Aller à la recherche

mercredi 1 juillet 2020

L’usurpateur, de Jørn Lier Horst

L’usurpateur

L’histoire :
Norvège, Larvik. Un cadavre est découvert dans une forêt de sapins. L’inspecteur Wisting est chargé de l’enquête. Pendant ce temps, sa fille, Line, décide de revenir dans la région afin d’écrire un article sur un homme mort et découvert dans sa maison, quatre mois après.

Mon avis:
Il s’agit d’un thriller classique. Les chapitres courts donnent du rythme à l’ensemble.
Le lecteur suit deux affaires. D'une part, l’enquête de Line : comment un homme peut-il mourir seul dans l’indifférence totale de ses voisins ?
D’autre part, il y a l’enquête policière sur le cadavre découvert en bordure de forêt, ce qui va faire intervenir le FBI, dans le cadre d’une affaire internationale.

Il n’y a pas de réelle tension au cours du récit, nous suivons la lente évolution des découvertes de chacun, et la réalité du travail d’enquêteur : précis, long, et monotone, surtout en cette période hivernale, proche de Noël.
L’auteur aborde avec précision les thèmes de la famille, des tueurs en série, et de la solitude.

Même s’il n’est pas exceptionnel, ce roman est agréable à lire.

Service presse des éditions Folio.

Titre: L’usurpateur
Auteur: Jørn Lier Horst
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 448
Traduction: Céline Romand-Monnier
ISBN:978-2-0728-8424-5
Date de publication: 6 février 2020

Acheter « L’usurpateur » sur Amazon

dimanche 12 avril 2020

Otages, une histoire, de l’Antiquité à nos jours, de Gilles Ferragu

Otages, une histoire: De l'Antiquité à nos jours

Le contenu :
Gilles Ferragu aborde, à l’aide d’une longue documentation, le rôle des otages à travers les siècles.

Mon avis :
Il s’agit d’un essai d’histoire de quatre cents pages, fortement documenté (dix-huit pages de bibliographie et soixante-dix pages de notes). L’auteur retrace l’origine des otages dans le monde et leur rôle dans les relations entre les pays, et ensuite la codification que cela a entraîné dans les relations internationales.
Il retrace l’évolution de cette pratique au cours du temps. À l’origine, l’otage est la garantie du respect d’un accord entre deux parties. Au moyen-âge, la pratique de la rançon pour rendre la liberté à un otage devient régulière. Tout cela est encadré par des normes, sans oublier les éventuels contentieux que cela provoque.

Gilles Ferragu aborde différents modèles : Grec, romain, anglo-saxon, chinois, japonais, etc. Il donne des éléments en France et en Europe, par exemple avec les relations entre Charles Quint et François 1er entre 1526 et 1530, puis jusqu’à la Révolution française et Louis XVI.

Un droit international s’affirme, mais les otages restent de mises lors des guerres, avec des exemples lors des deux guerres mondiales. L’historien montre ensuite l’évolution du phénomène des otages dans les pays d’Amérique du Sud jusqu’au terrorisme islamique. L’ouvrage est intéressant, mais il m’a fallu un peu de temps pour me plonger dans cette lecture. Cela vient peut-être de la situation de confinement: j’ai plus de facilités, actuellement, avec les romans qu'avec les essais. Les exemples donnés sont pertinents et variés. Il faut quand même avoir quelques notions d’Histoire afin d’appréhender certains faits, mais d’un autre côté, c’est un essai historique, donc il est normal qu’il n’attire que des amateurs du genre.

J’ai aimé redécouvrir certains événements sous l’angle des otages. Il faudra que je relise certains passages, car cela permet d’avoir une autre approche, et nous pose une question : quelle valeur accorde-t-on à la vie humaine ?

Titre: Otages, une histoire: De l'Antiquité à nos jours
Auteur: Gilles Ferragu
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 539
ISBN: 978-2-07-046675-7
Date de publication: 27 février 2020

Acheter « Otages, une histoire: De l'Antiquité à nos jours » sur Amazon

mercredi 13 mars 2019

Un élément perturbateur, d’Olivier Chantraine

Un élément perturbateur

L’histoire :
Serge Horowitz, grâce à son frère ministre, travaille dans un cabinet d’investissements. Il est envoyé au Japon pour conclure une grosse affaire, mais il la fait capoter.

Mon avis :
Sur la quatrième de couverture, il est indiqué que c’est « un premier roman à l’humour décapant ». Honnêtement, à part l’extrait qui accompagne le résumé, je cherche encore l’humour (on est loin de J.M. Erre).
Le personnage principal, Serge, mériterait d’être secoué, tellement il est mou et se complaît dans son marasme. À quarante-quatre ans, il vit toujours chez sa sœur, et ne peut se résoudre à la quitter. Ses réactions sont souvent décalées. Dans certaines situations, il est atteint d’aphasie, ce qui crée des malentendus. Il nous raconte son histoire en gardant une distance vis-à-vis de la réalité.

J’ai trouvé que les personnages étaient stéréotypés, caricaturaux (responsables de l’entreprise, hommes politiques, etc.). J’ai aussi trouvé que les scènes d’amour étaient trop crues et ne cadraient pas avec le reste (et les ficelles concernant les relations entre Laura et Serge un peu trop grosses).
Malgré son comportement, Serge est attachant, et je voulais connaître le dénouement de l’intrigue. De plus, l’écriture de l’auteur est agréable, et il arrive parfaitement à nous plonger dans l’ambiance du monde de l’entreprise et de la politique qui, elles, sont impitoyables.
Au cours du récit, Serge progresse, se prend en main (ou du moins essaie), mais la fin du roman me laisse perplexe. Je me suis dit: « Tout ça pour ça?», c’est dommage.

Service presse des éditions Folio.

Titre: Un élément perturbateur
Auteur: Olivier Chantraine
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 316
ISBN: 978-2-0728-2377-0
Date de publication: 7 mars 2019

Acheter « Un élément perturbateur » sur Amazon

vendredi 5 janvier 2018

Le sang des princes 1 : L’Appel des Illustres, de Romain Delplancq

L'appel des Illustres

L’histoire :
Les Spadelpietra sont les Illustres. Ils sont tout pour leur peuple. Un jour, une toile semble intéresser cette famille. Le peintre, Mical, va devoir fuir.

Mon avis :
J’ai eu un peu de mal à entrer dans le style de l’auteur, un petit quelque chose me dérangeait, mais après quelques pages, cette gêne s’est évaporée. Je pense que cela est dû au type de phrases employées dans les premières pages, qui, en plus, parlent de musique, domaine que je connais peu. Il s’agit d’une histoire en deux tomes se déroulant dans un univers de fantasy. C’est un roman foisonnant dans un monde de type renaissance avec certaines technologies mystérieuses. Il y est question de peinture, de musique, de marionnettes. L’auteur avance lentement, brosse par petites touches un portrait de cette société, et développe son intrigue. D’ailleurs, cette dernière reste assez floue et on ne commence à entrevoir les véritables motivations qu'à la fin du volume. Cela présage de très bonnes choses pour la deuxième partie.

Ce premier volume se déroule sur plusieurs années. Il y a de nombreux protagonistes : les Spadelpietra (Jana, Vittor, Bendetto, Amadi, ...), les clans Austrois (se divisant en plusieurs familles), ce sont des nomades qui se produisent en spectacle, alliant talents et technologie. Parmi ces dernières, on trouve les tenseurs, des moteurs qu'ils sont les seuls à maîtriser, et qui leur apportent une puissance incroyable. Nous découvrons rapidement Mical, un jeune peintre talentueux, mais vivant un peu à l’écart du monde. Son oeuvre semble affecter d'étrange façon les nobles de la famille Spadelpietra, dont Jana, qui dirige d'une main de maître une grande partie du royaume au nom du souverain.

Les personnages vont se construire petit à petit, prendre de l’épaisseur. On s’attache à eux. De plus, le romancier a su placer des rebondissements à bon escient.
L’histoire est prenante à souhait ( le livre garde les traces de la tasse de chocolat que j'ai malencontreusement renversée tant j'étais absorbé. Un sèche-cheveux a légèrement arrangé les choses). Complots, trahisons, manipulations, société secrète sont les ingrédients classiques de ce roman. Je peux juste regretter que l’auteur apporte peu de réponses dans ce volume, mais surtout des questions.

À lire !

Service presse des éditions Folio.

Titre: L'appel des Illustres
Auteur: Romain Delplancq
Éditeur: Folio
Nombre de pages: 528
ISBN: 978-2-0727-1368-2
Date de publication: 4 janvier 2018

Acheter « L'appel des Illustres » sur Amazon

mercredi 15 mars 2017

Les Geôliers, de Serge Brussolo

Les Geôliers

L’histoire :
À Dipton, une petite ville, Debbie Fevertown massacre son mari et ses deux fils, puis s’échappe. Quinze ans plus tard, Jillian Caine est recrutée par Dieter Jürgen pour écrire le scénario du biopic de la tueuse. Intriguée, Jillian accepte. Elle met le doigt dans un engrenage infernal.

Mon avis :
Serge Brussolo nous revient avec un roman de presque cinq cents pages, dans un domaine où il excelle : un mélange de science-fiction et fantastique.

D'abord, la quatrième de couverture est parfaite. Il s’y trouve juste l’essentiel pour attirer le lecteur, et comme c’est rare de nos jours, il faut le préciser.

J’ai pris un énorme plaisir à la lecture de cette histoire. L’auteur a, comme dans certains de ses autres romans, laissé son imagination déborder. Il y a des créatures de toutes sortes plus invraisemblables les unes que les autres, et quand on pense que c’est terminé, l’auteur sort autre chose de son chapeau. Il foisonne d’idées et le montre.
Dès le départ, le romancier nous plonge dans son intrigue. Au début, j’ai eu l’impression d’osciller entre rêve et réalité. La première partie du roman nous entraîne dans un drame psychologique, puis on bascule dans la science-fiction. Serge Brussolo utilise l’intrigue à tiroirs : on pense l’histoire terminée, mais non, il se passe quelque chose qui emmène les protagonistes à poursuivre l’aventure jusqu’à la chute finale.

Jillian est une jeune femme spécialiste des scénarios. Elle n’a rien d’une aventurière. D’ailleurs, comme souvent chez l’auteur, c’est une héroïne tout à fait banale, et c’est ce qui fait son charme. Ce sont les personnages qui gravitent autour d’elle qui vont amener le petit plus et donner de l’épaisseur au récit. Sans oublier les descriptions des différents monstres au long du roman.
Dieter Jürgen, réalisateur controversé, est, à mon sens, exécrable, mais il a de multiples facettes qui se dévoileront au cours du récit. Son passé ténébreux parle pour lui.
Il y a de nombreux extraterrestres sur la planète Terre, dont un homme-hérisson, sans compter certains végétaux à éviter : les plantes carnivores que nous connaissons ne sont rien en comparaison.

Il y a un ou deux petits détails qui pourront chiffonner un lecteur méticuleux. Exemple: lors d’un événement particulier (que je vous laisse découvrir), un protagoniste indique qu’il a perdu une partie de sa mémoire, alors que quelque temps auparavant, c’est cette partie perdue qui l’aide à régler un petit problème. Comment cette partie de sa mémoire a pu l’aider puisqu’il l’avait perdue ? Pour être honnête, à côté de l’ensemble de l’histoire, cela est totalement insignifiant.

En arrière plan, dans les thèmes utilisés, il y a celui, récurrent chez l’auteur: l’Homme est quelqu’un de dangereux, décadent, et il mérite ce qui va lui arriver. L’apocalypse est à nos portes et personne ne le sait.

« Les Geôliers » est une véritable réussite !

À lire !

Lecture commune avec La Livrophile, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

Service presse des éditions Gallimard.

Titre: Les Geôliers
Auteur: Serge Brussolo
Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 490
ISBN: 978-2-0707-7148-6
Date de publication: 2 février 2017

Acheter « Les Geôliers » sur Amazon

- page 1 de 4

Page top