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Dessinateur : De Metter Christian

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mercredi 27 mai 2020

Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaitre et Christian de Metter

Couleurs de l’incendie

L’histoire :
Paris, obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, impuissante, assiste à la tentative de suicide de Paul, son propre fils. À partir de ce moment, commence une descente aux enfers.

Mon avis :
Christian de Metter a adapté la suite d’«Au revoir là-haut» en bande dessinée. On obtient ainsi un petit bijou de 170 pages. Je n’ai pas lu le roman, et ne peux donc faire de comparaison avec les choix de l’auteur, mais on obtient une histoire de vengeance rondement menée.
Les personnages sont le centre de cet album. Les couleurs somptueuses sont souvent sombres, et reflètent bien l’ambiance. J’ai aimé la composition des pages, les ombres, les visages expressifs.
La page 12 sur la chute de Paul est vraiment sublime, ainsi que les pages 68 à 72, où ce même Paul raconte son calvaire. Le reste est au même niveau.

Madeleine Péricourt est le personnage principal de l’ouvrage. Elle ne vit que pour son fils, et ne découvre que trop tardivement qu’elle a été manipulée.
Bien plus tard, elle comprend ce qui est arrivé à Paul, et elle décide de se venger de toutes les personnes responsables de sa situation. Et Madeleine n’aura aucun scrupule, aucun état d’âme. En arrière-plan, le lecteur découvre la France politicarde des années trente avec ses magouilles en tous genres, et la montée du nazisme.
J’ai suivi avec plaisir les événements, et je recommande cette bande dessinée (ainsi que la première partie).

À lire !

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre:Couleurs de l’incendie
Auteur: Pierre Lemaitre
Adaptation / Dessins: Christian de Metter
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 170 60
ISBN: 978-2-36981-500-6
Date de publication: 19 décembre 2019

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vendredi 16 octobre 2015

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre et Christian De Metter

Au revoir là-haut

L'histoire :
Fin de la Grande Guerre, les soldats Maillard et Péricourt échappent de justesse à la mort, suite au traquenard tendu par le lieutenant Pradelle. Péricourt est grièvement blessé. Pendant que Pradelle continue son ascension vers la haute société, les deux soldats tentent tant bien que mal de survivre.

Mon avis :
Je n'ai pas lu le roman de Pierre Lemaitre. Je viens donc de découvrir l'adaptation BD du prix Goncourt 2013. Je ne peux pas faire de comparaison avec le roman, mais je peux dire que cette bande dessinée est assez réussie. Après la guerre, de nombreux hommes, de retour dans leur famille, sont laissés sur le bord du chemin par la société. Il ne faut pas oublier toutes ces « gueules cassées », pour qui la vie n'a plus eu de sens ou s'est arrêtée. Pierre Lemaitre et Christian De Metter nous montrent le quotidien des soldats Maillard et Péricourt, la difficulté, et même l'impossibilité, de se réinsérer dans la société après le traumatisme qu'ils ont vécu.

Le lecteur suit deux histoires en parallèle : celle de deux soldats désoeuvrés et celle du lieutenant Pradelle, un arriviste sans scrupules, prêt à tout pour faire fortune. Il y a un lien entre ces deux histoires : Pradelle est le bourreau qui a essayé de les faire taire, afin qu'on ne dénonce pas son ignominie. Malgré quelques touches plus légères, le ton est grave.

Le lecteur comprend l'attachement, et même le devoir qui retient Albert Maillard auprès d'Édouard Péricourt. Il y a un peu de vague à l'âme (et aussi de l'humour) dans la représentation de la mère d'Albert qui apparaît de manière fantomatique dans quelques cases quand son fils se rappelle ce qu'elle disait de lui.

À travers le trait du dessinateur, et quelques touches subtiles, on ressent parfaitement la malveillance de Pradelle. À ce propos, si j'ai bien compris en discutant avec ma femme qui a lu et chroniqué[1] le roman, la BD s'attache plus aux arnaques de Maillard, Péricourt et Pradelle qu'aux difficultés de la vie quotidienne des soldats démobilisés. Le dessin de Christian De Metter est emprunt de sensibilité.

Édouard porte de nombreux masques afin de cacher sa mâchoire arrachée. Cela prête à sourire, même si on peut comprendre qu'il ne dissimule pas seulement son visage, mais le mal-être qu'il ressent vis-à-vis de sa difformité, mais aussi de la réaction de son père quand ce dernier a découvert que son fils était homosexuel.

Il y a quelques ellipses, mais il est difficile de retranscrire fidèlement 600 pages en seulement 168. L'auteur et le dessinateur ont dû faire des choix. Je trouve que c'est une réussite.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Rue de Sèvres par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

Titre: Au revoir là-haut
Auteur: Pierre Lemaitre
Dessinateur: Christian De Metter
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 168
ISBN: 978-2-36981-199-2
Date de publication: 7 octobre 2015

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