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mercredi 16 septembre 2015

Le liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6h27

L'histoire:
Pour se rendre à son travail, Guylain Vignolles emprunte chaque matin de la semaine le RER de 6h27. Il a pour habitude de lire à voix haute des extraits de livres dans le wagon qui l'emporte vers l'horreur : un entrepôt où fonctionne une broyeuse de livres.

Mon avis :
C'est un petit livre bien sympathique. Guylain Vignolles mène une existence modeste et insignifiante. Il se considère plus qu'ordinaire et handicapé par son nom. Son quotidien est monotone entre son poisson rouge et ses collègues de travail.

C'est un véritable conte que l'auteur nous fait découvrir. Les personnages sont tous ordinaires, voire caricaturaux. Pourtant, l'auteur arrive à les sublimer. Même si le personnage principal pense être dans une situation extrême, que la vie n'est pas facile, il existe toujours des gens dont la situation est bien pire. Il y a l'exemple de Giuseppe, qui malgré son accident, semble toujours optimiste.
On va découvrir le travail de Guylain. Les détails du monstre (la machine à broyer) sont précis et le rôle des employés semble dérisoire, et pourtant, il est important. Il y a aussi le chef d'équipe. Il est totalement stéréotypé : vicieux, roublard, lèche-bottes avec ses supérieurs et tyrannique (ou du moins, il essaie de l'être) avec les ouvriers. Et le romancier continue d'égrener, avec bonheur, la vie quotidienne de Guylain Vignolles.

C'est une lecture légère et l'histoire n'est pas exceptionnelle. Or, c'est très bien écrit, avec quelques petites touches d'humour, et on prend plaisir à suivre les pérégrinations de Guylain. Ses lectures à voix haute sont des moments importants, qui vont le mener à faire des rencontres et à dépasser sa condition d'homme insignifiant.
On sait très bien que la vie n'est pas un conte de fées, mais parfois cela fait du bien de lire un livre comme celui-là : la bonne humeur perdure tout au long de la journée.

Titre: Le liseur du 6h27
Auteur: Jean-Paul Didierlaurent
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 208
ISBN: 978-2-07046-144-8
Date de publication: 27 août 2015

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lundi 24 août 2015

Anges de fer, Paradis d'acier, de Serge Brussolo

Anges de fer, Paradis d'acier

L'histoire :
David Sarella travaille pour le pape Nothanos III. Après l'avoir tenu à l'écart, ce dernier décide de lui confier une mission de la plus haute importance: libérer des dieux.

Mon avis :
Il s'agit de la suite de « Frontière Barbare[1] ». La quatrième de couverture indique que le roman peut être lu indépendamment du premier. Pour une meilleure compréhension de l'histoire et de certains personnages (David Sarella, Akenôn), je recommande la lecture du tome 1. Cela donne un peu plus d'épaisseur aux protagonistes.

Serge Brussolo nous immerge dans une histoire de science-fiction qui frôle la démesure. Les idées qu'il emploie sont proches de la folie, souvent totalement absurdes, mais on se plonge dans le monde qu'il nous décrit. Je devrais plutôt dire les mondes, car ce livre enchaîne les lieux, et ces derniers sont de plus en plus étranges : le cimetière d'avions autour du palais du pape Nothanos III, la planète Almoha, et enfin les mondes souterrains. Les descriptions sont nombreuses et précises . Il faut réussir à suivre l'auteur dans certains univers absurdes qu'il nous dépeint : arbres avec des plumes, moutons qui changent de couleur, etc. À chaque page, le lecteur peut rencontrer une nouvelle trouvaille qui repousse encore plus loin des limites qu'on pensait atteintes depuis longtemps. Les idées partent vraiment dans tous les sens et c'est peut-être un peu trop. Je l'ai apprécié, mais je ne suis pas certain que cela plaise à tout le monde.

Le thème des Dieux endormis, utilisé dans le « Roi Squelette[2] », réapparaît sous une autre forme dans ce roman. L'auteur joue avec la religion et la place des dieux dans celle-ci. Serge Brussolo aime aussi réutiliser les noms de certains personnages ou de lieux : Almoha, Sigrid, David Sarella etc. Le personnage de David Sarella est égal à lui-même, peut-être même plus en retrait que dans le premier tome : tantôt incertain, tantôt sûr de lui. On se demande s'il est vraiment le héros de l'histoire ou s'il suit simplement le mouvement.

Parmi mes reproches, comme dans « Le roi squelette »: la fin est très rapide et légèrement décevante. L'auteur évacue la plupart des questions en quelques pages, alors qu'il a réussi à tenir le lecteur en haleine au fil de l'histoire, et qu'on aurait aimé qu'il développe un peu plus certains points. Malgré cela, ce roman est agréable et la lecture recommandée.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Titre: Anges de fer, Paradis d'acier
Auteur: Serge Brussolo
Editeur: Folio
Nombre de pages: 451
ISBN: 978-2-070-46212-4
Date de publication: 29 mai 2015

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jeudi 25 décembre 2014

Septembre rouge, d'Anders Bodelsen

Septembre rouge

L'histoire :
Jens travaille pour le gouvernement danois. Il y a cinq ans, son frère, Søren, est mort lors d'un glissement de terrain. Pourtant, qui est cet homme que Jens pense avoir reconnu comme étant son frère à la sortie d'une station-service ?

Mon avis :
Je m'attendais à un livre plein de tensions, mais il n'en est rien. Le narrateur alterne le récit entre Jens et Søren. Au long du récit, le lecteur essaie de comprendre ce qui s'est passé. L'intrigue est volontairement floue. On s'accroche à l'histoire. On se dit que c'est intéressant. On s'attend à de grandes péripéties. Mais malheureusement, il y aura peu de secousses.

À la fin de ma lecture, j'ai eu du mal à comprendre les motivations de Søren concernant ses actions passées. Quels intérêts a-t-il eus ? Il y a sans doute des raisons politiques, mais celles-ci ne sont pas assez explicitées. D'ailleurs, les quelques allusions politiques au travail de Jens ne donnent pas un éclairage suffisant pour bien comprendre l'histoire. De plus, je ne m'explique toujours pas le choix du titre. Je pense que si le contexte politico-socioculturel avait été davantage développé, ce roman aurait eu un peu plus d'impact.

Là, je suis resté sur ma faim. On suit les pérégrinations de Søren et de Jens. On essaie de comprendre ce qui les a éloignés, mais il n'y a même pas de rancoeur entre eux. Jens s'est coulé dans le moule de la société, alors que Søren a tout fait pour rester en dehors. On connaît juste l'essentiel de ces deux personnages.

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux protagonistes, je les ai trouvés fades, vraiment sans saveur. C'est la même chose pour Vera. Elle semble la plus à plaindre dans cette situation, et pourtant, on n'y arrive pas. Cependant, l'écriture de l'auteur passe bien. C'est très agréable, sans fioritures. Le scénario est bien réglé. Cela ressemble plus à une sorte de huis clos qui se déroule entre trois à quatre personnes, et il n'y a aucune interaction avec un élément extérieur.

Mon avis est vraiment mitigé, car avec quelques éléments supplémentaires, ce roman aurait pu changer de catégorie.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Éditeur: Folio
Nombre de pages: 288
ISBN: 978-2-07-046185-1
Traduction: Christine Berlioz, Laila Flink Thullesen
Date de publication: 30 octobre 2014

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mardi 9 décembre 2014

Un homme effacé, d'Alexandre Postel

Un homme effacé

L'histoire :
Damien North est professeur d' université. Sa vie bascule le jour où il est arrêté pour possession d'images illicites mettant en scène des enfants...

Mon avis :
Il s'agit d'un premier roman. Ce livre a un côté dramatique. Damien North ne vit que pour son travail et n'a plus de vie sociale depuis la mort de sa femme. Il n'a pas d'épaisseur, et les apparences, qui sont primordiales dans notre société, ne sont pas sa tasse de thé. Alors, le jour où l'engrenage fatal se met en route, Damien est dépité. On découvre un homme qui ne sait quelle attitude adopter face à ce qui lui arrive. L'auteur, avec des mots justes, montre comment les apparences et un manque de combativité peuvent mettre à mal une personne.

Le protagoniste principal se lance dans une introspection: il essaie de comprendre son comportement et ce qui se passe autour de lui. Le personnage est faible, peut-être imbu de lui-même, mais à part penser au passé, il ne veut rien entendre ni comprendre. Il ne vit pas dans le même monde. Le lecteur ne sympathise pas avec le personnage. Ce dernier subit la situation, et ne semble pas se rendre compte de la réalité. Il se recroqueville, se renferme. D'ailleurs, les dernières pages me laissent perplexe, rien n'indique que l'histoire va aller dans la direction que le romancier nous raconte. C'est étrange.

Le style d'Alexandre Postel est fluide, clair, il y a un narrateur omniscient. Le livre se lit très facilement. Le lecteur ne vit pas la situation, il la voit se dérouler devant lui sans pouvoir interagir et c'est peut-être ce qui est frustrant, car le personnage principal est assez passif. Les différents thèmes sont juste effleurés, il aurait été intéressant d'approfondir certains côtés, mais je pense que l'auteur s'est attaché à démontrer l'importance des conventions et des apparences dans notre société, et que cela prime sur la réalité.

À découvrir !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard

Titre: Un homme effacé
Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages:263
ISBN: 978-2-07-045955-1
Date de publication: 9 octobre 2014

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jeudi 6 novembre 2014

Révolution numérique, révolution culturelle ?, de Rémy Rieffel

Révolution numérique, révolution culturelle ?

L'ouvrage :
Rémy Rieffel analyse la révolution numérique. Transformation ou révolution de nos usages ?

Mon avis :
Rémy Rieffel est sociologue des médias et professeur à l'université. Dans cet ouvrage, il brosse un tableau de la place du numérique dans notre société et de l'influence qu'il a sur nos pratiques culturelles. Après la présentation du contexte technologique et économique, l'auteur s'attache à expliquer le rapport entre l'évolution du numérique et la culture : musique, livre, presse, télévision, etc. Il étudie de manière approfondie chaque partie et tisse des liens entre elles, mais il analyse aussi les perceptions que nous pouvons avoir de ces évolutions. L'ouvrage est bien structuré et le fil conducteur est clair.

Il explique comment les usages se sont modifiés et la manière dont les différentes générations les appréhendent. Il expose les mutations qui seraient à l'oeuvre chez les plus jeunes générations leur permettant de zapper d'un sujet à l'autre assez rapidement, et leur rendant l'utilisation des nouvelles technologies plus intuitive. J'ai apprécié le fait qu'il nuance ses propos et qu'il précise bien que ce qu'il énonce est présenté en fonction de l'état des recherches actuelles.

Il rappelle que la fracture numérique existe, mais pas seulement dans la possibilité ou non d'avoir un accès à Internet, mais aussi dans la manière de l'exploiter. D'ailleurs, ses explications sont pertinentes et éclairent d'un jour nouveau certains de mes points de vue sur la manière dont on doit appréhender l'utilisation de ces moyens de communication.

Le bilan est très instructif pour toute personne qui s'intéresse un tant soit peu à ce sujet. Même si parfois, j'ai eu un peu de mal à suivre ses explications, l'ensemble est compréhensible et très intéressant. Il y a de nombreuses notes et une bibliographie très fournie permettant d'approfondir, si besoin, le sujet.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard

Éditeur: Folio (Gallimard)
Nombre de pages: 269 ( 337 avec appendices et notes)
ISBN: 978-2-07-045172-2

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