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Auteur : Adler-Olsen Jussi

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mardi 3 février 2015

L'effet papillon, de Jussi Adler-Olsen

L'effet papillon

L'histoire :
2008, Afrique. Louis Fon, responsable de la supervision locale d'un fonds d'aide au développement, disparaît. William Stark, fonctionnaire danois, est envoyé quelques jours plus tard sur les traces de cet homme.
2010, Marco, jeune gitan, doit fuir son clan.

Mon avis :
Jussi Alder-Olsen nous livre une nouvelle enquête du département V ! Le récit est en partie centré sur Marco (d'ailleurs, le titre original est : «Marco Effekten»). Dans cette histoire, il y a plus de protagonistes, qui se situent à différents niveaux, et dont l'auteur développe plus ou moins la vie. L'ensemble devient plus complexe et cela donne une lenteur plus importante que dans les volumes précédents.

Il faut remarquer que l'auteur brosse un portrait de la société danoise pas forcément flatteur : les gens «bronzés» ne sont pas très bien vus par la population, arnaques, vols, escroqueries, meurtres, racismes, tout y passe. On pourrait reprocher certains stéréotypes, par exemple: les gitans sont des voleurs, etc.

Au milieu de tout cela, émerge un personnage positif: Marco. Il veut se sortir de sa situation et évoluer ! Pour cela, il devra faire bouger les lignes qui existent. Il faut quand même noter que malgré les quelques stéréotypes, tout n'est pas blanc ou noir. Le romancier arrive à nuancer ses personnages secondaires. Le cas de William Stark est parlant.

À côté de l'enquête, le département V va être soumis à quelques secousses, à cause de l'apparition de Gordon qui, sur ordre de son chef, va passer de plus en plus de temps dans le département V. De plus, le mystère va encore s'épaissir autour d'Assad, suite à quelques révélations. Le trio d'enquêteurs (Carl, Assad et Rose) est toujours aussi explosif. Carl est un peu plus acariâtre. Certaines scènes entre les trois personnages sont jubilatoires. La vie privée de Carl connaîtra encore quelques soubresauts et il se posera encore des questions.

Le style de l' auteur est toujours agréable, mais je pense vraiment qu'il aurait pu sabrer du texte : la fuite de Marco, qui s'étale sur de nombreuses pages, n'avait pas forcément besoin d'être aussi détaillée, car parfois, le réalisme s'éloigne du récit (échapper à des tueurs professionnels n'est pas donné à tout le monde). L'épilogue est peut-être un peu trop facile après un roman si dense.

J'apprécie toujours la vie du département V et de leurs personnages. J'ai apprécié le personnage de Marco, mais il y a vraiment des longueurs en trop dans ce roman.

Ce livre m'a été envoyé par les éditions Albin Michel.

Titre: L'effet papillon (Marco Effekten)
Auteur: Jussi Adler-Olsen
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 648
ISBN: 978-2-226-31245-7
Traduction: Caroline Berg
Date de publication: 2 janvier 2015

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dimanche 1 février 2015

Dossier 64, de Jussi Adler-Olsen

Dossier 64

L'histoire :
1985, Nete Hermansen subit une nouvelle humiliation et décide que cela sera la dernière.
Novembre 2010, Carl Mørck voudrait rester tranquille, mais Rose, son assistante lui présente de nouvelles affaires qu'elle a sélectionnées...

Mon avis :
D'une écriture simple et fluide, Jussi Adler-Olsen continue de nous conter les enquêtes du département V. Carl Mørck, accompagné de ses deux acolytes, Assad et Rose, va de nouveau devoir enquêter. On pourrait penser que c'est justement son rôle, mais c'est surtout ses assistants qui le poussent dans ses retranchements et l'obligent à faire des choix. Carl est irritable, mais Rose l'est encore plus !

Carl va voir une partie de son passé adolescent apparaître et la situation va un peu le bousculer. Contrairement à la troisième enquête, l'auteur s'attarde plus sur les personnages principaux, même si en parallèle des enquêtes de Carl, on découvre la vie de Nete Hermansen. Cette dernière a souffert toute sa vie à cause d'une organisation eugéniste, menée par Curt Wad. C'est toute une histoire que l'écrivain développe dans ses moindres détails. La vie privée de Carl connaîtra quelques rebondissements. Nous allons découvrir de nouvelles facettes du personnage d'Assad. D'ailleurs, entre Carl, Assad et Rose, nous sommes loin des relations de supérieur à subordonné: les trois personnages ont un caractère bien trempé qui ne laissera pas indifférent.

On pourrait de nouveau reprocher certaines lenteurs dans ce roman, surtout quand l'auteur développe la vie de Nete Hermansen presque depuis sa naissance! Mais c'est la méthode de Jussi Adler-Olsen : prendre son temps et développer tranquillement son histoire. Pour moi, c'est mieux passé que le volume précédent, car il aborde davantage la vie de Carl.

Le sujet principal du livre touche au regard que certains portent sur la société et sur ce qu'elle devrait être selon eux. Mais ils ne font pas que porter un regard. Rien que de penser que des choses comme cela, qui ont déjà existé, pourraient se reproduire, cela fait froid dans le dos.

On ne perd pas la trace de ce qui a poussé Carl à diriger le département V et l'enquête sur son agression et celles de ses collègues (on continue de voir de temps à autre Hardy) se poursuit avec quelques sueurs froides pour le policier. Les moments les plus intéressants dans ce livre sont, pour moi, les rapports (sans compter les dialogues), souvent surprenants, que Carl entretient avec Rose et Assad. Cela semble parfois surréaliste.

Un livre plus intéressant que le précédent !

Titre: Dossier 64 (Journal 64)
Auteur: Jussi Adler-Olsen
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages: 608
ISBN:978-2-2262-5421-4
Traduction: Caroline Berg
Date de publication: 3 janvier 2014

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mardi 27 janvier 2015

Délivrance, de Jussi Adler-Olsen

Délivrance

L'histoire :
Deux enfants emprisonnés arrivent à jeter une bouteille à la mer. Plusieurs années plus tard, cette bouteille va terminer entre les mains de Carl. Intrigué, le département V va enquêter sur cet étrange message.

Mon avis :
Carl Mørk et son équipe vont devoir de nouveau faire face à un véritable psychopathe. J'ai l'impression que de volume en volume, les criminels sont de plus en plus malades. Je ne sais pas si c'est une bonne chose. Ils sont quand même nombreux, les psychopathes au Danemark...

Le thème de ce livre tourne autour des enlèvements d'enfants au sein de communautés religieuses, qui sont souvent considérées comme des sectes et qui se ferment le plus possible au monde extérieur. Je trouve que ce livre est beaucoup trop lent. Il fait plus de 700 pages. Je pense que l'auteur aurait pu sabrer quelques longueurs. Jussi Adler-Olsen s'attarde énormément sur le coupable: il nous décortique de long en large sa façon de faire et ses pensées. Ce dernier se croit intouchable et trop malin pour se faire prendre. Il est froid et machiavélique. Dans ce roman, c'est le tueur qui a le rôle principal et j'ai eu l'impression que l'équipe du département V passait au second plan. Le dénouement va aussi traîner en longueur, et certaines situations sont, selon moi, un peu trop tirées par les cheveux.

Le département V va suivre deux affaires en parallèle. Petit à petit, la priorité que souhaite donner Carl à ces affaires va évoluer, sous l'influence (très) forte de Rose. Le romancier va s'attarder un peu plus sur ce personnage et ses petites bizarreries. Il y aura aussi quelques informations supplémentaires sur Assad qui laisseront des questions en suspens. Il y a toujours quelques interactions avec Hardy, l'ancien coéquipier de Carl. Il distillera quelques informations sur les affaires passées. L'écrivain se laisse donc la possibilité de faire revenir au premier plan l'affaire où Carl a perdu ses deux collègues.

Mon sentiment est donc mitigé. L'histoire est intéressante, l'approfondissement des personnages est bienvenu, mais il y a trop de longueurs à mon goût.

Titre: Délivrance (Flaskepost Frap)
Auteur: Jussi Adler-Olsen
Éditeur: Le Livre de Poche
Nombre de pages: 744
ISBN: 978-2253184386
Traduction: Caroline Berg
Date de publication: 02 janvier 2015

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lundi 19 janvier 2015

Profanation, de Jussi Adler-Olsen

Profanation

L'histoire :
De retour de vacances, Carl Mørck découvre sur son bureau un dossier concernant une affaire vieille de vingt ans. La curiosité l'emportant, il décide de creuser les informations qu'il a à sa disposition.

Mon avis :
Carl Mørck est de retour pour la deuxième enquête du département V. L'équipe qu'il compose avec Assad, se voit adjoindre une secrétaire en la personne de Rose. Cette dernière apporte une nouvelle touche à l'équipe et va permettre à Assad de prendre son envol. Il a été embauché pour faire le ménage. Or, il ne le fait pas une seule fois dans ce volume. Il devient un enquêteur à part entière.

On découvre davantage la personnalité des deux enquêteurs. On a l'impression en observant Carl Mørck de voir par moments le comportement d'un adolescent. Ses réactions vis-à-vis de Rose (qu'il veut renvoyer avant même de l'avoir vue), de la psychologue de la police qu'il souhaite mettre dans son lit (il en bave presque quand il la voit) montrent à quel point il est immature sur certains points. De l'autre côté, il ne vit, ne respire que pour mener des enquêtes, tordues de préférence. Et il va être servi !

Dès le début, nous connaissons les coupables. Carl va devoir trouver des preuves pour étayer ses soupçons. Malheureusement, les criminels ont de nombreux appuis au plus haut sommet de l'État. Les auteurs des crimes sont totalement imbuvables, mais je me suis quand même attaché à Kimmie.
L'enquête est des plus classiques. Après la lecture, je me suis dit que Carl n'avait jamais réellement eu de prise sur l'enquête. Dans l'ensemble, il subit plutôt les événements qu'il ne les provoque.

L'auteur continue de dresser quelques liens secondaires (avec Hardy, avec l'entourage de Carl), mais c'est beaucoup moins présent que dans le tome 1. Une lecture plaisir, un livre qui se lit facilement. Je reproche seulement le caractère immature du personnage principal. Cela donne l'impression qu'il ne sait pas ce qu'il veut et c'est peut-être le cas.

Titre: Profanation (Fasandræberne)
Éditeur: Le livre de Poche
Nombre de pages: 576
ISBN: 978-2-2531-7903-0
Traduction: Caroline Berg

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mardi 6 janvier 2015

Miséricorde, de Jussi Adler-Olsen

Miséricorde

L'histoire :
2002. Au cours d'un voyage d'agrément, Merete Lyyngaard disparaît. 2007, l'inspecteur Mørck est promu (ses chefs veulent se débarrasser de lui) à la tête d'un nouveau service.

Mon avis :
La structure du roman est classique : le narrateur alterne entre deux personnages, et nous fait découvrir leurs histoires. Le suspense est bien présent, même si rapidement, je me suis douté qui était coupable, et pourquoi. J'ai peut-être l'esprit un peu trop tordu. Cela ne m'a pas empêché d'apprécier, de me plonger dans cette histoire, et de m'attacher à ce flic désabusé qui n'a aucune illusion sur sa vie et son métier. Carl Mørck est un personnage classique, un peu marginal, abîmé par son vécu et qui, sans trop le vouloir, va diriger un nouveau service de la police danoise. Sa vie privée est encore plus chaotique que son travail. Je me suis posé la question: « mais pourquoi rester comme ça ? ». On finit par se demander si souffrir ne serait pas un moyen pour le personnage de se sentir vivant.

Hafez el Assad, un assistant un peu spécial, est une petite poche d'air dans ce thriller. Toujours enjoué, énergique, il a de nombreuses facettes que son patron va découvrir petit à petit, mais à coup sûr, pas totalement. Le duo fonctionne bien car il est atypique (encore un classique du genre).

Merete Lyyngaard a un caractère particulier elle aussi. Le romancier a pris soin de ce personnage clé. Les personnages sont travaillés, ils ont une épaisseur et cela rend certains d'entre eux très attachants. Du côté des personnages secondaires, Viga, est une véritable tête à claques, je pense que l'auteur l'a fait sciemment en contrepoint de Carl. Il y a aussi Hardy, Jesper et les collègues de Carl. Le romancier ne dresse pas des portraits flatteurs pour beaucoup d'entre eux.

Le récit évolue lentement. Jussi Adler-Olsen tisse sa toile méthodiquement, semant les informations au compte-gouttes. Le style est fluide: les 500 pages se lisent très facilement.

N'hésitez pas à découvrir « Miséricorde » !

Éditeur: Le livre de Poche
Nombre de pages: 528
ISBN: 978-2-2531-7361-8

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