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Auteur : Miller Walter M. Jr.

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mardi 16 juillet 2013

L'héritage de saint Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

l'héritage de saint Leibowitz

l’histoire :
Poney Brun, cardinal, souhaite que le schisme qui affecte l’Église, se termine. Pour cela, il faut combattre l’empire Texark de Hannegan VII. Il doit donc composer avec les peuples nomades. Pour cela, il fait appel, pour des raisons obscures, à Dent-Noire, un prêtre traducteur. Les aventures de Dent-Noire vont alors commencer...

Mon avis :
Nous voici avec la suite d’« Un cantique pour Leibowitz ». Ce roman a été écrit et publié 40 ans après le premier volume. L’auteur étant bloqué dans l’écriture de son livre, il a fait appel à un autre écrivain pour terminer le travail. Cette personne, Terry Bisson, explique en postface le travail effectué sur l’œuvre de Walter M. Miller Jr.

Je reprends ici mon cheval de bataille sur la traduction des titres en français : le titre original de l’auteur étant : « Saint Leibowitz and the Wild Horse Woman » (Saint Leibowitz et la Femme-Cheval-Sauvage) allusion aux peuples nomades, qui sont très présents dans l’histoire, pourquoi avoir traduit par « L’héritage de Saint Leibowitz », cela n’a pas de sens.

Ce deuxième volume raconte essentiellement l’histoire du frère Dent-Noire Saint-Georges, qui appartient à l’ordre albertien de Leibowitz. Donc contrairement au premier volume, qui s’étalait sur des siècles, celui-ci couvre la vie d’un homme. L’ouvrage fait 700 pages et reprend les ingrédients qui ont fait la réussite du premier volume : complots, politique et religion sont extrêmement liés. Suite au schisme provoqué dans « un cantique pour Leibowitz », l’Église cherche à retrouver son pouvoir et un unique pape.
Suite à l’holocauste nucléaire, la vie a évolué au milieu du désert, avec des populations nomades. L’auteur s’est appuyé sur la vie indienne pour créer tous ses peuples : leurs noms (Dent-Noire, Poney-Brun), les shamans... Mais contrairement aux Indiens, dans ces tribus le pouvoir appartient aux femmes, qui ont droit de vie et de mort sur les hommes et les chefs de clans.

Poney-Brun, cardinal en charge de la Secrétairerie aux Questions Ecclésiastiques Extraordinaires (SQEE), va utiliser Dent-Noire comme traducteur, mais ce dernier va vite se rendre compte que son maître cache des choses et qu’il se prépare des événements à même de bouleverser l’empire Texark et de redonner la prédominance à l’Église. Il est accompagné par Wooshin, un ex-bourreau de l’empereur, tueur professionnel, chargé de sa protection.

Poney-brun est présenté comme quelqu’un qui sait où il va et qui s’adapte facilement à toutes les situations. Il doit composer avec les diverses sensibilités des peuples nomades, même ceux qui connaissent peu la religion catholique, dans le seul but d’avoir des alliés face à l’empereur Hannegan VII.
Par contre, Dent-Noire doute beaucoup de lui-même et de son devenir comme prêtre. À de nombreuses reprises, il voudra être défait de ses vœux. Sur la fin de l’ouvrage, on verra une évolution de son comportement, à partir du moment où, semble-t-il, il trouve sa voie.
On retrouve aussi, à un moment, le personnage du juif errant, égal à lui-même.

L’histoire est complexe, lente comme dans le premier volume. Chaque chapitre commence par une règle de Saint-Benoît. Cette complexité et les lenteurs, ainsi que les retournements de situations sont intéressants, mais le livre en devient, à mon sens, trop long, beaucoup trop long. Les longues digressions sur les coutumes nomades, même si elles sont plaisantes, n’apportent rien à l’histoire principale qui est de battre l’empire Texark pour que l’Église reprenne sa place. Je pense qu’il aurait fallu élaguer largement dans l’ouvrage et retirer au minimum 200 pages, afin de lui donner plus de rythme, mais l’auteur étant décédé avant la publication, difficile, à mon avis, pour Terry Bisson de tailler dans le vif du scénario.

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 709
ISBN: 978-2-07-044929-3

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dimanche 30 juin 2013

Un cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

Un cantique pour Leibowitz

L'histoire :
Suite au Grand Déluge de flamme, il y a 600 ans, un homme, frère Francis de l'ordre albertien de Leibowitz, fouille dans le désert des ruines et y fait une découverte qui va bouleverser l'ordre des choses....

Mon avis :
Ce livre se compose de trois parties : Fiat homo, Fiat lux et Fiat voluntas tua. Il s'agit de trois périodes différentes s'étalant sur plusieurs siècles. Les personnages changent, mais la trame de fond reste la même : l'utilisation des armes atomique ayant détruit la civilisation, une poignée de moines décide de sauver ce qui peut l'être du savoir : sauvegarder les livres, afin de pouvoir faire perdurer l'histoire des ancêtres. Au cours de chaque partie, on avance de plus en plus dans une histoire sombre, de manigances politiques, et à nouveau de guerre. En arrière-plan, on voit l'histoire de l'abbaye de Leibowitz, qui elle, est toujours présente tout au long du livre. C'est l'élément géographique central du livre.

La première partie nous montre les balbutiements de ces prêtres, qui 600 ans après la catastrophe, essaient de faire perdurer le savoir en recopiant régulièrement les livres ou les fragments de livres qu'ils possèdent, tout en ne comprenant que rarement ce qu'ils copient.
Une découverte importante aura lieu et mettra des années à être reconnue comme telle. On comprend aussi qu'il existe des « difformes », des personnes ayant subi des mutations suite aux radiations, mais les hommes semblent avoir oublié les raisons réelles de cela, et cela ne transparaît qu'à travers le regard de la religion : le bien, le mal.

La deuxième partie est celle du renouveau : des savants, à l'aide des ouvrages du passé, font progresser le monde, mais cela ne semble quand même pas idyllique. Les nuances s'atténuent et on perçoit les tentations nouvelles de conquêtes et de pouvoir de l'homme sur ses semblables.

La troisième partie aborde de nouveau la guerre et les méthodes mises en place afin d'essayer de ne pas reproduire les erreurs du passé : l'euthanasie volontaire des malades des radiations etc, avec un énorme plaidoyer contre le suicide. On se rend compte que tout cela semble inéluctable, cyclique : on ne peut changer la nature de l'homme qui est de s'autodétruire, semble nous indiquer l'auteur.

L'ensemble de l'histoire est assez sombre, le tout avance lentement au début pour accélérer au moment du dénouement. L'antagonisme science / religion est présent, mais dans ce livre, au départ, c'est la religion qui préserve la science de l'oubli.

En plus de l'abbaye, il y a un personnage récurrent tout au long du roman, il s'agit du « juif errant », personnage qui reste une énigme. Il s'agit bien évidemment d'une allusion au personnage légendaire du moyen-âge.[1]

Il est clair que ce livre est une véritable satire de la société humaine, menée avec brio par l'auteur, même si je trouve que l'ouvrage était un peu lent.

Ce livre m'a été offert par les éditions Gallimard

Éditeur: Gallimard (Folio)
Nombre de pages: 450
ISBN:978-2-07-044930-9

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