Aller à la recherche

Editeur : Fleuve Éditions

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 6 août 2018

Poivre & Sel, de Guillaume Clicquot

Poivre et Sel

L’histoire :
Une fois à la retraite, Françoise et Philippe Blanchot préparent, en secret, leur déménagement au Portugal, loin de la famille, afin de profiter de la vie. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Mon avis :
J’avais adoré « Garde tout, surtout les gosses[1] » du même auteur. C’est donc avec plaisir que j’ai attaqué ma lecture. Je l’ai trouvé un peu plus en retrait que le sus-cité. Pourtant, c’est un roman caustique à souhait qui permet de passer un bon moment de détente.
Les personnages principaux, Françoise et Philippe, sont égoïstes, mais ils ne sont pas les seuls (Cécile et Mamiline ne sont pas en reste). Les deux sexagénaires ne veulent plus avoir de problèmes sur les bras avant leur départ au Portugal : placer Mamiline dans une maison de retraite, vendre la maison familiale, se trouver un pied-à-terre à Paris pour leurs vieux jours, qui sera proche de leurs enfants, qui pourront s’occuper d’eux. Le ton est donné.

Tout bascule le jour où leur fille se sépare de son mari et leur demande de s’occuper des enfants : danse, équitation, rugby, etc. Dans un premier temps, les deux retraités trouvent différentes excuses pour décliner, mais ils sont vite rattrapés au tournant. Même si l’auteur utilise de grosses ficelles, les situations reflètent assez bien une certaine réalité. Il est difficile pour des grands-parents de dire non à un baby-sitting de leurs petits-enfants. Il n’est donc pas étonnant qu’il faille parfois ruser pour y échapper.
Françoise et Philippe ont déclenché peu d’empathie chez moi, mais leur situation est inconfortable. Ils ne sont pas vraiment libres de leurs choix, car il faut prendre toute la famille en compte, même s’ils n’ont plus personne à charge. Ils sont donc prêts à toutes les bassesses afin d’arriver à leurs fins. Ce sont ces réactions et interactions qui provoquent le rire, même si on peut les trouver atroces par moments. À travers différentes scènes, l’auteur décrypte aussi les rapports intergénérationnels grands-parents, parents, enfants. Il y a régulièrement des rebondissements et même si certains sont peu crédibles (Mamiline dans la maison de retraite, scène à la fin à propos de la vente de la maison), il ne faut pas oublier que nous sommes dans du divertissement et que c’est réussi.

À découvrir.

Service presse de Fleuve Éditions par l'intermédiaire de l'auteur.

Titre: Poivre et Sel
Auteur: Guillaume Clicquot
Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 280
Traduction: Cécile Ardilly
ISBN: 978-2-265-11805-8
Date de publication: 14 juin 2018

Acheter « Poivre et Sel » sur Amazon

dimanche 8 janvier 2017

L’oiseau des tempêtes, de Serge Brussolo

L'oiseau des tempêtes

L’histoire :
Le baron Artus de Bregannog, après de grands succès aux Amériques, vit reclus en Bretagne. Son médecin personnel, Alexandre, sur les conseils du baron, a pris pour épouse Marie-Laurence, et se retrouve à devoir élever Marion, la fille de cette dernière.

Mon avis :
Comme souvent, il ne faut absolument pas lire la quatrième de couverture, ce qui est désolant. Quand les éditeurs comprendront-ils que l’on doit appâter le lecteur et non lui raconter toute l’histoire (car dans ce cas, quel est l’intérêt de lire le roman?).
Même si j’ai lu moins de romans de l’auteur que La Livrophile[1] (plus d’une centaine à son actif), je sais (merci à elle), que Marion fait partie des prénoms récurrents que l’auteur utilise dans différents romans historiques.

Serge Brussolo est très prolifique[2], et il nous présente, cette fois-ci, un roman d’aventures qui se déroule à l’époque moderne, sous le règne de louis XIV. Le lecteur suit les péripéties de Marion, seize ans.
La jeune fille n’a pas de prises sur les événements. Tout au long de l’histoire, elle réagit selon ce qui lui a été dicté, et pas par elle-même (sauf à un moment). Il s’agit donc d’un personnage ordinaire que rien ne prédisposait à ce genre d’aventures, et c’est ce qui fait la force du roman. Le personnage de l'adolescente est travaillé. Le lecteur a rapidement de l’empathie pour elle.

Serge Brussolo maîtrise suffisamment les faits et la vie de l’époque pour rendre crédible son histoire et nous immerger dans son récit. L’ensemble du récit est assez sombre, mais la lecture est rendue agréable par le style et la patte de l’auteur, ainsi que par ses nombreuses idées[3]. Grâce à cela, on souhaite entrevoir une lueur d’espoir dans la vie de Marion.
Le roman se termine avec une fin ouverte, ce qui laisse la possibilité d’avoir une suite.

N’hésitez pas à essayer ce livre ou tout autre de l’auteur, car une fois découvert, un Serge Brussolo ne se lâche plus.

Titre: L'oiseau des tempêtes
Auteur: Serge Brussolo
Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 399
ISBN: 978-2-265-09736-0
Date de publication: 10 novembre 2016

Acheter « L'oiseau des tempêtes » sur Amazon

mardi 6 septembre 2016

Le pactole, Cynthia d'Aprix Sweeney

Le pactole

L’histoire :
À quelques mois de toucher leur héritage, Melody, Jack et Bea découvrent qu’il ne reste pas grand-chose. Ils attendent des explications de la part de leur frère Leo.

Mon avis :
L’auteur nous présente des personnes qu’on pense unies. Mais rapidement les nombreuses failles apparaissent. La romancière dresse un portrait précis de cette famille qui implose. Je pense qu’il y a un problème d’éducation dans cette fratrie. Chacun gère sa vie économiquement, comme s’il avait déjà touché leur héritage (le pactole), alors que ce n’est pas le cas. Ils vivent tous, ou presque, au-dessus de leurs moyens. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait quelques déconvenues.

Chaque chapitre aborde la vie de l’un des personnages et décortique leurs choix et leurs souhaits. Melody est une mère de famille qui veut que ses filles (des jumelles) réussissent à tout prix leurs études, mais qui, finalement, ne prend pas en compte les aspirations de Nora et Louisa. Ces deux jeunes filles déclenchent facilement de l’empathie chez le lecteur.
Leo est quelqu’un de totalement immature. Je n’ai pas réussi à m’attacher à lui. Je n’ai rien trouvé chez lui de positif.
Jack est un peu comme son frère, mais il semble plus effacé. Il veut bien faire, mais s’y prend mal.
Bea est la plus effacée du groupe. Elle vit selon un petit train-train immuable. Elle a l'impression d'avoir manqué quelque chose dans sa vie.

La romancière montre comment ces différents personnages vont évoluer après l’annonce de la perte du Pactole et ce qu’ils vont faire ou non pour essayer de retomber sur leurs pieds.

C’est un roman juste, lent et addictif. Lors de ma lecture, j’ai pris plaisir à suivre les différents personnages.

À lire.

Lecture commune avec La Livrophile, vous pouvez lire sa chronique sur son blog.

Service presse numérique de Fleuve Éditions par l'intermédiaire de Netgalley.

Titre: Le pactole (The Nest)
Auteur: Cynthia D'APRIX SWEENEY
Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 432
Traduction: Anne Damour
ISBN: 978-2-2651-1453-1
Date de publication: 8 septembre 2016

Acheter « Le pactole » sur Amazon

jeudi 17 juillet 2014

Buzz, Anders de la Motte

Buzz

L'histoire :
Henrik Pettersson, dit HP, vit aux quatre coins du monde afin de pouvoir échapper au Jeu, mais le Jeu ne semble pas le lâcher. HP va vers de nouveaux ennuis...

Mon avis :
Ce livre est la suite de « Le Jeu[1] », paru en 2013. Le deuxième tome de cette trilogie nous plonge rapidement dans l'action. Nous suivons les péripéties d'HP et celles de sa soeur, Rebecca Normen. Afin de bien comprendre les idées développées en arrière-plan de ce roman, je pense qu'il est préférable d'avoir lu le tome 1 avant de lire celui-ci, sinon certaines choses pourraient sembler étranges.
Comme dans le premier volume, le lecteur suit en alternance la vie d'HP et celle de Rebecca. Les deux protagonistes principaux ont des ennuis. Le lecteur suppose qu'il y a manipulation, et essaie de trouver les liens entre les deux affaires. L'intrigue est complexe à souhait. Il n'y a pas, ou peu, de temps morts dans le récit. L'ensemble est solide, avec un bon niveau de suspense, ce qui tient le lecteur en haleine.

Les personnages sont bien campés: on continue d'approfondir le caractère du frère et de la sœur, tout en essayant de démêler l'intrigue. On sent bien que depuis le premier volume, HP a beaucoup évolué. Ce travail sur la psychologie d'HP et de Rebecca les rend plus réalistes et déclenche toujours de l'empathie vis-à-vis d'eux.

Au cours de la lecture, on sent la présence du Jeu, mais on n'arrive pas à mettre le doigt dessus, c'est vraiment bien fait. Anders de la Motte aborde aussi, d'une certaine manière, le risque de manipulation de l'opinion qui existe avec les outils des nouveaux moyens de communication. Il faut aussi reconnaître que certaines choses existent déjà, ce qui rend plus palpable l'idée que veut faire passer l'auteur.

Le livre se lit très facilement, l'écriture étant très fluide.

À la fin du volume, le lecteur trouvera le premier chapitre du tome 3 afin de le préparer à lire la suite. Donc vivement la suite !

Ce livre m'a été envoyé par Fleuve Éditions.

Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 462
ISBN: 978-2-265-09757-5

Acheter « Buzz » sur Amazon

mardi 15 avril 2014

Fais-le pour maman, de François-Xavier Dillard

Fais-le pour maman

L'histoire :
Sébastien, sept ans, subit un drame familial. Il découvre sa grande sœur (Valérie) gravement blessée dans la cuisine. Sa mère lui demande de déclarer que c'est lui qui l'a fait. La police n'étant pas dupe, la famille se retrouve séparée...

Mon avis :
Il s'agit d'un thriller. L'ensemble est proposé sous forme de chapitres courts. Alternent des chapitres avec un narrateur omniscient, et d'autres à la première personne. D'autres chapitres en italique servent de fil conducteur à la compréhension de l'intrigue. Cela donne un récit rythmé et prenant. Le tout se lit sans difficultés, le lecteur accroche rapidement à l'histoire.

Les personnages principaux doivent tous surmonter des horreurs découlant de leur passé. Ils paraissent tous tourmentés, torturés, que ce soit Claire, Sébastien, ou même les enfants, dont la mère est morte quelques années auparavant. Claire se livre à une véritable introspection, mais elle semble se replier sur elle-même, malgré les apparences. Elle se reproche chacun de ses choix, se lamente sur son sort.
Sébastien, médecin généraliste, est très proche de ses malades. Il a l'air d'être bien dans sa peau, mais apparemment, certaines choses le tourmentent, ce qui fera remonter le passé à la surface et le plongera dans une situation délicate.

L'auteur a creusé la psychologie des personnages, et on découvre tout cela petit à petit, mais à l'instar d'autres romans actuels, il n'y a rien qui les rende vraiment sympathiques. Certains personnages secondaires, comme Romain, le sont, mais le résultat de leur altruisme n'est pas à la hauteur de leurs attentes (et loin de là)... La fin de l'histoire ne permet guère d'envisager un avenir optimiste, mais certaines choses m'ont laissé sur ma faim.
Déjà, lors de ma lecture, j'ai eu des doutes sur l'un des protagonistes, ce qui a été confirmé à la fin du roman. Dans les chapitres à la première personne, je trouve étrange le niveau de langue assez relevé de Léa (la fillette de douze ans), mais on arrive à en faire abstraction.

Au fur et à mesure de l'intrigue, le roman s'enfonce de plus en plus dans l'horreur, mais cela se fait au détriment de certaines vraisemblances. A-t-on déjà vu des policiers se déplacer seulement à deux pour arrêter une personne très dangereuse ? En outre, il n'est pas tenu compte des réalités des conditions de l'adoption. S'attachant uniquement à l'intrigue, le romancier a oublié de soigner certains détails, qui même s'ils peuvent sembler secondaires, auraient pu renforcer le côté réel et la noirceur du récit. C'est dommage.

Éditeur: Fleuve Éditions
Nombre de pages: 281
ISBN: 978-2-265-09759-9

Acheter « Fais-le pour maman » sur Amazon

- page 1 de 2

Page top