01août

American rigolos : chroniques d’un grand pays, de Bill Bryson

American rigolos : chroniques d’un grand pays

L’histoire :
Bill Bryson retourne aux États-Unis après vingt ans passés en Angleterre. Il présente dans cet ouvrage les soixante-quinze premières chroniques écrites pour un magazine britannique. Ces dernières relatent des aspects de la vie américaine.

Mon avis :
J’ai passé un bon moment lors de la lecture de ces chroniques. Il faut reconnaître que Bill Bryson sait saisir avec philosophie les travers et incongruités de la vie américaine. L’auteur s’appuie sur sa vie quotidienne afin de rire de lui et de ses compatriotes. On peut dire que c’est réussi. D’ailleurs, l’avertissement en début d’ouvrage donne le ton.

Certaines chroniques font froid dans le dos quand on imagine que cela se déroule dans l’un des plus grands pays développés au monde. En même temps, je me suis dit que certaines aberrations devaient exister aussi en France.
Il analyse les mœurs et nous fait part de statistiques plutôt surprenantes. Il raconte aussi ses déboires lors de ses nombreux voyages ou sorties en famille.

Il faut reconnaître que certaines chroniques sont devenues un peu désuètes. Elles ont été rédigées à la fin des années 1990. Donc quand l’auteur aborde le magnétoscope ou le fonctionnement d’un ordinateur, cela perd un peu de sa force.
Les chroniques sont assez courtes. Cela permet de choisir son mode de lecture. On peut en sélectionner une au hasard ou les lire dans l’ordre, peu importe. Quelle que soit la période, c’est un bon livre de chevet, ou à utiliser sur la plage.

Titre: American rigolos : chroniques d’un grand pays
Auteur: Bill Bryson
Éditeur: Payot
Nombre de pages: 380
Traduction: Christiane et David Ellis
ISBN: 978-2-22891-559-5
Date de publication: 8 juin 2016

Acheter « American rigolos : chroniques d’un grand pays » sur Amazon

Partage

11fév.

Le grand n'importe quoi, de J.M. Erre

Le grand n'importe quoi

L'histoire :
Samedi 7 juin 2042, 20h42. Arthur se retrouve à une soirée à Gourdiflot-le-Bombé. La soirée dérape, et il se retrouve à «Errer» dans les rues...

Mon avis :
Comme pour les romans précédents de J.M. Erre, il s'agit d'une histoire racontée avec beaucoup d'humour. Il faut déjà prévenir l'éventuel lecteur que l'écriture de J.M. Erre est complètement déjantée. L'auteur est en totale roue libre, ou donne l'impression de l'être, car sous des dehors loufoques (le titre est vraiment bien choisi), son récit est entièrement maîtrisé.

Le romancier s'attaque à la science-fiction, et pas seulement. Il y a de nombreuses allusions (ou plus) aux mathématiques, aux séries TV, aux films et à la musique (liste non exhaustive).
Des paroles de chansons s'insèrent de manière naturelle dans le récit (exemple: le début de « Le chanteur » de Daniel Balavoine). Il y a des allusions à certains films : « un jour sans fin », « Le corniaud » avec la scène de l'accident de vélo, sans oublier les séries TV : « X-files », « Les envahisseurs » etc. Nous retrouvons, comme dans les romans précédents, une trace de l'abbé Saint-Freu, ce religieux au comportement parfois assez singulier. Les personnages sont tous étranges ou presque. Il y a Francis et J-Bob, les piliers de bar et leurs discussions philosophiques (surtout celles de J-Bob). Il y a Arthur et Lucas, des écrivains en manque d'inspiration. La gouvernante de l'abbé Saint-freu qui est très particulière, tout comme la maire de Gourdiflot-le-Bombé, le village où se déroule l'action. Sans oublier l'utilisation des stéréotypes de toutes sortes, comme celui sur les culturistes.

L'auteur va à chaque fois plus loin dans la possibilité de repousser les limites. Certains (vu dans les commentaires d'un site de vente), trouvent qu'il y a trop de jeux de mots, d'allusions, d'humour grinçant. Or, c'est ce qui fait le style de J.M. Erre. C'est justement parce qu'il y a cette profusion que j'aime lire cet auteur. Son humour n'est pas uniquement « jeune adolescent », comme j'ai pu le lire, car il faut réussir à repérer toutes les références culturelles, qu'elles soient littéraires ou autres (et même en étant de la même génération que lui, je ne suis pas certain d'avoir tout vu).

L'auteur utilise beaucoup de références, même dans la structure de son livre. J. M. Erre fait référence lu « guide du routard galactique », de Douglas Adams et du chiffre parfait, le « 42 ». Or, étrangement, si on ne compte pas le prologue et autres interludes, il y a 42 chapitres numérotés à ce livre.

Derrière le côté loufoque, il y a une histoire (même si elle est légère) et des réflexions sur la place de l'homme et de l'écrivain dans notre monde. Sans oublier la place de la technologie et du smartphone.

On aime ou on aime pas. Moi, j'adore !

Merci Monsieur Erre pour ce bon moment de détente !

À lire !

Titre: Le grand n'importe quoi
Auteur: J.M. Erre
Éditeur: Buchet-Chastel
Nombre de pages: 296
ISBN: 978-2-283-02933-6
Date de publication: 11 février 2016

Acheter « Le grand n'importe quoi » sur Amazon

Partage

15oct.

Made in China, de J.M. Erre

Made in China

L'histoire :
Toussaint Legoupil est un chinois noir, qui recherche ses origines. Pour cela, il souhaite retourner en Chine, mais cela ne sera pas de tout repos.

Mon avis :
C'est un petit roman. C'était le seul livre de J.M. Erre que je n'avais pas lu. Il fallait corriger cet oubli. L'auteur écrit des romans humoristiques. Je placerai celui-là un peu en-dessous des autres, mais je pense que c'est une question de goût car j'ai pris du plaisir lors de sa lecture (et de son enregistrement pour ma femme). Nous suivons donc l'histoire de Toussaint Legoupil. Elle sera complètement loufoque et déjantée. Entre la présence de l'abbé Saint-Freu, récurrent chez l'auteur, et les ficelles utilisées à contre-emploi, ce roman, comme les autres de l'auteur, vous fera rire.

Vous rencontrerez la secte du MINOU, dont Toussaint est l'Élu. Vous rencontrerez les sympathiques parents de Toussaint, ainsi que Mimi, l'amie chanteuse, et d'autres que je vous laisse découvrir. N'oublier les irremplaçables séances psy que suit le personnage principal.

Il y a de nombreux rebondissements et le romancier ne nous laisse pas de répit, ou peu. En fin de compte, même si l'histoire peut sembler un peu pâlichonne, c'est le style d'écriture qui fait la différence. Il y a du rythme, le texte est travaillé, sans compter les allusions (et même plus), à la littérature classique, à certaines séries Télé, au cinéma, J.M. Erre nous entraîne dans un monde délirant. Avec «Made in China», vous aurez un bon moment de détente !

Remarque: si l'auteur utilise aussi son humour en cours, cela doit aider à fixer l'attention des élèves.

Éditeur: Points
Nombre de pages: 220
ISBN: 978-2757811962

Acheter « Made in China » sur Amazon

Partage

13août

Journal intime d'un chat acariâtre, de Frédéric Pouhier et Susie Jouffa

Journal intime d'un chat acariâtre

L'histoire :
Le quotidien (au moins 400 jours) vu par le regard d'un chat, adopté à six mois par des humains.

Mon avis :
Aujourd'hui, petite chronique pour un petit livre que je conseille. Écrit sous forme de journal intime, ce livre nous fait suivre la vie d'Edgar. Tous les événements sont donc racontés de son point de vue. Cela commence à son adoption. Il a un regard assez critique, parfois cynique sur la vie des humains qui l'entourent. Petit à petit, il explique aussi les différentes caractéristiques du chat, ses réactions et ses attentes vis-à-vis de son environnement. Chaque jour est présenté sous le titre « jour de captivité ». C'est dynamique, il y a beaucoup de jeux de mots.

Ce livre se lit très rapidement. On enchaîne les situations du quotidien : le repas, la sieste, les bêtises (qui n'en sont pas, selon note héros), les congénères, le vétérinaire, etc, sans compter les clins d'oeil à la littérature, la culture, la science, la société...
Un livre en petit format, agréable, qui fera sourire, rappellera parfois quelques souvenirs aux propriétaires de chats.
Par contre j'ai un gros reproche à faire à ce livre: son prix, 9,95€. C'est cher pour les 160 petites pages. Étant donné le format et la police de caractères utilisée, cela doit représenter 60 à 80 pages d'un livre de poche...

Éditeur: First
Nombre de pages: 160
ISBN: 978-2-7540-5778-3

Acheter « Journal intime d'un chat acariâtre » sur Amazon


Partage

13fév.

La fin du monde a du retard, de J.M. Erre

La fin du monde a du retard

L'histoire :
Clinique psychiatrique Saint-Charles.
Julius, amnésique et persuadé d'être traqué, suite à un complot international, s'évade avec Alice, une autre pensionnaire afin de révéler la vérité et d'empêcher la fin du monde quelques jours plus tard...

Mon avis :
J.M. Erre nous gratifie, encore une fois, d'un roman plein d'humour, parfois déjanté, loufoque et structuré comme un thriller.
Les deux principaux protagonistes sont poursuivis par des groupes mystérieux qui semblent vouloir les stopper dans leur quête: prouver au monde entier qu'un complot international existe depuis des millénaires.
Le roman fourmille d'idées saugrenues, comme le pigeon borgne unijambiste (personnage récurrent), les méthodes d'investigations de la police. Il utilise des figures de style pour mieux les détricoter, s'attarde sur des stéréotypes, comme le geek « king Chewbaka ». Sans compter certaines remarques du narrateur omniscient. Le tout dans un seul but : nous faire rire ! Et c'est réussi !

Le lecteur trouvera des phrases tirées de classiques de la littérature ou y faisant allusion, par exemple le commissaire Gaboriau[1] , Alice au pays des merveilles. Les clins d'oeil au cinéma , les frères Volfoni, Venantini, allusions aux « Tontons flingueurs[2]» , et beaucoup d'autres, dont certaines que je n'ai sûrement pas remarquées. Il y a aussi l'abbé Saint-Freu, que l'on rencontre ici en chair et en os, alors que dans « Le mystère Sherlock[3] », un des personnages lui envoyait des lettres déjantées, et que dans « Prenez soin du chien [4]», il tente d'étrangler une infirmière avec une sonde urinaire. Je pense qu'il apparaît aussi dans « Made in China » (que je n'ai pas encore lu).

Julius, qui se présente comme l'Élu, et qui doit faire éclater la vérité, est complètement « à la masse ». Il structure sa quête, comme tout héros digne de ce nom : il doit y avoir une course poursuite, une rencontre amoureuse, une baisse de moral, etc. Alice, de son côté, semble plus en retrait, mais quand les choses se compliquent, c'est elle qui prend l'affaire en main. Ours, le compagnon de Julius, porte bien son surnom. Mattozzi, le lieutenant de police, a un humour ravageur. On s'attache à l'ensemble des personnages, et l'auteur, comme à son habitude, fait le nécessaire pour nous surprendre dans le final.

Ne passez pas à côté de ce livre !

Éditeur: Buchet-Chastel
Nombre de pages: 400
ISBN: 978-2-283-02731-8

Acheter « La fin du monde a du retard » sur Amazon

Partage