Aller à la recherche

Editeur : Buchet-Chastel

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 3 juin 2019

Qui a tué l’homme-homard ?, de J.M. Erre

Qui a tué l’homme-homard ?

L’histoire :
À Margoujols, village isolé de Lozère, un meurtre sanglant est commis sur la personne de Joseph Zimm, dit l’homme-homard, à cause de ses difformités. De plus, il a été découpé. La gendarmerie est chargée de l’enquête.

Mon avis :
J’ai découvert l’auteur avec série Z, et depuis, j’ai lu ses autres romans, que j’ai toujours aimés, grâce à l’humour qu’ils contiennent. C’est donc avec un certain intérêt que j’ai lu « Qui a tué l’homme-homard ».

La victime est un ancien membre du cirque Britiescu, un freakshow où les artistes étalaient leurs difformités. Dans des circonstances dramatiques, les différents pensionnaires du cirque ont décidé de s’établir à Margoujols. L’intrigue est bien construite, le romancier maîtrise parfaitement les codes du thriller. Pour aider la gendarmerie, il met en avant une jeune fille en fauteuil, Julie, qui ne parle pas, bave, et peut uniquement bouger le majeur de sa main gauche.

L’humour est corrosif, surtout venant de Julie (elle se décrit comme cynique), mais aussi des autres habitants et de leur décalage avec la réalité. Les réseaux sociaux sont aussi au coeur de l’histoire, car ce village de Margoujols est hyperconnecté. L’adjudant Pascalini, au grand regret de Julie, est loin des stéréotypes de l’enquêteur de série Télé. Si elle veut pouvoir écrire son polar, l’adjudant doit se ressaisir et cadrer avec l’attente du lecteur. Le ton est donné.

Les interactions avec les habitants sont loufoques, de quoi devenir chèvre. Pourtant, au cours des pages, l’humour devient lassant, c’est dommage. Soit l’auteur baisse de régime, soit je suis trop habitué à son style. L’histoire est quand même intéressante, mais je suis loin d’avoir ri comme avec les romans précédents de l’auteur.

Titre: Qui a tué l’homme-homard ?
Auteur: J.M. Erre
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 326
ISBN: 978-2-283-03223-7
Date de publication: 7 février 2019

Acheter « Qui a tué l’homme-homard ? » sur Amazon

vendredi 13 juillet 2018

Une ombre au tableau, de Myriam Chirousse

Une ombre au tableau

L’histoire :
Greg, qui travaille dans le secteur de la finance achète la maison de ses rêves à un prix dérisoire, en omettant de mentionner à sa femme qu’un enfant de l’âge du leur est mort noyé dans la piscine peu de temps auparavant, ce qui explique le prix bas de l’habitation.

Mon avis :
Il s’agit d’un petit livre qui permet de passer un agréable moment de détente, mais il m’a laissé sur ma faim. C’est un roman qui avance lentement, il n’y a pas d’action. L’auteur aborde la vie de couple, le rapport au travail. L’histoire est intéressante, mais elle reste superficielle. Les personnages manquent de profondeur. Il y a beaucoup de non-dits, il faut décrypter le récit. Mélissa se pose des questions, elle s’interroge sur son couple. Elle fait part de son ressenti, et on comprend que la situation se dégrade. Par moments, elle semble totalement déboussolée. Son choix, à la fin du roman, n’a pour moi aucun sens, par rapport à son évolution au cours du récit.

Greg est comme un poisson dans l’eau dans son nouvel environnement. Pour lui, le paraître a une grande importance (on le remarque quand il porte sa nouvelle montre de prix à une soirée). Il veut vivre dans le luxe, et c’est la seule chose qui compte. D’ailleurs, il cache une information pertinente à sa femme et cela ne le dérange guère. Les fondations du couple semblent légères. Les voisins, avec la piscine en copropriété, sont très présents dans le quotidien des nouveaux arrivants. Édith, la présidente de la copropriété, semble faire la pluie et le beau temps autour d’elle. J’ai trouvé le comportement de tout ce monde assez malsain.

Je cherche toujours le rapport entre le titre (« une ombre au tableau ») et le contenu, car rien n’est clairement dit, et c’est dommage.

Titre: Une ombre au tableau
Auteur: Myriam Chirousse
Éditeur: Buchet-Chastel
nombre de pages: 190
ISBN: 978-2-2830-3117-9
Date de publication: 5 avril 2018

Acheter « Une ombre au tableau » sur Amazon

lundi 18 juin 2018

Ghachar Ghochar, Vivek Shanbhag

Ghachar Ghochar

L’histoire :
Le narrateur passe quotidiennement beaucoup de temps au Coffee House de Bangalore. Là, il fait le point sur son existence loin de sa famille.

Mon avis :
C’est un récit court, moins de deux cents pages. Le narrateur nous fait part de ses états d’âme. Il décrypte, avec de nombreux détails, la vie familiale et le changement qui s’est établi, lorsque grâce à son oncle, ils sont devenus riches. L’ambiance dans laquelle nous sommes plongés est étrange. Passer de la pauvreté à l’opulence change le comportement. Tout est fait de non-dits, tout tourne autour de l’oncle. La famille semble soudée. Mais le fait d’avoir mis en place un quotidien immuable englue les personnages dans des rôles où ils se complaisent.

L’arrivée d’Anita, « pièce rapportée » dans la famille, et épouse du narrateur, va bouleverser l’équilibre de l’ensemble.

Ma lecture a été agréable. Le narrateur à un regard impersonnel sur la situation, il n’y a pas de jugement. Lui et les siens ne déclenchent pas d’empathie. La famille est froide, artificielle, il n’y a que l’argent qui maintient l’ensemble.

On le voit bien lorsque Malati, la sœur, se marie, le résultat est catastrophique. De plus, les femmes sont la pierre angulaire de ce récit. Elles sont à la manœuvre pour maintenir la cohésion familiale ou la détruire.

Il est dommage que la fin ne soit pas plus explicite, car ce roman m’a laissé sur ma faim.

Service presse des éditions Buchet Chastel par l'intermédiaire de l'opération Masse Critique de Babelio.

Titre: Ghachar Ghochar
Auteur: Vivek Shanbhag
Éditeur: Buchet Chastel
nombre de pages: 174
Traduction: Bernard Turle
ISBN: 978-2-283-03123-0
Date de publication: 24 mai 2018

Acheter « Ghachar Ghochar » sur Amazon

dimanche 19 novembre 2017

Nos vies, Marie-Hélène Lafon

Nos vies

L’histoire :
Depuis sa plus tendre enfance, Jeanne Santoire invente la vie des personnes qu’elle croise au quotidien. L’héroïne nous dresse le portrait de quelques personnages...

Mon avis :
Avec ce court roman, je découvre Marie-Hélène Lafon. Il s’agit d’un récit introspectif. Jeanne raconte la vie supposée de quelques personnes qu’elle croise régulièrement au magasin du coin et elle brode autour des quelques éléments qu'elle glane.
Au milieu de tout cela, elle raconte aussi, par petites touches, sa vie et les choix qui se sont offerts à elle.
Après ma lecture, je me suis surtout dit que c’était un roman sur la solitude. La narratrice n’a pas de vie sociale, elle n’a personne. Alors, elle se raccroche à des petits trucs du quotidien, elle affabule sur la caissière du Franprix, Gordana.

C’est un récit lent, il ne se passe pas grand-chose. L’héroïne qui est à la retraite, a un emploi du temps assez routinier et rigide. Le vendredi, toujours à la même heure, elle va au supermarché et elle passe toujours à la même caisse. Je trouve cela un brin obsessionnel. Je n’ai pas eu d’empathie pour l’héroïne ni pour aucun des autres personnages. J’ai trouvé que Jeanne était larmoyante lorsqu’elle raconte les vies supposées de Gordana et d’Horacio. Ce qu'elle imagine est souvent empreint de clichés.

J’ai apprécié le style de l’auteur. Les phrases sont longues, mais la lecture reste fluide. Malheureusement, à la fin du récit, je n’étais pas plus avancé sur l’intérêt de ce roman.

Titre: Nos vies
Auteur: Marie-Hélène Lafon
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 183
ISBN:978-2-2830-2976-3
Date de publication: 24 août 2017

Acheter « Nos vies » sur Amazon

vendredi 27 octobre 2017

Manège, de Daniel Parokia

Manège

L’histoire : Matteo quitte son travail au petit matin. Sur le trajet du retour, il se fait renverser par une voiture. La femme qui a provoqué l’accident ne peut rester et lui laisse ses coordonnées. Peu après, Mattéo découvre qu’il la connaît, et replonge 26 ans plus tôt dans son passé.

Mon avis : Ce roman est sans grandes surprises, mais sa lecture est agréable et apporte un peu de détente. Après un petit moment d’adaptation, le style de l’auteur ne m’a pas dérangé. C’est dynamique, les chapitres s’enchaînent rapidement, et j’ai suivi avec intérêt Mattéo dans les méandres de sa jeunesse. Le roman fait des aller-retour entre les années 1990 et les années 1960.

La rencontre avec Mathilda, en 1964, a laissé des traces dans sa vie. Il revisite ses souvenirs afin d’analyser son comportement et les événements de l’époque. Tout ressemblait à une idylle, mais petit à petit, des fissures apparaissent, et Matteo se pose des questions.
C’est un roman lent. L’auteur délivre quelques éléments par-ci par-là afin d’aiguiller le lecteur. Il effleure à peine le caractère de ses personnages, qui n’ont donc pas de profondeur, ce qui est dommage, mais ce n’est pas le but premier de son roman. C’est un récit sur le manège de la Vie qui tourne et retourne. Il ne faut pas s’attendre à de grandes réflexions ni de grands exemples, mais c’est un petit roman qui pourra intéresser certains lecteurs.

Titre: Manège
Auteur: Daniel Parokia
Éditeur: Buchet Chastel
Nombre de pages: 266
ISBN: 978-2-283-03030-1
Date de publication: 17 août 2017

Acheter « Manège » sur Amazon

- page 1 de 3

Page top