Bandes dessinées, mangas

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11juin

Le travailleur de la nuit, de Matz et Chemineau

Le travailleur de la nuit

L’histoire :
La vie d’Alexandre Jacob, qui aurait influencé Maurice Leblanc dans la création d’Arsène Lupin (ce que l’auteur de ce personnage a toujours nié).

Mon avis :
Il s’agit d’un récit complet en 126 pages (128 avec la postface) basé sur une histoire vraie. J’ai apprécié la découverte de ce personnage hors norme qu’a été Alexandre Jacob. L’album est découpé en cinq parties : une jeunesse en mer, l’illégaliste, Les travailleurs de la nuit, la guillotine sèche, Je me suicide un samedi...

L’album commence lors du procès d’Alexandre Jacob en 1905. Il s’ensuit une série de flashbacks pour nous relater la jeunesse du personnage, son évolution et ce qui l’a conduit au bagne. Ensuite, le lecteur l’accompagne jusqu’à la fin de sa vie.
Le récit est rythmé et intéressant. Alexandre Jacob est quelqu’un de révolté. La vie a fait de lui ce qu’il est devenu. D’ailleurs, il le dit lors de son procès, c’est la société inhumaine de l’époque qui l’a créé.
Alexandre Jacob avait une certaine éthique concernant ses vols : il ne s’attaquait qu’à ceux qu’il considérait comme des profiteurs : le clergé, les riches, mais pas les travailleurs, même s’ils avaient fait fortune. Il était très proche des milieux anarchistes et le récit montre bien la violence de l’époque.

Cet album est un véritable récit d’aventure, peut-être un peu idéalisée. Il s’agit aussi d’une autre époque, très difficile, où très jeune, on pouvait déjà être au travail (onze ans en ce qui concerne le personnage). J’ai trouvé que les auteurs avaient tendance à magnifier le personnage, et j’ai vraiment aimé cette lecture, mais pour ne pas être arrêté, Alexandre Jacob est allé jusqu’à tuer, ce qui, à mon sens, ne se justifie pas. D’un autre côté, le récit étant raconté par le protagoniste lui-même, difficile de faire autrement.

J’ai aussi apprécié le style des dessins, ainsi que la mise en couleur. Je trouve que cet album est une réussite.

Titre: Le travailleur de la nuit
Auteur: Matz%%Dessinateur: léonard Chemineau
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 128
ISBN:978-2-36981-273-9
Date de publication: 19 avril 2017

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07juin

Yin et le dragon T2 : les écailles d’or, de Richard Marazano et Xu Yao

Yin et le dragon T2 : les écailles d’or

L’histoire :
Dans Shanghai occupée, Yin et son grand-père continuent de prendre soin du dragon d’or (Guang Xinshi), mais il est très difficile de rester discret dans un pays en guerre.

Mon avis :
Dans ce deuxième volume de la trilogie[1], on retrouve les mêmes protagonistes que dans le précédent : Yin et son grand-père, le capitaine japonais et la bande d’enfants, sans oublier le dragon d’or. Les auteurs mêlent toujours fiction et faits historiques, ce qui apporte plus de profondeur au récit.

Le dessin est au même niveau que sur le premier tome. Les scènes maritimes sont plus sombres, car se déroulant essentiellement de nuit et avec Xi Quong, le dragon noir. La présence de ce dernier pèse sur tout l’album, et crée un suspense par son approche lente mais bruyante qui annonce l’apocalypse.

Au cours de l’album, on découvre les relations qui existent entre les deux dragons et les raisons qui les poussent à s’affronter. Le capitaine japonais dévoile ses intentions (et sa culture) et Yin va de nouveau agir à sa guise, même si elle est confrontée à la réalité de l’occupation japonaise (certaines scènes sont assez dramatiques). C’est peut-être même cette découverte qui pousse la petite fille à agir.

Un album agréable, mais plus sombre. J’émettrais un petit bémol : à part les informations mythologiques sur les deux dragons, j’ai eu l’impression de ne pas avancer dans l’histoire, et pourtant, le combat approche. J’aurais aimé encore plus d’action et d’autres rebondissements. J’ai attendu pendant tout l’album l’affrontement des deux dragons, tout en sachant que cela ne viendrait sans doute que dans le dernier tome.

Il faudra attendre la fin de l'histoire pour assouvir ma soif.

Titre: Yin et le dragon T2 : les écailles d’or
Auteur: Richard Marazano
Dessinateur: Xu Yao
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 60
ISBN:978-2-36981-177-0
Date de publication: 26 avril 2017

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09mai

Paysage après la bataille, de Éric Lambé et Philippe de Pierpont

Paysage après la bataille

L’histoire :
Une femme observe une toile dans un musée. Elle est totalement absorbée dans la contemplation de cette scène de bataille jonchée de morceaux de corps. Peu de temps après, elle arrive dans un camping isolé.

Mon avis :
Il s’agit d’un ouvrage assez intrigant : il fait environ 400 pages, et il y a très peu de texte. Il faut donc s’attacher aux dessins pour comprendre l’histoire. Au cours de ces pages, nous suivons Fany. Cette dernière semble complètement perdue. Elle va s’isoler dans un petit camping pour séjours de longue durée où seules quelques personnes résident. D’ailleurs, les autres habitants (Pierrot, Jean, Gina, Jean-Louis) donnent l’impression d’être aussi perdus qu’elle.

Ce qui ressort de cette lecture, c’est la solitude, ainsi que les méandres de la conscience terrassée par les événements. À travers ce récit, chaque personnage devra trouver sa voie.

Le graphisme est assez simple. Les auteurs se sont surtout attachés à l’analyse des idées, des émotions. On se doute assez rapidement des raisons qui poussent Fany à fuir. Car il s’agit bien d’une fuite. Elle reste ancrée dans son passé, elle n’arrive pas à tourner la page. Cela peut se comprendre, mais ce faisant, elle se coupe de la personne qui pourrait l’aider et la soutenir. De plus, même une lecture attentive des pages ne permet pas de saisir toutes les nuances que les auteurs ont voulu faire passer. J’ai trouvé que cela rendait cette histoire assez incompréhensible. J’ai saisi la trame principale, mais je n’ai absolument pas compris la présence de certaines pages. Représentation d’une âme morcelée ? Métaphores métaphysiques ? Aucune idée et c’est assez dommage. Cet ouvrage ressemble plus, à mon sens, à une expérience comme « Fin de la parenthèse [1]» de Joann Sfar, et je crois que je ne suis pas fait pour ça.

Service presse des éditions Actes Sud par l'intermédiaire de Lecteurs.com.

Titre: Paysage après la bataille
Auteur: Philippe de Pierpont
Dessinateur: Éric Lambé
Éditeur: Actes Sud Éditions
Nombre de pages: 420
ISBN:978-2-3300-6998-8
Date de publication: 19 octobre 2016

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20avr.

Infinity 8, tome 3 : L'évangile selon Emma, de Lewis Trondheim, Olivier Balez et Fabien Vehlmann

Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma

L’histoire :
Emma Ô-Mara est un marshall en vacances sur l’Infinity 8. Elle est réquisitionnée afin de mener la mission d’exploration de la nécropole qui bloque le vaisseau. Or, tout dérape immédiatement.

Mon avis :
Une des premières remarques concernant ce troisième tome, c’est qu’il y a très peu d’humour contrairement aux précédents. Dans ce reboot, ce sont les religions et l’appât du gain qui sont les thèmes principaux. L’ensemble est toujours kitsch et conforme au reste de la série.
Les personnages principaux ont peu d’empathie pour leurs congénères. Parmi les personnages secondaires, il y a toujours Robbie, le robot, présent sous une nouvelle forme.

Dans ce récit, une bande de mercenaires s’est regroupée afin de piller la nécropole, chacun ayant un but bien précis : faire fortune, collectionner certains objets, mettre la main sur des preuves prouvant la véracité de la religion Tholman.

Emma Ô-Mara est très pieuse. Elle n’agit que pour et par sa religion. Dans notre vie quotidienne, on la considérerait comme une fanatique. Cela rend son personnage intéressant, car on ne sait pas trop comment elle va réagir suivant les événements. Par contre, elle agit toujours avec calme et sérénité. Les autres personnages sont des psychopathes dans l’âme. On ne sait jamais d’où le coup va partir, et les rebondissements sont inattendus. Cet album ressemble un peu à un conte philosophique, religion et argent ne font pas bon ménage.

C’est un album très coloré. Il y a beaucoup d’aplats. Pour le personnage principal, comme Fabien Vehlmann l’indique en fin d'ouvrage, ils se sont inspirés d’Emma Peel[1]. Pour preuve, elle change constamment de tenue, ces dernières sont toujours taillées avec goût, et sa coiffure est toujours impeccable.

Un troisième tome un peu plus sombre, mais néanmoins intéressant.

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre: Infinity 8 T3 : L’évangile selon Emma
Auteur: Lewis Trondheim / Fabien Vehlmann
Dessinateur: Olivier Balez
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 96
ISBN:978-2-36981-261-6
Date de publication: 16 mars 2017

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18avr.

Wake up America t3, 1663-1665, de John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell

Wake up America T3: 1963-1965

L’histoire :
1963-1965. John Lewis devra faire des choix, parfois contre son propre camp, afin de faire avancer ses convictions, et espérer, avec l’aide des autres organisations pro droits civiques, obtenir le droit de vote des noirs.

Mon avis :
Ce tome 3 fait 254 pages. C’est le plus gros de la trilogie[1][2]. Il couvre la période septembre 1963 – 6 août 1965 avec la ratification de la loi sur le droit de vote. Les pages sont toujours en noir et blanc et le résultat est superbe. La noirceur et la violence sont habilement rendues et on ne peut pas rester insensible à ces images, surtout lorsqu’on sait que c’est une histoire vraie. De plus, comme je l’ai déjà indiqué dans les chroniques précédentes de cette trilogie, il y a toujours des relents nauséabonds de ce type dans nos sociétés actuelles.

Le récit se complexifie car les événements sont de plus en plus nombreux et violents. La tension continue de monter. Une chose frappe lors de la lecture : c’est l’abondance du récit, des dialogues.
John Lewis raconte avec justesse les tenants et aboutissants de cette lutte pour les droits civiques, et en même temps, il ne cache pas les dissensions qui s’accentuent au sein même de son propre camp. Les attentats, les assassinats, la répression dont sont victimes les noirs sont racontés avec précision et détails et on découvre que la société américaine de l’époque se moquait royalement de ce qui pouvait se dérouler dans les états du sud, tant que leur petit quotidien n’était pas bouleversé.
Il y a tellement d’action qu’il faut faire attention à ne pas perdre le fil des événements.

Au cours de l’album, il y a toujours quelques pages concernant le jour de l’investiture de Barack Obama, qui tranchent avec le reste du récit beaucoup plus sombre.

Une trilogie à l’histoire très actuelle. D’ailleurs, c’est ce que confirme la dédicace au début de l’ouvrage : « Aux anciens enfants du mouvement et à ceux à venir ».
À lire, à relire et à faire découvrir.

Service presse des éditions Rue de Sèvres.

Titre: Wake Up América T3: 1963-1965
Auteurs: John Lewis, Andrew Aydin
Dessinateur: Nate Powell
Éditeur: Rue de Sèvres
Nombre de pages: 254
Traduction: Matz
ISBN: 978-2-36981-045-2
Date de publication: 22 février 2017

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