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vendredi 5 janvier 2018

Le sang des princes 1 : L’Appel des Illustres, de Romain Delplancq

L'appel des Illustres

L’histoire :
Les Spadelpietra sont les Illustres. Ils sont tout pour leur peuple. Un jour, une toile semble intéresser cette famille. Le peintre, Mical, va devoir fuir.

Mon avis :
J’ai eu un peu de mal à entrer dans le style de l’auteur, un petit quelque chose me dérangeait, mais après quelques pages, cette gêne s’est évaporée. Je pense que cela est dû au type de phrases employées dans les premières pages, qui, en plus, parlent de musique, domaine que je connais peu. Il s’agit d’une histoire en deux tomes se déroulant dans un univers de fantasy. C’est un roman foisonnant dans un monde de type renaissance avec certaines technologies mystérieuses. Il y est question de peinture, de musique, de marionnettes. L’auteur avance lentement, brosse par petites touches un portrait de cette société, et développe son intrigue. D’ailleurs, cette dernière reste assez floue et on ne commence à entrevoir les véritables motivations qu'à la fin du volume. Cela présage de très bonnes choses pour la deuxième partie.

Ce premier volume se déroule sur plusieurs années. Il y a de nombreux protagonistes : les Spadelpietra (Jana, Vittor, Bendetto, Amadi, ...), les clans Austrois (se divisant en plusieurs familles), ce sont des nomades qui se produisent en spectacle, alliant talents et technologie. Parmi ces dernières, on trouve les tenseurs, des moteurs qu'ils sont les seuls à maîtriser, et qui leur apportent une puissance incroyable. Nous découvrons rapidement Mical, un jeune peintre talentueux, mais vivant un peu à l’écart du monde. Son oeuvre semble affecter d'étrange façon les nobles de la famille Spadelpietra, dont Jana, qui dirige d'une main de maître une grande partie du royaume au nom du souverain.

Les personnages vont se construire petit à petit, prendre de l’épaisseur. On s’attache à eux. De plus, le romancier a su placer des rebondissements à bon escient.
L’histoire est prenante à souhait ( le livre garde les traces de la tasse de chocolat que j'ai malencontreusement renversée tant j'étais absorbé. Un sèche-cheveux a légèrement arrangé les choses). Complots, trahisons, manipulations, société secrète sont les ingrédients classiques de ce roman. Je peux juste regretter que l’auteur apporte peu de réponses dans ce volume, mais surtout des questions.

À lire !

Service presse des éditions Folio.

Titre: L'appel des Illustres
Auteur: Romain Delplancq
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 528
ISBN: 978-2-0727-1368-2
Date de publication: 4 janvier 2018

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mercredi 15 mars 2017

Les Geôliers, de Serge Brussolo

Les Geôliers

L’histoire :
À Dipton, une petite ville, Debbie Fevertown massacre son mari et ses deux fils, puis s’échappe. Quinze ans plus tard, Jillian Caine est recrutée par Dieter Jürgen pour écrire le scénario du biopic de la tueuse. Intriguée, Jillian accepte. Elle met le doigt dans un engrenage infernal.

Mon avis :
Serge Brussolo nous revient avec un roman de presque cinq cents pages, dans un domaine où il excelle : un mélange de science-fiction et fantastique.

D'abord, la quatrième de couverture est parfaite. Il s’y trouve juste l’essentiel pour attirer le lecteur, et comme c’est rare de nos jours, il faut le préciser.

J’ai pris un énorme plaisir à la lecture de cette histoire. L’auteur a, comme dans certains de ses autres romans, laissé son imagination déborder. Il y a des créatures de toutes sortes plus invraisemblables les unes que les autres, et quand on pense que c’est terminé, l’auteur sort autre chose de son chapeau. Il foisonne d’idées et le montre.
Dès le départ, le romancier nous plonge dans son intrigue. Au début, j’ai eu l’impression d’osciller entre rêve et réalité. La première partie du roman nous entraîne dans un drame psychologique, puis on bascule dans la science-fiction. Serge Brussolo utilise l’intrigue à tiroirs : on pense l’histoire terminée, mais non, il se passe quelque chose qui emmène les protagonistes à poursuivre l’aventure jusqu’à la chute finale.

Jillian est une jeune femme spécialiste des scénarios. Elle n’a rien d’une aventurière. D’ailleurs, comme souvent chez l’auteur, c’est une héroïne tout à fait banale, et c’est ce qui fait son charme. Ce sont les personnages qui gravitent autour d’elle qui vont amener le petit plus et donner de l’épaisseur au récit. Sans oublier les descriptions des différents monstres au long du roman.
Dieter Jürgen, réalisateur controversé, est, à mon sens, exécrable, mais il a de multiples facettes qui se dévoileront au cours du récit. Son passé ténébreux parle pour lui.
Il y a de nombreux extraterrestres sur la planète Terre, dont un homme-hérisson, sans compter certains végétaux à éviter : les plantes carnivores que nous connaissons ne sont rien en comparaison.

Il y a un ou deux petits détails qui pourront chiffonner un lecteur méticuleux. Exemple: lors d’un événement particulier (que je vous laisse découvrir), un protagoniste indique qu’il a perdu une partie de sa mémoire, alors que quelque temps auparavant, c’est cette partie perdue qui l’aide à régler un petit problème. Comment cette partie de sa mémoire a pu l’aider puisqu’il l’avait perdue ? Pour être honnête, à côté de l’ensemble de l’histoire, cela est totalement insignifiant.

En arrière plan, dans les thèmes utilisés, il y a celui, récurrent chez l’auteur: l’Homme est quelqu’un de dangereux, décadent, et il mérite ce qui va lui arriver. L’apocalypse est à nos portes et personne ne le sait.

« Les Geôliers » est une véritable réussite !

À lire !

Lecture commune avec La Livrophile, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

Service presse des éditions Gallimard.

Titre: Les Geôliers
Auteur: Serge Brussolo
Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 490
ISBN: 978-2-0707-7148-6
Date de publication: 2 février 2017

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lundi 23 janvier 2017

Suite française, tempête en juin, d' Emmanuel Moynot

Suite Française, tempête en juin

L’histoire :
Juin 1940. L’arrivée des Allemands jette de nombreuses familles sur les routes. Lors de cette débâcle, les premières bassesses de la période apparaissent.

Mon avis :
Je n’ai pas lu le roman d’Irène Némirovsky. Quand j’ai choisi de lire cette adaptation en BD, ma femme m’a considéré comme un hérétique, ce que je conçois parfaitement. Cet album est sorti il y a quelque temps chez Denoël Graphic. Désormais il est disponible en format poche chez Folio.
Il ressort de ma lecture l’idée d’une grande fresque foisonnante et assez réaliste. C’est la période de l’exode de 1940 qui est mise en images en noir et blanc. Ce choix de ne pas utiliser la couleur est, à mes yeux, un plus appréciable pour rendre l’ambiance de cette époque sombre.

Le lecteur suit des protagonistes de différentes classes sociales. Au début de chaque chapitre, Emmanuel Moynot indique le nom du personnage. De plus, une galerie de portraits en début d’ouvrage nous permet de mieux nous y retrouver. Il y a quand même dix-huit personnages, sans compter les petits repentis du XVIe.
On découvre la famille Péricand, les Michaud qui n’ont pas de nouvelles de leur fils parti au front, et même certains personnages détestables comme Charlie Langelet.

Je trouve que le rendu est réussi. À travers ses dessins, l’auteur sait faire apparaître des émotions ou des sensations. La panique et le désarroi sont omniprésents. Il y a de la bassesse, mais également des notes d’espoir, comme pour les Michaud.

Je mets quand même un petit bémol: j’ai eu l'impression de lire une succession d’histoires, sans liens particuliers entre eux, à part à de rares moments. Je suis resté sur ma faim. C’est sans doute dû à une question de mise en place de cette fresque, qui était prévue en cinq volumes et dont deux seulement existent. À mon sens, il aurait été intéressant d’adapter en même temps le deuxième tome. Cela aurait peut-être donné plus d’épaisseur à l’ensemble. Ce détail ne retire rien à la qualité du travail d’Emmanuel Moynot.

Il va falloir que je glisse le roman d’Irène Némirosvky dans ma liste de lecture.

À découvrir !

Service presse des éditions Folio.

Titre: Suite Française, tempête en juin
Auteur: Emmanuel Moynot / Irène Némirovsky
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 220
ISBN: 978-2-07-079332-7
Date de publication: 4 novembre 2016

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lundi 21 décembre 2015

Les Rats de poussière 1 : Goodbye Billy, de Laurent Whale

Goodbye Billy

L'histoire :
Richard Benton subit une mise au placard du FBI et se retrouve à la tête d'un service, aux archives de la bibliothèque du Congrès. Sa première enquête concerne un sénateur, candidat à l'investiture républicaine, dont l'origine de la fortune apparaît trouble. Dès lors, un engrenage infernal se déclenche.

Mon avis :
Un ex-agent du FBI muté au service des Archives tronquées de la bibliothèque du Congrès. Une équipe d'archivistes stéréotypés : l'ancien qui ne jure que par le papier, les geeks qui utilisent des ordinateurs dernier cri, et à qui aucun système de sécurité ne résiste. Ce sont des personnages classiques et caricaturaux.

Ce roman mélange thriller et western. Le western est vu à travers l'histoire de Billy The Kid. Les chapitres alternent: 2013 (où l'enquête se déroule) et les années 1880. Le lecteur suit les événements principaux de la vie du jeune tueur de l'ouest, à travers une des théories existantes concernant la mise en scène de sa mort, sur laquelle s'appuie l'auteur.

L'intrigue est intéressante et haletante. La lecture est agréable. J'ai trouvé les parties sur la vie, même revisitée, de Billy The Kid, plus intéressantes, à différents moments, que l'enquête contemporaine. Il y a aussi une intrigue secondaire dont j'ai trouvé la conclusion bancale, un peu trop rapide. Plusieurs histoires, dont certaines sont mêlées, s'entrecroisent. Il y a de l'action, des rebondissements, parfois trop. Tout s'enchaîne rapidement.

C'est le premier volume d'une série. Il est, à mon sens, trop long. L'auteur aurait pu sabrer allègrement certaines informations sur les membres de l'équipe et les introduire dans d'autres tomes.
Certaines ficelles sont un peu grosses (exemple: le F16), mais ce livre reste un bon divertissement.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Titre: Goodbye Billy
Auteur: Laurent Whale
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 653
ISBN: 978-2-07-04194-3
Date de publication: 8 octobre 2015

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mercredi 16 septembre 2015

Le liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6h27

L'histoire:
Pour se rendre à son travail, Guylain Vignolles emprunte chaque matin de la semaine le RER de 6h27. Il a pour habitude de lire à voix haute des extraits de livres dans le wagon qui l'emporte vers l'horreur : un entrepôt où fonctionne une broyeuse de livres.

Mon avis :
C'est un petit livre bien sympathique. Guylain Vignolles mène une existence modeste et insignifiante. Il se considère plus qu'ordinaire et handicapé par son nom. Son quotidien est monotone entre son poisson rouge et ses collègues de travail.

C'est un véritable conte que l'auteur nous fait découvrir. Les personnages sont tous ordinaires, voire caricaturaux. Pourtant, l'auteur arrive à les sublimer. Même si le personnage principal pense être dans une situation extrême, que la vie n'est pas facile, il existe toujours des gens dont la situation est bien pire. Il y a l'exemple de Giuseppe, qui malgré son accident, semble toujours optimiste.
On va découvrir le travail de Guylain. Les détails du monstre (la machine à broyer) sont précis et le rôle des employés semble dérisoire, et pourtant, il est important. Il y a aussi le chef d'équipe. Il est totalement stéréotypé : vicieux, roublard, lèche-bottes avec ses supérieurs et tyrannique (ou du moins, il essaie de l'être) avec les ouvriers. Et le romancier continue d'égrener, avec bonheur, la vie quotidienne de Guylain Vignolles.

C'est une lecture légère et l'histoire n'est pas exceptionnelle. Or, c'est très bien écrit, avec quelques petites touches d'humour, et on prend plaisir à suivre les pérégrinations de Guylain. Ses lectures à voix haute sont des moments importants, qui vont le mener à faire des rencontres et à dépasser sa condition d'homme insignifiant.
On sait très bien que la vie n'est pas un conte de fées, mais parfois cela fait du bien de lire un livre comme celui-là : la bonne humeur perdure tout au long de la journée.

Titre: Le liseur du 6h27
Auteur: Jean-Paul Didierlaurent
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 208
ISBN: 978-2-07046-144-8
Date de publication: 27 août 2015

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