Nous étions faits pour être heureux

L'histoire :
Véronique Olmi nous raconte une histoire d'adultère, la destruction des couples et nous dévoile petit à petit ce qui a mené à cette situation.

Mon avis :
Certains chapitres, au passé composé, présentent le point de vue de Suzanne; d'autres, au présent, celui de Serge.
Suzanne, la quarantaine, est accordeuse de piano. Sa vie de couple semble heureuse et bien réglée, même si ils n'ont pu avoir d'enfants. Tout semble montrer que Suzanne n'était pas prédestinée à avoir une relation extra-conjugale et que d'ailleurs elle ne pense qu'à sa vie quotidienne qui devient quand même monotone. Cette relation avec Serge, va lui ouvrir les yeux sur sa vie actuelle et sur ce qu'elle veut réellement. L'auteur nous montre une femme qui se libère petit à petit de ses entraves et s'envole vers la liberté, même si elle ressent parfaitement que Serge n'est pas très clair avec elle : elle lui sert de confidente et apparemment à travers sa relation avec elle, il essaie d'éclaircir les points noirs de sa vie.

Le centre du roman ? Serge et sa famille. Tout tourne autour du premier. Il a, semble-t-il, des problèmes avec son rôle de père : il n'arrive pas à trouver sa place et ne sait pas comment s'y prendre avec ses enfants.
Tout au long du livre, on voit son cheminement, la souffrance qu'il ressent dans sa vie de couple et l'événement accélérateur, quand il tombe amoureux de cette inconnue, croisée par hasard.
C'est lui qui prend l'initiative, sur un coup de tête, de trouver cette femme qui lui plaît. C'est lui, qui lui parle de son enfance, de la culpabilité qu'il ressent face aux événements. Des événements dont il n'a jamais osé parler à sa femme, à qui il a raconté une version tronquée, édulcorée. Il est totalement nombriliste, il ne pense qu'à lui et se préoccupe peu des souffrances qu'il inflige autour de lui et aux deux couples (le sien et celui de Suzanne) qu'il détruit. Cette vie de non-dits mine petit à petit le modèle familial des siens. Tout cela n'est pas viable, un couple ne pouvant fonctionner, sur le long terme sur des mensonges et des choses cachées. D'ailleurs, à un moment Serge ne pense qu'à une chose : fuir. Il veut partir, sa souffrance étant trop forte, et lui n'arrivant pas à la partager avec sa famille, se sentant exclu du cercle familial, surtout à partir du moment où sa femme découvre qu'il a une maîtresse. Cela le perturbe et il est pris entre deux feux : il veut revoir cette femme, mais pas vraiment parce qu'il l'aime, mais seulement pour continuer à lui raconter sa vie. On voit au fur et à mesure Serge s'enfoncer de plus en plus malgré l'impression qu'il se sent mieux suite à ses révélations. Les traumatismes de l'enfance sont trop forts pour lui permettre, tout simplement, de vivre avec ses enfants.

Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 230
ISBN: 978-2226242976

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