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Editeur : Buchet-Chastel

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vendredi 13 juillet 2018

Une ombre au tableau, de Myriam Chirousse

Une ombre au tableau

L’histoire :
Greg, qui travaille dans le secteur de la finance achète la maison de ses rêves à un prix dérisoire, en omettant de mentionner à sa femme qu’un enfant de l’âge du leur est mort noyé dans la piscine peu de temps auparavant, ce qui explique le prix bas de l’habitation.

Mon avis :
Il s’agit d’un petit livre qui permet de passer un agréable moment de détente, mais il m’a laissé sur ma faim. C’est un roman qui avance lentement, il n’y a pas d’action. L’auteur aborde la vie de couple, le rapport au travail. L’histoire est intéressante, mais elle reste superficielle. Les personnages manquent de profondeur. Il y a beaucoup de non-dits, il faut décrypter le récit. Mélissa se pose des questions, elle s’interroge sur son couple. Elle fait part de son ressenti, et on comprend que la situation se dégrade. Par moments, elle semble totalement déboussolée. Son choix, à la fin du roman, n’a pour moi aucun sens, par rapport à son évolution au cours du récit.

Greg est comme un poisson dans l’eau dans son nouvel environnement. Pour lui, le paraître a une grande importance (on le remarque quand il porte sa nouvelle montre de prix à une soirée). Il veut vivre dans le luxe, et c’est la seule chose qui compte. D’ailleurs, il cache une information pertinente à sa femme et cela ne le dérange guère. Les fondations du couple semblent légères. Les voisins, avec la piscine en copropriété, sont très présents dans le quotidien des nouveaux arrivants. Édith, la présidente de la copropriété, semble faire la pluie et le beau temps autour d’elle. J’ai trouvé le comportement de tout ce monde assez malsain.

Je cherche toujours le rapport entre le titre (« une ombre au tableau ») et le contenu, car rien n’est clairement dit, et c’est dommage.

Titre: Une ombre au tableau
Auteur: Myriam Chirousse
Éditeur: Buchet-Chastel
nombre de pages: 190
ISBN: 978-2-2830-3117-9
Date de publication: 5 avril 2018

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lundi 18 juin 2018

Ghachar Ghochar, Vivek Shanbhag

Ghachar Ghochar

L’histoire :
Le narrateur passe quotidiennement beaucoup de temps au Coffee House de Bangalore. Là, il fait le point sur son existence loin de sa famille.

Mon avis :
C’est un récit court, moins de deux cents pages. Le narrateur nous fait part de ses états d’âme. Il décrypte, avec de nombreux détails, la vie familiale et le changement qui s’est établi, lorsque grâce à son oncle, ils sont devenus riches. L’ambiance dans laquelle nous sommes plongés est étrange. Passer de la pauvreté à l’opulence change le comportement. Tout est fait de non-dits, tout tourne autour de l’oncle. La famille semble soudée. Mais le fait d’avoir mis en place un quotidien immuable englue les personnages dans des rôles où ils se complaisent.

L’arrivée d’Anita, « pièce rapportée » dans la famille, et épouse du narrateur, va bouleverser l’équilibre de l’ensemble.

Ma lecture a été agréable. Le narrateur à un regard impersonnel sur la situation, il n’y a pas de jugement. Lui et les siens ne déclenchent pas d’empathie. La famille est froide, artificielle, il n’y a que l’argent qui maintient l’ensemble.

On le voit bien lorsque Malati, la sœur, se marie, le résultat est catastrophique. De plus, les femmes sont la pierre angulaire de ce récit. Elles sont à la manœuvre pour maintenir la cohésion familiale ou la détruire.

Il est dommage que la fin ne soit pas plus explicite, car ce roman m’a laissé sur ma faim.

Service presse des éditions Buchet Chastel par l'intermédiaire de l'opération Masse Critique de Babelio.

Titre: Ghachar Ghochar
Auteur: Vivek Shanbhag
Éditeur: Buchet Chastel
nombre de pages: 174
Traduction: Bernard Turle
ISBN: 978-2-283-03123-0
Date de publication: 24 mai 2018

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dimanche 19 novembre 2017

Nos vies, Marie-Hélène Lafon

Nos vies

L’histoire :
Depuis sa plus tendre enfance, Jeanne Santoire invente la vie des personnes qu’elle croise au quotidien. L’héroïne nous dresse le portrait de quelques personnages...

Mon avis :
Avec ce court roman, je découvre Marie-Hélène Lafon. Il s’agit d’un récit introspectif. Jeanne raconte la vie supposée de quelques personnes qu’elle croise régulièrement au magasin du coin et elle brode autour des quelques éléments qu'elle glane.
Au milieu de tout cela, elle raconte aussi, par petites touches, sa vie et les choix qui se sont offerts à elle.
Après ma lecture, je me suis surtout dit que c’était un roman sur la solitude. La narratrice n’a pas de vie sociale, elle n’a personne. Alors, elle se raccroche à des petits trucs du quotidien, elle affabule sur la caissière du Franprix, Gordana.

C’est un récit lent, il ne se passe pas grand-chose. L’héroïne qui est à la retraite, a un emploi du temps assez routinier et rigide. Le vendredi, toujours à la même heure, elle va au supermarché et elle passe toujours à la même caisse. Je trouve cela un brin obsessionnel. Je n’ai pas eu d’empathie pour l’héroïne ni pour aucun des autres personnages. J’ai trouvé que Jeanne était larmoyante lorsqu’elle raconte les vies supposées de Gordana et d’Horacio. Ce qu'elle imagine est souvent empreint de clichés.

J’ai apprécié le style de l’auteur. Les phrases sont longues, mais la lecture reste fluide. Malheureusement, à la fin du récit, je n’étais pas plus avancé sur l’intérêt de ce roman.

Titre: Nos vies
Auteur: Marie-Hélène Lafon
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 183
ISBN:978-2-2830-2976-3
Date de publication: 24 août 2017

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vendredi 27 octobre 2017

Manège, de Daniel Parokia

Manège

L’histoire : Matteo quitte son travail au petit matin. Sur le trajet du retour, il se fait renverser par une voiture. La femme qui a provoqué l’accident ne peut rester et lui laisse ses coordonnées. Peu après, Mattéo découvre qu’il la connaît, et replonge 26 ans plus tôt dans son passé.

Mon avis : Ce roman est sans grandes surprises, mais sa lecture est agréable et apporte un peu de détente. Après un petit moment d’adaptation, le style de l’auteur ne m’a pas dérangé. C’est dynamique, les chapitres s’enchaînent rapidement, et j’ai suivi avec intérêt Mattéo dans les méandres de sa jeunesse. Le roman fait des aller-retour entre les années 1990 et les années 1960.

La rencontre avec Mathilda, en 1964, a laissé des traces dans sa vie. Il revisite ses souvenirs afin d’analyser son comportement et les événements de l’époque. Tout ressemblait à une idylle, mais petit à petit, des fissures apparaissent, et Matteo se pose des questions.
C’est un roman lent. L’auteur délivre quelques éléments par-ci par-là afin d’aiguiller le lecteur. Il effleure à peine le caractère de ses personnages, qui n’ont donc pas de profondeur, ce qui est dommage, mais ce n’est pas le but premier de son roman. C’est un récit sur le manège de la Vie qui tourne et retourne. Il ne faut pas s’attendre à de grandes réflexions ni de grands exemples, mais c’est un petit roman qui pourra intéresser certains lecteurs.

Titre: Manège
Auteur: Daniel Parokia
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 266
ISBN: 978-2-283-03030-1
Date de publication: 17 août 2017

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dimanche 15 octobre 2017

Le proscrit, de Sadie Jones

Le proscrit

L’histoire : Angleterre, Waterford, années 1950. Lewis, 19 ans, rentre chez lui après deux ans de prison. Sans étonnement, l’accueil qu’il reçoit est assez froid.

Mon avis : Ce roman dégage une ambiance malsaine. Lewis est de retour chez lui après deux ans de prison et rien ne semble avoir changé dans cette bourgade.

On découvre petit à petit la vie du protagoniste et ce qui l’a conduit à commettre un acte insensé. On voit alors un jeune homme ayant été fortement perturbé psychologiquement dans son enfance, que personne n’a souhaité aider en ignorant totalement ses problèmes. C’est le cas de Gilbert, son père. J’ai trouvé que ce dernier était un personnage irrécupérable, et d’ailleurs, ce n’est pas l'unique cas dans cette petite ville où seules les apparences comptent et où l’hypocrisie règne en maître.

Avoir vu sa mère se noyer alors qu’il n’avait que dix ans a traumatisé Lewis (et qui ne le serait pas ?). Ensuite, son père le délaisse, au prétexte qu’il doit être fort, ne pas aborder le sujet et oublier (car il est bien connu que si on ne parle pas d’un problème, c’est qu’il n’existe pas).

Afin de combler son manque d’affection, Lewis bascule dans des addictions : alcool, scarifications. Plus la lecture avance, plus on éprouve de l’empathie pour le jeune homme. D’ailleurs, dans cette petite ville, les seuls refuges que les habitants peuvent trouver sont la boisson et la violence. En même temps, il est plus facile de rejeter la faute sur les autres et de se complaire dans l’hypocrisie que de regarder la réalité en face.

Dans les personnages secondaires qui gravitent autour de Lewis, seule la jeune Kit semble le comprendre. Elle est la cadette de la famille la plus importante de la région. Sa soeur aînée, Tamsin, est plus ambiguë dans ses relations avec le jeune homme, et c'est assez malsain.

C’est un roman psychologique puissant et juste, mais pas larmoyant.

À découvrir !

Titre: Le proscrit
Auteur: Emmanuel Vaillant
Éditeur: Buchet Chastel
Traduction:Vincent Hugon
Nombre de pages: 378
ISBN: 978-2-2830-2364-8
Date de publication: 8 janvier 2009

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