publication: 4 mai 2016

Acheter « Ma fille » sur Amazon

vendredi 29 avril 2016

Six femmes, de Tina Seskis

Six femmes

L'histoire :
Hyde Park. Six vieilles amies se retrouvent pour leur pique-nique annuel. La plupart s'y rendent par habitude, mais cette année, la rencontre va vite tourner à l'orage et modifier leurs liens.

Mon avis :
« Six femmes », c'est l'histoire de vingt-cinq ans d'amitié et de non-dits. Colocataires à l'université, elles ont continué à entretenir des liens, parfois superficiels. Six femmes. Six caractères. Six vies.

Chaque chapitre se déroule dans un lieu différent. À travers ces chapitres, l''auteur dresse le portrait des six protagonistes : Camilla, Sissy, Juliette, Renée, Natasha et Siobhan, mais aussi de quelques personnes de leur entourage, comme Stephen, Allistair ou Nigel.

On découvre donc leurs vies, leurs désillusions, leurs rancoeurs. Lors des chapitres concernant le pique-nique, les piques sont constantes et l'atmosphère est pesante. On se demande ce que ces personnes font là si elles ne se supportent plus.

Avec un système d'aller-retour entre présent et passé, la romancière nous fait découvrir les moments clés de la vie de ces femmes. On suit l'évolution des personnages, et petit à petit, on comprend comment les liens se sont distendus. On arrive à avoir de l'empathie pour certains personnages et pas pour d'autres. Mais ce regard se renforce ou évolue en même temps que l'avancée de l'histoire.

Ce pique-nique va entraîner un véritable bouleversement dans la vie de ces six femmes et de leurs maris. Le venin qui va sortir lors de cette soirée va tout faire éclater.
C'est un roman dramatique. Il est découpé en quatre parties. La première est la mise en place des personnages jusqu'au point de rupture. Ensuite, on va voir la déliquescence de ce groupe, mais aussi on va comprendre comment les choses ont pu en arriver-là. Enfin, l'auteur va dresser la situation de chaque personnage et ses perspectives d'avenir.

J'ai bien aimé la lecture de ce roman. Je l'ai enregistré pour ma femme. La lecture à voix haute montre bien la fluidité du texte. J'ai tout de suite accroché à l'histoire, et contrairement à d'autres, je n'ai pas ressenti la première partie du livre comme étant trop lente. J'ai eu envie de soutenir certains personnages, en secouer (ou pire) d'autres. Donc, vous l'aurez compris, je vous conseille la lecture de ce roman.

À lire !

Titre: Six femmes (When We Were Friends)
Auteur: Tina Seskis
Éditeur: Le Cherche Midi
Nombre de pages: 402
Traduction: Florianne Vidal
ISBN: 978-2-7491-4004-9
Date de publication: 10 mars 2016

Acheter « Six femmes » sur Amazon

- page 1 de 2

Page top