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Editeur : Albin Michel

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vendredi 8 juin 2018

La nuit de l’ogre, de Patrick Bauwen

La nuit de l’ogre

L’histoire :
Après un enchaînement de circonstances, Chris Kovak, urgentiste, accepte la demande de sa supérieure : il doit retrouver Justine, la fille de cette dernière. Sans le savoir, il va plonger au coeur de l’horreur.

Mon avis :
Il s’agit d’un roman très glauque. Pourtant, je l’ai dévoré avec avidité. J’ai vraiment apprécié l’histoire de Chris Kovak. On retrouve des personnages récurrents du tome précédent « Le jour du chien » (que je n’ai pas lu), mais je n’ai pas ressenti de manque. Ce tome peut, selon moi, être lu indépendamment, même s’il doit être plus intéressant de le lire avant.
Le récit est rythmé, il y a du suspense. Les personnages principaux sont travaillés, sculptés avec finesse. L’ensemble reste crédible et le thème utilisé fait froid dans le dos : les photos post-mortem apparemment utilisées par un véritable psychopathe (et le mot est faible quand on découvre la vérité).

L’Homme est capable de tout et même d’encore pire. Cette histoire le montre bien. Les meurtres sont réguliers, les coupables semblent être intouchables, et n’éprouver aucune compassion. De son côté, Chris, le médecin urgentiste, est dans une mauvaise période. Il est sombre, instable. Cela le rend imprévisible. Il fonctionne en marge de la police et de l’unité spéciale dirigée par le commissaire Battisti. Dans cette unité, on trouve Audrey Valenti. Elle est posée, intelligente. Son comportement a déclenché de l’empathie chez moi. Malgré ses soucis, contrairement à Kovak, elle n’est pas cynique. On sent que Patrick Bauwen s’est fortement documenté pour mener à bien son récit, et c’est réussi !

Ce roman est glaçant et terrifiant.

À lire !

Titre: La nuit de l’ogre
Auteur: Patrick Bauwen
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 496
ISBN: 978-2-2264-3637-5
Date de publication: 9 mai 2018

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mardi 6 mars 2018

Les abysses du mal, de Marc Charuel

Les abysses du mal

L’histoire :
Émilie est ligotée sur une table. Quelqu'un filme. Hors champ, cette personne explique les tortures qu’elle va faire subir à sa victime, puis attrape un outil sur une table. Le ton est donné.

Mon avis :
Je ne connaissais pas Marc Charuel avant de découvrir ce roman. Malgré un sujet glauque, et quelques longueurs sur la fin, j’ai pris plaisir à le lire. Les chapitres sont assez courts, dans un style fluide, et donnent du rythme au récit. Le début présente différents personnages, puis petit à petit, l’intrigue se met en place. Cela permet au lecteur de s’immerger dans l’ouvrage.

J’ai trouvé les personnages stéréotypés : le tueur est un psychopathe pur et dur, sans aucune âme. Je me suis rapidement douté de son identité. Les autres protagonistes sont au même niveau, peu travaillés, même si j’ai trouvé un peu plus de profondeur chez Sandra et l’inspecteur Derolle. Ce dernier est totalement ébranlé au moment de la découverte du premier cadavre et de l’état de celui-ci. Cette enquête va être une véritable torture pour lui. On ressent son angoisse lors de ses explorations du Darknet. L’ambiance globale est angoissante à souhait. Du côté du tueur, on est plutôt dans la situation « Je prends mon pied, et en plus je gagne du fric ».

J’ai été un peu déçu par la scène finale, avant l’épilogue. Même si j’avais deviné la chute bien plus tôt, j’aurais aimé que l’inspecteur Derolle ait un rôle plus important, vu la place qu’il tient dans l’histoire.

Marc Charuel se promène dans le milieu des anciens combattants d’élite, effleure le darknet et les personnes qui en profitent. Cela permet de voir jusqu’où la perversion humaine peut aller, même si le romancier n’a pas trop approfondi certains côtés (l'aspect gore aurait pu être encore plus noir, pour qui travaille l’assassin ?, etc ).

À lire !

Service presse des éditions Albin Michel par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Titre:Les abysses du mal
Auteur: Marc Charuel
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 46
ISBN: 978-2-2264-0205-9
Date de publication: 31 janvier 2018

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mardi 31 octobre 2017

Frère et sœur, d’Esther Gerritsen

Frère et sœur

L’histoire :
Avant un conseil d’administration, Olivia reçoit un appel de Marcus, son frère, qu’elle ne voit que très rarement. Ce dernier doit se faire amputer de la jambe. Olivia se retrouve perturbée dans son mode de vie.

Mon avis :
C’est un petit roman agréable qui se lit en quelques heures. Olivia, par obligation familiale, prend en charge son frère pendant la convalescence de celui-ci. Il va bouleverser le quotidien bien réglé de sa sœur.
Celle-ci ne vit que pour son travail. Sa vie de famille passe toujours au second plan. Son choix d’aider Marcus va la perturber au plus haut point. La situation dégénérera, mais surtout d’un point de vue psychologique. Olivia ne supporte pas que son frère s’intègre mieux qu’elle dans sa propre famille, voire dans son milieu professionnel. Il est l'élément perturbateur qui déclenche les événements.
Marcus est considéré comme une personne ayant raté sa vie. Il est « rando-coach », vit en marge de la société, et accompagne des personnes en randonnée. Il les écoute et les conseille. Son arrivée dans la famille de sa sœur se réalise sans encombres, mais fait éclater les tensions qui existent entre Olivia et son mari Gerard, mais aussi avec ses enfants.

C’est un roman d’introspection. L’auteur va à l’essentiel. Quelle place donner à son travail par rapport à sa famille ? Quelles relations avoir avec les autres en dehors du travail ?
Un livre optimiste et bienveillant sur les liens familiaux.
La lecture est très fluide, sans complication. Derrière un sujet important de nos jours, (la place du travail dans nos vies), le livre est centré sur la famille et permet un bon moment de détente.

À lire !

Service presse des éditions Albin Michel.

Titre: Frère et sœur
Auteur: Esther Gerritsen
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 170
ISBN: 978-2-226-39632-7
Traduction: Emmanuèle Sandron
Date de publication: 4 octobre 2017

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vendredi 6 mai 2016

La compagnie des artistes, de Chris Womersley

La compagnie des artistes

L'histoire :
Tom, dix-sept ans, quitte sa famille pour aller étudier à l'université de Melbourne. Il emménage à Cairo, une résidence, dont certains habitants sont quelque peu excentriques. Tom sera fasciné par certains d'entre eux.

Mon avis :
Tom, qui est devenu écrivain, raconte une période de sa vie (l'année 1986) alors qu'il cherchait à s'émanciper de sa famille. L'histoire est intéressante, mais je n'y ai pas trouvé le suspense psychologique annoncé sur la quatrième de couverture (d'ailleurs, comme souvent, cette dernière en raconte trop).

J'ai découvert Chris Womersley avec « Les affligés[1] », puis « La mauvaise pente[2] ». Je trouve que « La compagnie des artistes » est bien en dessous des deux précédents. L'auteur a toujours un style fluide, mais pour moi, ses personnages manquent de profondeur.
Tom est un jeune homme qui ne connaît rien de la vie et veut, en profitant de son arrivée à l'université, découvrir la belle et grande ville. Cela semble être un eldorado pour lui. En fin de compte, la seule chose qui l'intéresse vraiment, c'est d'être accepté par ses voisins (Max, Sally et James). Ces derniers déclarent être des artistes, mais vivent d'expédients plus ou moins honnêtes, font la fête et s'enivrent à longueur de journée.
Max fait preuve de grandiloquence et il est sûr de lui. Sally a un comportement ambivalent. Ils vont prendre Tom sous leur aile et transformer sa vie.

Le personnage principal est innocent, naïf. Plusieurs fois, je me suis dit qu'il agissait de manière idiote, simplement pour ne pas froisser ses nouveaux (et seuls) amis. Il les idolâtre. Cela va le pousser aux pires extrémités. Son récit est assez contemplatif, empreint d'une grande nostalgie.

On évolue un peu dans le monde de l'art à travers la peinture, et en particulier une toile de Picasso, « La Femme qui pleure ». Le roman s'appuie sur le vol de ce tableau en 1986 au musée national du Victoria à Melbourne.

L'évolution de l'histoire est prévisible. Je n'ai eu aucune surprise au cours de ma lecture, ce qui est dommage. Manipulation, vol, escroquerie et plus encore sont au sommaire de ce livre.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Albin Michel.

Titre: La compagnie des artistes (Cairo)
Auteur: Chris Womersley
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 365
Traduction: Valérie Malfoy
ISBN: 978-2-226-32589-1
Date de publication: 30 mars 2016

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dimanche 24 avril 2016

Newland, de Stéphanie Janicot

Newland

L'histoire :
Marian habite dans l'unité de Brittonie, appartenant à Newland. Toute sa jeunesse, elle s'est préparée à intégrer la caste des blancs. Le jour de la sélection, la vie de la jeune fille s'effondre. Elle décide alors de tout faire pour se venger.

Mon avis :
Il s'agit d'un roman d'anticipation. Ce n'est pas, selon moi, une dystopie, car il n'y a pas de révolte à proprement parler contre le système existant qui serait alors considéré comme injuste. L'auteur donne une idée de ce que pourrait devenir notre futur si rien n'est fait pour endiguer la situation actuelle (intégrismes de toutes sortes, pauvreté, pollution, maladies, surpopulation, etc).

En s'appuyant sur ces éléments, Stéphanie Janicot présente un monde qui a su s'affranchir de tout cela pour le bien-être de la population. Le lecteur découvre cela à travers ce que raconte Marian. Il y a d'autres chapitres, racontés par un narrateur omniscient, qui concernent Dan ou Rhéa.

Marian raconte comment fonctionne le système. Il y a trois castes (Bleu, Blanc, Noir), où chacun est affecté à l'adolescence, de manière informatique en fonction de son caractère et de ses capacités. Tout est analysé, surveillé et la loi est implacable (d'ailleurs, les sanctions sont inexistantes, étant donné les méthodes employées). La jeune fille va vouloir gravir les échelons de la hiérarchie afin de punir la personne qui, selon elle, est responsable de la destruction de sa vie.

On va suivre l'apprentissage de l'adolescente, ses réflexions, états d'âme et l'analyse des découvertes qu'elle fera. En parallèle, on suit l'histoire Dan et Rhéa, quatorze ans auparavant, et l'impact qu'ils ont eu sur la vie de Marian. Il y aura une confrontation entre les différents protagonistes, chacun agissant dans un but précis.

L'auteur dévoile petit à petit les éléments de fonctionnement de cette nouvelle société, appelée « Newland ». Le lecteur aura un regard horrifié, mais les protagonistes sont plutôt impassibles face à cette situation. Différents thèmes sont abordés, auxquels Stéphanie Janicot apporte une réponse : fermeture des frontières, libre arbitre, régulation des naissances, pollution, égalité homme – femme.

Le récit est neutre, un peu contemplatif. Les faits sont racontés comme allant de soi et étant inéluctables. J'ai bien aimé le style, (les dialogues sont insérés en italique dans le récit), même s'il ne se passe pas grand-chose. C'est surtout de l'évolution de Marian dont il est question.

Derrière l'histoire racontée, l'auteur pose des questions sur ce que nous souhaitons avoir comme avenir.

À lire !

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Albin Michel.

Titre: Newland
Auteur: Stéphanie Janicot
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 297
ISBN: 978-2-226-32408-5
Date de publication: 2 mars 2016

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